The Phantom Wedding
Vue d'ensemble
Date d'ouverture :
Le 31 octobre 2004
Date de fermeture :
Le 31 octobre 2004
Type d'attraction :
Son et Lumière
Crédit Photos :
Durée :
10 minutes

Le synopsis

Thunder Mesa recouvre un autre visage une fois la nuit tombée… Des hurlements au loin portent l’attention sur Phantom Manor qui, drapé d’un long voile blanc éclatant ressemblant à celui de la Mariée, devient le théâtre d’étranges manifestations… The Phantom Wedding peut commencer !

L'expérience

La petite ville minière de Thunder Mesa n’a jamais connu pareil évènement : le manoir hanté des Ravenswood, communément appelé Phantom Manor, se voit enveloppé d’une toile géante, recouvrant l’édifice entier. Le vent s’engouffrant dans l’étoffe, la silhouette du Manoir reste aisément reconnaissable mais l’atmosphère pesante présage d’une nuit mémorable…

Subitement, des hurlements de loups ou de coyotes, ou tout du moins d’une espèce similaire, s’échappent dans l’obscurité de cette soirée si particulière. La voix de Madame Leota, comme venue des ténèbres, s’élève et en appelle aux esprits et autres fantômes afin d’aider la belle fiancée, dont le futur époux ne revint jamais.  Lorsque sa voix s’éteint, le manoir prend alors vie : des nœuds vieillis apparaissent sur la demeure puis laissent place à une esquisse de la bâtisse. Des lumières aux fenêtres indiquent d’une époque passée où la vie régnait encore à Phantom Manor.

Une colombe, présage de paix, fait irruption, battant des ailes jusqu’à sa transformation en un bouquet de fleurs blanches… La mariée fait alors son entrée ! De taille identique à l’habitation, Mélanie Ravenswood n’a jamais été aussi impressionnante et intimidante ; elle domine par son chant Thunder Mesa sur laquelle son ombre n’est jamais bien loin… Un collier de fleurs rouges fleurit sur son buste mais le ton de sa chanson devient soudain plus mélancolique et désespérée : elle le sait, son Amour ne reviendra jamais… Son visage s’attriste, son cœur qu’elle porte en collier, bat de plus en plus fort tout en grossissant à chaque battement jusqu’à l’explosion ! Celle-ci s’accompagne d’un tic-tac d’horloge glaçant, sonnant l’arrivée de l’esprit malfaisant dont l’ombre plane sur le bâtiment délabré… Un rire macabre perce la nuit dans laquelle la ville de l’Ouest était plongée.

La silhouette d’une chauve-souris passe sur le manoir, la fin est proche pour la famille détruite. Soudain, l’ombre du Phantom apparaît, tandis que la fiancée, en arrière-plan s’estompe, pour ne laisser que son squelette, signe du temps qui passe et de la malédiction qui s’installe. Le nouveau Maître des lieux rit à gorge déployée, même s’il n’en possède plus, tandis que Mélanie crie de désespoir devant ce destin si funeste. Un éclair tombe sur la demeure, des lumières s’éteignent et s’allument à tous les étages, lorsqu’une pluie diluvienne s’abat sur le manoir dorénavant hanté. La tempête fait rage sur la bâtisse quand la boule de cristal contenant la tête de Madame Leota se dévoile et déverse son sempiternel laïus. Le Phantom réapparaît faisant éclater son rire machiavélique. Puis, un chien à l’apparence menaçante lance aux habitants un grognement venant d’outre-tombe. Le visage du squelette s’affiche sur la demeure, zygomatiques, ou ce qu’il en reste, en marche. Les Grim Grinning Ghosts font ensuite leur apparition, entonnant leur air à la fois lugubre et enthousiasmant, dans une chorégraphie de bustes bien réglée. Le crâne du Phantom semble apprécier la mélodie et partage avec eux le rythme de la célèbre complainte.

