La Reine Grimhilde
Date de création :
Le 21 décembre 1937
Nom Original :
The Evil Queen
The Wicked Witch
Grimhilde
Créateur(s) :
Arthur Babbitt (Reine)
Robert Stokes (Reine)
Norman Ferguson (Sorcière)
Bill Roberts (Sorcière)
John Lounsbery (Sorcière)
Apparition :
Cinéma
Parcs
Télévision
BD
Jeux Vidéo
Voix Originale(s) :
Lucille LaVerne (1937)
Louise Chamis (Disneyland)
Suzanne Blakeslee (Disney's Tous en Boîte - 2001 ; Kingdom Hearts)
Voix Française(s) :
Adrienne d'Ambricourt (1937)
Claude Gensac (La Reine - 1962)
Marie Francey (La Sorcière - 1962)
Sylvie Genty (La Reine - 2001)
Katy Vail (La Sorcière - 2001)
Sylvie Genty (Kingdom Hearts - 2002)
Interprète(s) :
Anne Francine (Snow White Live - 1980)
Jane Curtin (Disney's Golden Anniversary of Snow White and the Seven Dwarfs - 1987)
Lana Parrilla (Once Upon a Time - Il Était une Fois - 2011)
Kathy Najimy (Descendants - 2015)

Le portrait

rédigé par
Publié le 14 janvier 2015

Lorsque Walt Disney entreprend de réaliser le tout premier long-métrage d'animation sonore et en couleur de l'histoire du cinéma, il sait parfaitement ce qu'il souhaite voir porter à l'écran : une belle et jeune princesse pour jouer l'héroïne principale, un prince charmant pour la romance, des nains pour l'humour, et une méchante digne de ce nom pour le danger.

Décrite par Walt comme un « mélange de Lady Macbeth et du Grand Méchant Loup », la reine Grimhilde est donc la première grande méchante de Disney et l'antagoniste principale de Blanche Neige et les Sept Nains. Hautaine et cruelle, la souveraine gouverne son royaume d'une main de fer. Du haut de son château blanc, et grâce à l'aide de son miroir magique, elle sait tout ce qui s'y passe et chacun de ses sujets, à l'instar de son chasseur et des nains, semble terrifié par elle. Il faut dire que la menace est bien réelle, car la reine est très dangereuse pour quiconque se dresse en travers de son chemin. Lorsqu'elle veut quelque-chose, elle a à sa disposition les moyens de l'obtenir. Adepte de la magie noire, elle n'hésite notamment pas à tuer pour arriver à ses fins.

Beauté froide et impénétrable, au regard vert perçant, le conte original des frères Grimm indique qu'il s'agit de la belle-mère de Blanche Neige. Dans le classique de 1937, pourtant, rien n'indique comment la reine est entrée dans la vie de l'ingénue princesse. La seule chose qui est certaine, c'est qu'elle déteste la jeune fille dès le début, la traitant avec un réel mépris en la réduisant à la domesticité. Blanche Neige est cantonnée aux taches ménagères les plus ingrates, sous le regard de la maîtresse des lieux qui observe du haut de sa tour.

Le classique de 1937 ne mentionne par ailleurs pas le nom de la méchante. En effet, celles dont les apparitions sont très rares n'est jamais nommée clairement. Pourtant, il semble que les artistes de Disney avaient bien attribué un patronyme à leur souveraine. Dans la bande dessinée adaptée du film, et publiée par le King Features Syndicate avant la sortie du long-métrage, le dessinateur Hank Porter et le scénariste Merrill de Marris indiquent clairement au détour d'une seule et unique case le prénom de la Reine. Représentée devant son miroir magique, le cartouche la nomme ainsi Grimhilde. La méchante n'est donc pas anonyme.

Très narcissique, la reine Grimhilde se présente chaque jour devant son miroir magique afin de demander à l'esprit qui y est enfermé qui est la plus belle femme du royaume. Et inlassablement, l'esclave du miroir lui répète qu'aucune autre femme ne surpasse sa beauté. Tout va bien, donc, jusqu'au jour où l'objet ensorcelé lui révèle que Blanche Neige, malgré ses haillons, est devenue plus belle qu'elle. C'en est trop. Folle de rage, la reine décide dès lors de se débarrasser de cette rivale de la manière la plus radicale qui puisse être. La princesse doit disparaître au plus vite. La souveraine ordonne alors à l'un de ses chasseurs, Humbert, d'accompagner la jeune fille dans la forêt afin de l'assassiner. Et pour s'assurer que ses ordres seront bien été exécutés, elle lui demande de rapporter le cœur de la victime dans un coffret...

