Madame de Trémaine
Date de création :
Le 15 février 1950
Nom Original :
Lady Tremaine
Créateur(s) :
Frank Thomas
Harvey Toombs
Apparition :
Cinéma
Télévision
BD
Parcs
Jeux Vidéo
Voix Originale(s) :
Eleanor Audley (1950)
Suzanne Blakeslee (Depuis 2002)
Voix Française(s) :
Héléna Manson (1950)
Jacqueline Porel (1991)
Juliette Degenne (2015)
Interprète(s) :
Sarah-Jane Redmond (Once Upon a Time in Wonderland - 2013)
Christine Baranski (Into The Woods : Promenons-Nous dans les Bois - 2014)
Cate Blanchett (Cendrillon - 2015)

Le portrait

rédigé par
Publié le 29 mars 2015

Madame de Trémaine est la grande méchante de Cendrillon. Basé sur des histoires orales remontant à l'Antiquité, le conte aujourd'hui incontournable a été adapté par des dizaines d'auteurs dont Giambattista Basile ou encore la baronne d'Aulnoy. Les versions les plus connues demeurent néanmoins celles de Charles Perrault, datée du XVIIe siècle, et des frères Grimm, près de deux cents ans plus tard.

Chez Perrault, Madame de Trémaine est anonyme. Jamais, en effet, son nom n'est mentionné. Présentée comme une femme hautaine et fière, elle épouse un gentilhomme veuf. Mère de deux filles aussi orgueilleuses qu'elle, la belle-mère investit la demeure familiale de son mari et rapidement avec les noces, abat sa colère sur la jeune enfant de ce dernier, aussi gentille que ses demi-sœurs sont mauvaises. Afin de satisfaire sa jalousie, la marâtre charge sa belle-fille, bientôt affublée du sobriquet Cendrillon, de toutes les tâches ménagères de la maison. Au passage, elle l'isole en la forçant à dormir tout en haut de la maison dans des conditions épouvantables. Incapable de se plaindre à son père, également gouverné par sa nouvelle épouse, Cendrillon se résigne à accepter ses humiliations. Et lorsqu'il s'agit d'assister au bal organisé par le Prince désireux de se trouver une femme, la jeune fille accepte de préparer au mieux ses deux demi-sœurs, sachant qu'elle n'y assisterait pas pour sa part. Mais c'est sans compter sur l'aide de sa marraine la fée qui apprête une Cendrillon qui fait sensation à son arrivée au bal. La marâtre disparaît très rapidement de l'intrigue de Charles Perrault pour ne jamais en revenir. En effet, elle n'empêche pas Cendrillon d'assister au bal et elle n'est pas présente au château. Seules ses filles assistent à la rencontre entre le Prince et Cendrillon. Lorsqu'il s'agit de retrouver la propriétaire de la pantoufle de verre, la belle-mère ne s'interpose par ailleurs pas. Rien n'empêche l'héroïne d'essayer le soulier, mis à part les ricanements méchants de ses sœurs. Passées les premières lignes présentant le contexte, la méchante est tout bonnement absente du conte de Perrault !

  

C'est chez les frères Grimm que Madame de Trémaine voit son rôle s'accroître. Toujours anonyme, elle entre dans l'intrigue après la mort de la mère de l'héroïne. Epousant le père veuf le printemps suivant l'enterrement de sa première femme, elle emménage dans la maison familiale avec ses deux filles laides et noires de cœur, si méchantes qu'elles ridiculisent sans cesse leur demi-sœur surnommée Cendrillon. La marâtre est alors absente de l'histoire et ce sont bien ses affreuses filles qui maltraitent leur sœur en l'accablant de tâches ménagères. Mais contrairement au conte de Perrault, la méchante réapparaît bientôt et empêche Cendrillon d'aller au bal en renversant un plat de lentilles dans les cendres, obligeant l'enfant à les ramasser dans les deux heures si elle souhaite aller au palais. Aidée par les oiseaux, l'héroïne parvient à relever le défi mais la belle-mère lui met une nouvelle fois des bâtons dans les roues, refusant de l'emmener pour ne pas avoir honte. Aidée par un oiseau, Cendrillon parvient néanmoins à trouver une robe et se rend au château. Là, ni la marâtre, ni ses sœurs ne reconnaissent celle qui a déjà conquis le cœur du Prince. Abandonnant sa pantoufle de verre, celui-ci se met en tête de retrouver sa promise, celle qui pourra enfiler le soulier. La méchante met alors toutes les chances de son côté. Elle n'hésite en effet pas à mutiler ses deux filles, obligeant la première à se couper l'orteil et la seconde un bout du talon. Après son échec, elle découvre stupéfaite que la jeune fille mystérieuse du bal est Cendrillon. La méchante disparaît de l'intrigue, ses deux filles se rendant au château pour obtenir les bonnes grâces du couple royal et recevant leur punition des oiseaux qui leur crèvent les yeux !