Madame Leota réapparaît en lançant un appel à toutes les âmes égarées, tandis que dans les jardins extérieurs, des êtres drapés de blanc dansent avec frénésie. Ainsi, des squelettes et autres apparitions fantomatiques des 999 esprits de la baraque en désuétude forment un véritable cortège lugubre ! Les danseurs du bal de la mariée danseront jusqu’à la fin des temps… C’est alors que la cloche sonne, suivie d’une musique aussi intrigante qu’inquiétante. Une sorte de portail spatio-temporel s’ouvre au cœur du manoir et aspire, sur son passage, tous les esprits malveillants et facétieux, Madame Leota comprise, qui peuplaient alors les lieux. Soudain, les spectateurs se retrouvent face aux stèles funéraires de la famille, enveloppées dans un brouillard épais, à travers lequel une boule de lumière contenant certainement tous les esprits malins tente de se frayer un chemin. Mais lorsque l’extérieur du manoir se retrouve plongé dans le noir, d’étranges lumières s’agitent à l’intérieur… Les esprits auraient-ils du mal à partir ? Une dernière fois, la voix de la mariée se fait entendre, comme un écho lointain. Dans une ultime note haute perchée, la lumière se rallume sur le domaine ; les esprits ont quitté les lieux, qui sait si cela est pour toujours…

La critique

rédigée par
★★★
Publiée le 09 octobre 2016

Depuis la première année de sa célébration en 1997, le Festival Halloween Disney est devenu une saison incontournable au fil des éditions du Parc Disneyland, intercalée entre les animations de l’été et la magique Saison de Noël. Mais outre les décorations aux teintes orangées et noires et autres parades mises au goût de la saison automnale, quoi de mieux que de créer un spectacle de toutes pièces utilisant un décor préexistant des plus effrayants ? Phantom Manor est sans aucun doute une authentique évocation personnifiée du thème d’Halloween !

Ainsi, l’édition 2004 du Festival Halloween Disney qui s’est déroulée durant tout le mois d’octobre, se dote comme l’année précédente d’une armée de bonshommes à tête de citrouilles, prêts à mettre la pagaille dans tout le Parc… en le repeignant tout en orange ! Une citrouille géante trône également sur Central Plaza et accueille les visiteurs dès leur arrivée dans Main Street, U.S.A. Des milliers de citrouilles jalonnent le Parc pour l’occasion ; c’est une véritable invasion de Jack-O’-Lanterns dont les visiteurs sont témoins. Pendant que les Méchants déambulent sur Main Street (alors renommée Spooky Street) dans La Parade des Méchants Disney sur l’air de It’s Halloween-Lo-Ween, un Land a même vu son nom changé pour la saison, par la volonté même des hommes à têtes de citrouilles : Frontierland devenant… Halloweenland ! Thunder Mesa se transforme ainsi en véritable ville fantôme, prise d’assaut par corbeaux, citrouilles et sorcières en tout genre ! Une araignée a même tissé son immense toile au-dessus de Fort Comstock dans La Scène de la Toile d'Araignée tandis que l’un des bateaux à aube de Thunder Mesa Riverboat Landing (qui est alors renommé Phantom Cruise Line) se voit désormais tiré par une créature des ténèbres gigantesque, dont le corps est recouvert par un drap usé et défraîchi.

Mais le clou du spectacle n’est pourtant pas là… La nuit tombée, le 31 octobre, le manoir hanté devient pour la toute première fois, la toile de fond de sa propre histoire. Un drapé blanc recouvre, en effet, la totalité de la bâtisse pour pouvoir y appliquer une vidéoprojection. Cette technique n’en est alors qu’à ses débuts mais le concept est indéniablement efficace : en utilisant de larges surfaces comme support de projection, le spectacle est accessible à tous et les possibilités sont infinies ! Ainsi, ledit bâtiment peut prendre vie sous les yeux des spectateurs et donner une dimension supplémentaire à l’édifice ; il devient un acteur à part entière de l’histoire qu'il conte. Malgré elle, la conception reste sommaire. Ici, Phantom Manor n’est pas personnifié mais sert simplement de base pour les projections. Après tout, l’idée n’est pas toute neuve et les premiers essais probants de cette nouvelle technologie furent réalisés sur les visages des Grim Grinning Ghosts ou bien celui de Madame Leota la voyante, dans The Haunted Mansion situé à Disneyland Park en Californie. Mais transposer le procédé à plus grande échelle, sur une surface non plane implique des compétences supplémentaires. The Phantom Wedding constitue de la sorte une étape indispensable dans l’évolution du processus.

