Les Seigneurs des Sith
La couverture
Titre original :
Lords of the Sith
Éditeur :
Pocket
Date de publication France :
Le 27 octobre 2016
Genre :
Science-fiction
Label :
Star Wars - Univers Officiel
Auteur(s) :
Paul S. Kemp
Autre(s) Date(s) de Publication :
Del Rey (US) : Le 21 avril 2015
Nombre de pages :
384

Le synopsis

An -14 avant la Bataille de Yavin (Univers Officiel)
Sur Ryloth, une planète fournissant esclaves corvéables et stupéfiant très recherché, un mouvement de résistance particulièrement déterminé a embrasé la population. Aidé de son apprenti, Dark Vador, l'empereur Palpatine décide vite de mater la rébellion personnellement, afin d'imposer et signifier sa toute-puissance. La Résistance voit, elle, dans ses troubles l'occasion de porter un grand coup à l'Empire...

La critique

rédigée par
★★
Publiée le 10 janvier 2017

Comme son titre l'indique, Les Seigneurs des Sith s'attache à décrire la relation entre Dark Vador et Palpatine. Ce quatrième roman de l'Univers Officiel de la saga Star Wars dispose de bon atouts et de bonnes idées mais offre pourtant au final une lecture ennuyeuse. Sa principale erreur est ainsi de ne pas proposer de personnages suffisamment attachants auxquels le lecteur puisse se raccrocher.

Paul S. Kemp, né le 3 avril 1972 en Angleterre, grandit puis vit dans le Michigan aux États-Unis. Il embrasse bien vite une carrière d'écrivain fantastique en parallèle de son métier d'avocat. Passionné du jeu Dungeons & Dragons, il écrit ainsi plusieurs romans de fantasy se déroulant dans l'univers des Royaumes Oubliés. Sa première incursion dans l'univers Star Wars se fait avec le roman Crosscurrent sorti en 2010. Il lui donne une suite l'année suivante avec Riptide et signe parallèlement Complots, le deuxième volet de la saga The Old Republic adaptée, elle, du jeu vidéo éponyme. De retour dans l'univers Star Wars en 2015, il écrit alors son tout premier livre de l'Univers Officiel, Les Seigneurs des Sith.

Les Seigneurs des Sith affiche un bilan mi figue mi raisin. Il dispose d'abord et clairement de bonnes idées à commencer par la localisation de l'action sur Ryloth, le berceau de la civilisation des Twi'leks. Cette planète est, en effet, un élément important de l'ancien Univers Étendu, y apparaissant dans plusieurs récits pour ensuite très vite rejoindre l'Univers Officiel grâce à son utilisation dans la série Star Wars : The Clone Wars. Le roman ne s'attarde malheureusement pas à la décrire mis à part en toute fin où les protagonistes se retrouvent dans une région isolée avec les seules rares étendues boisées de la planète alors même qu'il aurait été intéressant d'en approfondir la culture et les caractéristiques.

L'autre intérêt du roman est, ensuite, de faire revenir le personnage de Cham Syndulla. Ce dernier est apparu, lui aussi, dans la série Star Wars : The Clone Wars et ce dès, la première saison. Leader charismatique de la rébellion Twi'lek, d'abord contre les séparatistes durant la Guerre des Clones, puis contre l'Empire, le lecteur apprend dans ce roman qu'il est le père d'Hera, l'héroïne de Star Wars : Rebels. Si pour le lecteur français, ce n'est pas une nouvelle car il découvre le livre après la diffusion de l'épisode entre Héra et Cham Syndulla, pour le lecteur américain, l'annonce est une immense surprise. Mais voilà, dans le roman, le personnage n'est pas vraiment charismatique : toujours en plein doute, il reste néanmoins - et c'est heureux - attaché à ses valeurs, en particulier à la protection de la vie de ses semblables dont il n'envisage le sacrifice d'aucune façon, même pour servir sa cause.

Les autres nouveaux personnages ne sont, quant à eux, guère plus attachants. Isval, le bras droit de Cham Syndulla, est ainsi une Twi'lek à poigne qui veut se venger des impériaux après avoir réussi à fuir, il y a de nombreuses années, alors qu'elle était esclave et prostituée. Bien trop inflexible, elle perd énormément en humanité pour susciter l'affection. A coté de cela, se remarquent deux impériaux aussi troubles qu'incompétents. Le premier d'entre eux, le colonel impérial Belkor Dray, est un arriviste empli d'ambitions qui joue un double-jeu en servant de relais à la rébellion contre l'Empire qu'il est pourtant censé servir. Son but est, en réalité, de faire tomber la Moff dans des insurrections qu'il pense être anecdotiques, persuadé qu'il est de tout contrôler. En fait, il n'est qu'un pantin tombé dans un engrenage qui le dépasse et dont il ne pourra se sortir. Face à lui, le personnage du Moff, Delian Mors, s'avère bien mieux défini et donc plus intéressant. Depuis qu'elle a perdu son épouse, elle a, en effet, sombré dans l'oisiveté et perdu le goût de la chose politique. Elle laisse ainsi à Belkor Dray, le soin de s'occuper à sa place des affaires courantes. Delian Mors est d'autant plus attachante qu'elle est assurément la plus intègre : elle suit, en effet, l'Empire par conviction et a véritablement l'envie de stabiliser la paix. Elle cherche à bien faire son devoir et se révèle, quand il le faut, une militaire efficace.

L'action du roman se joue, quant à elle, en deux temps : le premier est une bataille spatiale contre le croiseur impérial le Périlleux et la seconde, la bataille au sol pour retrouver Dark Vador et l'Empereur dont la navette de sauvetage s'est écrasée sur  Ryloth. Autant, la première partie est passionnante, autant la seconde dans la chasse à l'homme ou l'attaque des impériaux par des bêtes féroces l'est beaucoup moins. Il faut dire que relation entre Dark Vador et son maître n'est vraiment jamais très palpitante. Palpatine reste ainsi toujours en retrait sauf peut-être quand il supprime la faune qui s'attaque à lui comme si l'auteur n'avait pas osé utiliser comme il se doit les atouts du personnage. Impossible ainsi d'en apprendre plus sur ses pensées, notamment vis à vis de Dark Vador. Ses motivations restent vagues au point que même son disciple semble ne pas les connaître et ce, alors même que les réflexions de feu Anakin Skywalker sont mieux développées et permettent de bien cerner le personnage.

Les Seigneurs des Sith est un roman moyen disposant de bonnes choses, autant au niveau de ses personnages que de leurs actions, mais dont la lecture est laborieuse, frisant l'ennui en particulier dans sa seconde moitié.