La sortie, le 2 octobre 1992, par Walt Disney Pictures du film
The Mighty Ducks –
Les Petits Champions en Français –
provoque une belle vague d'engouement pour le hockey-sur-glace auprès des jeunes
américains. Succès de l’opus aidant (il rapporte 51 millions de dollars !), la
Walt Disney Company obtient de la Ligue Nationale de Hockey l'octroi d'une
franchise (le 10 décembre 1992), qui se voit immédiatement valorisée par
l’installation de l’équipe des Mighty Ducks à Anaheim, une ville située dans la
banlieue de Los Angeles et présentant l'avantage d'abriter le Disneyland Resort.
Les joueurs sont ainsi les premiers locataires de l'Anaheim Arena, bientôt
renommée Arrowhead Pond of Anaheim avant de devenir le Honda Center. La Walt
Disney Company restera propriétaire de l’équipe jusqu’en 2005 avant de la
revendre à des particuliers qui la rebaptisent, sobrement, les Ducks.

Au cinéma, l’aventure des Mighty Ducks continue avec deux films sortis
respectivement le 25 mars 1994 et le 4 octobre 1996. Elle se poursuit également
en 1996 par le biais de la télévision via une série très originale mélangeant
sport, action et science-fiction. Mighty Ducks est ainsi une série animée
américaine composée de 26 épisodes de 25 minutes, produite par Walt Disney
Television Animation et diffusée entre le 7 septembre 1996 et le 10 janvier
1997 sur le réseau ABC. En France, elle est présentée, une seule fois, à
partir du 7 septembre 1997, sur TF1 dans le cadre de l'émission Disney Club
sous le titre Mighty Ducks - Les Canards de l'Exploit.
La série met donc en scène des canards joueurs de hockey-sur-glace ! Arrivés
de la planète Puckworld à travers un vortex, puissamment armés, ils trouvent
ainsi refuge dans la patinoire d’Anaheim, située dans la banlieue de Los
Angeles. Non contents de devoir déjouer les plans du maléfique Dragaunus, ils
s'entrainent également à devenir la meilleure équipe de hockey-sur-glace.

L’équipe est composée de six canards.
Wildwing, le capitaine et goal, en porte le masque symbole, aussi bien dans la
série animée qu’en « live ». Il prend en réalité la succession de Canard,
l’ancien chef du groupe, disparu dans les limbes inter-dimensionnelles. D’abord
hésitant devant le poids des responsabilités qui se sont imposées à lui,
Wildwing devient rapidement, à force de loyauté et de sagesse, un chef aimé et
respecté par tous ses coéquipiers.
Nosedive, son jeune frère, l’assiste dans sa tâche. Il s’agit pour lui d’une
petite revanche dans la mesure où son intégration dans l’équipe des Mighty Ducks
n’était pas, à la base, souhaitée par Canard. Et pour cause : il est le plus
jeune mais aussi le plus impulsif de la bande. Toutefois, sur terre, sa fougue
se révèle être un atout qui lui permet de se faire des amis humains, dont Thrash
and Mookie, les tenanciers punks de la boutique de comics d’Anaheim...
Duke L’Orange est, quant à lui, le combattant au sabre doré et au bandeau de
pirate. Venu des bas-fonds de sa planète, il était, dans sa vie passée, un
pilleur de coffre très doué. Disciple choisi par Canard, il tire son nom d’un
clin d’œil au fameux plat français « le canard à l’orange » ...
Mallory est, pour sa part, la grande spécialise des arts martiaux. Concentrée
dans la quête permanente de la justice, elle vit mal l’insouciance de Nosedive
et le passé de Duke. Son personnage est à l’évidence le moins exposé de la série
qui, clairement orientée vers un public de garçons, a visiblement bien du mal à
digérer cette touche féminine d’autant qu’une autre représentante du sexe faible
occupe déjà tout l’espace. Tanya, la scientifique de la bande, est, en effet, le
centre de nombreuses histoires de par son intelligence mais aussi ses faiblesses
comme son manque de confiance en soi, ses gaffes ou son humour.
Enfin, Check, surnommé Grin, joue les gros-bras de service. Evitant le cliché de
la brute épaisse, son personnage est bien plus subtil qu’il n’apparait au
premier abord : adepte de la philosophie Zen, son but ultime est d’éviter tout
recours à la violence gratuite...

La bande des Ducks au complet affronte Lord Dragaunus, un saurien qui s’est
rendu coupable de l’invasion de leur planète et qui ambitionne désormais de
faire de même avec la Terre. Il est aidé dans son funeste projet par trois
sbires plutôt incompétents : Siege, la brute ; Chameleon, le transformiste et
Wraith, le magicien. Mais ce petit groupe ne constitue pas le seul ennemi des
canards ! De méchants indigènes, à l’image du Dr Droid, un cyborg désireux de
faire triompher les machines sur Terre ou d’Asteroth, un magicien échappé d’une
dimension parallèle, leur causent, il est vrai, bien des soucis. Fort
heureusement, pour lutter contre le mal, les Ducks peuvent compter sur l’aide de
certains terriens. Phil Palmfeather, leur manager, est ainsi un allié de poids
même si ses motivations sont peu glorieuses tant elles tournent exclusivement
autour de l’argent. Le capitaine de police Klegghorn a, lui, beaucoup plus de
mérite dans ses actes de bravoures, d’autant qu’il a bien du mal à accorder sa
confiance aux canards...
Mighty Ducks - Les Canards de l'Exploit est une sympathique série qui
s’inscrit dans la tentative menée un temps par Disney de proposer des
collections animées moins enfantines et plus adolescentes telle
Gargoyles - Les Anges de la Nuit. Le fait de
situer l’action dans la ville réelle d’Anaheim est, à ce sujet à la fois,
amusant et terriblement efficace notamment par sa capacité à promouvoir l’équipe
de hockey-sur-glace « maison ». Les histoires narrées, plutôt bien construites,
se laissent, quant à elles, suivre avec plaisir, offrant aux téléspectateurs un
excellent divertissement de science-fiction, une chose somme toute assez rare
sous le label Disney. Le design des personnages est d’ailleurs à l’avenant et
témoigne à lui seul de l’ambition de la série toute entière...

Sans doute mal à l’aise avec ce produit si spécial, Disney rend sa diffusion,
sur le sol américain, assez chaotique. La chronologie n’est ainsi pas vraiment
respectée : ce qui semble être la dernière aventure, The Final Face-Off,
se voit, en effet, proposé cinq épisodes avant la fin ! Disposant d’une fin
ouverte, il ne conclut pas la série. Les Ducks eux-mêmes s’y préparent
visiblement à tirer leur révérence quand ils prétendent ne pouvoir revenir pour une
deuxième saison que si le succès est au rendez-vous... Et comme il
ne sera pas là, nul ne sait aujourd’hui si les Ducks sont parvenus à rentrer
chez eux...

A trop vouloir être différente, Mighty Ducks - Les Canards de l'Exploit
n’a pas résisté à l’épreuve du temps. Contrairement à
La Bande à Picsou, elle prend, en effet,
désormais des airs ringards que le manque de charisme de ses personnages et la
faiblesse de ses scénarios viennent irrémédiablement amplifier.