Mais le chasseur flanche au dernier moment et laisse la vie sauve à la belle jeune fille. Pensant duper la reine en enfermant un cœur de biche dans le petit coffre, le subterfuge est découvert grâce à l'omniscience du miroir qui révèle la vérité à sa maîtresse. Elle ne peut dès lors compter que sur elle-même. Elle tuera donc elle-même sa rivale. Usant de sortilèges, elle se change en vieille femme et concocte une pomme empoisonnée. Ainsi grimée, elle pourra approcher sans mal Blanche Neige et la convaincre de croquer dans le fruit ensorcelé.

La reine Grimhilde est un méchant terrible. En effet, celle qui se veut être une belle femme cache en elle un caractère terrifiant. Dès lors que ses plans, ses ambitions, sa volonté sont corrompus par une autre personne, elle se donne les moyens de l'éliminer. Et ses moyens sont infinis. Car si la reine ne peut finalement pas compter sur son serviteur, elle dispose de pouvoirs extraordinaires. La magie fait d'elle un antagoniste redoutable. Nul ne semble capable de rivaliser avec celle qui pratique la sorcellerie dans les souterrains de son château et qui semble pouvoir obtenir tout ce qu'elle désire grâce à ses poudres et ses potions.

La reine est terrible alors même que ses apparitions à l'écran sont au final très peu nombreuses. En effet, quatre passages notables la montrent à l'écran. Elle est tout d'abord le premier personnage à apparaître, lors de la première scène du film où elle fait face à son miroir magique. L'interrogeant sur l'identité de la plus belle femme du royaume, elle découvre que Blanche Neige la surpasse désormais. Sa deuxième apparition est également importante, malgré son caractère furtif. La souveraine apparaît en effet à la fenêtre de sa tour et observe le prince chanter son amour pour la jeune princesse. La reine est folle de rage, encore, car malgré ses haillons, Blanche Neige parvient à séduire le prince. La troisième scène montre la méchante, sur son trône, donnant ses ordres à son chasseur. Puisque malgré la domesticité, sa rivale est encore belle, il doit s'en débarrasser. La mort semble le seul moyen, désormais, pour que la reine retrouve sa place de plus belle femme du royaume. La quatrième et dernière scène de la reine sous sa forme naturelle est celle de la révélation de la supercherie du chasseur. Ne pouvant compter que sur elle-même, la souveraine décide alors d'user de ses pouvoirs magiques pour se charger elle-même de ses basses besognes. Elle descend dans son laboratoire souterrain où sont stockés ses potions et ses grimoires. 

La première méchante de Disney marque par son caractère. Grande femme fière et flegmatique, elle parle peu mais parle bien. Très mystérieuse, conservant son calme, malgré son irritation de découvrir tantôt que Blanche Neige est la plus belle, tantôt que le chasseur l'a dupée, Grimhilde n'est pas ce genre de furie qui part dans des accès de colère bruyants à l'instar de Cruella, de Madame Mim ou encore de Madame Médusa. La reine semble placide et imperturbable et en cela, elle se rapproche beaucoup de Maléfique, qui apparaîtra presque 20 plus tard dans La Belle au Bois Dormant. La souveraine parle peu. Ses paroles sont ciselées, pesées. Jamais la méchante ne s'exprime pour ne rien dire. Ses propos sont calmes et réfléchis, malgré leur teneur terrifiante. Elle ordonne ainsi la mort de la princesse avec une sérénité déconcertante. Cela la rend dès lors bien plus menaçante que les antagonistes braillards et gesticulants. La reine est d'autant plus dangereuse que son sang-froid est sans faille.

  

Pourtant, à l'origine du projet, le personnage ne ressemblait pas du tout à cela. Sur certaines recherches graphiques, la reine Grimhilde est en effet représentée comme une grosse femme ridicule. Les premières moutures du scénario l'imaginent d'ailleurs comme une bouffonne incapable de se contenir. En cela, elle ressemble beaucoup à la future Reine de cœur d'Alice au Pays des Merveilles. Amoureuse du prince, elle trouve en Blanche Neige une rivale. Et c'est pour cela qu'elle décide de l'éliminer. Au passage, la reine punit aussi le prince en l'enfermant dans son donjon. Mais cette histoire ne convainc pas Walt Disney. La première version du scénario et les concepts préliminaires sont éliminés. La beauté doit être la clé de l'opposition entre Blanche Neige et la méchante. Celle-ci se doit donc d'être belle. Exit alors le costume bariolé, les rondeurs et le visage comique. Et finie la romance entre la reine et le prince récalcitrant.

Art Babbitt

L'animation de la reine sous son apparence véritable est assurée par Arthur (Art) Babbitt, l'un des meilleurs artistes des studios dans les années 1930. Babbitt s'est en effet déjà illustré sur de nombreux courts-métrages dont Les Trois Petits Cochons, Une Petite Poule Avisée ou encore Cousin de Campagne. Il est celui qui a développé le personnage de Dingo, notamment dans Dingo et Wilbur. L'animateur, accompagné de Robert Stokes, s'est alors inspiré d'actrices hollywoodiennes de l'époque, notamment Joan Crawford, Katharine Hepburn et Gale Sondergaard.

