Cornélius Écoutum - Dessin d'Henrieke
Dessin d'Henrieke
Date de création :
Mars 1952
Nom Original :
Cornelius Coot
Créateur(s) :
Carl Barks
Apparition :
BD
Télévision
Parcs

Le portrait

Publié le 09 avril 2017

Cornélius Écoutum est un personnage secondaire de l'univers des canards de Disney. Il n'est reste pas moins l'un des membres essentiels puisqu'il s'agit, ni plus ni moins, que du fondateur de Donaldville. De plus, en étant le grand-père de Grand-Mère Donald, il est aussi un ascendant direct de Donald Duck.


La Bande à Picsou : Le Temps, C'est de l'Argent

Une Statue de Carl Barks

Cornélius Écoutum doit son existence à Carl Barks, surnommé le Maître des Canards
Le dessinateur commence sa carrière chez Disney en 1935 comme intervalliste. Il travaille ensuite sur différents cartoons en qualité de scénariste. Notamment, il est en charge du succulent Donald se Camoufle. En 1942, il se voit missionné pour réaliser la bande dessinée Donald et le Trésor des Pirates (Donald Duck Finds Pirates Gold) sur le scénario qui fut envisagé dans un premier temps pour un long-métrage. Carl Barks va ainsi faire carrière dans le support B.D. et écrire et dessiner, jusqu'à sa retraite en 1966, des histoires mémorables sur le célèbre canard et sa famille. Il imagine tout un univers autour du palmipède malchanceux, à commencer par Balthazar Picsou (qui apparaît pour la première fois dans Noël sur le Mont Ours [Christmas on Bear Mountain] en 1947). Suivront le cousin chanceux de Donald : Gontran Bonheur (1948) ; les voleurs frères Rapetou (1951) ; l'inventeur Géo Trouvetou (1952) ; le machiavélique Gripsou (1956) ; la sorcière Miss Tick (1961). Ces personnages sont tellement inscrits dans l'inconscient collectif qu'ils inspirent des grands noms du cinéma, notamment Steven Spielberg, pour la scène de la boule de pierre dans Indiana Jones et les Aventuriers de l'Arche Perdue.


Carl Barks

Carl Barks créé le personnage de Cornélius Écoutum en mars 1952 dans l'histoire La Guerre des Statues (Statuesque Spendthrifts). Dans ce récit de dix pages, l'Oncle Picsou refuse de payer quelques centimes au maire de Donaldville afin d'aider à construire une statue du fondateur de la ville : Cornélius Écoutum. Tout aurait pu en rester là si le maharadjah du Komenvatustan, de passage en ville et revendiquant aussi le titre d'homme le plus riche du monde mais sans avarice, ne proposait pas de payer 100 000 dollars pour ériger la fameuse statue. Il n'en faut pas plus pour piquer au vif Picsou qui, bien décidé à démontrer qu'il est bien l'homme le plus riche du monde, fait réaliser une statue plus belle et grande encore. La bataille fait vite rage entre les deux milliardaires qui rivalisent alors de moyens plus faramineux les uns que les autres jusqu'à voir finalement Picsou parvenir à ruiner le maharadjah.


La Guerre des Statues (1952)

Carl Barks réutilise ensuite le personnage, toujours sous forme de statue, dans deux autres histoires. La première s'intitule La Princesse des Neiges (Statues of Limitations) et sort en 1957. Dans ce récit, Donald et ses neveux s'affrontent pour savoir qui réalisera le meilleur bonhomme de neige, sachant qu'ils ont choisi de représenter Cornélius Écoutum afin de faire vibrer la corde patriotique des juges donaldvillois. La seconde histoire est Donald Voit Rouge (The Day Duckburg Got Dyed), parue la même année. Cette fois-ci, la statue du fondateur de Donaldville n'est qu'un simple élément de décor secondaire sans rapport direct avec l'intrigue principale. À partir de ce dernier récit, Cornélius Écoutum n'apparaîtra jamais plus sous la plume de Carl Barks.

