« Mais comme le dit toujours mon père, fais attention ! Pars du bon pied
du bon côté, c'est pas sorcier ! » chantait la petite Anne parmi les chœurs,
probablement impressionnée par la désormais très célèbre
Douchka. Nous sommes en 1987 et Anne met un pied chez Disney France, après
avoir mené une petite carrière artistique notamment dans les domaines de la mode
et du théâtre. Il faudra attendre la rupture du contrat liant
Douchka et la
firme de Mickey deux ans après pour que cette dernière se rappelle de la petite
choriste.

Nouveau Grand Classique, nouvelle Ambassadrice, nouvelle mode (les années '90
approchent) : Anne chantonne « Oliver » sur scène entourée des personnages du
film. Le succès est fulgurant : déjà habitué au concept d'Ambassadrice Disney,
le public accroche immédiatement à la nouvelle venue. Elle va pouvoir
tranquillement surfer sur la vague de la sortie du nouveau conte de fées «
évènement » de Disney, La Petite Sirène, et enregistrer dans la foulée son tout
premier album, sobrement intitulé Anne. On y retrouve bien sûr l'«Oliver» qui
l'a rendue célèbre mais aussi le nouveau titre « La Petite Sirène » ou encore le
générique de la série Tic et Tac - Les Rangers du Risque. Plus que jamais,
l'Ambassadrice sert d'outil promotionnel et son joli minois est accolé à tout ce
qui sort des Studios Disney : des séries (« Myster Mask »), des Grands
Classiques (« Bernard et Bianca au Pays des Kangourous », « Que Fera la Belle ?
»), des magazines (« Les P'tits Loups ») mais aussi et surtout : l'ouverture
d'Euro Disney Resort.


Depuis 1988, elle avait rejoint Jean-Pierre Foucault à
la co-présentation de Disney Parade sur TF1 et lorsqu'il est décidé de
relocaliser l'émission au sein du Parc Euro Disneyland, la présence d'Anne est
une évidence aux yeux des programmateurs. Elle
chante ainsi lors de la soirée inaugurale sur la scène de Videopolis à
Discoveryland et anime dès le lendemain après-midi le tout premier Disney Parade
en direct du Resort parisien. Nous sommes le dimanche 12 avril 1992, date ô
combien connue des passionnés français de Disney.

Et ce n'est pas tout ! Avant même l'ouverture du complexe, Disney France fait
d'une pierre deux coups : en un concert, la firme offre aux enfants leur idole
et l'envie irraisonnée de se rendre sur-le-champ au pays de Mickey et ses amis :
c'est Anne au Pays d'Euro Disney et c'est à l'Olympia, s'il vous plaît, en
février et mars 1992 ! Bien entendu, le succès est au rendez-vous et un CD, un
double CD et une VHS du concert sortent dans les bacs et s’arrachent…
Cependant, comme avant elle
Douchka, Anne n'a pas toujours eu que Disney en
tête. D‘ailleurs, on constate que la proportion de chansons sans rapport avec
l'univers Disney ne fait qu'augmenter au fil de ses albums ; Que Fera la Belle ?
est surtout connu pour « Clarisse Attrape les Étoiles », « Rock Star », « Le
Pays Blanc » ou « Le Clown » respectivement inspirés d'une amie autiste, des
aspirations à la gloire des Hannah Montana avant l'heure, de la défense de
l'Antarctique et du dernier tour de piste d'un clown déchu. Les trois disques
d'or et les deux nominations aux Victoires de la Musique obtenus durant l'ère
Disney lui promettent un bel avenir dans l’univers de la chanson.


Aussi, c'est
sans regret qu'Anne quitte Disney en 1994 refusant simplement de renouveler son
contrat. L'année suivante, elle revient pourtant à son domaine de prédilection
(le public adolescent) et présente Tarmac sur Canal J (La voilà déjà reléguée
aux émissions câblées à l’audience confidentielle penseront les mauvaises
langues !) qui peine à rencontrer le succès (Joli euphémisme !). Elle part
finalement pour une école d'art de Los Angeles qui lui ouvre par la suite les
portes de la troupe de Notre-Dame de Paris en anglais à Las Vegas puis en
français à Paris, succédant à Hélène Ségara dans le rôle d'Esmeralda. Elle
s'installe par la suite en Espagne, touchant un peu à la musique via le groupe
Naughty Noise mais gagnant sa vie essentiellement dans une boutique de mode
qu'elle tient sur une île des Baléares… Les spot-lights ont, pour elle,
définitivement changé de nature…

Le succès post-Disney est-il définitivement exclu pour les "Ambassadrices
Disney-nées" ? La question reste posée ! Car si Dorothée et
Chantal Goya n'ont
fait de Disney qu'une étape dans leurs carrières déjà bien entamées,
Douchka et
Anne ne jouissaient - elles - pas encore d'une notoriété suffisamment importante
avant que la firme de Mickey ne les repère. L’avenir fera-t’il mentir cette
malédiction qui ne dit pas son nom ? Disney ne compte en effet pas en rester là
et s’attache à trouver une remplaçante à Anne Meson : elle jette alors son
dévolu sur une certaine Séverine…