Quand une œuvre dont il détient les droits le gène, Disney a une arme
secrète, particulièrement efficace : le coffre fort !
Mélodie du Sud est l'exemple le plus
connu de cette politique. Accusé par des associations de Noirs américains de
donner une image par trop positive de la condition d'esclave, il subit depuis le
milieu des années quatre-vingt un embargo total qui en empêche la diffusion, sur
n'importe quel marché. Le film s'échange donc actuellement sous le manteau grâce
à un procédé de copie sur support DVD des vielles éditions en VHS sorties en
Europe et au Japon, il y a plus de vingt ans. Le remède est, en
l'espèce, plus néfaste que le mal puisque l'œuvre (et ses raccourcis venus de
l'époque de sa création) reste disponible sans filtre aucun. Une édition
officielle, agrémentée d'un bonus explicatif replaçant son propos dans son
contexte tout en appuyant sur ses limites serait autrement plus productive. Mais
voilà, par facilité, la Walt Disney Company veut s'économiser un débat que les
extrémismes de quelques-uns pourraient faire basculer en une polémique
potentiellement désastreuse en terme d'images... S'il reste, comme
Mélodie du Sud, lui-aussi enfermé dans
un coffre à l'abri des regards, The Sweatbox a droit à un régime encore
plus sévère. Il est, lui, tout bonnement introuvable ! Car si comme
Mélodie du Sud, sa mise à l'écart vient
d'un manque de courage éditorial, The Sweatbox est, en plus, bel et bien
censuré au motif de crime de lèse-majesté. Car le documentaire a l'outrecuidance
de décortiquer le processus qui, dans les années 90, est sur le point de mener
l'empire Disney tout entier a sa perte.
Retour donc sur une œuvre qui, chose exceptionnelle sur Chronique Disney,
n'a
pu être vue avant d'être analysée. Ni prévue, ni critique, cette chronique n'est
donc qu'une alerte enlèvement : "une œuvre a été enlevée..." !

Il faut dire que The Sweatbox n'y va pas de mains mortes : le film
n'annonce pas moins que la fin irrémédiable de l'hégémonie disneyenne sur les
films d'animation 2D. Pour bien comprendre la portée du propos, il suffit
d'imaginer un documentaire, produit par les firmes qu'il met en cause, qui
prétendrait démontrer que Coca Cola "travaille à devenir" le numéro 2 des sodas
ou Windows un système d'exploitation minoritaire. Mais où The Sweatbox
est-il allé chercher tout cela ?! Dans une histoire vraie et honteuse : la
production calamiteuse du (Le) Royaume du Soleil (Kingdom of the Sun)
devenu pour le grand public
Kuzco, l'Empereur Mégalo.
L'incompétence avérée qui règne alors au sein de la Direction de la Walt Disney
Company est telle que l'accident industriel (un risque mortel pour toute
compagnie) est évité de justesse. L'organe directionnel central de la firme de
Mickey donne alors tellement l'impression que la main droite ignore ce que fait
la main gauche que toute l'entreprise doute.. .S'il marque clairement le début
de la descente aux enfers des studios Disney symbolisée par le départ tonitruant
de Jeffrey Katzenberg, avec comme point d'orgue la fermeture du département 2D (dont
les tenants et aboutissants sont décrits dans le documentaire
Dream On Silly Dreamer),
l'échec du Royaume du soleil contient également dans ces gènes l'éviction
de Michael Eisner, devenu "fou" de pouvoir et de certitude jusqu'à déraison...
En France, le cas de Jean Marie Messier avec Vivendi est un parallèle pertinent
: les deux hommes ont, en effet, cela de commun qu'ils ont transformé avec brio
une entreprise endormie et pépère en un empire dont la dimension et le
développement leur ont fait perdre toutes notions de bon sens.
Jusque dans son titre, The Sweatbox est une affaire de spécialistes. Ce
terme vient, il est vrai, à l'origine, de l'absence de climatisation dans la
salle de projection créée par Walt Disney et dédiée à la présentation des rushs
par ses collaborateurs. Stressés, ils ne pouvaient ainsi s'empêcher de
transpirer en attendant le verdict du Maître. La pièce, climatisée depuis, a
tout de même conservé son nom de "Boite à Sueur" (sweatbox en anglais). La
pré-production de Kingdom of the Sun est tellement calamiteuse que les
réunions avec la Direction du studio donnent des sueurs froides à toute l'équipe
artistique : point de problèmes de climatisation ici, seule la nature des
relations des deux blocs (artistes contre administratifs et financiers) étant à
l'origine du malaise.