Lorsque Walt Disney décide d'adapter Cendrillon, il dispose donc d'un côté de la marâtre de Charles Perrault, finalement presque absente de l'histoire, et de l'autre de celle des frères Grimm, plus mauvaise et capable de tout, y compris de charcuter ses filles pour arriver à ses fins. Il lui faut donc composer et s'éloigner des contes originaux pour développer sa méchante. Il souhaite faire de son antagoniste principale une vraie source de danger. Néanmoins, pas question pour Madame de Trémaine, désormais clairement nommée, de s'en prendre directement à l'héroïne. La méchante sera sournoise, terrible, cassante. Jamais violente, ne prononçant pas un mot plus haut que l'autre, elle est conçue comme une femme posée, jamais excentrique, mais dont les faits et gestes sont une succession de malveillances à l'égard de Cendrillon. Au passage, exit le personnage du père, qui n'apparaît qu'au tout début de l'intrigue, dans les pages du livre de conte, afin de poser le contexte. Bien vivant dans les contes de Perrault et des Grimm, malgré une absence ostensible, le patriarche aimant est déclaré mort au début de l'œuvre de Disney. Madame de Trémaine, entourée de ses deux filles Anastasie et Javotte, est donc désormais la seule maîtresse de la maison familiale de l'héroïne, réduite en esclavage.

Madame de Tremaine apparaît dès les premières minutes de Cendrillon. Alors que la jeune fille, encore enfant, passe du temps avec son père, son cheval et Pataud, le chien, près d'une fontaine, la méchante apparaît à la fenêtre. Soucieux d'avoir une mère pour sa fille, le maître des lieux, veuf, a épousé cette femme venue s'installer dans la maison familiale avec ses deux enfants. Et c'est avec elles à ses côtés, ainsi qu'avec son chat Lucifer dans les bras, que la belle-mère regarde avec condescendance le bonheur qui se dévoile là, sous ses yeux. Telle la Reine au début de Blanche Neige et les Sept Nains, c'est de sa fenêtre qu'elle lorgne sur cet amour avec le plus profond mépris. Les images suivantes la montrent dans la chambre de son époux, mort... Debout avec ses filles au fond de la pièce, presque dans l'ombre, elle assiste à la détresse de Cendrillon qui pleure son défunt père. Terrible, elle esquisse un sourire, comme se réjouissant déjà de la disparition de son mari. Elle montre là ses véritables sentiments. Dès lors, les ennuis commencent pour Cendrillon, réduite à vivre dans le grenier et à accomplir les tâches ménagères de la maison.

La jeune femme ne désespère cependant pas de son sort. Rêvant chaque jour au prince charmant, elle confie ses secrets à ses amis les souris et les oiseaux. Mais le repos est de courte durée. Déjà, il faut descendre pour préparer le petit-déjeuner de tout le monde. Il s'agit d'abord d'extraire Lucifer de la chambre de sa maîtresse en ne la réveillant surtout pas. Le spectateur découvre alors la chambre de la marâtre. Si Cendrillon dort sur un modeste lit dans la tour de la maison, sa belle-mère, elle, trouve le sommeil dans une splendide pièce, gigantesque, au sein d'un lit plus grand, aux tentures surdimensionnées. Même le chat Lucifer dispose dans la chambre d'une superbe couchette. Mais la préparation du petit-déjeuner se passe mal. Par la faute du félin, l'une des souris amies de Cendrillon a dû se cacher sous la tasse d'Anastasie qui, immédiatement, court prévenir sa mère de la mauvaise blague. Convoquée comme une vulgaire domestique, Cendrillon se retrouve confrontée à sa marâtre, encore dans son lit. Seuls les yeux de la méchante percent alors l'obscurité provoquée par les rideaux.

