Meurtres à Malte
L'affiche du film
Titre original :
Trenchcoat
Production :
Walt Disney Studios Motion Pictures
Date de sortie USA :
Le 11 mars 1983
Genre :
Polar
Réalisation :
Michael Tuchner
Musique :
Charles Fox
Durée :
91 minutes

Le synopsis

Mickey Raymond, une romancière de polar en devenir, espérait passer des vacances reposantes à Malte. Mais c'est sans compter sur le destin qui place sur sa route cadavres, policiers soupçonneux, baratineur de première, suspects à gogo sans oublier dix kilos de plutonium évanouis dans la nature !

La critique

rédigée par

Meurtres à Malte est une énième tentative menée par la Direction de Disney dans les années 80 pour proposer des films à destination d'un public adulte sous le label Walt Disney. Frappés de ringardise dans le début des "eighties", les œuvres du studio au château enchanté avaient, en effet, du mal à convaincre de leurs atouts des spectateurs lassés par des années de productions faites de sempiternels films comiques usant et abusant d'humour basé sur le jeu d'animaux. Le studio de Mickey est alors dans une spirale infernale. Tentant de suivre la mode, il a, il est vrai, toujours un coup de retard ! Mis à mal par des succès de films exceptionnels tels La guerre des étoiles ou Les dents de la mer, Disney se lance ainsi - sans jamais réussir - dans une série de films expérimentaux avec pour objectif avoué de retrouver le cœur des adolescents. Tous les genres passent à la moulinette disneyenne, avec plus ou moins de bonheur : la science-fiction a son (Le) trou noir, le fantastique, sa (La) foire des ténèbres, l'heroic-fantasy, son (Le) dragon du lac de feu, le drame, son Tex, l'histoire, sa (La) nuit de l'évasion, la parodie, son Condorman, la technologie, son Tron, même le film d'horreur dispose d'un horrifique Les yeux de la forêt. Toutes ces tentatives se ramassent lamentablement au box-office ! Il faut dire que le cycle de l'échec est exemplaire : une partie du public boude les films proposés, persuadée que Disney est embourbé dans son standard habituel jugé désormais has been, tandis que l'autre partie reproche au studio de ne pas être là où elle l'attend. Au final, tous les spectateurs, favorables ou non au label de Mickey, ont une bonne raison pour de pas se déplacer voir ses films. Recul aidant, les productions Disney de cette période ont laissé aux quelques personnes qui les ont vues à leurs sorties un souvenir bienveillant au point pour certaines d'être devenues cultes, moins d'ailleurs pour leurs qualités intrinsèques (à l'exception notable du remarquable Tron) que pour tout ce qu'elles représentent à l'époque. Tirant les conclusions des nombreux échecs successifs, le staff de Disney se rend enfin à l'évidence : le label historique est trop segmentant. Il convient, pour satisfaire aux autres pans de l'industrie cinématographique, de disposer au sein de la compagnie de signatures différentes.

Touchstone est né de cette idée et propose dès 1984 d'occuper le terrain des films "adultes" par opposition aux films "familiaux" désormais réservés au seul label Walt Disney. Le premier d'entre eux, dont les attaches avec les marques de fabrique purement disneyennes sont encore fortes, Splash, est immédiatement un joli succès commercial !

A un an près, Meurtres à Malte aurait eu parfaitement sa place chez Touchstone. A l'identique d' Une nuit folle, folle, une comédie adolescente sortie en 1980, le film est donc présenté quasiment sans signature. Toute trace au label Disney est, en effet, gommée, faisant du long-métrage une sorte d'orphelin de studio ! Il est vrai que les meurtres et autres allusions au sexe ne font pas vraiment bon ménage avec une référence à Walt Disney. A contrario, la trame policière est très légère et s'inscrit typiquement dans le genre des productions des années 80. Bon enfant, le ton du film est, en fait, très proche des séries de télévision de l'époque, telle Les deux font la paire. Quelques bousculades, luttes et coups de feu se noient ainsi dans beaucoup d'humour. Meurtres à Malte prend d'ailleurs très vite les airs d'un simple téléfilm. Difficile de faire moins convaincant ! Le suspense est mal amené, les plans bâclés et les acteurs caricaturaux. Margot Kidder connue pour son rôle de Loïs dans Superman n'est que l'ombre d'elle même...

Bourré de défauts, Meurtres à Malte ne vaut que s'il est envisagé pour ce qu'il n'était pas à l'origine : une parodie de polar. Au premier degré, en revanche, il est un navet intégral !

L'édition vidéo

Jaquette Meurtres à Malte
Jaquette Meurtres à Malte
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Zone 1 Simple 2012