Le BGG
Le Bon Gros Géant

Titre original :
The BFG
Production :
Disney
Date de sortie USA :
Le 01 juillet 2016
Genre :
Fantastique
Disney Digital 3-D
Réalisation :
Steven Spielberg
Musique :
John Williams
Durée :
115 minutes

Le synopsis

Sophie, une orpheline londonienne de 10 ans, est enlevée par le Bon Gros Géant qui l'emmène au Pays des Géants. Elle y découvre bien vite que son kidnappeur ne ressemble pas du tout aux autres habitants de ce pays mystérieux. Ne mesurant que 7 mètres, il fait ainsi partie des plus petits de son espèce. Son travail est également des plus intrigant : il fabrique des rêves qu'il distribue ensuite...

La critique

rédigée par
★★
Publiée le 05 juillet 2016

Quelle déception !  Le BGG - Le Bon Gros Géant a de quoi faire s'interroger le spectateur sur la capacité de Steven Spielberg de retrouver le chemin de l'enfance. Après trois superbes longs-métrages adultes, Cheval de Guerre, Lincoln et Le Pont des Espions, il livre ici, en effet, un film pour la jeunesse dépourvu de toute la magie d'E.T. l'Extra-Terrestre ou d'Hook ou la Revanche du Capitaine Crochet. Long à démarrer avec une fin plutôt pataude, l'opus n'est magique qu'un trop court instant en son milieu pour convaincre de son intérêt. Restent alors, et heureusement, un visuel bluffant, une musique enchanteresse et une langue inventée amusante...

Devenu l'une des personnalités les plus emblématiques et influentes du septième art, Steven Spielberg est né le 18 décembre 1946 à Cincinnati dans l'Ohio. Cinéaste très précoce, il réalise, enfant, quelques petits films amateurs puis, toujours très jeune, abandonne rapidement ses études pour tenter sa chance à Hollywood. Assistant monteur sur la série Wagon Train en 1957, il apprend alors son métier sur le tas, dans les années 60, en réalisant des courts-métrages tels que Firelight ou Amblin (dont il emprunte l'appellation pour sa future maison de production), puis travaille pour le petit écran, dirigeant notamment des épisodes de Columbo.
Son talent de mise en scène se révèle au grand jour en 1971 avec le téléfilm Duel (exploité en qualité de film à l'international) qui remporte notamment, en France, le Grand Prix du Festival d'Avoriaz. Le cinéaste réalise ensuite Sugarland Express (1974). Prix du scénario à Cannes, ce drame confirme ses belles aptitudes et annonce une jolie carrière qui prend un virage dans le fantastique dès l'année suivante.
Il y a, à l'évidence, pour Steven Spielberg, un avant et un après 1975 ! Cette année-là, il terrifie, en effet, le monde entier avec Les Dents de la Mer, une référence dans le cinéma d'épouvante qui le propulse star internationale de la mise en scène à seulement 29 ans. Ses films suivants remportent tous le même succès, atteignant pour la plupart les cimes du box-office international et s'inscrivant dans l'imaginaire de millions de spectateurs. Steven Spielberg est d'ailleurs le créateur (avec son ami George Lucas et sa Guerre des étoiles) d'une catégorie enviée du tout Hollywood : les films à plus de 100 millions de dollars de recettes sur le seul territoire national. Cette manne colossale pour les majors permet ainsi aux deux cinéastes de revendiquer par la suite une totale autonomie vis-à-vis des studios.
En 1977, Rencontres du Troisième Type initie son rapport étroit avec la science-fiction qui se poursuit en 1982 avec E.T. l'Extra-Terrestre puis A.I. Intelligence Artificielle (2001), Minority Report (2002) et La Guerre des Mondes (2005). Son goût pour l'aventure lui permet par ailleurs de donner naissance à la légendaire saga des Indiana Jones tombée dans l'escarcelle de Disney en 2012 à la faveur du rachat de Lucasfilm : Les Aventuriers de l'Arche Perdue (1981) , Indiana Jones et le Temple Maudit (1984), Indiana Jones et la Dernière Croisade (1989) et Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal (2008).
En 1983, Steven Spielberg participe à un film collectif avec John Landis : La Quatrième Dimension, dont il réalise la deuxième séquence. Il aborde ensuite dès 1985, dans sa filmographie, des sujets différents, moins orientés sur le cinéma dit « de divertissement » et plus axés sur l'Histoire : La Couleur Pourpre (1985) et Empire du Soleil (1987), deux œuvres qui racontent respectivement la vie d'une famille noire aux États-Unis du début à la moitié du XXe siècle, et celle d'un jeune Britannique pris dans la tourmente de la Seconde Guerre mondiale. Ce conflit le passionne à l’évidence. Il reviendra deux autres fois sur le sujet avec La Liste de Schindler (1993) et Il Faut Sauver le Soldat Ryan (1998), des long-métrages qui lui font gagner la consécration auprès des critiques et de ses pairs en remportant, notamment, de nombreux Oscars.
Par contre, il ne s'intéresse qu'une seule fois à la Première Guerre Mondiale avec le touchant Cheval de Guerre (2011).
Ne délaissant pas le divertissement à grand spectacle, il continue à relever les paris les plus fous en allant jusqu'à ressusciter, grâce à une combinaison novatrice de maquettes animées et d'images de synthèse, plusieurs espèces de dinosaures pour Jurassic Park (1993) et sa suite Le Monde Perdu (1997).
Tout aussi bien, il s’amuse également à revisiter les thèmes de l'enfance et de la famille (Hook ou la Revanche du Capitaine Crochet en 1991, Les Aventures de Tintin : Le Secret de La Licorne en 2011) et à explorer la comédie burlesque avec 1941 (1980), la plus légère avec Arrête-Moi Si Tu Peux (2002) ou la romantique avec Le Terminal (2004). Il sait aussi prendre ses distances vis-à-vis des œuvres de pur divertissement pour aborder des sujets plus graves : le deuil (Always, 1989), l'esclavage (Amistad, 1997), la géopolitique (Munich en 2006, Le Pont des Espions en 2015), la biographie d'un grand président des États-Unis (Lincoln, 2012) sont ainsi autant de thèmes délicats qui prouvent l'éclectisme et la sensibilité du cinéaste.
Parallèlement et dès 1981, Steven Spielberg, qui a créé sa propre société de production, supporte en plus de ses films, ceux d'autres cinéastes, considérés avec le recul comme les plus imaginatifs des années 80 : Gremlins (1984), Les Goonies (1985), Retour Vers le Futur (1985), Bigfoot et les Henderson (1987), L'Aventure Intérieure (1987), Miracle sur la Huitième Rue (1987) ou Qui Veut la Peau de Roger Rabbit (1988).