Le règlement de compte peut commencer. Avec flegme et calme, Madame de Trémaine demande à Cendrillon d'approcher. La musique se fait alors plus oppressante. Face à l'héroïne qui tente de se justifier, elle lui ordonne de se taire, la qualifiant au passage d'insolente. Ricanant sournoisement, elle fait le constat que Cendrillon gaspille son temps à faire des plaisanteries douteuses. Lui intimant à nouveau de se taire avec un ton sec, elle en tire la conclusion que sa belle-fille n'est pas assez occupée. Elle liste donc de nouvelles corvées à faire : nettoyer le grand tapis du hall, les fenêtres à laver, refaire le nettoyage des rideaux et des tapisseries, nettoyer le jardin, la terrasse, les escaliers, la cheminée, sans parler du lavage, du repassage et de la couture, ainsi que du bain de Lucifer ! Tout en buvant son café, Madame de Trémaine énumère donc les tâches ménagères avec calme mais toujours en finissant ses phrases sèchement. Cendrillon, en face, ne peut qu'obéir.

Pendant ce temps, au palais, le Roi exige que son fils se trouve une épouse. Décision est prise d'organiser un bal et de convoquer toutes les jeunes femmes à marier. Assise au clavecin, Madame de Trémaine interrompt le désastreux cours de chant et de flûte de ses filles pour lire la missive en provenance du palais. Elle jubile alors à l'idée que ses filles assistent à cette soirée en l'honneur du Prince. Et alors que Javotte et Anastasie ricanent bêtement à l'idée que Cendrillon assiste elle-aussi au bal, la marâtre réfléchit. La lettre invitant toutes les jeunes filles à marier, elle accepte ce que sa belle-fille vienne. Elle pose cependant une condition. Cendrillon viendra si son ouvrage est fait et si elle trouve une robe convenable à se mettre. Incrédules, les demi-sœurs ne comprennent pas cet élan de générosité de la part de leur mère. Lui demandant si elle se rend compte de ce qu'elle a dit, la marâtre confirme qu'elle a bien dit Si ! Satisfaite de son effet, elle ne peut retenir un rire sournois...

Assommée de travail, Cendrillon ne parvient pas à remplir le contrat... D'autant plus que les corvées se sont cumulées toutes la journée... Annonçant à sa belle-mère que le carrosse attend à la porte, elle doit se résoudre à décliner sa participation au bal, la marâtre faisant mine d'être surprise en constatant qu'elle n'est pas prête pour partir. Echangeant un regard complice avec ses filles, elle ose même dire que c'est dommage... Et qu'il y aura d'autres occasions... Cendrillon garde toute sa dignité et quitte les trois mégères, satisfaites de leur coup... Mais c'est sans compter sur les amis de la jeune fille qui, alors qu'elle croulait sous les corvées, lui ont confectionné une robe de bal. Cendrillon est fin prête pour la fête, à la grande surprise de la marâtre, qui ne peut cacher sa stupeur. Elle doit alors trouver un moyen de retenir la belle à la maison. Affirmant ne jamais revenir sur sa parole à une Cendrillon qui, pour la première fois, semble terrorisée, elle fait mine d'accepter qu'elle les accompagne. Mais en pointant les perles et les rubans, que les souris ont emprunté aux deux demi-sœurs, elle provoque la colère de ses « tourterelles » qui se mettent à déchirer la robe. A nouveau, Cendrillon est en haillons. Ses rêves de sortir au bal sont brisés. La marâtre quitte la maison avec ses filles sans perdre l'occasion de souhaiter à sa pauvre belle fille une « bonne soirée » !...