La Princesse des Neiges (1957)
Donald Voit Rouge (1957)
Une Figure Historique de Don Rosa

Don Rosa est l'auteur qui va le plus enrichir la mythologie de Cornélius Écoutum.
Keno Don Hugo Rosa naît le 29 juin 1951 à Louisville, dans le Kentucky. Sous le nom raccourci de Don Rosa, il débute dans son art en dessinant dans les années 1970 un certain nombre d'aventures avec des personnages de son invention. Il ne s'agit toutefois alors que d'un hobby ; sa principale source de revenus venant d'un autre métier. La BD prenant une place de plus en plus importante dans sa vie, il se porte bientôt candidat auprès d’un éditeur ayant annoncé son intention de publier de nouvelles histoires de Disney. Embauché, il s’emploie vite à démontrer qu’il ne pouvait y avoir meilleur candidat que lui pour imaginer des aventures inédites des canards. Sa première histoire Disney, Le Fils du Soleil (The Son of the Sun), met donc en scène Picsou : elle est réalisée pour le compte de la maison d'édition Gladstone et se voit publiée pour la première fois en juillet 1987. Le succès est immédiat : Don Rosa continue donc logiquement d'inventer d'autres histoires de Donald Duck et Picsou. En 1989, l’artiste se fâche et claque la porte de Gladstone à la suite de la décision de Disney de ne plus rendre les planches originales à leurs auteurs. Il passe, dès l’année suivante, chez la société Egmont qui publie les histoires Disney au Danemark, une société avec laquelle il collabore toujours actuellement. Il travaille parallèlement pour d'autres éditeurs européens notamment le français Disney - Hachette, via Picsou Magazine.


Don Rosa

En 1989, dans Sa Majesté Balthazar 1er (His Majesty, McDuck), Don Rosa donne corps au personnage de Cornélius Écoutum et surtout épaissit son importance historique. Si l'auteur l'avait déjà dessiné en tant que statut dans L'Argent Coule à Flots ! (Cash Flow) en 1987, ici, il l'utilise dans un flashback et pas n'importe lequel : celui où Cornélius Écoutum fonde Donaldville ! Le lecteur apprend de la sorte qu'en 1579, Sir Francis Drake explore la côté ouest du continent américain et remonte la rivière Tulebug afin de trouver un lieu fortifiable, la colline Killmotor, pour y construire un avant-poste britannique qu'il baptise le Fort Drake Ville. Des années plus tard, en 1818, un pionnier des environs, un certain Cornélius Écoutum, arrive dans le fort anglais pour faire du commerce. Malheureusement, l'ensemble est attaqué par l'armée espagnole qui veut conquérir le seul territoire de l'ouest du continent qui n'est pas encore annexé au nom du Roi d'Espagne. Les soldats du fort reçoivent alors une missive du Roi d'Angleterre qui leur ordonne d'abandonner les lieux. Mais l'armée espagnole ne veut pas entendre parler de trêve anglaise. Ainsi, pour pouvoir fuir, les soldats anglais décident de céder le fort au seul autochtone présent : Cornélius Écoutum. Ce dernier devient alors l'unique propriétaire de Fort Drake Ville. L'armée anglaise partie, les troupes espagnoles peuvent donc investir tranquillement les lieux. Mais c'est sans compter sur l'intervention du jeune Cornélius qui propose aux envahisseurs de les nourrir avec un légume local, inconnu des Espagnols : le maïs. En le faisant chauffer, il explose en pop-corn, les effrayant et les faisant fuir une bonne fois pour toute. L'année suivante, le roi d'Espagne abandonne toutes les terres aux alentours. Le fort devient ainsi définitivement la propriété de Cornélius Écoutum qui en américanise le nom en le rebaptisant Fort Donaldville.


Sa Majesté Balthazar 1er (1989)

Don Rosa réutilise ensuite le personnage mais de façon plus brève dans un flashback au sein de C.E.S.T.D.U.C.H.A.R.A.B.I.A. (W.H.A.D.A.L.O.T.T.A.J.A.R.G.O.N.) parue en 1997. Le lecteur y apprend alors que Cornélius Écoutum a créé une milice pour défendre le Fort Donaldville qu'il nomme : les Castors. En plus de ce récit, l'auteur va aussi régulièrement représenter la statue du fondateur de Donalville dans ses histoires. L'une d'elle la voit même jouer un rôle important : dans Un Petit Cadeau Très Spécial (A Little Something Special) publiée en 1997 et imaginée pour célébrer les 50 ans de la création de Picsou, tous les personnages utilisés par Carl Barks - méchants comme gentils - sont, en effet utilisés par Don Rosa ; la statue géante de Cornélius Écoutum servant ici non seulement de décor central mais aussi de lieu pour le dénouement final.