Quelques années plus tard, la même entreprise utilise le procédé de façon identique lors de l’inauguration de la nouvelle attraction The Twilight Zone Tower of Terror - Un Saut dans la Quatrième Dimension en 2007. Le dispositif s'affranchit alors d'un support en toile puisque la vidéo est directement projetée sur la façade de l’édifice. Des jeux de lumières, utilisant lasers et ordinateurs, y sont également ajoutés. L’expérience devient plus immersive que lors de The Phantom Wedding. La méthode a donc évolué entre temps et a pu se faire la main notamment sur le spectacle Son et Lumière Wishes (de 2005 à 2007) projetant tout d'abord des images fixes, puis des extraits de films sur Le Château de la Belle au Bois Dormant, mêlés d'effets lasers et de pyrotechnie. De 2009 à 2011, le spectacle Mickey et sa Nuit Magique d'Halloween reprend le procédé de projections sur l'édifice royal, sans pour autant l'améliorer, le château étant le support d'arrière-fond du spectacle vivant sur la scène de Central Plaza. Outre-Atlantique, les progrès vont également bon train notamment avec le spectacle The Magic, the Memories and You, dès 2011, à Walt Disney World Resort en Floride. Consistant en une projection sur le Cinderella Castle, le spectacle se compose de photos et vidéos envoyées par les visiteurs tout au long de la journée, agrémentées de personnages Disney, le tout sur le rythme d'une bande-son pré-enregistrée. Mais le concept prend véritablement son envol lors de Disney Dreams!, le fameux spectacle projeté sur Le Château de la Belle au Bois Dormant. Combinée à des technologies de projections exploitant des écrans d’eaux et l’ensemble des détails de l’édifice royal, la technique n’a jamais été aussi parfaite ! 
Pour The Phantom Wedding, le parti pris de l’histoire est simple : le récit narré n’est ni plus ni moins que celui à découvrir dans le parcours scénique de la bâtisse ; les images diffusées en reprenant d’ailleurs largement de nombreux éléments. Et c’est bien là que le concept ingénieux plonge dans une facilité navrante en recyclant des parties de l’attraction photographiées ou filmées, donnant au rendu final un manque de fluidité et de liens entre les différents éléments. La technique est certes en train de naître mais elle aurait mérité une histoire un peu plus fournie, voire inédite, pour plonger le spectateur encore plus loin dans l’action.

Du côté de l’ambiance, aucune fausse note ! Le sentiment d’insécurité intrinsèque de la nuit, ajouté à la bande-son originale de l’attraction Phantom Manor prend véritablement aux tripes. L’atmosphère lugubre qui règne dans cette partie du Parc entraîne sans mal le visiteur vers une inquiétude et une angoisse justifiée, propre au thème de la soirée. De plus, voir la Mariée sur écran géant est un souvenir impossible à oublier ! Les jeux de lumière font également partie intégrante de l’expérience, d’autant plus immersive. Un point vient cependant noircir le tableau. Durant la mise en place du concept et de son fonctionnement, il est, en effet, impossible pour le public de profiter de l’attraction en elle-même durant toute la soirée, alors même que Phantom Manor affiche des temps d’attente exponentiels particulièrement durant cette saison.

Le temps d’une soirée, The Phantom Wedding est à apprécier comme une étape nécessaire au procédé de projection mapping, encore balbutiant mais prometteur. Fort de son décor permanent de maison hanté faisant frissonner les plus courageux, ce spectacle est un must de la saison d’Halloween. Il aurait cependant mérité quelques saisons supplémentaires de rodage pour améliorer la technique et faire pâlir une audience à la recherche du frisson garanti.

La disponibilité

Cette attraction n’est plus disponible dans le Parc Disneyland de Disneyland Paris.