En seulement deux ans, la franchise
High School Musical a réussi le tour
de force de s'imposer comme un véritable phénomène de société pour toute une
génération d'adolescents. Commencée par un simple film de télévision de la
collection des Disney
Channel Original Movie, suivie d'une suite pour le même média, l'aventure se
poursuit dans les salles obscures en signant, par ce simple fait, un exploit
rarissime dans le monde audiovisuel. Il n'est pas, en effet, commun de voir
passer des œuvres du petit au grand écran, qui plus est, quand elles émanent
d'une chaine câblée....

High School Musical - Premiers Pas
sur Scène est diffusé pour la première fois en janvier 2006 sur Disney
Channel aux Etats-Unis en qualité de simple opus de la collection déjà estimée
des Disney
Channel Original Movie. Il réalise alors, contre toute attente, le meilleur
score d’audience jamais obtenu pour un téléfilm. Fort de ce succès, il est vendu
à travers le monde et affole les courbes d'audience dans 27 pays. Plus de 250
millions de personnes à travers la planète succombent au phénomène. Dans le même
temps, il s'arroge le rang de film de télévision le plus vendu en DVD pour 2006
et place, la même année, sa bande originale - quadruple album de platine - n°1
des ventes, tout en recevant, pour elle, le Billboard Music Award de la B.O. de
l’année. High School Musical - Premiers Pas
sur Scène se décline également en comédie musicale, en spectacle sur glace,
en roman à succès, en produits dérivés de toutes sortes, sans oublier les shows
dans les parcs à thèmes de Disneyland Anaheim,
Orlando et
Paris. La franchise a par
ailleurs donné naissance à une tournée de 42 concerts, tous joués à guichets
fermés en Amérique du Nord et du Sud.
Lors de sa diffusion le 17 août 2007,
High School Musical 2, toujours
présenté dans la collection des
Disney Channel Original Movie,
confirme l'engouement du public. Il remporte, en effet, le plus gros succès
d’audience sur le câble avec 18,6 millions de téléspectateurs. Il se paye même
le luxe, ce jour là, de dépasser les programmes des chaines historiques, CBS,
ABC et NBC. Traduit dans 24 langues et diffusé dans plus de 100 pays, il est
ensuite vu par 187 millions de personnes à travers le monde. Dans le sillon de
son ainé,
High School Musical 2 arrive en
tête des meilleures ventes de films de télévision en DVD pour l’année 2007 et
fait de sa bande originale un triple album de platine.

En France, en 2006, les différentes diffusions High School Musical - Premiers
Pas sur Scène, sur Disney Channel en première exclusivité puis sur M6,
réunissent près de 10 millions de téléspectateurs au total. L'année suivante, ce
sont plus de 8 millions de téléspectateurs qui suivent, sur les mêmes chaines,
les retrouvailles de Troy et Gabriella dans
High School Musical 2.
2008 voit elle débarquer
High School Musical au cinéma. Le
pari est osé. Les spectateurs s'attendent, en effet, tous à retrouver, peu ou
prou, sur grand écran un téléfilm en guettant ici l'apparition, au coin gauche
de l'écran, du logo géant de Disney Channel et là une coupure pub... La question
qui est alors sur toutes les lèvres est de savoir si un film de télévision, tout
exceptionnel qu'il soit, a les capacités de faire un bon film de cinéma ? Pire,
le genre de la comédie musicale sur pellicule est réputé particulièrement
exigeant. La barre est placée si haute que même les plus prometteurs (Mama
Mia - Le Film) ratent leurs performances ! High School Musical 3 : Nos
Années Lycée venu du petit écran parviendra-t'il à réussir sa mue pour le
cinéma et signer la meilleure comédie musicale de l'année 2008 ? La réponse est
sans appel : oui ! L'étonnante troupe des Wild Cats s'impose, en effet, sur
grand écran et relègue ses précédentes prestations sur le petit (High School Musical - Premiers
Pas sur Scène et
High School Musical 2) - pourtant
déjà très bonnes - au rang de simples tours de chauffe ! High School Musical 3
: Nos Années Lycée est une heureuse surprise.
Alors bien sûr, le film possède les défauts de la franchise. Clairement
destiné à un public adolescent tout en lorgnant vers les jeunes adultes, le
scénario tient sur un mouchoir de poche. Les bons sentiments sont légions, les
tourments feints et les questions existentielles dignes d'une blague Carambar.
Les grosses ficelles sont toutes aussi présentes, du torse nu de Zac Efron
(filmé de dos, Disney oblige !) au numéro de danse sous la pluie de Vanessa
Huggens ; histoire d'enamourer un peu plus les jeunes filles et garçons
subjugués par la charmante plastique des acteurs en titre...

