Disney en perte de vitesse ! Disney en manque d'imagination ! Disney à
la dérive ! Disney fini ! Jamais la rupture d'une simple joint-venture
n'avait suscité autant de remous dans le monde.Le divorce de Disney et Pixar a en effet généré une (sur)production de
commentaires en tous genres. Allant du simple constat d'un désaccord
profond sur la règle de répartition des bénéfices des productions
communes aux deux sociétés à la prédiction sûre et certaine d'une fin
inévitable des studios de Mickey, tous les observateurs s'accordaient à
peu près à l'unanimité pour considérer Disney comme le grand perdant de
la rupture. Financièrement d'abord, les
productions Disney/Pixar générant les plus fortes entrées en salle et
les plus juteuses ventes de produits dérivés. Et artistiquement ensuite,
la Compagnie de Mickey peinant à maîtriser la technologie 3D.
Tout semblait plié ! Les jeux étaient faits : sans Pixar pour la
protéger, Disney agoniserait (c'était sûr !) sous les coups de butoirs
d'une concurrence aux griffes acérées et aux intentions malveillantes
démesurées.
Sauf que cette belle unanimité oubliait l'essentiel !
La capacité même de Disney à maîtriser son destin. Ce n'était pas la
première fois - et ce ne sera sans doute pas la dernière - que la
Compagnie de Walt traversait des turbulences. A toutes les époques, elle
s'est trouvée déstabilisée, là par telle ou telle évolution technique
ou, ici, par tel ou tel revers économique. De tous temps, elle a su se
relever.
Le divorce de Pixar / Disney marquait simplement l'entrée en résistance
de la Walt Disney Company. Elle, qui avait été la première à croire à la
technologie 3D en prenant sous son aile le studio à la lampe de bureau,
devait maintenant en maîtriser le savoir-faire. Et tant pis, si cela se
faisait dans la douleur. Disney conserverait son leadership dans l'
animation, coûte que coûte.
Chiken Little est l'aboutissement du processus. En
montrant l'étendue de son savoir-faire, la Compagnie de Mickey montre,
avec cette parfaite réussite, toutes ses capacités à conserver son rang
de numéro 1 de l'animation.
Pixar, lui, se retrouve bien seul, contraint de s'adosser à un autre
Studio qui ne lui offrira jamais l'exposition dont il a su bénéficier
auprès de Mickey. Dans une offre cinéma où l'animation 3D est la norme
et où Disney assume désormais toute sa place, Pixar aura bien du mal à
éviter, contre vents et marées, le strapontin qu'il s'est choisi en
renonçant à la force de frappe de la Compagnie de Mickey, de ses parcs,
magasins et pack TV...
Gageons qu'il n'y aura pas long à attendre pour voir Pixar revenir vite
dans le giron de Disney...