Pan-Pan
Date de création :
Le 18 novembre 1998
Nom Original :
Thumper
Apparition :
Cinéma
Voix Originale(s) :
Frank Welker
David Lander
Voix Française(s) :
Frank Welker
Henri Guybet

Le portrait

rédigé par
Publié le 26 janvier 2016

Lorsque le nom de Pan-Pan est prononcé, il évoque chez beaucoup le mignon petit lapin trop chou tout droit sorti de Bambi, le classique de 1942. Mais sous ce patronyme, se cache également un méchant de la pire espèce, la sauterelle psychopathe de 1001 Pattes (a bug’s life), le second film des studios Pixar.

Pan-Pan entre dans l’histoire après que Le Borgne et sa bande d’orthoptères constatent que la nourriture due par la colonie de fourmis n’est pas au rendez-vous. Désireux de connaître le motif de cette trahison, le chef des sauterelles descend sous terre et répand la terreur dans la fourmilière. Immédiatement, le méchant exige une seconde récolte avant la pluie, sans quoi il menace la Reine de ne plus garantir la sécurité de ses sujets. Mêlant l’acte à la parole, il claque des doigts et attire l’attention de chacun sur une sauterelle encore dissimulée dans l’ombre… Pan-Pan, insecte albinos hystérique retenu avec le plus grand mal par deux congénères. Poussant des cris terribles, l’animal incontrôlable illustre le danger certain auquel les fourmis s’exposent si elles ne font pas leur devoir. Du haut de ses jeunes années, la princesse Couette, saisie à la tête par Le Borgne, est terrifiée par tous ces grognements. La menace est réelle. Les sauterelles prennent congé en promettant de revenir bientôt.

Leur retour se produit un jour de brume. La nuée d’insectes refait son apparition dans la fourmilière pour récupérer son dû. Pan-Pan, toujours aussi agité, est de la partie. Constatant que le contrat n’est pas rempli, Le Borgne lâche son sbire sur les fourmis terrorisées. En furetant dans les herbes, l’animal tombe par hasard sur Couette, parvenue à fuir. Immédiatement, une course-poursuite s’engage entre la sauterelle et l’enfant qui arrive un temps à se débarrasser de son assaillant grâce à un chardon. Parvenant au bord de la rivière asséchée et cherchant à prendre son envol, la princesse est finalement rattrapée par Pan-Pan qui la pousse dans le vide. La chute est importante. Le méchant quitte la scène de crime en laissant sa victime pour morte, sans se rendre compte qu’elle a survécu.

Retrouvant sa bande, Pan-Pan dine à la droite du Borgne et de la Reine captive lorsque les insectes du cirque font leur apparition au sein de la fourmilière, laissant ainsi le temps à Tilt et aux fourmis scouts de lâcher l’oiseau factice sur les sauterelles. Le pot-aux-roses découvert et la responsabilité du héros dévoilée, Le Borgne claque des doigts, encore, et donne la fourmi en pâture à Pan-Pan. Avec vélocité, ce dernier tourne autour de sa victime et assène bousculades et coups de pattes d’une rare violence. La torture ne cesse que lorsque Le Borgne l’ordonne. Pensant avoir réglé le problème, le méchant vient de provoquer la rébellion des fourmis qui reprennent les choses en main. Assistant à la charge de la fourmilière contre ses congénères, Pan-Pan revient terroriser la petite Couette qui, avec une bonne gifle, calme un temps la méchante sauterelle. Prête à revenir à la charge, elle est définitivement évincée par le cri de Cake, le coléoptère. Pan-Pan, la mine déconfite, prend la fuite comme l’ensemble de l’essaim de sauterelles qui abandonne son chef.

Être vicieux par excellence, Pan-Pan est en quelques sortes l’animal du Borgne. Tenu en laisse, telle un chien méchant, l’individu ne parle pas, contrairement aux autres sauterelles, et ne répond qu’aux claquements de doigts de son maître. Féroce, l’insecte se démarque par un teint anémique, un corps squelettique, des ailes mitées, des yeux exorbités et un visage hystérique laissant apparaître ses dents acérées. Si son physique est différent, Pan-Pan se distingue également de ses congénères par un caractère d’une grande violence. Car si la majorité des sauterelles use de leur grande taille pour intimider les fourmis, aucune ne semble réellement enthousiaste à l’idée d’utiliser la violence à l’exception de Pan-Pan. Le Borgne lui-même ne se salit pas les mains, laissant la torture à son animal. Dépourvu de sens moral, Pan-Pan est donc un meurtrier en puissance, capable de tout y compris d’assassiner une petite fille en la balançant du haut d’une falaise. La sauterelle, instrument du Borgne, représente dès lors un réel danger !

Si par leur caractère, leur apparence et leur rôle dans leur film respectif, les deux personnages sont aux antipodes, le Pan-Pan de 1001 Pattes (a bug’s life) et celui de Bambi sont liés. En effet, le patronyme de la sauterelle est clairement une référence au petit lapin, l’un des personnages préférés de John Lasseter, le co-réalisateur du film des studios Pixar. Dans le générique de fin, le public découvre avec humour que Pan-Pan, qui ne pousse que des cris (fourmis par Frank Welker) et ne parle jamais, est interprété par un insecte calme et posé, désireux de jouer avec sincérité ! Tenant son rôle, il propose de baver un peu pour le rendre plus réaliste ! Dans cette courte scène, le méchant est interprété par David Lander dans la version originale et par Henri Guybet en français.

S’il ne fait plus aucune apparition dans l’œuvre des studios Disney-Pixar, Pan-Pan reste l’un des personnages les plus mémorables de 1001 Pattes (a bug’s life). Car en inspirant une telle peur et en usant d’une telle violence, il marque le film de son empreinte et renforce la menace pesant sur les fourmis.