Poe Dameron - 1 : L'Escadron Black
La couverture
Éditeur :
Panini Comics
Date de publication France :
Le 30 novembre 2016
Genre :
Comics
Auteur(s) :
Charles Soule (Scénariste : Poe Dameron #1 à #3)
Phil Noto (Dessinateur : Poe Dameron #1 à #3)
James Robinson (Scénariste : Le Membre Fantôme)
Tony Harris (Dessinateur : Le Membre Fantôme)
Chris Eliopoulos (Dessinateur & Scénariste : SaBBotage)
Nombre de pages :
144

Le sommaire

Les Histoires :
• L'Escadron Black (I) : Poe Dameron #1 (06/04/2016)
• L'Escadron Black (II) : Poe Dameron #2 (04/05/2016)
• L'Escadron Black (III) : Poe Dameron #3 (08/06/2016)
• Le Membre Fantôme : Star Wars Special : C-3PO - The Phantom Limb (13/04/2016)
• SaBBotage (06/04/2016)

La critique

rédigée par
★★★
Publiée le 06 juin 2017

Poe Dameron - 1 : L'Escadron Black présente un joli potentiel. Non seulement, il propose les débuts de la première série régulière de comics Star Wars dans l'Univers Officiel à se passer juste avant Star Wars : Le Réveil de la Force mais offre en plus deux bonus dont le fameux Star Wars Special : C-3PO, Le Membre Fantôme, qui raconte comment C-3PO a obtenu son bras rouge.

Le récit le plus intéressant des trois est assurément celui du premier cycle de Poe Dameron, L'Escadron Black. Il présente d'abord la particularité jusque-là inédite d'être relié directement à l'Épisode VII puisque Poe Dameron y part à la recherche de Lor San Tekka ; il s'autorise ensuite aussi à se connecter à d'autres œuvres comme le roman jeunesse Avant le Réveil, son action se déroulant peu de temps après et impactant directement son récit. Enfin, il livre un petit clin d'œil au roman adulte Tarkin.
Poe Dameron s'attache donc à se constituer un petit groupe de pilotes (un peu à la façon des romans X-Wings dans l'Univers Légendes) et part en mission dans une planète reculée aux mœurs étranges. Pourchassé par le Premier Ordre, il parvient à s'enfuir non sans récupérer préalablement l'information qu'il était venue chercher. L'action se développe à vitesse grand V et le scénario, s'il est simple, s'avère efficace. Pour autant, il convient de reconnaître que l'histoire ne se sauve d'un désintérêt poli que clairement grâce à l'Agent Terex, qui commande aux troupes du premier Ordre. Ce personnage est en effet charismatique à souhait, sûr de lui et bavard ; sa prestance étant carrément électrisante !

L'Escadron Black est le fruit du travail de Charles Soule et Phil Noto. 
Le scénariste Charles Soule, qui signe le récit, a commencé sa carrière en tant qu'avocat avant de rajouter le métier de scénariste de comics à son arc. Il débute ainsi en 2013 sur une série parue chez DC Comics, Swamp Thing, mais aussi la même année chez Marvel avec Thunderbolts. Il obtient bien vite un contrat d'exclusivité avec la Maison des Idées pour travailler sur des séries comme Death of Wolverine, Inhuman, She-Hulk ou Civil War. Pour Star Wars, il signe les scénario des mini-séries Lando : Le Casse du Siècle et Obi-Wan & Anakin : Réceptifs et Hermétiques mais aussi celle de la série régulière Poe Dameron. Pour ce premier arc, il s'en sort d'ailleurs plutôt bien en se reposant sur le nouveau personnage de Terex tout en respectant parfaitement la bonhommie du Poe Dameron du film.
Le dessinateur du comics, Phil Noto débute, pour sa part, sa carrière au sein des Walt Disney Animation Studios en qualité d'artiste clean-up sur les films comme Le Roi Lion, Pocahontas, une Légende Indienne, Le Bossu de Notre-Dame, Mulan, Tarzan, Lilo & Stitch et Frère des Ours ainsi que le court-métrage La Petite Fille aux Allumettes. Le département animation 2D fermé, il se tourne alors vers le monde du comics et se met à collaborer avec tous les grands éditeurs américains. Chez Marvel, il se fait ainsi remarquer pour la série Black Widow. C'est d'ailleurs la Maison des Idées qui le missionne ensuite sur l'univers Star Wars, d'abord sur la mini-série Chewbacca : Les Mines d'Andelm avant de s'attaquer à la série régulière Poe Dameron. Le dessinateur n'est pourtant pas très convaincant sur cette dernière. Si les visages sont assez ressemblants, ils restent peu naturels. Il faut dire que l'artiste, qui applique lui-même les couleurs sur ses dessins via un système d'aquarelle potentiellement très beau, utilise manifestement un processus qui ne convient pas à la matière. Les vaisseaux en payent par exemple le prix fort : leur aspect trop peu technologique gêne la crédibilité de leur rendu, non seulement en raison de la couleur choisie sur eux mais également du manque de détails dans leur dessin.

Alors que dans Star Wars : Le Réveil de la Force, C-3PO souhaite raconter à Han Solo pourquoi il arbore désormais un bras rouge et que, naturellement, le contrebandier s'en désintéresse, Le Membre Fantôme, autre comics du tome, envisage de combler le manque. Il en reste pourtant à l'intention tant ses planches, parues dans un numéro spécial de 22 pages, s'avèrent très décevantes. Le dessin de Tony Harris, parfois beau, épouse en effet un trait gras qui est déstabilisant. Il affiche ainsi un côté vieillot avec une apparence donnant l'impression de retourner trente ans en arrière. Or, l'une des conséquences fâcheuses de ce dessin est d'empêcher le lecteur de se connecter vraiment au récit qui ne sait, dès lors, jamais se rendre avenant. James Robinson, le scénariste, s'est pourtant efforcé de rendre son propos intéressant en faisant vivre à une équipée de robots une aventure d'une grande dangerosité. Il propose ainsi un combat de la mécanique contre la nature avec un message sous-jacent plutôt bien construit. Mais voilà, le lecteur n'arrive pas à s'enlever de la tête qu'au final, l'histoire de ce bras rouge est juste anecdotique et qu'elle ne saurait être émouvante. Le recette ne prend pas.

SaBBotage est, pour sa part, un petit pastiche de huit planches formant une bande dessinée pour la jeunesse. Il s'agit de suivre une petite amourette où BB-8 joue les entremetteurs. Le dessin comme l'histoire de Chris Eliopoulos ne présentent aucun intérêt.

Le recueil Poe Dameron - 1 : L'Escadron Black s'avère au final juste globalement satisfaisant. Le premier arc sur Poe Dameron sait se rendre intéressant malgré un dessin déstabilisant tandis que le récit sur C-3PO est à lire pour son lien avec le film même si le dessin, là-aussi, peut en gêner plus d'un ; les dernières pages sur BB-8 sont en revanche totalement dispensables.

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