Space Mountain
De la Terre à la Lune

Space Mountain - De la Terre à la Lune
L'affiche
Date d'ouverture :
Le 1er juin 1995
Date de fermeture :
Le 17 janvier 2005
Type d'attraction :
Montagne russe
Musique :
Steve Bramson
Durée :
3 minutes
(sans tenir compte de la file d’attente)

Le synopsis

Au XIXe siècle, la Bluemoon Mining Company invite ses passagers à entreprendre un voyage en direction de la Lune pour un aller-retour qui s’annonce chaotique. Sur le chemin, les exploronautes sont en effet amenés à traverser des champs de météorites, voire à entrer en collision avec un astéroïde. Après avoir rejoint la Lune, ils reviennent sur Terre en traversant cette fois-ci l’atmosphère.

L'expérience

Avant même d’entrer dans le dôme de l’attraction, les voyageurs peuvent apercevoir le canon Columbiad qui projette des vaisseaux dans l’espace en direction de la Lune dans de grands jets de vapeur. L’imposant bâtiment, construit sur un volcan, permet, en effet, d’obtenir en jetant des barils de poudre dans la lave, une énergie substantielle capable de projeter les trains vers l'astre lunaire !

Pénétrant dans l'immeuble par une entrée située à gauche du canon, les futurs explorateurs passent alors sous la Voie Stellaire qui permet d’admirer l’espace et le parcours qu’ils vont effectuer à bord des vaisseaux les menant vers la Lune. Après s’être enfoncés dans les entrailles du bâtiment, les voyageurs continuent leur chemin, mais cette fois-ci en direction du canon pour arriver à l’Electro-de-Velocitor, un couloir avec une paroi ouverte permettant de voir le retour des vaisseaux sur la Terre et le freinage de ceux-ci avant leur entrée en gare.

Après une rapide montée de marches d’escalier, les visiteurs se retrouvent alors dans une salle du Baltimore Gun Club, le club à l’origine du canon Columbiad, où des schémas de l’outil et des vaisseaux sont accrochés au mur. Une carte de l’espace est aussi encore visible avec les différentes coordonnées des différents éléments spatiaux. À y regarder de plus près, les futurs passagers pourront apercevoir des initiales et des coordonnées des différentes planètes de l’univers. À la sortie du club, ils arrivent enfin à la gare d’embarquement des différents vaisseaux pour la Lune. La salle est joliment décorée de grands drapeaux américains, signalant la nationalité des concepteurs du canon, des Américains venant de Baltimore. Sur les quais, des barils de poudre sont disposés, prêts à être utilisés pour envoyer les exploronautes dans l’espace. Une fois les passagers embarqués dans le vaisseau en suivant les indications des castonautes, les employés de la Bluemoon Mining Company, le véhicule entre enfin dans un tunnel menant au canon Columbiad et s’y arrête une première fois. Reprenant sa course, il marque un second arrêt le dernier avant le retour sur Terre, à la base du canon à quelques secondes du décollage. Au moment où l’ouverture se trouvant sur la gauche du canon se referme, le vaisseau est propulsé sur cinquante mètres dans une gerbe de fumée concomitante à l’entrée dans l’espace.

Projetés à grande vitesse, les voyageurs traversent un premier champ de météorites, avant d’être aspirés par une machine de la Bluemoon Mining Company et de s’en échapper. Continuant son voyage en direction de la Lune, le vaisseau entre alors en collision avec un astéroïde, qui lui fait perdre un peu de vitesse. Mais les ennuis continuent pour les voyageurs, leur véhicule traversant un nouveau champ de météorites qui le fait vriller. Fort heureusement, la Lune, chaleureuse avec des yeux et un grand sourire, se présente enfin à eux et semble même les saluer.

Mais voilà, à peine est-il arrivé que le vaisseau amorce déjà son retour sur la Terre ! Un nouveau champ de météorites l’oblige d’ailleurs tout de go à effectuer un fer à cheval avant d’entrer dans l’atmosphère, dans un tourbillon de lignes de lumières rouges. Les voyageurs se retrouvent alors de nouveau sur la Terre et traverse l’Electro-de-Velocitor, qui n’est autre que la zone de freinage des différents trains. Ralentis, ils pénètrent dans la gare de la Bluemoon Mining Company et s’y arrêtent. Les voyageurs peuvent enfin quitter leur siège et sortir du bâtiment sur la droite du canon Columbiad.