C.E.S.T.D.U.C.H.A.R.A.B.I.A.
(1997)
Un Petit Cadeau Très Spécial
(1997)
La Dynastie de Donald Duck
 
   
 
   
         
     
     
     
     

A la suite de son œuvre fleuve, La Jeunesse de Picsou, Don Rosa s'attèle dès 1993 à établir un arbre généalogique des Duck. Il prend pour postulat de départ d’utiliser uniquement les personnages créés ou dessinés par Carl Barks à l’exception notable de Popop Duck imposé par son éditeur danois, Egmont, car il est très populaire en Europe. Par contre, il fait totalement l’impasse sur les personnages créés par d’autres auteurs qu’ils soient américains, italiens ou autres. Ainsi et bien qu’imparfait, son arbre généalogique des Duck et des Picsou est désormais considéré comme le seul officiel. Don Rosa décide d'y lier par le sang Cornélius Écoutum avec la plupart des membres de la dynastie des canards. Cornélius Écoutum aura donc un fils Clinton Écoutum qui, lui, aura deux enfants, Jules Écoutum et Elvire Écoutum, cette dernière étant connue de tous sous le surnom de Grand-mère Donald, la grand-mère de Donald Duck.


Clinton Écoutum par Don Rosa
dans C.E.S.T.D.U.C.H.A.R.A.B.I.A. (1997)

En dehors de l'arbre généalogique, Clinton Écoutum, fils unique de Cornélius Écoutum, apparaît dans une seule autre histoire, C.E.S.T.D.U.C.H.A.R.A.B.I.A. (W.H.A.D.A.L.O.T.T.A.J.A.R.G.O.N.) publiée en 1997. Le lecteur y apprend qu'il fonde les Castors Juniors pour enseigner aux jeunes donaldvillois les bonnes actions, la protection de la nature et la préservation du savoir. La jeune troupe s'installe alors dans l'ancien fort de Donaldville une fois que la milice l'a déserté. Dans l'histoire de Don Rosa, Riri, Fifi et Loulou racontent comment ils sont rentrés pour la première fois dans ce fameux groupe des Castors Juniors ; le fait qu'ils soient les arrières petits fils de Grand-Mère Donald, fille du fondateur des Castors Juniors, Clinton Écoutum ayant naturellement bien aidé. La mère de Grand-mère Donald, Gertrude Guilleret, apparaît quant à elle, uniquement dans l'arbre généalogique sans être utilisée dans aucune histoire.


Jules Écoutum par Don Rosa
dans Dernier Traîneau pour Dawson (1988)

Clinton Écoutum a donc deux enfants : Grand-mère Donald et Jules Écoutum. C'est  évidemment le fils qui hérite de l'acte de propriété du vieux fort de son grand-père. Le personnage apparaît ainsi pour la première fois dans Dernier Traîneau pour Dawson (Last sled to Dawson) parue en 1988. Il est vu également dans Le Prospecteur de la Vallée de l’Agonie Blanche (The Argonaut Of White Agony Creek) en 1993 et Les Deux Coeurs du Yukon (Hearts Of The Yukon) publiée en 1995. Dans le premier récit, alors que Balthazar Picsou est dans le Klondike en train de faire fortune dans la Vallée de l'Agonie Blanche, il rencontre un jour en ville, en allant déposer son argent à la banque, un certain Jules Écoutum. Ce dernier n'a pas eu la chance de Picsou et ne rêve que d'une chose, retourner dans la région de Calisota sur la côte ouest des États-Unis. Le jeune et riche chercheur d'or accepte alors de lui échanger 200 dollars contre ce qu'il pourra ; or, le malheureux ne dispose que l'acte de propriété d'une colline avec un vieux fort : Fort Donaldville. Picsou accepte... Par la suite, dans l'histoire de La Jeunesse de Picsou, L’Envahisseur de Fort Donaldville (The Invader Of Fort Duckburg) publiée en 1994, le lecteur apprend qu'en 1902, soit quatre ans après sa rencontre avec Jules Écoutum, le milliardaire en devenir décide de prendre possession de la colline Killmotor (en chassant les jeunes Castors Juniors qui y avaient élus domicile pour leur quartier général) et de venir s'installer avec ses sœurs Matilda et Hortense. Cette dernière y alors tombe sous le charme du fils de Grand-mère Donald, Rodolphe Duck, qu'elle épouse quelques années plus tard et avec qui elle a deux enfants dont un certain Donald Duck ! En attendant, Picsou détruit le Fort de Donaldville et y construit à la place son fameux coffre-fort. Sous l'impulsion de la richesse de Picsou, Donaldville prospère pour devenir une grande métropole.


