Quelle déception ! Disney a assurément été mieux inspiré dans
le passé quand il s'est agit pour lui d'adapter une oeuvre de Jules Vernes. Si 20 000 lieues sous les mers
- le film - est incontestablement un chef d'œuvre cinématographique, force est
en effet de constater que la qualité du (Le) tour du monde en
quatre-vingt jours - le film - est inversement proportionnelle à celle
du roman éponyme.

La faute à qui ? En y regardant de plus près, on se rend vite
compte que la Compagnie de Mickey s'est uniquement contentée ( et c'est déjà une
hérésie !) de distribuer le film sur le seul marché américain, laissant à Pathé
le soin d'en faire de même sur le sol français. Et le pire se produit. Si Le tour du monde en
quatre-vingt jours bénéficie à plein de la réputation de Disney dans la
réalisation de films d'aventures, (qui plus est lorsqu'ils reposent sur une
solide oeuvre de la littérature), il déçoit dès les premières minutes. Sombrant
lamentablement dans les pitreries acrobatiques d'un Jackie Chan définitivement
peu crédible en Passe-Partout asiatique aux prises d'une triade chinoise, Le tour du monde en
quatre-vingt jours - le film - accumule en effet les invraisemblances
sans grand rapport avec l'œuvre originelle. La pléiade de guest-stars (Michael
Youn, Arnold Schwarzenegger, Owen Wilson, Kathy Bates...) n'y changera
d'ailleurs rien, l'adaptation prenant alors les aspects d'un simple catalogue
pour producteur au chéquier bien rempli.
Le seul atout du film, bien maigre lot de consolation, réside
finalement dans la représentation des machines et autres engins imaginés par un
Phileas Fogg, digne représentant d'un Jules Verne familier.
Pour être apprécié par le public français, Le tour du monde en
quatre-vingt jours doit être, en fait, vu comme une lointaine (très
lointaine) adaptation du roman de notre Jules Vernes national et envisagé comme
un simple film d'aventures. C'est à ce seul prix qu'il parviendra alors à vous
divertir. Mais, si cette compromission est au dessus de vos forces, passez vite
votre chemin...