Studio Tram Tour - Behind the Magic
Vue d'ensemble
Date d'ouverture :
Le 16 mars 2002
Type d'attraction :
Parcours scénique
Crédit Photos :
Durée :
15 minutes

Le synopsis

Au cœur des Walt Disney Studios, Studio Tram Tour – Behind the Magic propose aux visiteurs d’embarquer à bord d’un tram pour découvrir l’envers du décor et explorer ce qui se cache derrière la magie de films cultes. Le circuit propose ainsi aux voyageurs une immersion dans le monde du cinéma en traversant de majestueux décors de films tandis que quelques surprises les attendent au tournant…

L'expérience

Une fois passé le fronton de l’attraction décrivant les principales scènes actuellement en tournage dans les studios, une file d’attente composée de plusieurs affiches de films tels que Dinosaure, Pirates des Caraïbes : La Malédiction du Black Pearl ou encore Le Règne du Feu, permet d’occuper le visiteur avant son embarquement. Il est alors temps de monter à bord d’un de ces convois de voitures, appelés « trams », afin de découvrir les secrets de tournage, générateurs de la magie des plus grands films. Tout au long du voyage, des acteurs européens accompagneront, en outre, les visiteurs dans leur découverte des coulisses.

Le voyage débute lorsqu’un Cast Member des studios ferme la claquette d’un clap de cinéma sur lequel est notée la scène qui sera tournée : c’est la Séquence 8 de « Good Bye des Stars » ! Après ce geste clin d’œil au monde du cinéma, signifiant qu’un tournage commence, le tram démarre.

La première zone à explorer est l’aire de stockage des accessoires, un lieu dans lequel sont entreposés bon nombre d’accessoires de films disposés de part et d’autre de la voie. Se reconnaissent alors, une multitude de reptiles du Crétacé robotisés du film Dinosaure et de nombreuses statues et bustes. Les visiteurs peuvent reconnaître, entre autres, toute une multitude d'objets provenant du film 102 Dalmatiens (supprimés quelques années plus tard) et également des décors de la boutique Les Légendes d'Hollywood situés dans Front Lot. Des ajouts dans cette zone verront plus tard l’arrivée des trois gargouilles, amis du sonneur de cloches Quasimodo du film Le Bossu de Notre-Dame. La scène suivante, Dinotopia Palace, grandiose et impressionnante de par sa taille, représente la façade de Waterfall, la cité phare de la mini-série Dinotopia. Les gigantesques ptérodactyles gardant la porte d’entrée de la « Cité des chutes d’eau » témoignent de la grandeur des lieux. Construit dans les célèbres studios de Pinewood à Londres, ce décor était à l’époque l’un des plus grands d’Europe !

Les visiteurs peuvent alors découvrir sur les écrans de présentation comment les effets spéciaux et autres ajouts numériques sont rajoutés pour créer l’illusion d’une cité où règne la paix entre humains et dinosaures. De réels accessoires de production deviennent à leur tour décors de cinéma dans cette scène imposante. Claps, projecteurs, caméra sur rail de travelling et autres objets emblématiques attestent d’un tournage en cours, brièvement arrêté, mais qui s’apprête à reprendre d’un instant à l’autre !

Puis, les voyageurs se dirigent peu à peu vers un décor encore plus grandiose, Catastrophe Canyon ; rien que son nom ne laisse rien présager de bon ! Bien que les visiteurs ne soient pas invités à entrer, ils se retrouvent inopinément sur un authentique plateau de tournage en pleine scène d’action ! Le tram se positionne face à un immense canyon où trône, en son centre, un camion de la Mohave Oil Company, un transporteur d'essence, en très mauvaise posture.
Une voix se fait alors entendre, sûrement celle du réalisateur. Un « Déclenchez la pluie » immerge le spectateur sous une averse subite, même par beau temps ! Et… « Moteurs ! ». La scène commence avec un tremblement de terre, ressenti également par les voitures du tram.

