Mickey Raymond, une romancière de polar en devenir, espérait passer des vacances reposantes à Malte. Mais c'est sans compter sur le destin qui place sur sa route cadavres, policiers soupçonneux, baratineur de première, suspects à gogo sans oublier dix kilos de plutonium évanouis dans la nature !
Meurtres à Malte est une énième tentative menée par la
Direction
de Disney dans les années 80 pour proposer des films à destination d'un
public adulte sous le label Walt Disney. Frappés de ringardise dans
le début des "eighties", les œuvres du studio au château enchanté avaient,
en effet, du mal à convaincre de leurs atouts des spectateurs lassés par des
années de productions faites de sempiternels films comiques usant et abusant
d'humour basé sur le jeu d'animaux. Le studio de Mickey est alors dans une
spirale infernale. Tentant de suivre la mode, il a, il est vrai, toujours un
coup de retard ! Mis à mal par des succès de films exceptionnels tels La
guerre des étoiles ou Les dents de la mer, Disney se lance ainsi
- sans jamais réussir - dans une série de films expérimentaux avec pour objectif
avoué de retrouver le cœur des adolescents. Tous les genres passent à la
moulinette disneyenne, avec plus ou moins de bonheur : la science-fiction a
son (Le) trou noir, le fantastique, sa
(La) foire des
ténèbres, l'heroic-fantasy, son (Le) dragon
du lac de feu, le drame, son Tex, l'histoire,
sa (La) nuit de l'évasion, la parodie, son Condorman,
la technologie, son Tron, même le film d'horreur
dispose d'un horrifique Les yeux de la
forêt. Toutes ces tentatives se ramassent lamentablement au box-office ! Il
faut dire que le cycle de l'échec est exemplaire : une partie du public
boude les films proposés, persuadée que Disney est embourbé dans son
standard habituel jugé désormais has been, tandis que l'autre partie reproche
au studio de ne pas être là où elle l'attend. Au final, tous les
spectateurs, favorables ou non au label de Mickey, ont une bonne raison pour
de pas se déplacer voir ses films. Recul aidant, les productions Disney de
cette période ont laissé aux quelques personnes qui les ont vues à leurs
sorties un souvenir bienveillant au point pour certaines d'être devenues
cultes, moins d'ailleurs pour leurs qualités intrinsèques (à l'exception
notable du remarquable Tron) que pour tout ce
qu'elles représentent à l'époque. Tirant les conclusions des nombreux échecs
successifs, le staff de Disney se rend enfin à l'évidence : le label
historique est trop segmentant. Il convient, pour satisfaire aux autres pans
de l'industrie cinématographique, de disposer au sein de la compagnie de
signatures différentes.
Touchstone est né de cette idée et propose dès 1984 d'occuper le
terrain des films "adultes" par opposition aux films "familiaux" désormais
réservés au seul label Walt Disney. Le premier d'entre eux, dont les
attaches avec les marques de fabrique purement disneyennes sont encore
fortes, Splash, est immédiatement
un joli succès commercial !
A un an près, Meurtres à Malte aurait eu parfaitement sa place chez Touchstone.
A l'identique d' Une nuit
folle, folle, une comédie adolescente sortie en 1980, le film est donc
présenté quasiment sans signature. Toute trace au label Disney est, en
effet, gommée, faisant du long-métrage une sorte d'orphelin de studio ! Il
est vrai que les meurtres et autres allusions au sexe ne font pas vraiment
bon ménage avec une référence à Walt Disney. A contrario, la trame policière
est très légère et s'inscrit typiquement dans le genre des productions des
années 80. Bon enfant, le ton du film est, en fait, très proche des
séries de télévision de l'époque, telle Les deux font la paire.
Quelques bousculades, luttes et coups de feu se noient ainsi dans beaucoup
d'humour. Meurtres à Malte prend d'ailleurs très vite les airs d'un
simple téléfilm. Difficile de faire moins convaincant ! Le suspense est mal
amené, les plans bâclés et les acteurs caricaturaux. Margot Kidder connue
pour son rôle de Loïs dans Superman n'est que l'ombre d'elle même...
Bourré de défauts, Meurtres à Malte ne vaut que s'il est envisagé
pour ce qu'il n'était pas à l'origine : une parodie de polar. Au premier
degré, en revanche, il est un navet intégral !