Tout commence en 1994. Le Roi Lion
est un immense succès. Avec plus de 312 millions de $ rien qu'aux Etats-Unis, il
pulvérise tous les records. Fort de son aura, Rogers Allers, l'un des
réalisateurs du film, s'attèle logiquement à un nouveau projet. Il s'agit pour
lui d'adapter l'histoire de Mark Twain, Le Prince et Le Pauvre, en la
transposant au pays des Incas. Le Royaume du Soleil prend donc pour base
une trame connue qu'il aménage quelque peu.
Manco, un jeune empereur de 18 ans, est un être suffisant et égoïste, qui
fait de son bien-être personnel son unique priorité. Souhaitant vivre ce qui est
pour lui une aventure exaltante, il décide de quitter un temps son palais pour
découvrir la vraie vie de ses sujets. Il échange pour cela sa place contre
Pacha, un paysan qui a la particularité d'être son parfait sosie. Le tour de
passe-passe effectué, le double se prend au jeu et finit par tomber amoureux de
Nina, la promise de l'empereur, qui découvrant un nouvel aspect de Manco (dont
le caractère a radicalement changé, et pour cause...) cède à ses avances. Mais
c'est sans compter sur Yzma, la sorcière de l'empire, qui découvre le
pot-au-rose et entend bien profiter de la situation pour s'emparer du pouvoir.
Elle transforme alors Manco en lama et oblige Pacha a obéir à ses ordres. Yzma
poursuit, en fait, un triste dessein : ravissante jeune fille, elle s'est
enlaidie en vieillissant, épousant la conviction que le soleil lui avait volé sa
beauté. Dès lors, elle souhaite voir l'empire plongé dans une nuit permanente et
totale. Yzma sera bien évidemment stoppée dans son projet par Pacha et Manco,
qui, alliés de circonstances, découvrent alors le vrai sens de l'amitié et de la
bienveillance. Tout est bien qui finit bien au Royaume du Soleil...

Désireux de réitérer le succès du
Roi Lion et de sa bande-son mythique signée d'Elton John, Disney fait de
nouveau appel à un chanteur pop rock de renom pour composer celle de son nouveau
Grand Classique. Sting, ainsi sollicité, ne se fait pas vraiment prier pour
participer au projet. Il pose, en réalité, une seule condition, non sans
conséquence après coup : il impose, en effet, sa femme Trudie Styler en qualité
de réalisatrice d'un film documentaire sur le processus de production du
long-métrage Disney via sa société Xingu Films, en collaboration avec John-Paul
Davidson. L'ex-chanteur de Police propose au final pas moins de six chansons
pour le Royaume du Soleil. Parmi elles, se trouvent Snuff Out the
Light, Walk the Llamma, Llama et One Day She'll Love Me toutes
conservées pour l'album B.O. de
Kuzco, l'Empereur Mégalo, en qualité
de bonus track. Walk the Llamma, Llama est ainsi le titre que Pacha
chante quand il amène ses lamas au marché, One Day She'll Love Me, la
chanson d'amour entre Nina et Pacha et Snuff Out the Light celle d'Yzma
alors même qu'elle prépare son plan diabolique avec trois totems enchantés,
censés être ses acolytes.
Kingdom of the Sun continue son bonhomme de chemin plus ou moins
sereinement quand des problèmes de taille commencent à se faire jour,
essentiellement d'ailleurs dans le développement de son histoire. La Direction
du studio fait d'abord la sourde oreille et considère les difficultés comme
somme toute normales dans la vie d'un projet de cet envergure. Après tout, le
réalisateur qui a sauvé Le Roi Lion
des difficultés scénaristiques et l'a transformé en jackpot doit savoir où il va,
se rassure-t-elle. Mais les incantations ne suffisent plus dès lors que les
projections tests sont menées. Le film est, en effet, rejeté par le panel de
publics spécialement rassemblés : s'il accroche au personnage de l'empereur et d'Yzma ; Pacha et
surtout son histoire d'amour avec Nina ne le passionne guère. Pire, l'histoire
traine un insupportable air de déjà-vu ; cette énième adaptation du (Le)
Prince et le Pauvre n'a visiblement pas la capacité de supporter l'attente
légitime créée par un Grand Classique digne de ce nom.