Le plateau tout entier tremble : poteaux électriques, citernes de pétrole et ce qui doit arriver, arrive irrémédiablement… Le feu envahit l’endroit ! L’incendie commence par l’arrière du camion et par un conduit d’acheminement puis s’étend jusqu’au sommet du plateau. C’est à ce moment qu’une cascade d’eau se déverse de part et d’autre du canyon, tel un torrent en furie ! L’eau arrive de toute part, même par-dessus le tram, plongeant le spectateur ahuri au cœur de l’action. Le feu est alors éteint mais l’arrière du camion glisse subitement vers le fond du canyon. Plus de peur que de mal… Tout se remet en place, une petite remontrance de la part du réalisateur concernant la présence intempestive de tiers se laisse entendre et le tram quitte le plateau vers les coulisses, l’envers du décor de Catastrophe Canyon.

Les écrans montrent alors l’arrière du plateau et des vues aériennes permettant de mieux comprendre le mécanisme situé derrière le canyon en béton-projeté, aussi visible à la sortie du plateau de tournage. D’immenses pompes (au nombre de trois) sont utilisées pour lâcher les 265 000 litres d’eau nécessaires à la scène ! Quant aux flammes impressionnantes, elles sont déclenchées par de fortes injections de propane dont les énormes bouteilles sont également visibles à l’arrière du site.

Le tram passe ensuite devant l’Aire de stockage des échantillons de bâtiments regroupant des portions de décors et autres éléments architecturaux (des morceaux du canyon se distinguent facilement et plus tard s’ajouteront des parties de décor de l'attraction tourbillonnante Crush’s Coaster ainsi que des topiaires représentant notamment le monstre du Loch Ness ou encore un des hippopotames de l’emblématique Fantasia de 1940). Des statues et bustes sont également visibles dans cette partie, provenant majoritairement des célèbres studios romains de Cinecittà.

La suite de la visite expose des avions utilisés pour le célèbre film, Pearl Harbor, d’ailleurs prêts à reprendre du service ! Un petit détour par le Bâtiment des Costumes dévoile au public des pièces visibles derrière de larges baies vitrées ; les costumes étant, à plus d’un titre, des éléments incontournables à la création de l’ambiance d’un film. Les visiteurs y découvrent alors des costumes issus des toutes dernières productions signées Disney tels que la robe de soirée rouge scintillante de Cruella (vue dans le film 102 Dalmatiens) ou des uniformes provenant de films comme Pearl Harbor ou Le Monde de Narnia - Chapitre 1 : Le Lion, la Sorcière Blanche et l'Armoire Magique. Les costumes de l’attraction CinéMagique, présentés au Studio Theatre de Production Courtyard, sont également visibles dans cette section. Un bref passage s’en suit, devant un tout nouveau département, l’horticulture, où sont entreposés différents végétaux pouvant être utilisés afin de récréer n’importe quel paysage en fonction des tournages.

Par la suite, l’Aire de stockage des véhicules se compose de stars du grand écran, qui selon Irène Jacob « ne chipotent pas avec le maquillage… juste un petit lustrage de temps en temps ! ». Ce sont bien évidemment les voitures ! L’Aire de stockage des véhicules montre une collection de quelques automobiles célèbres, aperçues dans un grand nombre de succès du cinéma (exception faite avec la présentation du sous-marin de Dinotopia qui, par définition, n’est pas à proprement dit une voiture !). Parmi elles se glissent un taxi londonien blanc tacheté de noir (visible dans 102 Dalmatiens), un taxi new-yorkais, ou encore le van utilisé par les voleurs dans Les 101 Dalmatiens (des modifications de cette zone verront le retrait d'une voiture grise utilisée dans une course-poursuite dans le film 102 Dalmatiens, remplacée par deux motos, puis par une réplique à taille humaine de Karting, un clin d’œil au Pixar Toy Story et faisant ainsi écho à l’attraction voisine, RC Racer).