Passées ces quelques critiques, clairement secondaires, High School
Musical 3 : Nos Années Lycée tient toutes ses promesses tant le film est
jubilatoire.
C'est d'ailleurs une chose que d'avoir des moyens (l'opus n'en manque pas !)
c'en est une autre de correctement les utiliser. La grande force du long-métrage
est là. Le réalisateur a pris le parti de se "lâcher". A commencer par les
décors, bien plus aboutis que dans les précédents. Chaque séquence musicale
dispose ainsi d'un univers propre à son thème où le kitch le dispute au
clinquant. Et c'est l'âme de Broadway, auquel un hommage appuyé est directement
rendu, qui transparait sur l'écran. En faisant le choix de faire glisser le
récit progressivement du lycée vers le théâtre, Kenny Ortega permet à ses
acteurs de performer librement. Le show est total, chanteurs et danseurs se
donnent à fond et servent des chorégraphies enthousiasmantes. Le spectateur n'a
plus qu'alors à admirer goulument le fruit du travail fourni.
High School Musical 3 : Nos Années Lycée tire sa force de sa volonté
d'être, et d'assumer le fait d'être, une comédie musicale. Les séquences parlées
sont ainsi réduites à la portion congrue sans que personne ne trouve rien à
redire. Tout se joue sur les parties chantées : les chorégraphies sont
particulièrement soignées et servent à merveille les ritournelles pop, rythmées
et entrainantes.

Parmi elles, Now or Never ouvre ainsi le bal et donne le ton au film
tout entier. De l'apparition du titre et des effets qui l'accompagnent aux
premières images, le spectateur est, il est vrai, tout de suite mis dans une
ambiance familière qui pourtant prend une nouvelle connotation. Les acteurs ont
visiblement bien grandis et gagné en maturité et professionnalisme.
I want it All offre, quant à elle, à Sharpay et Ryan l'occasion idéale de
rendre un bel hommage à Broadway, et plus précisément encore, aux
revues-paillettes à grands coups de décors flamboyants, de couleurs outrageantes
et d'habits improbables.
Can I Have This Dance est, pour sa part, une agréable respiration où
Gabriella, tout en nostalgie, apprend à Troy comment danser la valse. La romance
est alors belle et sensuelle.
The Boys Are Back est, elle, un numéro 100% masculin où Troy et Chad
revivent leur enfance dans une casse automobile. Le décor est à la hauteur de la
chorégraphie, qui, fracassée, est un bijou de minutie.
Scream censé permettre à Troy de réfléchir à son avenir est, surtout,
l'occasion de voir toute l'étendue des talents de Zac Efron qui crève alors
littéralement l'écran.
High School Musical, le final est, enfin, une parfaite réussite.
Grandiose, nostalgique et enjoué, il résume à lui seul l'exceptionnelle qualité
de l'opus.
Pour réussir le passage au grand écran, High School Musical 3 : Nos Années
Lycée s'appuie logiquement sur le talent de Kenny Ortega. Sa double
casquette, de réalisateur des deux précédents opus de la saga et de chorégraphe,
fait, il est vrai, de lui l'homme de la situation. Non seulement, il est expert
en création de numéros musicaux mais connait également sur le bout des doigts
les personnages et codes du phénomène High School
Musical. Lui seul était en capacité de le préparer à affronter l'épreuve des
salles obscures, sans le trahir. Kenny Ortega n'est d'ailleurs pas un novice
chez Disney dans l'adaptation pour le cinéma de comédies musicales. En 1992, il
est ainsi déjà un cumulard (réalisateur et chorégraphe) sur
Newsies - The News Boys. Il s'appuie à l'époque sur les compositions d'Alan
Menken (La
Petite Sirène, La Belle et la Bête,
Aladdin) qui signe une fois de plus,
alors, de superbes chansons. D'ailleurs, mise à part
Il Était une Fois, vendue en
2007 comme un film d'animation, aucune comédie musicale n'a été proposée par le
studio de Mickey, en film "live" pur-jus depuis Newsies -
The News Boys. Avec High School Musical 3 : Nos Années Lycée, le
label Walt Disney revient, donc, à un genre qui trustait son catalogue dans les
années 60 avec des films comme
Babes in Toyland (1961),
Summer Magic (1963),
Le Plus Heureux des Milliardaires (1967) et
The One and Only, Genuine, Original, Familly Band (1968).