La critique

rédigée par
★★★★
Publiée le 21 août 2016

Vu l’intérêt des hommes à entreprendre un voyage dans l’espace, que cela soit jusqu’à la Lune ou aux confins de l’univers, The Walt Disney Company choisit d’ouvrir une porte d’accès sur l’univers dans plusieurs de ses Parcs à thèmes. La première à voir le jour est ainsi celle du Magic Kingdom de Walt Disney World Resort qui reçoit des voyageurs dès 1975. Un peu plus de deux ans plus tard, en 1977, les visiteurs du Resort californien peuvent à leur tour conquérir l’espace ! Pour le Parc japonais, Tokyo Disneyland, les voyages interstellaires deviennent réalité en 1983 tandis que Space Mountain - De la Terre à la Lune est inauguré à Disneyland Paris le 31 mai 1995. Enfin, la dernière station pour atteindre les étoiles ouvre en 2005 à Hong Kong Disneyland.

L’idée originale de cette attraction légendaire qu’est Space Mountain sur le thème de l’espace remonte, en réalité, à 1964, lorsque Walt Disney lui-même imagine ce nouveau rendez-vous pour combler le manque d’attractions à grands frissons de son parc. Surfant sur la réussite de l’attraction Matterhorn Bobsleds ouverte en 1959, Walt veut, en effet, transposer ce genre d’attractions à un autre Land, Tomorrowland. Il propose ainsi son idée d’une montagne russe se déroulant dans l’obscurité au designer John Hench en 1964 pour une ouverture prévue trois ans plus tard.

Né en 1908 à Cedar Rapids, John Hench étudie dans de nombreuses écoles d’art des États-Unis avant d’entrer dans le monde de Disney en tant que dessinateur de storyboard. Dans le domaine de l’animation, Hench touche un peu près à tous les départements, travaillant sur les arrière-plans, les effets animés, les effets spéciaux et sur les layouts. Il a ainsi travaillé sur un grand nombre de films d’animation des studios Disney, comme Fantasia, Dumbo ou encore Peter Pan. Après un passage dans le département des films à prises de vues réelles, Hench entre chez WED Enterprises, aujourd’hui appelée Walt Disney Imagineering. Il y réalise des designs pour Tomorrowland et Adventureland, ainsi que ceux des châteaux des Parcs Magic Kingdom en Floride et Tokyo Disneyland au Japon. Du côté des attractions, Hench s’est penché sur Walt Disney's Carousel of Progress et "it’s a small world", avant de s’attaquer à Space Mountain.
Suite à des problèmes technologiques et à la regrettée mort de Walt Disney en 1966, le projet est toutefois suspendu par The Walt Disney Company qui préfère se concentrer sur la réalisation du nouveau Parc à thèmes devant ouvrir en 1971, le Magic Kingdom de Walt Disney World Resort. Une fois le site ouvert avec succès, notamment auprès des adolescents et des jeunes adultes, l’idée de Walt revient sur la table des Imaginieurs pour combler le même problème rencontré par le Resort californien, à savoir le manque d’attractions à grands frissons. Le Tomorrowland du parc floridien possédant la place et la technologie nécessaire, les Imaginieurs reprennent donc, à partir de 1973, les designs du « Space Port » de Walt Disney et de John Hench pour la réalisation d’une toute nouvelle attraction. La construction débute au début de l’année 1974 pour une ouverture le 15 janvier 1975.

Alors que le rôle des Space Mountain américains est de proposer un nouveau type d’attractions pour un public plus adulte, la construction de la version française s’inscrit, elle, dans un cadre bien différent marqué par un contexte financier difficile pour le complexe parisien. Connaissant de graves difficultés économiques depuis son ouverture en 1992, Euro Disney Resort voit, en effet, son développement, notamment à travers la construction d’un second Parc à thème, être mis en suspens par The Walt Disney Company, tandis que la rumeur de sa fermeture se fait, jour après jour, de plus en plus pressante. L’attraction Space Mountain est donc présentée à l’époque, par Philippe Bourguignon, le PDG de Disneyland Paris, comme la sauveuse du Resort, celle qui lui permettra de rebondir durablement.