Après avoir dépassé ce garage envié par les cinéphiles de toute trempe, les visiteurs pénètrent sur la dernière et non des moindres, grande scène, le décor du (Le) Règne du Feu, reconstituant un Londres ravagé par une horde de dragons capricieux, tout droit venus du film fantastique Touchstone Pictures Le Règne du Feu. Mais quel est donc ce grondement ? D’où vient cette fumée ? Serait-ce un dragon ? Non c’est impossible… Pas le temps de se poser la question qu’une surprenante projection de flammes donne la réponse ! Il est peut-être temps de quitter ce plateau d’un Londres plus vrai que nature… Après être passé par le tunnel de Merton Street, le tram montre l’envers du décor du plateau, afin de prouver aux visiteurs jusqu’où la force de réalisme d’un décor fictif peut amener.

Dans cette section, il est aussi possible d’admirer une partie du décor du spectacle Moteurs… Action ! Stunt Show Spectacular, peint sur l’arrière du plateau du (Le) Règne du Feu. Quelques véhicules issus du film agrémentent la fin de la visite. Le tram retourne enfin sur son lieu de départ pour le débarquement, pendant qu’à l’écran, acteurs et actrices mettent sur leurs gardes les visiteurs car « On ne sait jamais qui on peut rencontrer, alors restez attentifs ! » et c’est dans la boîte…Coupez !

La critique

rédigée par
Publiée le 29 janvier 2016

Figure de proue de l’ouverture du Parc Walt Disney Studios avec Rock’n’Roller Coaster avec Aerosmith et Moteurs… Action ! Stunt Show Spectacular, Studio Tram Tour - Behind the Magic ouvre ses portes le 16 mars 2002 à Disneyland Paris.

Depuis que le cinéma existe, le public a soif de connaître les secrets de tournage des films qui l’ont fait pleurer, rire, voyager… En bref, rêver ! Cette idée s’est alors concrétisée dans les locaux d’Universal Studios à Hollywood, dès 1915, où les visiteurs pouvaient, pour la modique somme de 25 cents, s’assoir sur des gradins et s’émerveiller devant la grandeur des plateaux de tournage des studios. Ce n’est qu’en 1964 qu’une visite de l’envers des décors est organisée à l’aide de trams roses et blancs. À la manière de ces studios ayant amorcé ce principe de découverte des plus grands plateaux de tournage de l’époque, Walt Disney avait également le souhait d’offrir aux visiteurs la possibilité d’entrevoir les plateaux de tournage de leurs films préférés. Ainsi, par le biais du film Le Dragon Récalcitrant, le créateur de Mickey fait découvrir aux spectateurs les différents départements de production, montrant ainsi chaque étape nécessaire à la réalisation d’un film d’animation.
En 1989, Disney-MGM Studios (qui deviendra ensuite Disney’s Hollywood Studios) ouvre ses portes à Walt Disney World Resort sous l’impulsion de Michael Eisner alors à la tête de The Walt Disney Company, le Parc étant d’ailleurs accusé de copier le futur Universal Studios Florida annoncé quelques années auparavant notamment à cause de la nouvelle attraction du Parc Disney, Backstage Studio Tour. Il s’agit alors d’un circuit à bord de wagons découverts, d’une durée de deux heures environ, traversant des décors de films ainsi que de tous nouveaux décors exclusifs tels que Catastrophe Canyon. Laissant place progressivement à de nouvelles attractions, le terrain sur lequel Backstage Studio Tour s’étend, se réduit drastiquement au fil des années avant que l’attraction ne ferme définitivement en 2015.

La version parisienne de l’attraction ouvre donc ses portes le même jour que le second Parc de Disneyland Paris, sous le nom de Studio Tram Tour - Behind the Magic, et propose aux visiteurs un assemblement inédit de scènes déjà présentes en Floride ou bien spécialement conçues pour l’occasion. La première, Dinotopia Palace, en impose d’emblée. Cependant, après s’être extasié devant la grandeur des décors, rien ne se passe. Il ne s’agit là que d’une façade d’une mini-série encore trop peu connue en France et surtout un tantinet obsolète. Cette scène, bien qu’esthétiquement parfaite, manque d’action et de vie, au regard de la scène suivante. En effet, Catastrophe Canyon est indiscutablement la réussite de l’expérience proposée ici aux visiteurs. D’ailleurs, cette scène, grandiose d’ingéniosité, pourrait être considérée comme une attraction à elle-seule tant elle dénote par rapport au reste des décors proposés ! Quatre citernes sont nécessaires pour stocker l’immense quantité d’eau, représentant une capacité volumique de 400 mètres cubes ! Le tout en circuit fermé bien évidemment. Mais au-delà de l’aspect technique de la scène décrite sur les écrans, ce plateau possède une impressionnante force de réalisme et de créativité. Les visiteurs oublient presqu’ils participent à la reconstitution d’un tournage ! Cette séquence est aussi incontournable dans l’attraction floridienne. Le concept est tout simplement innovant et explosif ! D'ailleurs, après avoir goûté à une telle expérience, il est possible d’en demander autant dans le reste de la visite. Ce n’est malheureusement pas le cas…