Le couperet ne tarde pas à tomber. Bien que Kingdom of the Sun soit à
l'origine le projet de Rogers Allers, les studios Disney lui impose un
co-directeur Mark Dindal pour redonner du sang neuf à l'ensemble. Sur le papier,
la décision est pertinente : les deux hommes - ayant déjà travaillé ensemble sur
La Petite Sirène - se connaissent
bien. Dans la réalité,
les choses se passent mal. Ils ne parviennent pas à collaborer tant leurs visions
du projet diffèrent. Rogers Allers défend mordicus une aventure épique alors que
Mark Dindal insiste lui sur une dynamique comique. En 1998, la patience de la
Direction de Disney atteint sa limite : un ultimatum est donné à l'équipe du
film toute entière. Soit une version remaniée et définitive de l'histoire est
présentée, soit le projet est stoppé, et ce, malgré les millions de budget déjà
engloutis. Rogers Allers demande alors six mois supplémentaires pour sauver son
bébé. Certains membres de la Direction s'y opposent. Ils justifient leurs refus
par les accords passés avec les différents sponsors d'ores et déjà bouclés. En
réalité, cet argument en cache un bien plus fort. La volonté du réalisateur de
faire un film épique ne passe pas : Pocahontas, une
Légende Indienne et Le Bossu de Notre-Dame ont déjà été des fours et les financiers de Disney voient un nouvel
échec s'annoncer. Désavoué, Rogers Allers quitte la production.
Le producteur Randy Fullmer et le réalisateur restant, Mark Dindal, sont donc
désormais les deux seuls maîtres à bord. Il leur reste deux semaines pour
proposer une nouvelle mouture du film ou voir le projet définitivement stoppé.
Ils analysent alors les résultats des études des projections tests. Yzma, Manco,
la transformation en lama et l'univers inca sont plébiscités, tout le reste est
boudé. La décision est délicate d'un point de vue financier : vingt minutes du
film déjà terminés sont inutilisables si l'histoire est remaniée pour coller aux
attentes du public. Pourtant, c'est bien celle là qui est prise : Le Royaume
du Soleil se mue en
Kuzco, l'Empereur Mégalo. Le film sera
une comédie déjantée ! La Direction du studio se range, en effet, à l'avis des
deux sauveurs, même si la crainte d'un échec demeure toujours forte : sur le
même registre, Hercule n'a pas
vraiment brillé au box-office... L'histoire est donc remaniée et les personnages
repositionnés. Manco perd son nom et devient Kuzco ; Pacha, d'abord éliminé,
revient mais change de physique, d'âge et de condition matrimoniale (il est
marié et père); Yzma perd ses totems et gagne un gigolo bodybuildé en guise
d'acolyte.