Joan Crawford
Katharine Hepburn
Gale Sondergaard

Belle et grande femme pendant la première moitié du film, la reine change d'apparence durant la seconde moitié. La mutation s'opère après que le miroir magique ait appris à sa maîtresse que le chasseur Humbert, qu'elle a envoyé pour tuer Blanche-Neige, l'a trahie, et que le cœur qu'il lui a rapporté dans un écrin n'est pas celui de la princesse, mais celui d'une biche. L'objet ensorcelé l'informe alors que Blanche Neige est toujours en vie, et qu'elle a trouvé refuge dans la chaumière des sept nains, par delà les collines. A cet instant précis, la reine décide de prendre elle-même les choses en main. Ne pouvant pas apparaître sous sa véritable apparence, sous peine d'être reconnue et de voir ses plans échouer, elle décide donc, avec l'aide de la magie noire, de se transformer en une hideuse et vieille vendeuse de pommes. Ainsi grimée, elle prévoir d'approcher la princesse afin de lui faire croquer une pomme empoisonnée qui la plongera dans un sommeil profond, semblable à la mort, que seul le baiser d'un prince charmant pourra briser.

Alors qu'au début du film, la reine, prostrée dans sa tour, incarne un danger plutôt lointain, laissant agir ses serviteurs pour accomplir ses sombres desseins, elle devient une menace beaucoup plus active dès lors que sa transformation est achevée. En effet, elle quitte désormais son palais et s'aventure elle-même dans la lugubre forêt afin d'accomplir ce que son chasseur n'a pas eu le courage de faire. Du coup, bien plus encore que la reine, celle qui est désormais nommée la sorcière devient un tueur en puissance.

Et la menace est d'autant plus grande que le prix de la transformation est élevé. En effet, en devenant cette hideuse sorcière, la reine sacrifie ce qu'elle a de plus cher au monde, à savoir sa beauté. Vêtue d'un capuchon noir, la méchante se retrouve avec un visage hideux, un nez crochu et des verrues. Celle qui veut par-dessus tout être la plus belle femme de son royaume est prête à s'enlaidir pendant un temps pour arriver à ses fins. Et un tel sacrifice laisse deviner que désormais, rien ne peut plus l'arrêter, et qu'aucun obstacle ne pourra l'empêcher de tuer Blanche Neige. Par ailleurs, le personnage laisse apparaître son côté sadique et manipulateur. Ainsi transformée, elle compte bien jouer sur la gentillesse et la crédulité de la princesse dans le but de l'assassiner. Et le spectateur sait que Blanche Neige est trop naïve... Il sait que le plan de la reine est grandiose et qu'il ne peut que réussir. La menace qui émane de la méchante est ainsi encore plus grande.

Cependant, même si le danger est omniprésent, le personnage de la reine, transformée en sorcière, ne profite plus de la protection de son château, et en conséquence, son comportement change. Dès lors qu'elle quitte son palais, elle ne dispose plus de ses pouvoirs magiques. Elle s'éloigne de la protection de ses grimoires, de ses filtres et autres potions. Et en quittant son précieux miroir magique, elle ne peut plus voir ce qui se passe là où elle ne se trouve pas. Elle est désormais seule face au danger. Et finalement, la peur prend le dessus sur l'assurance. C'est d'ailleurs ce qui lui coûte la vie lorsque, poursuivie par les nains, elle décide de s'enfuir en escaladant le versant d'une montagne. Prise de panique, elle tente alors d'écraser ses poursuivants en renversant sur eux un énorme bloc de pierre. Frappée par la foudre, elle est projetée dans le fond d'un précipice, en même temps que le rocher qu'elle tente de basculer.

La sorcière est animée par Norman Ferguson, Bill Roberts et John Lounsbery. Ferguson, dont la méchante est le premier personnage humain, est à l'époque l'animateur attitré de Pluto. Comme Babbitt, il a par ailleurs travaillé sur plusieurs courts-métrages dont Les Trois Petits Cochons où il anime le Grand Méchant Loup, Le Roi Midas ou encore Mickey Patine. Bill Roberts est quant à lui animateur et le futur réalisateur de courts-métrages comme Le Brave Petit Tailleur, l'un des plus grands films avec en vedette Mickey Mouse. John Lounsbery, membre du groupe des Nine Old Men, commence ici sa carrière, ponctuée de nombreux autres personnages mémorables parmi lesquels Tony et Joe dans La Belle et le Clochard, le Roi Hubert dans La Belle au Bois Dormant ou encore Bourriquet dans Les Aventures de Winnie l'Ourson.