La dernière et troisième scène principale, Le Décor du film Le Règne du Feu, est, en effet, loin d’atteindre un tel niveau. Le lieu est indéniablement immersif au possible et aucun impair n’est fait de ce côté-là. Une véritable rame de métro semble pouvoir basculer à tout moment, un bus à impériale attend de nouveaux passagers (peut-être en aurait-il davantage en regonflant ses pneus ?) tandis que la bouche de la station de métro « Hayne Street Station » (station fictive, car dans le film aucun nom de station n’est complet) attire le regard et semble s’enfoncer dans le sol. Le constat est bien moins reluisant du côté de l’interactivité de la scène. Ici, pas de camion au bord d’une falaise, pas de cascade mais un simple grondement qui fait espérer à tous les visiteurs une rencontre en face à face avec ces créatures d’un autre âge, les dragons ! Malheureusement, pas d’affrontement avec un gros serpent volant, juste un jet de feu demandant aux visiteurs un peu d’imagination sur ce qui peut se tramer sous le macadam de ce Londres apocalyptique. Un second crachat incendiaire est également possible mais reste décidément une bien maigre consolation pour le visiteur déçu de ne pas avoir vu de ses yeux vu, la créature légendaire. Il faut noter cependant la précision et le détail des lieux de tournage recréés, donnant l’illusion parfaite, soit d’être dans un canyon, soit dans une rue londonienne dévastée. La grandeur et le réalisme des plateaux ainsi que leurs effets spéciaux sont la plus-value revendiquée de cette expérience.

Ainsi, Studio Tram Tour - Behind the Magic permet aux visiteurs de revivre à travers des décors, des scènes et des accessoires, les films produits par les Studios Disney (Touchstone Pictures en grande partie). Un des problèmes de cette visite fictive de studios est néanmoins qu’il est possible durant tout le parcours d’apercevoir les coulisses du Parc ainsi que les constructions en cours aux environs de la route, une immersion toute relative donc. Un autre problème est à souligner : les accessoires, statues et autres véhicules de films ne sont pas assez mis en valeur. Placés par-ci, par-là, nonchalamment le long du circuit à la manière du boneyard de l’attraction américaine, ils sont souvent sans explications, sans références aux films dans lesquels ils se trouvent et déposés à même le sol sans valorisation recherchée.