Le BGG - Le Bon Gros Géant est donc à la base une adaptation du livre éponyme de Road Dahl.
Né à Cardiff, le 13 septembre 1916, de parents norvégiens, dans un milieu aisé, l'auteur connait une jeunesse dorée mais mouvementée. Dès l'âge de 4 ans, il perd, en effet, sa sœur aînée et son père. Sa mère décide alors d'installer toute la famille en Angleterre. Pendant la Seconde Guerre Mondiale, il s'engage en qualité de pilote de chasse dans la Royal Air Force. Les combats sont féroces et il échappe miraculeusement, de nombreuses fois, à la mort. Le crash de son avion en 1940, dans le désert saharien, a finalement raison de son désir de lutte active contre les nazis en le rendant inapte à tout nouveau vol. Il est alors envoyé en mission à l'ambassade britannique située à Washington.D.C. Il met à profit cette période pour commencer à écrire. Pendant les années de conflits, il signe ainsi son premier livre, Les Gremlins (1943). Ses recueils de nouvelles Bizarre ! Bizarre ! (1953) et Kiss Kiss ( 1960) terminent d'assoir sa renommée d’auteur de fiction. La Grande Entourloupe (1976) s’inscrit, d'ailleurs, dans le même registre de contes sinistres, morbides et malsains à destination des adultes. Entre temps, dès 1960, et après avoir publié pendant quinze ans des livres pour grandes personnes,  Roald Dahl débute dans la littérature enfantine. D'abord à l’attention de ses propres quatre enfants, il invente des histoires plus gaies et plus longues. Ses premiers succès sont James et la Grosse Pêche (1961) puis Charlie et la Chocolaterie (1964). Suivront d’autres best-sellers, parmi lesquels Le Bon Gros Géant, Danny le Champion du Monde, Matilda, Fanstastique Maître Renard… Road Dahl s’éteint le 23 novembre 1990 à l’âge de soixante-quatorze ans. Son œuvre séduit encore aujourd'hui les petits et les grands qui ont su, comme lui, garder une âme d’enfant.
Après la tentative avortée de film d'animation sur Les Gremlins en 1943 puis l'adaptation en film d'animation image par image de James et la Pêche Géante en 1996, Le BGG - Le Bon Gros Géant est donc la troisième œuvre de l'auteur à être adaptée d'une façon ou d'une autre par Disney.