Mais repartir de zéro demande du temps... Et, pour le moins malhonnêtement,
ce que la Direction a refusé à Roger Allers, elle l'accepte à Mark Dindal. Le
film est par conséquent repoussé de six mois. En réalité, Disney ne pouvait se permettre
d'en annuler la sortie : outre la sensation désastreuse qu'une telle décision
aurait donnée aux actionnaires, le budget déjà englouti était trop important.
Ainsi,
Kuzco, l'Empereur Mégalo est recalé
pour Noël 2000 tandis que Dinosaure,
fixé à l'origine à cette période, est avancé de six mois (ce qui, avec le recul,
sera fatal à son scénario tant l'histoire restera peu avenante...).
Le "reboot" du Royaume du Soleil devenu
Kuzco, l'Empereur Mégalo a une
incidence direct sur l'emploi du temps des animateurs. Ils sont, le temps de
remanier l'histoire, au chômage technique. Dès lors, il est décidé pour les
occuper de leur confier, sous la conduite d'Eric Godlberg, la réalisation du
court-métrage Rhapsody in Blue, qui intégrera
Fantasia 2000 alors même que
cela n'avait jamais été envisagé au départ. Pire, la Direction du studio n'avait
jamais été enthousiasmé par l'idée même de ce court-métrage, présenté en 1995
par Eric Goldberg lui-même. Mais, la donne a changé en 1998 : quitte à payer des
animateurs, autant les occuper ! Rhapsody in Blue arrive donc à point
nommé pour remplir les six mois nécessaires à la "pause" dans
Kuzco, l'Empereur Mégalo. Même si
c'est résolument peu glorieux, ce ne sont donc ni la musique de George Gershwin,
ni les caricatures d'Al Hirshfeld qui ont permis au magnifique Rhapsody in
Blue de voir le jour pour
Fantasia 2000 ; mais bien -et
benoitement- un simple problème de production dans
Kuzco, l'Empereur Mégalo !
La mise à plat du scénario de feu Le Royaume du Soleil a une autre
conséquence bien fâcheuse : les chansons de Sting ne collent plus au film. Il faut
donc non seulement lui faire admettre qu'elles se seront pas retenues mais
obtenir qu'il en écrive de nouvelles. Le chanteur est furieux : il accepte
néanmoins le deal, sous l'œil de la caméra de son épouse qui ne perd aucunes
miettes du drame artistique et industriel qui se joue devant elle...

La date de sortie de
Kuzco, l'Empereur Mégalo approche à
grand pas mais l'enthousiasme n'est toujours pas là. La Direction a, en effet,
depuis belle lurette, même si elle ne l'avoue pas, fait son deuil du projet.
Michael Eisner en tête ne croit pas au film. Non seulement, il ne l'aime pas
mais il reste persuadé que le public le boudera comme il l'avait fait d'Hercule,
trois ans plus tôt. Pire : soucieux de ne pas se voir déjugé, il organise même
l'échec qu'il annonce. Il coupe ainsi net le budget de promotion du long-métrage
et mise tout (à tord) sur le film "Live" 102
Dalmatiens qu'il programme à Thanksgiving reléguant
Kuzco, l'Empereur Mégalo au
peu-porteur 15 décembre. Michael Eisner n'arrivera pourtant pas à couler (sur le
marché américain du moins)
Kuzco, l'Empereur Mégalo. Loin d'être
aussi catastrophique qu'attendu, son résultat est plus qu'honorable, soutenu
par une Critique enthousiaste et un bouche-à-oreille très positif.
The Sweatbox, qui devait sortir à l'origine, concomitamment du
long-métrage d'animation qu'il analyse, prend beaucoup de retard. Prêt au cours
de l'année 2002, une de ses copies, approuvée par la Walt Disney Company, est
finalement présentée, en première mondiale, au festival de Toronto le 13
septembre 2002 tandis que, parallèlement, une seule salle de Los Angeles (le
Loews Beverly Center Cineplex) le programme durant une petite semaine et sans
aucune publicité. Il s'agit là, en fait, d'obtenir simplement le visa technique
pour lui permettre d'être proposé à une nomination aux Oscars. Depuis lors, le
film n'a jamais plus été présenté (seul un court passage dans le bonus de
l'édition double DVD lors du clip de My Funny Friend and Me reste
accessible). La légende veut même que lorsque les artistes de Pixar ont demandé
à le visionner, Disney a accepté du bout des lèvres en envoyant un garde du
corps pour surveiller la bobine et s'assurer ainsi que personne n'en ferait de
copie illégale. Il faut dire que le documentaire est sacrément à charge pour la
Direction de l'époque. Tout y passe : ses errements décisionnels et managériaux
sans parler de sa propension à pratiquer la politique de la terre brulée. Le
film n'annonce pas moins que l'effondrement de l'empire Disney dans le domaine de
l'animation. Le marketing a alors pris le pas sur l'histoire et la qualité des
œuvres. Les échecs des oeuvres de la décennie suivante comme la fin de l'animation
2D prennent, à l'évidence, naissance dans la production calamiteuse de
Kuzco, l'Empereur Mégalo.