Mais la magie aidant, Cendrillon est bien présente, ce soir-là, au bal. Et elle y fait forte impression. Tout le monde la regarde, y compris la méchante qui ignore encore qui est cette demoiselle qui vient de conquérir le cœur du Prince et dont le visage lui semble pourtant familier. Elle découvre le pot-aux-roses lorsqu'elle surprend Cendrillon, traitée au passage un peu plus tôt de « petite dinde », rêvant et valsant. Dès lors, la marâtre n'a qu'une idée en tête, empêcher sa belle-fille d'essayer la pantoufle de verre et permettre à ses filles, qu'elle sort du lit, de devenir princesse. Un tour de clé et le tour est joué ! Cendrillon se retrouve bientôt emprisonnée dans sa chambre. Aidée par ses amies les souries, la jeune femme parvient néanmoins à sortir et à se présenter au Grand Duc. Madame de Trémaine, qui doit reconnaître que la chaussure de verre ne sied à aucune de ses filles, est sur le point de perdre... Mais la pantoufle est fragile et le valet maladroit. Un croche-pied avec sa canne et le pauvre bougre brise le seul indice capable de retrouver la mystérieuse jeune fille... Mais contre toute attente, Cendrillon présente la seconde pantoufle, sous le regard stupéfait de sa belle-mère. Malgré ses manigances, celle qui disparaît dès lors de l'intrigue n'a pu empêcher le destin.

Madame de Trémaine est certainement l'une des plus belles méchantes de Disney. Et si Cendrillon marque le second âge d'or des studios, la marâtre n'y est pas pour rien. Disney retrouve en effet les ingrédients du succès de Blanche Neige et les Sept Nains : une belle princesse, des compagnons rigolos, un beau prince pour la romance et surtout une méchante de caractère. La Reine et Madame de Trémaine ont d'ailleurs énormément de traits communs. Leur première apparition, à la fenêtre, est assez significative. Toutes les deux sont veuves et jalouses de la beauté des jeunes femmes qui vivent sous leur toit. Celle de Blanche Neige concurrence la Reine alors que celle de Cendrillon renforce la laideur des deux filles de la marâtre. Toutes les deux sont des femmes froides et des personnalités glaciales. Flegmatiques, gardant leur self-control à chaque instant, elles peuvent néanmoins se lancer dans des accès de colère. Surtout, toutes les deux n'usent d'aucune violence physique. Elles n'hurlent pas. Leur impact n'est pas physique mais psychologique. Tout passe en effet dans des phrases ciselées et des actes murement pensés. Leur fourberie en fait des être redoutables. Une différence notable cependant, Madame de Trémaine ne dispose d'aucune magie, contrairement à la Reine. Elle n'en demeure pas moins dangereuse. Véritable briseuse de rêves, elle est sur le point de détruire la vie de sa belle-fille malgré le fait qu'elle ne dispose d'aucun véritable pouvoir si ce n'est son intelligence.

Madame de Trémaine possède un charisme formidable. Et ses quelques lignes de dialogues sont magnifiquement écrites. Car la méchante est peu présente à l'écran et elle parle très peu. Pourtant, chaque mot, chaque phrase est pensée comme un coup de poignard dans le cœur de la pauvre enfant. Lorsque Cendrillon se propose d'aller au bal, jamais la marâtre ne refuse. A-t-elle le choix, de toutes façons, dès lors que c'est un ordre du roi de faire venir toutes les jeunes femmes ? Mais la vieille femme ne s'avoue pas vaincue. Elle accepte si Cendrillon fait son travail et trouve une robe. Ce si est incroyablement fort et montre la perfidie de cette femme. Il n'y a pas de geste méchant, pas de colère. Rien qu'un mot qui remet en question la participation de Cendrillon au bal... Et lorsque cette dernière parvient à remplir le contrat, l'affreuse belle-mère ne perd pas une minute pour contrecarrer les plans de la demoiselle. En attirant l'attention de ses filles sur les accessoires de la robe, elle ruine définitivement les chances de Cendrillon. Dans l'esprit d'une méchante, c'est brillant !

Toujours impassible, la marâtre porte sur elle les traits de sa vilainie. Cheveux coiffés sur le dessus, robes longues et strictes, ses yeux d'un vert perçant et son petit sourire narquois ne laissent aucun doute sur sa méchanceté. Même la mort de son époux, au début du film, semble la ravir. Si la méchante n'explose jamais de joie ni de colère, son regard en dit long sur ses sentiments. Et quand elle découvre que la mystérieuse jeune fille du bal n'est autre que Cendrillon, la rage s'affiche sur son visage. Elle ne pousse aucun cri, ne bouge pas. Mais ses yeux deviennent hargneux.