En septembre 2015, DreamWorks Pictures et Walt Disney Studios Motion Pictures annoncent leur intention de cesser leur partenariat. Depuis 2011 avec Numéro Quatre, tous les DreamWorks Pictures ont été, il est vrai, distribués sous la bannière Touchstone Pictures, du moins sur le territoire américain. Les derniers films à être sortis par Disney sont donc Le Pont des Espions en 2015, Le BGG - Le Bon Gros Géant et Une Vie Entre Deux Océans en 2016. Pour palier à la situation, le 15 décembre 2015 est donc fondée une nouvelle joint venture : Amblin Partners regroupant Steven Spielberg, Jeff Skoll de Participant Media, Anil Ambani de Reliance Anil Dhirubhai Ambani Group et Darren Throop d'Entertainment One. La nouvelle compagnie a ainsi pour mission de produire des films adultes sous la bannière DreamWorks Pictures et plus familiaux sous Amblin Entertainment tandis que Participant Media s'occupe plutôt des documentaires. Le même jour, Universal Pictures est présenté comme distributeur exclusif du consortium durant cinq ans ; Steven Spielberg retrouvant là son studio fétiche. Finissant la démarche, le 28 avril 2016, Comcast, le propriétaire d'Universal Pictures annonce, quant à lui, avoir racheté DreamWorks Animation. Les deux studios se retrouvent donc de nouveau sous le même toit après leur divorce en 2004 !

Le BGG - Le Bon Gros Géant, pour sa part, est à l'origine censé n'être distribué que par Disney sous le label Touchstone Pictures. Le film est alors coproduit par Amblin Entertainment, Reliance Entertainment, The Kennedy/Marshall Company (la société de production de Frank Marshall et sa femme Kathleen Kennedy, grands amis de Steven Spielberg) avec la participation de Walden Media. Mais Steven Spielberg prend conscience que le seul grand studio d'Hollywood avec lequel il n'a jamais travaillé est celui de Walt Disney, n'ayant jamais eu aucun de ses films attachés au label du château enchanté. Disney décide  donc de coproduire l'opus, en plus de le distribuer aux États-Unis sous son label historique. S'il en perd logiquement la distribution internationale, il est tout de même étonnant de voir son nom gommé de toute promotion hors territoire nord-américain. Distribué en France par Metropolitan FilmExport, Disney n'apparait, il est vrai, qu'en tout petit, en bout du générique de fin.

L'envie d'adapter le classique de Road Dahl remonte à bien des années. Steven Spielberg a, en effet, découvert le livre à l'époque de la naissance de son premier né. Il va lui lire le roman et fera de même pour ses autres enfants. Il pense véritablement à adapter le film dès 1991 et ses amis Frank Marshall et Kathleen Kennedy réfléchissent déjà à le produire, envisageant même Robin Williams dans le premier rôle. Mais la technologie d'alors ne permet pas de lancer le projet dans de bonnes conditions : il est donc tout bonnement mis de côté. Il faut ensuite attendre près de vingt ans pour que DreamWorks Pictures annonce avoir acquis les droits du livre. A l'origine, c'est John Madden qui est pressenti pour réaliser son adaptation ; coup de théâtre pourtant en avril 2014 : Steven Spielberg prend le poste de réalisateur et John Madden devient lui son producteur exécutif.

Pour la quatrième fois de sa carrière, Steven Spielberg revient ainsi à un film pour enfant après le chef d'œuvre E.T. l'Extra-Terrestre en 1982, le sympathique Hook ou la Revanche du Capitaine Crochet en 1991 et le déroutant Les Aventures de Tintin : Le Secret de La Licorne  en 2011. Il a passé, en fait, la plupart des quinze dernières années à faire des films pour adultes, souvent graves et historiques. Dans ce laps de temps, et par exception, le moins réussi est son adaptation de Tintin. Malheureusement, Le BGG - Le Bon Gros Géant signe lui aussi une contre-performance rejoignant également le cercle très fermé de ses films les moins bons. Non pas que l'opus soit franchement mauvais mais il possède de gros défauts qui peinent à faire rentrer le spectateur dedans. Des défauts difficilement pardonnables à un réalisateur de la trempe de Steven Spielberg !