Ainsi, les statues visibles après le plateau de Dinotopia semblent venir de nulle part et ne font appel à aucun film précis pour le cinéphile amateur : peut-être ne veulent-ils pas avouer que les statues égyptiennes par exemple, sont en réalité des reliquats non utilisés de la boutique Les Légendes d'Hollywood de Front Lot ? Il en est de même pour les portions de décors avant Catastrophe Canyon ne bénéficiant d’aucun panneau informatif. Enfin, et c’est sur ce point précis que le bât blesse, cette attraction dont le but est de visiter des studios de films, ne présente aucun VRAI studio et aucune production n’en découlant. En effet, l’attraction de Disney’s Hollywood Studios de 1989 présentait, elle, de véritables studios, d’authentiques plateaux, parfois fermés pour cause de tournage, et même des Imaginieurs Disney et Cast Members créant des costumes ou des décors devant les visiteurs, donnant l’impression d’un studio vivant et en ébullition. Pour exemple, New York Street, un plateau reconstituant l’atmosphère d’une rue new-yorkaise facilement reconnaissable, était utilisé pour le tournage de films des studios. Il n’en est pas de même avec l’expérience parisienne : quel est alors l’intérêt de visiter les coulisses de studios n’ayant jamais eu comme vocation première de produire des films ? En effet, les plateaux utilisés ont été soit reconstitués, soit transportés jusqu’à leur destination mais n’ont pas comme dessein de retrouver leur emploi d’origine. Ainsi, cette copie de l’attraction d’outre-Atlantique manque d’un ingrédient, aussi essentiel qu’incontournable : l’authenticité et l’atmosphère d’un véritable studio, lieu débordant de création, un endroit où de véritables tournages se déroulent. Au lieu d’une telle promesse, les visiteurs ont droit à trois scènes disparates de créativité très inégale et de ce qui pourrait ressembler au grenier de Disneyland Paris avec une collection d’objets parfois inattendus et qui ne corroborent pas le propos de l’attraction, visant à visiter de réels studios : comme exemple, il peut être cité trois gargouilles créées pour les festivités du cinquième anniversaire de Disneyland Paris, Karting, la voiture de Toy Story servant auparavant de point photo avec les visiteurs de Toy Story Playland et remisés pour cause de dangerosité d’utilisation ou encore des bouts de décors d’attractions.

L’aspect grenier ne se cantonne pas seulement à celui de Disneyland Paris mais dépasse les frontières. Il atteint son paroxysme lorsqu’aux détours d’un virage, le visiteur averti découvre les restes d’une attraction disparue… d’Epcot à Walt Disney World Resort ! En effet, il est possible d’apercevoir des véhicules de l’attraction Horizons, aujourd’hui fermée. Un sous-marin de la scène d’Underwater City et un hovercraft de Mesa Verde se retrouvent également en lieu et place d’éléments censés provenir de studios producteurs de films ! Les limites de l’abus narratif sont donc déjà bien outrepassées mais pourtant les Imaginieurs ne s’arrêtent pas là… ils vont jusqu’à berner les passagers ! Lorsque le tram passe devant des Audio-Animatronics en forme de dinosaures, le panneau informatif (pour les rares existants) confirme, en effet, qu’il s’agit bien là des robots utilisés pour le film Dinosaure de 2000… Le scepticisme est alors immédiatement de mise ! Comment des robots ont-ils pu être utilisés pour un film d’animation ? Le visiteur se sent dès lors trahi sans qu’il soit possible d’argumenter le contraire ! En réalité, ce panneau n’est que poudre aux yeux pour cacher une vérité bien différente ! Les dinosaures présentés ne proviennent en aucun cas du film d’animation Dinosaure, réalisés en images de synthèse, mais pour une majeure partie des téléfilms Dinotopia. Et le fond n’est toujours pas atteint ! Le plus gros dinosaure, complètement dépecé et ressemblant à s'y méprendre à un ours, n’est rien d’autre qu’un iguanodon Audio-Animatronic de l’attraction Discovery River Boats de Disney’s Animal Kingdom (lorsque les bateaux approchaient de Countdown to Extinction), elle aussi disparue ! Originellement l’un des moments phares de l’attraction, il fut, il est vrai, mis au rebut en 1998… Enfin, plutôt remisé dans le tout nouveau Parc Walt Disney Studios vu comme une aire de stockage bien pratique ! Il est alors temps de se poser les bonnes questions : les Imaginieurs américains considèrent-ils le deuxième Parc parisien comme leur dépotoir pour y entreposer tous les objets inutilisés des attractions passées ? Est-il concevable d’avoir si peu d’égard envers le public européen en lui mentant délibérément ? Le cimetière que devient l’attraction parisienne doit-il être considéré en réalité comme une déchetterie? C'est en tout cas les airs que prend en réalité Studio Tram Tour – Behind the Magic : une décharge des Parcs Disney du monde entier ou, pour ceux qui ont encore l’âme de poètes, d’un muséum des attractions disparues.