High School Musical 3 : Nos Années Lycée conserve le casting qui a
fait le succès de la saga.
Le populaire Zac Efron reprend ainsi pour la dernière fois son rôle de Troy
Bolton. S'il semble encore un peu jeune dans son jeu lors des premiers épisodes,
High School Musical 3 : Nos Années Lycée est l'occasion pour lui de
révéler toute l'étendue de ses talents d'acteur. Il gagne, tout à la fois, en
présence et prestance. La séquence Scream résume à elle seule son
incroyable performance sur le film.
Vanessa Hudgens joue bien sûr toujours la douce Gabriella Montez. Si elle
conserve son capital sympathie, elle n'a pas contrairement à Zac Efron évolué
dans son jeu. Pour le coup, elle apparait bien fade dans un univers où ses
partenaires ont, pour la grande majorité, gagné en profondeur. Contre toute
attente, elle est sans doute la déception de l'opus.
Corbin Bleu (Chad Danforth), au contraire, gagne ses galons d'acteur et peut
désormais espérer exister pour et par lui et ne plus être un simple faire
valoir. Son charisme, tout en maturité et énergie, rayonne dans son duo bluffant
avec Zac Efron pour la séquence The Boys Are Back.
Ashley Tisdale (Sharpay Evans) confirme une fois de plus son rang d'actrice à
très fort potentiel. Elle n'a d'ailleurs pas attendu ce troisième opus pour
faire irradier son personnage, qui, moins présent cette fois-ci, signe des
séquences toutes plus fortes les unes que les autres.
Lucas Grabell (Ryan Evans) et Monique Coleman (Taylor McKessie) n'ont, quant à
eux, pas vraiment compris la nature de l'enjeu. Le premier livre, en effet, un
numéro en tout point conforme aux précédents, certes de bonne facture mais sans
le petit plus que le cinéma exige. La seconde traine, pour sa part un rôle trop
secondaire pour vraiment exister, même si sa scène d'invitation au bal lui offre
une respiration salutaire.
Au-delà de son casting habituel, High School Musical 3 : Nos Années Lycée
accueille de nouveaux venus. L'opération vise d'ailleurs moins à apporter du
sang neuf qu'à préparer le téléfilm High School Musical 4. Jimmy, Tiara
et Donny débarquent ainsi sans vraiment convaincre. Justin Martin (Jimmy) passe,
en effet, totalement inaperçu, Jemma McKenzie-Brown (Tiara) n'existe que par
Ashley Tisdale (Sharpay Evans) tandis que Matt Prokop (Donny) est une caricature
ambulante du loufoque de service. Le quatrième opus a du souci à se faire si la
barre n'est pas vite redressée...

High School Musical 3 : Nos Années Lycée est une véritable bonne
surprise. Non seulement il est, et de loin, le meilleur de toute la saga, mais
permet, en outre, au label Walt Disney Pictures de renouer en fanfare avec le
genre des comédies musicales.
High School Musical 3 : Nos Années Lycée est à voir : le seul risque
encouru est de devenir définitivement accro.
A noter :
Deux versions délocalisées sont également disponibles la même année sous
l'appellation High School Musical - Le Défi, l'une en
Argentine et l'autre au
Mexique.