Le premier gros handicap du (Le) BGG - Le Bon Gros Géant est son rythme. Spielberd lui applique en effet un développement désuet comme s'il l'avait réalisé dans les années 80, faisant fi de l'évolution des jeunes spectateurs et cherchant là manifestement à proposer un film pour les quarantenaires en mal de leur jeunesse perdue. L'opus est ainsi trop long à démarrer ! La rencontre entre Sophie et le Géant se fait certes assez vite mais la découverte des personnages entre eux se perd en palabres. Si le deuxième tiers remonte la barre et s'avère plutôt réussi, le récit prend l'eau sur la fin. En réalité, quand le film revient dans le monde réel, sa crédibilité s'effondre. Son retour à Londres va notamment amener l'une des scènes les plus grotesques qu'ait jamais filmé Steven Spielberg : celle du petit déjeuner chez la Reine d'Angleterre. Certes, la séquence est décrite dans le roman de Dahl mais son passage à l'écran est pathétique, ou du moins beaucoup trop destiné à des enfants de moins de six ans. Son humour gras est juste affligeant pour un réalisateur de la renommée de Steven Spielberg. Evidemment, il suit le livre à la lettre mais un peu de retenue aurait sans doute sauver la séquence. La fin, quant à elle, est trop précipitée pour convaincre, plus encore dans ce qu'elle essaye de conclure sur une réflexion franchement brumeuse sur la frontière entre la réalité et le rêve.

Le second souci du film est étonnement son manque de second degré. Le livre de Dahl dispose d'un côté sombre et d'une réflexion bien construite à la fois sur la nourriture et le végétarisme (les ogres mangent les petits enfants sans remords comme les humains mangent les petits cochons) mais aussi sur la peur qu'inspire le monde des adultes (représenté métaphoriquement par le monde des géants) aux enfants. Dans le film, le second degré et les réflexions sous-jacentes sont tout bonnement gommés pour proposer une histoire primaire. L'opus n'arrive ainsi jamais à faire questionner son auditoire selon un paradoxe suprême qui veut justement que la marque de fabrique de Steven Spielberg soit d'apporter, derrière le divertissement, de vrais pistes de réflexion. Ici, tout est survolé et n'a jamais l'approfondissement qu'il mérite. Le réalisateur se contente simplement de réfléchir à la frontière entre le rêve et la réalité. L'idée est certes bonne mais arrive trop tardivement dans le propos pour emporter l'adhésion... 

Pour autant, la magie parvient, ici ou là, à se mettre en place, petit à petit, au milieu du film. L'alchimie entre les deux personnages commence, en effet, à poindre son nez au bout du tiers du récit. De leurs deux solitudes, finit par naître un profond respect mutuel. À partir de ce moment là, l'opus offre enfin ce qu'il a de meilleur : de l'amitié et de la poésie. Le summum est assurément atteint avec la scène de l'arbre à rêves. C'est une merveilleuse séquence qui invite à l'imagination, aussi belle visuellement que touchante émotionnellement. La vision proposée est réellement enchanteresse. La solitude des personnages arrive ici à se résorber quand la petite fille et le géant s'ouvrent leur cœur et apprennent à se faire confiance l'un l'autre. La séquence où BGG montre à Sophie son travail et comment il apporte un rêve au petit garçon est juste superbe, non seulement dans sa représentation mais aussi dans la métaphore qu'elle propose.

L'autre réussite du film est de retranscrire à merveille le vocabulaire de l'auteur, aussi bien en anglais qu'en français. Le doublage VF doit d'ailleurs être salué car le langage suit à merveille la traduction du livre tandis que la voix de Danny Boon dans celle du géant est parfaite, articulant avec justesse les phrases sorties de l'imagination du géant. Ce dernier mélange en effet les mots, en invente ou change l'ordre des syllabes. Le langage du géant est une mélodie à elle toute seule ! Il se marie d'ailleurs avec délice à la musique de John Williams qui apporte énormément au récit. Le compositeur livre ici une partition symphonique, lyrique, féérique, envoutante à souhait et qui souligne à merveille l'action, et ce, même quand elle se voit réduite à la portion congrue comme dans la première demi-heure...

Les derniers atouts du film restent évidemment le visuel construit et la réalisation virevoltante de Steven Spielberg. C'est bien simple, les décors sont à tomber que cela soit ce Londres encore plus magique que celui d'Harry Potter, la maison du géant ou l'arbre à rêves. Il y a beaucoup de magie visuelle dans Le BGG - Le Bon Gros Géant. Tout est merveilleux : de la chambre de l'ancien ami du géant, à l'usine à rêve en passant même par l'orphelinat qui arrive à être attrayant bien qu'il soit synonyme de solitude pour la petite Sophie. Et que dire de la façon dont le réalisateur transcende le mouvement des personnages. L'enlèvement de la petite fille au début de l'action est chorégraphié de main de maître, le géant se dissimulant dans les ombres de la ville. Enfin, le soufflet, objet qui sert à envoyer les rêves, est également superbe tout autant qu'il est parfaitement utilisé.

