Billet d'Humeur

La Riposte s'Organise

Billet d'humeur n°7 - Octobre 2005
Disney en perte de vitesse ! Disney en manque d'imagination ! Disney à la dérive ! Disney fini ! Jamais la rupture d'une simple joint-venture n'avait suscité autant de remous dans le monde.

Le divorce  de Disney et Pixar a en effet généré une (sur)production de commentaires en tous genres. Allant du simple constat d'un désaccord profond sur la règle de répartition des bénéfices des productions communes aux deux sociétés à la prédiction sûre et certaine d'une fin inévitable des studios de Mickey, tous les observateurs s'accordaient à peu près à l'unanimité pour considérer Disney comme le grand perdant de la rupture. Financièrement d'abord, les productions  Disney/Pixar  générant les plus fortes entrées en salle et les plus juteuses ventes de produits dérivés. Et artistiquement ensuite, la Compagnie de Mickey peinant à maîtriser la technologie 3D.

Tout semblait plié ! Les jeux étaient faits : sans Pixar pour la protéger, Disney agoniserait (c'était sûr !) sous les coups de butoirs d'une concurrence aux griffes acérées et aux intentions malveillantes démesurées.

Sauf que cette belle unanimité oubliait l'essentiel !

La capacité même de Disney à maîtriser son destin. Ce n'était pas la première fois -  et ce ne sera sans doute pas la dernière - que la Compagnie de Walt traversait des turbulences. A toutes les époques, elle s'est trouvée déstabilisée, là par telle ou telle évolution technique ou, ici, par tel ou tel revers économique. De tous temps, elle a su se relever.

Le divorce de Pixar / Disney marquait simplement l'entrée en résistance de la Walt Disney Company. Elle, qui avait été la première à croire à la technologie 3D en prenant sous son aile le studio à la lampe de bureau, devait maintenant en maîtriser le savoir-faire. Et tant pis, si cela se faisait dans la douleur. Disney conserverait son leadership dans l' animation, coûte que coûte.

Chiken Little est l'aboutissement du processus. En montrant l'étendue de son savoir-faire, la Compagnie de Mickey montre, avec cette parfaite réussite, toutes ses capacités à conserver son rang de numéro 1 de l'animation.

Pixar, lui, se retrouve bien seul, contraint de s'adosser à un autre Studio qui ne lui offrira jamais l'exposition dont il a su bénéficier auprès de Mickey. Dans une offre cinéma où l'animation 3D est la norme et où Disney assume désormais toute sa place, Pixar aura bien du mal à éviter, contre vents et marées, le strapontin qu'il s'est choisi en renonçant à la force de frappe de la Compagnie de Mickey, de ses parcs, magasins et pack TV...

Gageons qu'il n'y aura pas long à attendre pour voir Pixar revenir vite dans le giron de Disney...

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