  

Tout le succès du personnage passe par son apparence et son jeu. Les animateurs ont réussi un coup de maître. La méchante est supervisée par Frank Thomas, artiste de légende et membre des Nine Old Men, à l'origine de personnages aussi marquants que Pinocchio, Bambi, Panpan, les trois fées de La Belle au Bois Dormant, Pongo, Merlin et Arthur en écureuils, Baloo ou Winnie l'Ourson. Harvey Toombs a également signé quelques scènes. Thomas a expliqué, des années plus tard, que ce travail avait été l'un des plus durs de sa carrière et surtout l'un des moins amusants. Il se rattrapera avec des méchants plus excentriques dans ses deux projets suivants avec La Reine de Cœur et le Capitaine Crochet. Néanmoins, il a toujours aimé son personnage. L'une des scènes préférées de l'animateur est celle où la méchante, encore assise dans son lit, énumère les corvées que Cendrillon devra accomplir toute la journée. Calme en apparence, se servant son café, elle termine chaque phrase en haussant le ton.

Frank Thomas
Eleanor Audley

Pour son travail, Frank Thomas a beaucoup échangé avec l'interprète de Madame de Trémaine, l'actrice Eleanor Audley, qui en plus de sa composition, alternant entre voix mielleuse et autoritaire, a par ailleurs servi de modèle en jouant devant les artistes certaines scènes du film. A l'affiche de films comme La Porte s'Ouvre, Tant que Soufflera la Tempête et de Frissons Garantis, elle double une autre méchante de légende, Maléfique, ainsi que Madame Leota dans l'attraction The Haunted Mansion. En France, Madame de Trémaine est interprétée par Héléna Manson, actrice au générique de Madame Bovary, Les Pirates du Rail, Les Inconnus dans la Maison, Le Corbeau, Le Grand Chef, Le Président ou Les Misérables, et voix française de La Méchante Sorcière de l'Ouest dans Le Magicien d'Oz. Lors du redoublage de 1991, la marâtre est interprétée par Jacqueline Porel, actrice de théâtre, de télévision et de cinéma, voix de Lana Turner, de Deborah Kerr, d'Audrey Hepburn, de Maggie Smith dans Sister Act, et à l'affiche de Romance de Paris, La Vérité et Le Capitan. Chez Disney, elle a également doublé le porc-épic dans Rox et Rouky,  la dame souris à la fin de Basil Détective Privé et une servante de La Petite Sirène. Elle a par ailleurs supervisé les doublages d'Amadeus, Good Morning Vietnam, Dick Tracy, Madame Doubtfire, Le Noël de Mickey, Basil Détective Privé, Oliver & Compagnie et les redoublages de La Belle et le Clochard et de La Belle au Bois Dormant.

Cendrillon 2 : Une Vie de Princesse
Le Sortilège de Cendrillon

Comme nombre de classiques, Cendrillon donne naissance, dans les années 2000, à deux suites. Mais alors que beaucoup de méchants originaux ne reviennent pas à l'écran, Madame de Trémaine reste et demeure l'unique némésis de la princesse. Dans l'infâme Cendrillon 2 : Une Vie de Princesse, elle apparaît dans le chapitre 3. Mais plutôt que de nuire à l'héroïne, elle s'en prend à sa propre fille, Anastasie, tombée amoureuse du boulanger. Celle qui a des ambitions plus grandes pour ses filles lui interdit d'adresser la parole à son compagnon, en vain. Présente quelques minutes, le rôle de la méchante s'apparente davantage à de la figuration. Dans Le Sortilège de Cendrillon, elle reprend de l'ampleur et redevient l'ennemie de Cendrillon. Armée de la baguette magique égarée par la Marraine, celle qui n'usait d'aucune magie dans le classique de 1950 devient adepte de magie noire. Désormais plus forte, elle décide de réécrire l'histoire. Effaçant l'intrigue de Cendrillon, elle empêche le mariage du Prince avec sa belle-fille en faisant en sorte que la pantoufle aille à Anastasie lors des essayages organisés par le Grand Duc. Elle brouille également l'esprit du Prince en effaçant Cendrillon de sa mémoire. Et lorsque la princesse tente de reprendre sa place, elle charge Lucifer, changé en cocher, d'éloigner la belle du royaume. La magie se retourne finalement contre elle. Javotte et la marâtre sont alors changées en crapaud avant de reprendre leur apparence, réduites à faire les tâches ménagères.

