Civil War
La couverture
Éditeur :
Hachette
Date de publication France :
Le 08 septembre 2015
Genre :
Marvel Comics, La Collection de Référence
Auteur(s) :
Mark Millar (Scénariste)
Steve McNiven (Dessinateur)
Nombre de pages :
164

Le sommaire

• Le point sur la situation...
• Civil War #1 (2006)
• Civil War #2 (2006)
• Civil War #3 (2006)
• Civil War #4 (2006)
• Civil War #5 (2006)
• Civil War #6 (2007)
• Civil War #7 (2007)
• Origines : Civil War
• Le Dessinateur
• Galerie d'illustrations
• Prochaines lectures

La critique

rédigée par
★★★★
Publiée le 13 juillet 2016

Civil War est un comics publié par Hachette Collection en septembre 2015 dans la collection Marvel Comics, La Collection de Référence. L'album contient les sept numéros du crossover Civil War écrit par Mark Millar, dessiné par Steve McNiven et colorisé par Morry Hollowell en 2006. Déjà publié par Panini Comics, il s'agit là du tome 49 de la collection.

2006 : l'univers de la terre 616 n'est pas au meilleur de sa forme ! Les mutants ont été décimés par House of M, les faisant passer de l'espèce en voie de prendre l'ascendant sur l’homo sapiens, à seulement 198 représentants. New York a été la cible d'une attaque coordonnée de plusieurs vilains technologiques en représailles aux actions de Nick Fury durant Secret War, tandis que les Vengeurs ont été dissous après l'attaque de leur manoir et les évènements funestes du récit Vengeurs : La Séparation. Mais les plus grand héros de la terre s'unissent rapidement pour monter une nouvelle mouture de l'équipe incluant entre autres Spider-Man (qui lui aussi vient de mourir et de ressusciter avec de nouveaux pouvoirs…).

Le récit s'ouvre sur l'équipe de jeunes héros, les New Warriors, menée par Speedball alias Robbie Baldwin. S’ils se préparent tous à attaquer un groupe de quatre super-vilains, ils participent en même temps à une émission de télé-réalité en direct, les montrant plus soucieux de leurs images et de l'audimat que du combat à venir. Trois des méchants sont rapidement maîtrisés. Seul Nitro leur donne en réalité du fil à retordre en usant de ses capacités (il peut en effet prendre une forme gazeuse et se faire exploser, se réformant ainsi à volonté) : il parvient à raser une partie de la ville de Stamford dans le Connecticut causant plus de 600 morts dont une école primaire… Ces évènements précipitent une crise politique. Le gouvernement des États-Unis était, en effet, déjà en discussion d’une loi très controversée organisant le recensement des surhumains. Elle prévoit notamment que chaque héros doit dévoiler son identité auprès des autorités et travailler directement avec elles sous peine d'être considéré comme un criminel. La catastrophe qui vient de se produire entrainant le désaveu des super-héros par la population accélère le débat qui aboutit à la promulgation de la loi.
Iron Man en comprend les enjeux et estime que, malgré les pertes récentes, les héros pourront à nouveau s'appuyer sur le soutien de la population s’ils acceptent de se soumettre à la nouvelle règlementation.
Captain America refuse, lui, catégoriquement la mission que le SHIELD entend lui confier : traquer et emprisonner les héros renégats, argüant que les surhumains ne doivent pas se laisser dicter leurs actions.
La guerre fratricide peut commencer…

Ce récit iconique est d’abord du à Mark Millar, un scénariste écossais né en 1969. Il rejoint dans un premier temps DC Comics et signe des épisodes de Swamp Thing et l'excellente histoire Superman Red Son. Sous le label Vertigo (Une filiale de DC Comics proposant des séries plus sombres), il reprend le titre The Authority. Arrivé chez Marvel en 2001, il contribue à l'univers Ultimate avec deux titres majeurs, The Ultimates et Ultimate X-Men. Pourtant, Mark Millar reste principalement connu pour ses projets indépendants que sont notamment Wanted, Kick-Ass, Nemesis ou bien Superior. L'auteur garde néanmoins un pied dans la Maison des Idées, scénarisant Civil War en 2006, Old Man Logan en 2009 entre autres.
McNiven est, quant à lui, le dessinateur de Civil War. Artiste canadien né en 1967 à Halifax, il fait ses premiers pas dans le monde du comics pour la société Crossgen qui a la particularité de mettre de côté le genre super-héroïque pour se concentrer sur la fantasy et la science-fiction. Il est vite repéré par Marvel qui lui propose de dessiner Marvel Knight 4, la série dédiée aux Quatre Fantastiques. Le label Marvel Knights a cela de très important que, création de Joe Quesada et Jimmy Palmiotti, son succès permet au premier de prendre le poste de rédacteur en chef de Marvel pour une décennie ! Le style de l'artiste se marie parfaitement à l'histoire contée. Les scènes d'action sont, en effet, sous son crayon, très fluides et offrent, même lors de la bataille finale, une lisibilité optimale. Son trait organique permet, il est vrai, de reconnaître chaque héros en un clin d'œil, et la transcription du langage corporel rend les bulles de paroles presque facultatives.
Chaque épisode VO a, en outre, droit à une variant cover dessinée par le regretté Michael Turner. Ce dernier est un scénariste et dessinateur né en 1972 à Crossville dans le Tennessee. Il commence sa carrière professionnelle après avoir été découvert par Marc Silvestri qu’il aide dans la création de Witchblade. Mais son talent s'exprime pleinement dans le comics Fathom, dont il sera le seul maître et créateur. C'est malheureusement à cette époque qu’il se découvre un cancer. Il monte ensuite son propre studio Aspen Comics et travaille toujours en freelance pour DC et Marvel. Il meurt en 2008 des suites de sa maladie.