Arrivée de Picsou à Fort Donaldville par Don Rosa
dans L’Envahisseur de Fort Donaldville (1994)

Les Autres Apparitions de Cornélius Écoutum

En dehors des deux maîtres Carls Barks et Don Rosa, Cornélius Écoutum est repris dans un certain nombre d'histoires chez d'autres auteurs, pour la plupart publiées en Scandinavie ou Italie. La grande majorité des cas voit le personnages montré en forme de statue même s'il peut évoluer de temps en temps, en chair et en os, dans des récits flashback. Parmi eux, il peut être cité Un Héros pour Donaldville (Paperino e la "Graande Impresa") publié en Italie en 1988 avec un dessin de Massimo De Vita sur un scénario de Giorgio Pezzin. Il s'agit là d'une des toutes premières apparitions de Cornélius Écoutum en tant que personnage quelques mois avant que Don Rosa propose sa version. En 1991, dans Le Pays d'Écoutum (in Prullaria) avec un dessin de Mark de Jonge sur un scénario de Jan Kruse et publié aux Pays-Bas, Cornélius Écoutum se retrouve être un pilgrim : il quitte l'Europe pour conquérir l'Amérique aux alentours des années 1600 contredisant ainsi la version de Don rosa. En 2004, dans Le Trésor Perdu de Cornélius Écoutum (Kornelius Blisands Forsvundne Skat) avec un dessin de Francisco Rodriguez Peinado sur un scénario de Byron Erickson et parue au Danemark, le lecteur suit la vie de Cornélius Écoutum avec les Indiens alors qu'il vient tout juste de débarquer sur les côtes du Calisota.

Un Héros pour Donaldville (1988)
Dessin de Massimo De Vita
Le Trésor Perdu de Cornélius Écoutum (2004)
Dessin de Francisco Rodriguez Peinado

Cornélius Écoutum, un personnage assez secondaire, est souvent vu comme incapable de disposer d'une carrière en dehors du papier.
Cet a priori légitime est toutefois contredit par la réalité : il existe bien par ailleurs même si évidemment tout cela reste anecdotique. Cornélius Écoutum connaît ainsi une apparition furtive dans le téléfilm La Bande à Picsou : Le Temps, C'est de l'Argent dérivé de la série éponyme. Au milieu de la deuxième partie, Bubba le canard préhistorique arraché du passé arrive, en effet, à Canardville à l'époque contemporaine. Pour passer le temps, il va au parc de la ville où il s'amuse à envoyer à Tootsie, son dinosaure, de gros morceaux de table de pique-nique. Ce faisant, il provoque de nombreux dégâts dont la destruction de la statue de Cornélius Écoutum...
L'autre apparition plus significative de Cornélius Écoutum se trouvait dans le Land Mickey's Toontown Fair au Magic Kingdom de Walt Disney World Resort. Le personnage y possédait en effet une boutique à son nom Cornelius Coot's County Bounty, en forme de grande tente pleine de souvenirs. Juste devant l'entrée, se trouvait même une grande statue en bronze posée sur deux épis de maïs géants. Une plaque commémorative placée au-dessus indiquait alors :
"Ceci est le vieux Cornélius Écoutum
Qui a transformé sa culture de maïs en butin
Et fondé Mickey's Toontown Fair
Nous lui dédions ce square."

Le Land Mickey's Toontown Fair a fermé en 2011 pour laisser la place à la nouvelle zone Storybook Circus de l'extension de Fantasyland ; boutique et statue ont été détruites.


Cornélius Écoutum à Walt Disney World

Cornélius Écoutum est un personnage mineur dans l'univers de canard. Pour autant, il a une place prépondérante dans l'histoire fictive de la ville de Donaldville. Le personnage a d'ailleurs eu un impact suffisant pour que de nombreux auteurs le reprennent. Sa statue est ainsi devenue, au même titre que le coffre fort de Picsou, une icône incontournable de la ville de Donald Duck. Mieux encore, Don Rosa a considérablement enrichi sa mythologie en liant le personnage à l'histoire même de Donaldville.