Disney's Tous en Boîte
Once Upon a Time in Wonderland

Madame de Trémaine connaît également une petite carrière à la télévision. Dans Disney's Tous en Boîte, elle apparaît régulièrement dans le public. Elle prend un peu d'épaisseur dans l'épisode Le Club des Méchants au cours duquel elle oblige Pat à faire le ménage. Dans la série live Once Upon a Time - Il Était une Fois, Madame de Trémaine apparaît furtivement dans l'épisode Le Prix à Payer. Figurante, elle prend de l'épaisseur dans Once Upon a Time in Wonderland. Interprétée par Sarah-Jane Redmond, elle apparaît dans l'épisode 5, Cœur de Pierre. Elle empêche alors sa fille Anastasie, qu'on peut imaginer sans aucune certitude être la fameuse demi-soeur de Cendrillon, de partir avec son amant, Will Scarlet.

 

La méchante est également présente dans le jeu vidéo Kingdom Hearts Birth by Sleep sur PSP. Dans le monde Le Palais des Rêves, elle reprend le rôle qu'elle tient dans Cendrillon, réduisant l'héroïne en esclavage. Elle tente de l'éliminer après le bal ainsi qu'Aqua, en transformant grâce à sa jalousie le carrosse en Nescient.

Madame de Trémaine peuple enfin les parcs Disney à travers le monde. Elle prend part à plusieurs spectacles et parades dont la Celebrate a Dreams Come True Parade et la Mickey's Not So Scary Halloween Party


Into the Woods : Promenons-Nous dans les Bois

Surtout, Madame de Trémaine a une belle carrière au cinéma dans deux films en prises de vues réelles. Dans Into the Woods : Promenons-Nous dans les Bois, elle est interprétée par Christine Baranski. Adapté du musical de Stephen Sondheim et James Lapine, le film lui offre un rôle identique à celui qu'elle tient dans l'histoire des frères Grimm. Réduisant sa belle-fille en esclavage et souhaitant le meilleur pour ses deux filles, nommées ici Florinda et Lucinda, elle se comporte précisément comme dans le conte. L'épisode des lentilles, absent du classique de 1950, est ainsi l'un des moments de l'histoire emprunté au conte des Grimm. De plus, contrairement à la méchante animée, elle tente d'enfiler le soulier de verre à ses filles en les mutilant, l'une perdant un orteil et l'autre un morceau de talon. Elle traîne en outre dans la forêt avec ses enfants aveugles au moment où l'histoire dérape et que la géante parcourt la forêt.


Cendrillon de Kenneth Branagh

Lorsqu'en 2015, les studios Disney sortent une version live de Cendrillon, Madame de Trémaine est évidemment de la partie. Dans le film de Kenneth Branagh, elle est brillamment jouée par Cate Blanchett, éternelle Galadriel de la trilogie Le Seigneur des Anneaux, également à l'affiche de Elizabeth, Le Talentueux Monsieur Ripley, Aviator, Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal, L'Etrange Histoire de Benjamin Button, Robin des Bois et Blue Jasmine. Le spectateur apprend dès le début du film que la méchante est la veuve d'un certain Francis Trémaine. Au passage, elle perd sa particule. Elle n'est plus Madame de Trémaine, mais Madame Trémaine. Elle épouse, comme dans le conte et le classique de 1950, le père d'Ella, également veuf. Investissant la maison de son second époux, elle ne cache pas qu'elle déteste et l'ambiance, et la décoration. Organisant des fêtes sans arrêt, elle devient la maîtresse des lieux à la mort de son mari. Ella est renommée Cendrillon et se voit reléguée dans le grenier. L'intrigue demeure ensuite la même, bien que la méchante gagne de l'épaisseur. Comme dans le dessin animé de 1950, elle tente d'obtenir une bonne place pour ses filles. Et découvrant que la belle inconnue du bal est Cendrillon, elle prend clairement les choses en mains. Se rendant au palais, elle négocie (s'essayant même à le menacer !) avec le Grand Duc et promet de révéler le nom de celle que le Prince aime à deux conditions : que ses filles épousent des notables et qu'elle devienne intendante du palais. Contrairement au Cendrillon de 1950, la méchante est une vraie politicienne, désireuse de s'assurer à elle-aussi une bonne place.

Madame de Trémaine fait partie de la liste des plus grands méchants du cinéma et continue de marquer les esprits. Femme froide et cruelle, celle qui pourtant ne dispose d'aucun pouvoir demeure une véritable menace. Une méchante ultime !