The Sweatbox mérite d'être montré au public tant il décortique la
spirale de l'échec vécue par une major emblématique d'Hollywood qu'une
Direction, devenue folle, mène à sa perte.

Complément
:
Comme cela est expliqué en introduction de la critique développée ci-dessus,
l’analyse de The Sweatbox a été rédigée sans visionnage préalable ; une
exception sur Chronique Disney, le documentaire étant tenu au secret par The
Walt Disney Company. Mais comme rien n’est impossible aux fans, il se trouve
qu’une copie de travail a été, entre temps, mise sur le marché parallèle. Son
visionnage appelle-t-il une modification de la teneur de la fiche? Pas vraiment
! Il permet, en effet, simplement de mieux comprendre le processus de création
chez Disney et de pointer les responsabilités de chacun, même si l’opus est
clairement à charge contre la Direction de Disney de l’époque. Ainsi, la
décision de ses dirigeants d’alors, Peter Schneider et Thomas Schumacher en
tête, de ne pas montrer le documentaire au grand public prend tout son sens dans
la mesure où ils y apparaissent comme les seuls fautifs. Or, avec le recul, ils
ne faisaient, en réalité, que leur travail ! Les éléments présentés du (Le)
Royaume du Soleil ne sont, en effet, pas réellement enthousiasmants : ils
n’ont eu donc de cesse d'essayer de sauver le film en lui faisant prendre une
direction différente. Leur plus grande erreur - et ils le confessent volontiers
dans le film ! - est d'avoir trop tardé avant de faire tomber le couperet, en
ayant la "faiblesse" de faire confiance aux seuls artistes. La conséquence de
leur retard dans la prise de la décision ultime est une immense frustration des
personnes concernées aux premiers rangs desquels se trouvent Roger Allers et
Sting. Ce dernier, dont la femme est la réalisatrice du documentaire, est, de la
sorte, très critique vis à vis du processus de création du film. Il est clair
que le chanteur-compositeur n'est plus du tout motivé pour s’investir dans la
nouvelle mouture du (Le) Royaume du Soleil dans la mesure où tout son
travail précédent a été rayé d’un trait de plume... Est-il blâmable pour cela ?
Bien sûr que non ! Ensuite, à l’évidence, le documentaire est bien trop orienté
pour ne pas gêner la Direction du moment. Que faut-il dès lors en tirer ? Une
idée force : Disney a perdu à l’époque sa recette magique pour créer des films
d'animation à succès. Car, même si
Kuzco, l'Empereur Mégalo est une
réussite artistique, sa production s'est trop faite dans la douleur. La machine
à perdre est activée avec une Direction qui n’y croit plus, une campagne
markéting bâclée et un accueil du grand public timoré... Seul le temps rendra
finalement justice au film en le faisant accéder au rang de culte, bien après sa
sortie...

The Sweatbox reste donc une œuvre à part dans le catalogue Disney, et
le restera d’autant plus longtemps qu’elle n'aura pas été proposée au public. Le
temps réparera sans doute cette injustice. Une chose est certaine : montrer les
coulisses de la création d’un Grand Classique, sans fards, sans artifices et
même avec un parti pris pas forcément légitime, ne sera jamais contre-productif.
Tout vient à point à qui sait attendre !