L’intention de réaliser cette attraction dans le Resort européen remonte, en fait, aux premières discussions quant au design de ce nouveau Parc. Les Imaginieurs dessinent ainsi les plans de Discovery Mountain, un complexe représentant un volcan situé dans Discoveryland et possédant non seulement l’attraction Space Mountain - De la Terre à la Lune, mais aussi une recomposition du Nautilus, un restaurant et une autre attraction basée sur le livre de Jules Verne, Voyage au Centre de la Terre. Le budget de ce nouveau centre associé aux pertes enregistrées par le Resort dans ses premières années d’existence remet évidemment en question la construction de l’ensemble. De ce dernier, seules les attractions Space Mountain - De la Terre à la Lune et Les Mystères du Nautilus voient le jour. Pourtant rien ne se perd vraiment tout à fait chez The Walt Disney Company ! La véritable version de l’attraction est ainsi transposée quelques années plus tard à Tokyo dans le Port Mysterious Island du Parc Tokyo DisneySea, sous le nom de Mont Prometheus, et accueille les attractions Journey to the Center of the Earth et 20 000 Leagues Under the Sea.

Bien que Space Mountain - De la Terre à la Lune se calque sur ses consœurs américaines et japonaises déjà construites, la version de Disneyland Paris se distingue de ces dernières en présentant quelques particularités propres au Resort français. Tout d’abord et évidemment par l’inspiration au centre de l’histoire de l’attraction, cet aller-retour vers la Lune effectué en un peu moins de trois minutes. Les Imaginieurs s’inspirent pour elle du livre de Jules Verne, De la Terre à la Lune. L’ouvrage de Verne suit, en effet, les aventures du président du Gun Club de Baltimore, Impey Barbicane, qui décide d’envoyer un boulet sur la Lune. Après avoir étudié l’emplacement et les caractéristiques du canon imaginé, Barbicane reçoit un télégramme de Michel Ardan qui propose de construire un projectile creux dans lequel des hommes pourraient se tenir pour aller sur la Lune. La proposition d’Ardan est vivement débattue au sein du club entre son président qui y est favorable et le capitaine Nicholl, qui s’oppose au projet. Ardan les convainc finalement d’entreprendre le voyage vers la Lune avec lui. Une fois le canon et le projectile mis au point, les trois hommes embarquent donc dans la capsule et sont envoyés dans l’espace, ou plus précisément en orbite autour de la Lune.

Dès lors, le canon qui envoie les différents trains-fusées dans l’espace est appelé le Columbiad, du nom de celui construit dans le roman de Jules Verne. Des phrases de l’ouvrage sont d’ailleurs aussi visibles sur les murs de la salle du Baltimore Gun Club tandis que les coordonnées sur la carte de l’univers sont, elles, une référence aux Imaginieurs ayant réalisé l’attraction, formant les initiales de leurs noms et leurs dates de naissance. Certaines dates sur les murs sont également des clins d’œil aux véritables missions Apollo. Au cours du circuit, les voyageurs peuvent encore retrouver Jules Verne à côté de la Lune dans son scaphandrier. Cette apparition est d’ailleurs liée à la présence de l’écrivain dans l’attraction, alors toute proche, Le Visionarium - Voyage à Travers le Temps, dans laquelle il apparait dans l’espace à l’époque contemporaine. Enfin, le nom de l’attraction lui-même, qui passe de Discovery Mountain à Space Mountain - De la Terre à la Lune seulement quelques temps avant l’inauguration, est une référence, un hommage à l’auteur français. Des vestiges de cette première dénomination peuvent encore être remarqués, notamment dans les initiales DM ornant certains éléments du décor.

