Picsou, Balthazar de son prénom, est assurément un des personnages Disney
parmi les plus célèbres. Son immense popularité est, d'ailleurs, d'autant plus
un exploit qu'il ne la doit essentiellement qu'au seul média de la bande
dessinée.

Le canard le plus riche - et le plus pingre - du monde est
donc né sous le crayon de Carl Barks. Ce dernier est en effet embauché par Walt Disney, en 1935, comme
simple assistant au sein de son studio naissant. Très vite impliqué dans la carrière de Donald, dans les
années de guerre et d'après guerre, tant pour les scénarios des cartoons que
pour la bande dessinée, il travaille, par la suite, sur différents dessins
animés en qualité de
scénariste. On lui doit, notamment, le truculent The
Vanishing Private. En 1942, il prend en
charge la réalisation d'une bande dessinée pour un scénario envisagé, dans un premier temps,
en vue d'un
long-métrage mettant en vedette Donald, Donald Duck Finds Pirates Gold. Carl Barks
ne quittera, dès lors, plus le neuvième art. Il va ainsi
faire carrière dans le support B.D. et écrire, jusqu'à sa retraite en 1966,
planches après planches, des
histoires mémorables sur le célèbre canard et sa famille. Il imagine ainsi tout un
univers autour du palmipède malchanceux, dont l'incontournable oncle Balthazar Picsou qui
apparaît pour la première fois dans Christmas on Bear Mountain en 1947.
Suivront le cousin chanceux de Donald, Gontran Bonheur (1948), les voleurs et frères Rapetou (1951), l'inventeur Géo Trouvetou (1952), le machiavélique
Gripsou (1956), la sorcière Miss Tick (1961). Ces personnages sont tellement
inscrits dans l'inconscient collectif qu'ils inspirent sans mal des grands noms du cinéma,
notamment Steven Spielberg, pour la scène de la boule de pierre dans Les Aventuriers de
l'Arche Perdue.

Fort curieusement, alors qu'il est au sommet de sa popularité
en B.D., Picsou, mises à part deux apparitions dans des courts-métrages (en
1967 dans Scrooge McDuck and the
Money et 1983 dans
Le Noël de
Mickey), doit attendre 1987 pour accéder, enfin, à une
véritable
carrière audiovisuelle. Le personnage passe toutefois d'abord par la case télé
avant de tenir la vedette dans son propre long-métrage au cinéma. Le personnage
est ainsi, en tout premier lieu, "casté" pour le moyen-métrage
Sport Goofy in
Soccermania, le 27 mai 1987 dans lequel il se décide de parrainer l'équipe de football de Riri, Fifi et
Loulou, dans l'unique but de récupérer le trophée qui leur a offert par erreur.
Les Rapetoux, mis au courant de la valeur de l'objet, s'inscrivent alors eux aussi au
tournoi. Sport Dingo devra intervenir pour sauver le milliardaire...
Le
succès de cette production aidant, décision est prise de mettre en oeuvre une série
basée entièrement sur les personnages de Carl Barks. Le 18 septembre 1987, est diffusé
lors d'un "spécial" de deux heures, le pilote du programme, Treasure
of the Golden Suns, qui sera plus tard scindé en cinq épisodes d'une
vingtaine de minutes (Don't Give Up the Ship, Wrong Way to
Ronguay, Three Ducks of the Condor, Cold Duck
et Too Much of a Gold Thing). La série commence donc le 21
septembre 1987 avec une diffusion, tous les jours de la semaine, d'épisodes d'une vingtaine de minutes
chacun.

La Bande à Picsou est assurément l'une des séries animées
de Disney parmi les plus connues et les plus réussies. Chaque épisode est un
véritable régal. Les scénarios sont fouillés. L'action est omniprésente et mêle,
avec malice, l'aventure au fantastique et à l'humour. Les personnages, quant à
eux, sont tous plus attachants les uns que les autres. Et peu importe le camp
auquel ils appartiennent : les gentils comme les vilains rayonnent ici dans un
casting impressionnant en nombre et en qualité.
La Bande à Picsou aura d'ailleurs un tel
succès que les studios Disney décident de la décliner sur grand écran, avec le
long métrage, La Bande à Picsou - Le Film : Le Trésor de la Lampe Perdue.
Production incontournable, La Bande à Picsou
est une série à déguster sans modération !