Succédant
à Cheetah Girls et Les Cheetah
Girls 2, et formant à eux trois une véritable saga, Cheetah Girls : Un Monde
Unique est comme ses prédécesseurs un
téléfilm de la collection des Disney Channel Original Movies produit tout
spécialement pour le réseau de télévision, Disney Channel. Toutefois,
contrairement à la trilogie High School Musical, il n’a pas été pas question
ici de sortir le troisième volet au cinéma, tant les opus des Cheetah Girls ne
bénéficient pas de la même aura que celle enveloppant les aventures de Troy et
Gabriella… Et pour cause ! Cheetah Girls et
Les Cheetah Girls 2 n’avaient en effet pas
réellement brillé – c’est un euphémisme ! - par leur grande qualité ; le second
parvenant tout juste à éviter l’incroyable médiocrité du premier. Cheetah Girls
: Un Monde Unique était ainsi l’occasion rêvée de faire oublier les
débuts calamiteux de la joyeuse troupe qui, transposée dans la féérie bollywoodienne, ne pouvait donner que le meilleur d’elle-même. Le projet est
séduisant sur le papier… Son résultant est affligeant !

D’abord,
le scénario manque à l’appel. Il se contente en effet d’un simple calque de
l’histoire du second opus, s’appuyant comme lui sur l’idée d’une sollicitation
de l’étranger pour redonner du souffle au récit. Les Cheetah Girls ont
décidément bien du mal à n’exister que par elles-mêmes ! Oubliée cette
fois-ci l’Espagne, bonjour l’Inde. Le choix des destinations est évidemment
culturel et non commercial ; il ne s’agit pas de convoiter ici le marché
émergent indien, comme ce ne fut pas, bien sûr, le cas quand il s’est agit
auparavant de courtiser le public hispanophone… Quand, dès l’étape de la
création, les impératifs du tiroir-caisse l’emportent sur la démarche
simplement artistique, le spectateur peut s’attendre au pire, et en l’espèce,
l’obtenir sans mal…
Les Cheetah Girls obtiennent donc leur visa pour la gloire à Bollywood et découvriront
une fois sur place que la proposition qu’elles ont acceptée revient à les
mettre en concurrence entre elles, niant ainsi leur qualité de groupe. C’est ballot !
Les raccourcis scénaristiques sont ainsi légions et plus affligeants les uns
que les autres quand ils ne sont pas tout simplement imbéciles. Une des Cheetah
découvre, par exemple, que le mystérieux jeune internaute avec lequel elle
entretient depuis New-York un flirt virtuel, habite en fait l’Inde, et - au diable l’avarice - n’est rien moins que
le fils du Maharadjah…

Le seul
avantage du scénario, ubuesque à tout crin, est de se marier à merveille avec
le casting qui relève visiblement du même qualificatif. Déjà, l’actrice la plus
charismatique, Raven-Symoné, est absente. Trop occupée par sa propre carrière
(de comédienne mais aussi de chanteuse en solo), son emploi du temps ne lui a,
en effet, pas permis de se libérer pour Cheetah Girls : Un Monde Unique,
lui préférant, au passage, le tournage d’un film cinéma,
College Road Trip, qui
se révélera finalement tout aussi affligeant. Elle se consolera peut-être en se
disant que, quitte à jouer dans un navet, autant que cela soit pour le grand
écran…
Les trois
autres actrices principales, elles, n’avaient à l’évidence rien de mieux à
faire. Malheureusement, sans leur mentor, elles peinent toutes à exister et ne
parviennent à aucun moment à rendre crédible leurs préoccupations existentielles.
Leurs seules réussites communes restent l’art d’apparaitre insupportables. Le
spectateur sort de leurs prestations épuisé par tant de bêtises et se remet
difficilement des numéros proposés ; plus encore quand il s’aperçoit que
les personnages secondaires sont pires (oui, c’est possible !) que les
trois adolescentes apprenties chanteuses. Aucun second rôle ne tient son rang,
oscillant, pour le meilleur, entre la catastrophe, et pour le pire, la
calamité. Le summum de la scène ratée se trouve gentiment réservé pour les
heureux possesseurs de l’édition DVD : la séquence de la chanson, Feels
Like Love est en effet l’occasion de voir des acteurs secondaires pathétiques,
incapables d’assurer un play-back synchrone. Dommage, la ritournelle n’était,
pour une fois, pas mauvaise…

Baignant dans un tel environnement, les parties musicales ont du souci à se
faire. L’absence de Kenny Ortega (High School Musical,
Newsies - The News Boys,
Les Cheetah Girls 2) se fait très vite durement
ressentir au niveau des chorégraphies, mal maitrisées ou trop ambitieuses… Les
chansons, quant à elles, ont le mauvais gout de s’inscrire toutes dans la même
veine, et ce, contrairement à Camp Rock qui a
eu, lui, la bonne idée d’explorer des univers différents à chaque ritournelle.
D’ailleurs, si dans ce dernier, les séquences « chansons » étaient sympathiques
mais les scènes parlées laborieuses, Cheetah Girls : Un Monde Unique réussit lui le tour de
force d’ennuyer quelque soit le moment du film. Aucune scène, aucun jeu, aucun
rebondissement ne sont en capacité de rattraper l’auditoire qui se voit dès
lors plus devant un enchainement de clips que dans un film à l’histoire unifiée.
Il faut dire que la pirouette scénaristique pour justifier le changement de
tenues des filles, entre le moment où elles parlent et celui où elles dansent,
est particulièrement indigeste : elles nous affirment tout simplement que
le fait d’entonner la chansonnette les transporte dans un autre environnement,
tenue comprise…

Scénario
ridicule, acteurs innommables, parties musicales affligeantes, il ne reste au
final que les décors pour tenter de sauver le film. Toutefois, à l’impossible,
nul n’est tenu ! Quitte à s’imprégner d’un morceau d’Inde, autant choisir
un film documentaire ou, pourquoi pas, une pure comédie musicale bollywoodienne.
Même si son audience n’a pas démérité avec 6.2 millions de spectateurs le
soir de sa première sur Disney Channel USA, Cheetah Girls : Un Monde Unique se place
en dessous du premier opus (6.5) et loin du second (7.8). Il n’est, dès lors,
que le onzième record de la chaine… Le public commence visiblement à se lasser
de ses sempiternels rendez-vous manqués avec les Cheetah Girls.
Navet insondable, Cheetah Girls : Un Monde Unique ne vaut pas le temps consacré à
le visionner. A fuir sans regret.