Les visiteurs sont en droit de se demander alors pourquoi des éléments de films d’animations se retrouvent dans des studios de productions de films censés créer des œuvres cinématographiques en décors réels. Sans oublier les topiaires provenant du Parc Disneyland ou de Fantasia Gardens après que celles-ci aient été remplacées par des nouvelles. Quant aux licences utilisées, nombre d’entre elles auraient pu trouver plus d’échos chez les visiteurs. Une référence à une mini-série d’ABC (Dinotopia) ou encore un film fantastique avec des dragons au succès modeste, ne suffisent pas à interpeler les voyageurs comme l’auraient suscité des licences plus connues du grand public (Un plateau de Pirates des Caraïbes en aurait bluffé plus d’un !).
En outre, le circuit a reçu nombre de modifications dues à la nouvelle implantation d’attractions avoisinantes : celles de Toy Story Playland inaugurées en 2010 et de La Place de Rémy, en 2014. Pour ce faire, d’immenses toiles vertes ont été installées contre les grillages afin de cacher les bâtiments et infrastructures situés au-delà des limites de l’attraction. Loin d’être esthétiques, ces panneaux flashys ont le mérite de bien dissimuler ce qu’ils sont sensés camoufler. En 2007, à l’occasion de l’ouverture de la nouvelle attraction, The Twilight Zone Tower of Terror - Un Saut dans la Quatrième Dimension, une nouvelle entrée a été installée pour Studio Tram Tour - Behind the Magic, plus intégrée dans le décor hollywoodien de la seule rue de Production Courtyard.
Affublé de la colline Mount Hill et de ses célèbres lettres blanches géantes formant le mot « HOLLYWOOD », l’attraction se voit totalement débarrassée d’un fronton promettant monts et merveilles (enfin surtout dragons et explosions). Bien évidemment, ces chamboulements ne sont pas sans conséquences. Ils ont rendu la visite plus longue, Toy Story Playland obligeant les trams à faire un crochet sur le circuit, et laissent des segments totalement vides. De plus, le parcours qui, initialement ne passait qu’une seule fois devant Dinotopia Palace, impose maintenant deux passages devant une scène qui avait déjà lassé le visiteur une première fois par son inactivité. Enfin, des modifications dans le contenu de l'attraction ont abouti à la suppression pure et simple de la partie Costumes fin 2008, qui était pourtant riche de pièces authentiques et témoignait d'un talent hors norme des Imaginieurs dans le domaine de la couture. Le département Horticulture a été également réduit, à l'image de quelques topiaires relictuelles qui ne bénéficient d'aucune valorisation, le panneau de ce département ayant été tout simplement enlevé. Ces énormes changements dans la scénographie de l'attraction participent à la dégradation qualitative de l'offre tout en raccourcissant, une fois de plus, le voyage. 

Les Cast Members de l’attraction, accoutrés comme des assistants de production, jouent également le rôle d’agents de sécurité des studios dont l’objectif est de guider les visiteurs et d’assurer leur sécurité. Ils appartiennent d’ailleurs au département Transport comme il est possible de le voir grâce au logo sur leurs vêtements. Les vidéos de présentation participent également à l’ambiance avec un casting de stars, jouant de leurs talents d’acteurs et d’actrices confirmés tout en usant voire abusant d’humour. À l’ouverture de l’attraction, différentes langues étaient proposées par paires dans les trams (l’espagnol couplé avec l’allemand, l’italien avec le néerlandais et le français avec l’anglais). Cependant, pour des questions de logistique et afin d’éviter un attente trop longue (les files d’attentes étant séparées selon ces critères linguistiques), ce système a été vite révisé peu après l’ouverture de l’attraction, en ne proposant que la paire franco-anglaise. Des vestiges des anciennes présentations des langues étrangères disparues peuvent toutefois se voir à la fin de la vidéo ; différents acteurs et actrices disant au revoir dans leur langue natale. Autre modification peu de temps après son ouverture, le service FASTPASS proposé sur l'attraction, jugé peu pertinent, sera définitivement supprimé.