  

L'apparence graphique de la sorcière est développée par l'animateur et scénariste Joe Grant, à qui Walt Disney avait confié la mission de développer l'histoire et les personnages de Blanche Neige et les Sept Nains. Déjà en 1932, dans le court-métrage Les Enfants des Bois, les artistes de Disney avaient dessiné une sorcière qui n'est pas sans rappeler celle du film de 1937. Grant s'est notamment inspiré d'illustrations issues de livres de contes européens, de films d'horreur dont Les Poupées du Diable, et du jeu de Lucille LaVerne et de Moroni Olsen, déguisé en vieille femme.

Norman Ferguson
John Lounsbery
Lucile LaVerne

A l'inverse des autres personnages, la reine Grimhilde, que ce soit sous sa vraie apparence ou sous son « déguisement » de vieille femme hideuse, parle très peu. Dans la version originale, elle est confiée à Lucille LaVerne, une actrice spécialisée dans les postures de méchantes. La comédienne, dont la carrière a déjà plusieurs décennies, joue les rôles facettes de la méchante. Afin d'assurer les lignes de dialogue de la sorcière, elle a ôté son dentier pour changer un peu l'intonation de sa voix. Dans la version française, plusieurs actrices se succèdent à ce rôle. En 1938, la reine et la sorcière sont jouées par Adrienne D'Ambricourt. En 1962, Claude Gensac, célèbre femme à l'écran de Louis de Funès, interprète la reine, la partie de la sorcière revenant à Marie Francey. En 2001, les rôles sont repris par Sylvie Gentil et Katy Vail.

Qui Veut la Peau de Roger Rabbit
Mickey Perd la Tête

La carrière de la reine ne s'arrête pas à Blanche Neige et les Sept Nains. Sous sa forme de sorcière, elle apparaît très ponctuellement dans Qui Veut la Peau de Roger Rabbit, aux côtés de Blanche Neige, ainsi que dans Mickey Perd la Tête. Elle est également présente dans Mickey, le Club des Méchants et Mickey, la Magie de Noël. A noter que la reine, aussi bien sous sa vraie apparence que sous son déguisement de mendiante, a fortement inspiré l'aspect graphique de la reine Narissa dans le film mêlant animation et prises de vues réelles Il Était une Fois réalisé par Kevin Lima en 2007. Interprétée par Susan Sarandon, la souveraine est en effet une sorte de copie de la méchante de Blanche Neige et les Sept Nains et comme elle, elle est contrainte de se transformer en vieille sorcière afin d'arriver à ses fins. Pour cela, elle utilise d'ailleurs elle aussi une pomme empoisonnée, ou plutôt plusieurs pommes empoisonnées.

Il Était une Fois
Disney's Golden Anniversary of
Snow White and the Seven Dwarfs
Once Upon
a Time

A la télévision, elle est interprétée par Jane Curtin dans l'émission spéciale Disney's Golden Anniversary of Snow White and the Seven Dwarfs. La méchante apparaît également au générique de Disney's Tous en Boîte, ainsi que de la série Once Upon a Time où elle est jouée par l'actrice Lana Parrilla. Elle est également l'un des protagonistes du téléfilm Descendants où elle est campée par Kathy Najimy.

Disney's Tous en Boîte

La reine Grimhilde a également fait une belle carrière dans le domaine de la bande dessinée. Elle est présente dans l'adaptation du film, où le prénom, Grimhilde, est révélé, mais également dans de nouvelles aventures aux côtés de Madame Mim, du Capitaine Crochet ou de Pat Hibulaire. Elle est notamment opposée aux nains, mais aussi à Donald et aux trois petits cochons. Pour justifier sa réapparition, l'auteur Romano Scarpa a imaginé que sa chute, à la fin du film, ne l'a pas tuée. Mais désormais, la reine ne peut plus reprendre son apparence initiale. Elle conserve donc les traits de la sorcière dans nombres d'histoires.

 

La méchante est aussi présente dans beaucoup de jeux vidéos comme l'adaptation du film, ainsi que Le Retour des méchants, la saga Kingdom Hearts, Disney Universe et Disney INFINITY. Enfin, la reine est un personnage marquant des parcs Disney à travers le monde. Elle est présente dans les attractions inspirées du film. Elle observe les visiteurs de Disneyland Paris du haut de sa fenêtre, située au-dessus de la boutique La Chaumière des Sept Nains. Elle apparaît dans de nombreuses parades et spectacles dont Fantasmic !, la Mickey's Boo-to-You Halloween Parade, la Disney's Once Upon a Dream Parade, la Disney Stars and Motorcars Parade ou encore La Promenade Maléfique des Méchants Disney et La Cour de Maléfique.

Aujourd'hui encore, Grimhilde, la reine de Blanche Neige et les Sept Nains figure parmi les plus beaux méchants du cinéma. Celle qui reste la première de toutes n'est pas loin d'être la plus grande de tous !