Lilo & Stitch - La Série - Volume 4 est la suite directe du
Volume 3 qui regroupe les derniers épisodes de la saison 2
et conclut (presque) l'intégrale de la série...

Dans la lignée du
Volume 3, les expériences sont ici intéressantes
tant par leurs pouvoirs que par leurs caractères et redresse le niveau de la
série partie avec un cran de retard. Ainsi, comme chez son prédécesseur, ce
volume accueille son lot d'originalités à commencer par différents caméos de
célèbres stars de Disney Channel quand ce ne sont pas carrément des références
cinématographiques hollywoodiennes à l'exemple de la célèbre scène du verre
d'eau présente dans Jurassic Park (1993) et reprise ici dans l'épisode
Expérience 210 : Retro.

La célèbre scène du verre d'eau.
Les expériences sont autrement mieux définies qu'aux prémices de la série où
elles manquaient clairement de style et d'inventivité. Retro (qui a le pouvoir
de rendre vieux tout ce qu'il touche), Remmy (qui entre dans les rêves des gens
pour les transformer en cauchemar), ou encore Wishy (qui exhausse tous les vœux)
sont particulièrement originales et permettent à la série tout entière de
disposer de personnages aux facultés atypiques. Dans cette dynamique, si le
volume précédent s'attaquait symboliquement à la malbouffe à travers l'expérience
0-6-2 , Frenchfry, c'est au tour de la pollution d'être cette fois-ci montrée du
doigt, via l'épisode Expérience 515 : Ploot où l'expérience dégrade
considérablement l'île paisible de Lilo et Stitch. Une nouveauté dans la
conception des aventures fait également son apparition dans le volume avec la
mise en place d'épisodes partagés qui regroupent deux histoires dont les
ressources, considérées indépendamment l'une de l'autre, n'étaient pas suffisantes
pour s'étirer sur un épisode entier de de vingt minutes.

Autre élément narratif notable : les cross-over sont nombreux dans le volume
avec Jake Long venu d'American Dragon ; la famille Proud de
Cool Attitude ainsi que les
élèves de La Cour de Récré. Tout ce
petit monde fait ainsi son apparition sans jamais se croiser et sert des
aventures plutôt convaincantes : les personnages sont, en effet, correctement
intégrés même s'il convient toutefois de préciser que les caméos ainsi crées
n'ont, à l'évidence, pour seul et unique but que celui de l'autopromotion à bon
compte …

Côté doublage français et comme dans les trois volumes précédents, les voix
originales déjà présentes dans le Grand Classique originel sont de retour dans
la série, hormis quelques épisodes où la voix de Pleakley change de doubleur sans
justification aucune. Exit le légitime Eric Metayer et bonjour au remplaçant au
pied levé, Emmanuel Curtil, connu pour être, notamment, la voix française de
Simba. Autre surprise anecdotique au détour d' un épisode avec la voix de Minnie
clairement reconnaissable : Marie Charlotte Leclaire y double, en effet, la chef
du groupe des Fusions Girls…

Au final ce Volume 4 a de quoi ravir les fans de la série et plus
largement ceux de Lilo et Stitch. Mais, voilà, Disney France gâche leur plaisir
en commettant une bévue impardonnable : l'épisode 65 est manquant ! Mais comment
est-il possible d'en arriver à une telle hérésie. Comme un éditeur, qui plus est
propriétaire de l'œuvre concernée (qu'il est censé connaitre et aimer), peut-il
faire si peu de cas de ses « produits » ? Comment, tout au long du processus de
production, n'y a-t-il eu personne de suffisamment compétent pour s'apercevoir
de cette énorme gaffe ? Décevant, attristant, irrespectueux,... Les mots
manquent pour qualifier le peu d'investissement mis dans la sortie d'une série
animée portant un personnage aussi emblématique que Stitch ! Disney France
échoue là où d'autres performent à l’exemple de Déclic Images qui
parvient à faire son beurre et sa réputation en sortant et respectant des
collections comme Les Minipouss ou Jeanne et Serge... De là à
penser que Disney France devrait sous-traiter son activité d'éditeur vidéo comme
elle le fait avec la bande dessinée ; il n'y a qu'un pas que les fans
franchissent allègrement au regard de l'extrême professionnalisme mis par Glénat
dans ses éditions d'intégrales comme
L'âge d'Or de
Mickey Mouse ou encore
La Dynastie de Donald Duck...