Pour la langue française, c’est l’actrice Irène Jacobs qui tient le rôle. Jeremy Irons, voix anglaise de Scar, se charge de la langue de Shakespeare. Pour le casting « disparu » dont seul le mot de fin subsiste, les actrices Nastassja Kinski pour la langue germanique, Femke Janssen pour les Pays-Bas, Isabella Rossellini pour la voix italienne et enfin Inès Sastre dans la version hispanique, tiennent leurs rôles pendant un bref instant. Le dernier élément de l’ambiance, et certainement le plus élémentaire, réside dans la bande musicale de l’attraction. La musique composée pour cette excursion est douce, mélodieuse et n’est là qu’en accompagnement de la vidéo de présentation. Elle comble également les vides du trajet, et rend la balade bucolique. Même si l’utilisation de quelques références à des bandes originales de films connues comme celles d’Armageddon par exemple, interprétée par Aerosmith ou de Pirates des Caraïbes, reconnaissables aux premières notes, aurait été astucieuse, elle se suffit à elle-même et permet de métamorphoser la visite en un moment de détente. Cachant les bruits de moteur des trams, elle est tantôt berçante, puis entraînante et parfois même nostalgique !

Un dernier point est à souligner sur ce qui est l’une des marques des Parcs à thème Disney : la thématisation des files d’attentes. En effet, cette méthode permet aux visiteurs d’attendre dans des conditions plus agréables tout en bénéficiant d’une immersion préalable dans l’histoire et le cadre de l’attraction. Ces aménagements permettent également de réduire fictivement le temps d’attente supposé par les visiteurs. Dans Studio Tram Tour - Behind the Magic, cette règle est totalement bafouée. Effectivement, c’est certainement la file d’attente la moins thématisée de toute la destination. Affublée en son commencement de la célèbre Panther De Ville noir et blanc de Cruella (dont les tâches d’huile sous la voiture forment un Mickey caché), cet élément semble bien être le seul à valoir le coup d’œil. Puisqu’autres éléments, il n’y a pas ! Seuls quelques affiches de films et des barrières en fer guident les visiteurs comme du bétail vers l’embarquement. Le manque de thématisation est heureusement compensé par une attente rarement élevée, grâce notamment aux capacités horaires efficaces des trois trams (à raison de 168 places par convoi).

Enfin, il ne faut pas manquer cet évènement saisonnier très particulier dans un parc Disney : les Terrorific Nights durant lesquelles Studio Tram Tour - Behind the Magic devient Terrorific Tram Tour ! Le parcours prend un air totalement différent de ce qu’il est usuellement, notamment grâce à la possibilité de le faire de nuit. Une toute nouvelle bande-son et les décors grandioses participent à l’ambiance angoissante de ces soirées particulières. Même si Terrorific Tram Tour ne met alors en lumière (aux sens propre et figuré du terme) que les trois scènes principales de l’attraction, cet évènement permet néanmoins aux Imaginieurs d’élaborer toutes sortes de mises en scène et scénarios, prouvant encore une fois leur créativité sans limite ! La version obtenue n’en reste cependant pas moins très éloignée du concept de Disney : seuls l’idée, plutôt originale, et les mini-spectacles, assez bien ficelés pour pouvoir se prendre complètement au jeu, sont à réellement saluer.

Studio Tram Tour – Behind the Magic tente tant bien que mal de recréer l’atmosphère de la visite d’un vrai studio de cinéma. Pour cela, elle propose des décors certes réussis tels que Catastrophe Canyon, mais pêche à rendre l’immersion totale tant les intrusions visuelles des coulisses du Parc sont nombreuses. Les scènes sont grandioses et extrêmement réalistes mais manquent d’authenticité dans leur rôle premier de proposer des lieux ayant servis à de réels tournages de films. Le reste de l’expérience est, elle, faite de bric et de broc, d’objets n’ayant aucun rapport avec le concept, de restes d’attractions disparues outre-Atlantique et perd donc le visiteur qui se questionne légitimement sur la présence de bibelots qu’il a même du mal à reconnaitre. Attraction tout juste sympathique à son ouverture, n'ayant jamais connu un vrai regain d’intérêt, Studio Tram Tour - Behind the Magic est au final une belle promesse jamais tenue.

La disponibilité

Cette attraction est toujours ouverte, à Production Courtyard, dans le Parc Walt Disney Studios à Disneyland Paris.