Civil War a deux qualités principales.
La première, directement insufflée par Mark Millar, est l'intemporalité de son récit. Le lecteur n’est absolument pas devant une succession de batailles avec pour seul leitmotiv, la baston ! L'aspect politique est, il est vrai, très présent et la métaphore sur le contrôle du port d'armes aux États-Unis évidente. Pas seulement d’ailleurs ! La loi obligerait, en effet, chaque héros à travailler à visage découvert, délaissant identité secrète et protection de la vie privée ! Evidemment, Captain America n'aura aucun mal à maitriser un super-vilain même s'il ne porte pas son masque. Mais que faire si ce dernier, désormais au courant de son identité, décide de s'attaquer à son entourage non-héroïque ? Chaque camp a donc ses arguments, ses convictions et ses valeurs. Il n’y a pas ici un énième combat de Spider-Man et du Bouffon Vert. De même, il n'y a pas de “bon” camp à choisir et à supporter, pas de méchants très, très, méchants ou de gentils très, très, gentils. Et c’est là que se trouve la vraie force du récit : présenter une histoire banale de combat de super-héros de prime abord mais tout en ayant une réflexion réelle sur les thèmes de la justice et des libertés individuelles.
La deuxième qualité principale de Civil War est son statut de crossover de l'année 2006 ! Pour rappel, un crossover est un récit regroupant des personnages ou groupes de personnages publiés initialement dans des séries différentes. Son impact est généralement important et permet de faire avancer l'histoire de l'univers entier avec une réelle incidence sur le quotidien post-évènements des héros. La particularité des crossovers est, qu’en plus de posséder une série principale (les sept épisodes composant le tome de l’édition Hachette), s'apprécient également des tie-ins, ces histoires annexes et/ou complémentaires situées dans les séries régulières des protagonistes. Là-aussi, Civil War fait mouche grâce à la qualité des tie-ins qu’il engendre ! L'arc principal comporte ainsi les sept numéros réalisés par Millar et McNiven. A cela s’ajoute le prélude, l'épilogue ainsi que les séries directement impactées par les évènements contés ; soit un total de 100 épisodes !
Chacun apporte alors son utilité au récit et permet d'approfondir des éléments effleurés durant l'histoire principale. Qui traque Nitro ? Que devient Speedball ? Pourquoi Spider-Man fait sa grande révélation ? Toutes les questions qui ne peuvent être traitées en profondeur durant la lecture de l’arc principal trouvent leurs réponses dans les séries annexes. Et les conséquences sont nombreuses après la guerre, avec notamment une mort tragique et un changement radical au sein de la franchise Avengers qui perdurera pour de nombreuses années.
La force de la narration de Civil War vient, en outre, de sa capacité à pouvoir alterner entre rebondissements et scènes d’actions amenant intelligemment le lecteur à une réflexion sur des thèmes ancrés dans le réel comme les libertés individuelles ou le port d’armes. Couplé à des dessins fluides et dynamiques de McNiven, Millar fait de l'opus l’un des plus grands récits moderne de Marvel comme en témoigne l’impact que la saga a pu avoir sur les publications de la décennie qui a suivi. Il a également eu droit à des réimpressions régulières dans de nombreux formats dont les plus prestigieux, que cela soit en VO ou en VF. Il est d’ailleurs impossible de trouver la version Absolute (collection à tirage luxueux et assez limité de Panini Comics) à un prix décent… Évidemment, le récit connaît différentes adaptations plus ou moins fidèles : au cinéma avec Robert Downey Jr en Iron Man et Chris Evans en Captain America, mais aussi une novélisation par Stuart Moore ou même des volumes pour la collection  jeunesse « Bibliothèque Verte » ! 

Civil War, le numéro 49 de la collection Hachette, est à l’évidence un superbe crossover. Il ne représente toutefois que la partie émergée de l'iceberg, la surface d'un récit qui, grâce à ses tie-in a marqué l'univers Marvel tout entier et cela pour de nombreuses années ! La saga était sous-titrée : Dans quel camp êtes-vous ?  Maintenant, ce sont aux lecteurs de faire leur choix.