Côté personnages, les deux héros principaux ne sont pas des plus attachants mais pour des raisons assez différentes.
Sophie est jouée par la jeune actrice Ruby Barnhill. Si elle s'en sort correctement, elle a un gros défaut : elle est tout simplement quelconque ! Elle n'arrive jamais à se rendre foncièrement touchante. Pourtant orpheline qui rêve de vouloir trouver une famille, elle ne parvient pas à emporter le cœur des spectateurs malgré une certaine force de caractère. Le personnage de Sophie n'a ainsi pas du tout le même charisme ou la même aura qu'avait Elliot dans E.T. l'Extra-Terrestre.
Le BGG est, quant à lui, interprété, lui par Mark Rylance. L'acteur s'est fait remarqué par sa merveilleuse interprétation de Rudolf Abel dans Le Pont des Espions qui lui a valu de remporter l'Oscar du Meilleur Acteur dans un Second Rôle. Ici, il donne sa voix au personnage ainsi que sa gestuelle servant de modèle aux animateurs du BGG réalisé en motion capture. Le rendu est certes plutôt convaincant  et ce, grâce au travail de Weta Digital, appartenant à Peter Jackson connu pour son travail sur Avatar et Le Seigneur des Anneaux. Malheureusement, ce personnage entièrement digital a tout de même tendance à perdre en humanité tant il aurait mérité d'être joué par un acteur de chair et d'os. Quitte à tourner sur fond vert, l'acteur maquillé aurait, en effet, pu interagir avec bien plus d'émotions. Pour autant, le procédé choisi n'enlève en rien la performance de Mark Rylance qui apporte une voix et une diction merveilleuse comme le fait Dany Boon dans son remarquable travail de doubleur français.
Les autres personnages sont, pour leur part, bien trop anecdotiques ou transparents pour être cités. Les neuf géants ne sont ainsi ni drôles ni inquiétants : consistants dans le livre, ils sont dans le film juste bon à être des antagonistes de pacotille aux deux héros.

Le BGG - Le Bon Gros Géant est accueilli tièdement par la critique, notamment lors de la diffusion hors compétition lors du Festival de Cannes, félicitant Steven Spielberg pour la beauté des images mais reprochant une histoire un peu lente qui manque de danger et de noirceur. Le public passe, lui, complètement à côté du film aux États-Unis. Avec un premier week-end à 19,5 millions de dollars, pour un budget de 140 millions, il n'est autre qu'un énorme flop pour le réalisateur, surement l'un des pires depuis sa comédie 1941 en 1980. Pour la nouvelle génération, un film de Steven Spielberg n'est malheureusement plus un évènement. Lui qui a préféré réaliser des films au public plus adulte a manifestement perdu le public jeune et adolescent. Le constat est d'autant plus triste et injuste que c'est lui qui a inventé le blockbuster estival pour adolescents avec Les Dents de la Mer en 1975 !

Le BGG - Le Bon Gros Géant est un petit Steven Spielberg. Il y a des belles choses dans le film à commencer par les visuels, la musique ou encore les dialogues du personnage du géant sans oublier la magnifique séquence de l'arbre à rêves. Mais l'opus manque de constance et se meurt de personnages un peu fades, d'un rythme en dents de scie et d'un humour gras sur la fin. Le spectateur qui attendait le grand retour du réalisateur dans une grande production reste, en fait, sur sa faim. Steven Spielberg semble désormais plus à l'aise avec des films réalistes à petit budget qu'avec des films fantaisistes à gros budget. Sur ses six derniers opus (Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal, Les Aventures de Tintin : Le Secret de La Licorne, Cheval de Guerre, Lincoln, Le Pont des Espions et Le BGG - Le Bon Gros Géant), les meilleurs relèvent, en effet, de la première catégorie.

Le BGG - Le Bon Gros Géant n'est pas la hauteur des attentes qu'il suscite : ses quelques qualités s'effacent bien trop vite au point de n'avoir à offrir finalement qu'un sentiment d'ennui profond.

L'édition vidéo

Jaquette Le BGG - Le Bon Gros Géant
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