En cela, Space Mountain - De la Terre à la Lune s’intègre parfaitement au thème général de Discoveryland qui, plutôt que de montrer l’image du futur à venir présente dans les Parcs américains, se concentre, lui, à montrer les avancées techniques et les espoirs des scientifiques exprimés au XIXe siècle. Jules Verne est ainsi omniprésent dans cette partie du Parc avec son intervention dans l’attraction Le Visionarium - Voyage à Travers le Temps où il débat avec H. G. Wells, un grand écrivain de science-fiction, de leur vision propre de l’avenir, et sa paternité de l’attraction Les Mystères du Nautilus, ouverte en 1994 et s’inspirant de son livre Vingt Mille Lieues sous les Mers et de son adaptation au cinéma par les studios en 1954.

Reposant sur l’univers de Verne, la version française de Space Mountain présente dès lors des spécificités dans sa narration. L’attraction de Disneyland Paris se distingue, en effet, très clairement des autres versions en proposant un design novateur. Le canon censé envoyer les visiteurs dans l’espace est déjà situé à l’extérieur du dôme de Space Mountain– De la Terre à la Lune là où il est invisible ailleurs. De même, les trains parcourent quelques mètres à l’air libre avant d’entrer dans le circuit en tant que tel, situé lui dans le dôme. Cette idée d’un canon externe à l’attraction avait, en réalité, déjà été proposée en… 1966 pour le premier Space Mountain, sans toutefois se voir réaliser. Le dôme français reste en revanche comme ses confrères très imposant : il est même le plus conséquent de tous les Parcs Disney avec ses presque trente-six mètres de hauteur et environ soixante-et-un mètres de diamètre ! La version française est aussi celle qui propulse le plus rapidement les différents trains dans le canon, à près de soixante-dix kilomètres par heure, - le visiteur ressent ainsi 1,3 G en moins de deux secondes ! - possédant en outre trois inversions dans son parcours (un looping, un fer à cheval et une vrille) non présentes dans les versions américaines de l’attraction - et ce, pour plaire au public européen.

Si l’ouvrage de Jules Verne influence évidemment la thématisation de Space Mountain - De la Terre à la Lune, c’est pourtant le travail du cinéaste Georges Méliès qui est clairement référencé dans la représentation de la Lune de l’attraction, inspirée directement de celle de son film Le Voyage dans la Lune. Poussant cette référence plus loin encore, les équipes de Disneyland Paris installent ainsi un projectile de près de trois mètres à côté de l’attraction, le jour de son inauguration. Au cours de cette mise en scène exceptionnelle, le vaisseau, ressemblant à une balle de pistolet, s’ouvrait ainsi par un de ses orifices et voyait un explorateur - certainement une représentation de Jules Verne lui-même - en sortir, comme dans le film ! Enfin, il sera noté que des années plus tard, une séquence du film de Méliès où les voyageurs alunissent s’invitera, toujours à Paris, dans l’attraction Armageddon : Les Effets Spéciaux du Parc Walt Disney Studios

La version parisienne, décidément novatrice, utilise pour la première fois le SOBAT, Synchronized On-Board Audio Track, un programme permettant la synchronisation des sons et des musiques directement sur les trains de l’attraction. Le visiteur reçoit ainsi les effets sonores et la musique directement dans les oreilles. La musique est composée par Steven Bramson reprenant des bandes originales de films de John Williams et du long-métrage culte des studios Disney 20 000 Lieues Sous les Mers. Des musiques des (Les) Aventures de Rocketeer ou de Christophe Colomb : La Découverte sont également utilisées pour créer l’atmosphère sonore de la file d’attente de l’attraction et de ses alentours.

Véritable emblème de Discoveryland, l’attraction Space Mountain - De la Terre à la Lune n’est pas une simple copie des versions américaines et japonaise, mais possède bien ses propres particularités imprégnées de la culture française et plus largement européenne. De par ce mélange d’influences inédit, la version parisienne de Space Mountain, qui s’inscrit dans une volonté générale de proposer aux visiteurs des attractions à grands frissons de grande qualité est véritablement unique en son genre.

La disponibilité

Cette attraction était située à Discoveryland dans le Parc Disneyland de Disneyland Paris. Elle est remplacée par Space Mountain : Mission 2 depuis le 9 avril 2005.

D’autres versions existent au Disneyland Park (Disneyland Resort), au Magic Kingdom (Walt Disney World Resort), à Tokyo Disneyland (Tokyo Disney Resort) et à Hong Kong Disneyland (Hong Kong Disneyland Resort).