La Fabulous Aventure de Sharpay
La jaquette
Titre original :
Sharpay's Fabulous Adventure
Production :
Disney Channel
Date de sortie USA :
Le 19 avril 2011
Genre :
Comédie musicale
Réalisation :
Michael Lembeck
Musique :
Amy Powers
Durée :
89 minutes

Le synopsis

Sharpay est sur le point de réaliser son rêve : jouer dans l'un des plus prestigieux théâtres de Broadway ! Le choc est immense, quand fraichement débarquée à New-York, elle découvre que c’est en réalité son chien qui a été casté, et non elle...

La critique

rédigée par
★★

La Fabulous Aventure de Sharpay est un téléfilm de la collection des Disney Channel Original Movies qui -une fois n'est pas coutume !- a été proposé directement en vidéo le 19 avril 2011 avant d'être diffusé en télévision le 22 mai suivant.

Au niveau de son positionnement, au point de vue de sa production, il est ainsi une sorte d’OGM des opus composant la saga dont il constitue un spin-off : les deux premiers épisodes d’High School Musical sont, en effet, des téléfilms tandis que le troisième et dernier est, lui, un long-métrage de cinéma. Jamais envisagé pour les salles obscures, La Fabulous Aventure de Sharpay se retrouve être donc un simple « Direct-en-Vidéo » destiné à intégrer rapidement les grilles des Disney Channel du monde entier.

Au niveau de son récit, La Fabulous Aventure de Sharpay se veut une suite d’High School Musical 3 : Nos Années Lycée. L’action se déroule, en effet, un an après la remise des diplômes, période peu mise à profit par Sharpay qui s’est contentée de vivre sur ses acquis (enfin surtout sur l’argent de ses parents) et de se complaire dans l’oisiveté. L’avenir radieux annoncé à la fin du troisième film (elle devait aider la troupe du théâtre du lycée en qualité de volontaire experte) est totalement passé sous silence. Le spectateur la retrouve donc dans une situation inédite : la jeune fille s’efforce, il est vrai, de convaincre son père de lui laisser tenter sa chance à Broadway ; recevant finalement l’assentiment paternel contre la promesse de n’y perdre qu’un mois. Passé ce délai, si elle n’est pas parvenue à percer, elle se verra contrainte de réintégrer le foyer familial et d’embrasser la carrière professionnelle imaginée, pour elle, par ses parents...
Simplissime, le postulat de départ a pourtant bien du mal à se mettre en place. Difficile dans ces conditions de s’intéresser vraiment aux premières minutes du film qui se contentent d’enfoncer des portes ouvertes. A trop faire « du Sharpay », la jeune fille lasse son auditoire qui s’interroge vite sur l’intérêt de son numéro, peu crédible, les années passant...
L’action décolle fort heureusement à l’arrivée à New-York. Le choc des cultures est, en effet, jouissif et l'éternelle capricieuse, reine en son monde, va vite apprendre à descendre du piédestal qu’elle s'est elle-même forgé.

La véritable essence du film est là : le personnage de Sharpay fait un virage à 180°. Alors même qu’elle est clairement la « méchante » de la trilogie qui l’a portée jusqu’alors, elle doit dans l’opus qui porte son nom, se construire une nouvelle réputation. Difficile, en effet, d’emporter l’adhésion du public dans une posture d’insupportable pimbêche, lorsqu’il s’agit de tenir, toute seule, le haut de l’affiche. Impossible même : le ratage de l’introduction du film étant la meilleure preuve de la démonstration ! Le public n’est décidément pas en capacité de s’attacher au personnage historique de Sharpay, tellement insipide et hautaine. Pour sauver son film, elle doit irrémédiablement se racheter une conduite... Les scénaristes ont donc bien compris l’enjeu : ils lui offrent, il est vrai, un boulevard vers la rédemption qu’ils ont la bonne idée de faire parsemer de ce qui colle à merveille au personnage : la compétition. Mieux, Sharpay trouve sur son chemin, Roger, un gamin de douze ans, à la répartie savoureuse ; leurs joutes verbales sont ainsi amusantes à souhait bien que trop timorées.

Seul un choc conséquent était de nature à faire vraiment évoluer la personnalité de Sharpay tant son capital-sympathie d’origine était bas. C’est donc à grands coups de claques que la jeune fille finit par devenir attachante. Rien ne lui est ainsi épargné, coté humiliations. Elle se retrouve seule au milieu d’une mégalopole, perd son standing, se coltine un petit boulot et se bat pour obtenir ce qu’elle vise. Finie la vie facile, Sharpay est désormais comme tout le monde. En mesure de s’identifier à elle, le spectateur peut donc se prendre d’affection pour l’ingénue et le joli couple qu’elle forme avec l’excellent Peyton, tour à tour, son ange gardien, conscience, confident et petit ami...

En cela, l’histoire dispose des ressources suffisantes pour emprunter un beau chemin. Malheureusement, elle se trouve vite plombée par une dérive insupportable habituelles dans les productions Disney « Direct-en-vidéo ». Les rois du marketing maison ont, il est vrai, eu le droit de se pencher sur le film, amenant avec eux leurs vieux démons. Les toutous reviennent ainsi en force et squattent littéralement La Fabulous Aventure de Sharpay. A la vue des succès des longs-métrages sortis directement pour le marché de la vidéo comme Le Chihuahua de Beverly Hills 2 ou Cinq Toutous Prêts à Tout,  le studio de Mickey n’a pas pu, à l’évidence, s’empêcher de mettre une sous-intrigue ridicule, impliquant une histoire d’amour entre le chien de Sharpay et la chienne de Roger. Pathétique, inutile et mortifère pour le rythme de l’opus tout entier, cette incursion canine plombe l’ensemble par des séquences proches du nanar intégral. Quel dommage !

Spin-off d’High School Musical oblige, les numéros musicaux sont, en revanche, eux, parfaitement légitimes. Ashley Tisdale chante ainsi quatre titres (Gonna Shine, My Boi And Me, New York's Best Kept Secret, The Rest of My Life) qui se révèlent globalement passables. Aucun air ne reste, en effet, en tête et une seule chorégraphie (My Boi And Me) vaut le détour. Au final, l’unique chanson qui parvient à sortir du lot est celle qui sert de musique de fond lors de la découverte de New York ; Walking on Sunshine.

Côté casting, Ashley Tisdale reprend son rôle de Sharpay. Elle joue toujours aussi bien même s’il convient de noter, qu’à plus de 25 ans, elle ne convainc plus grand monde quand il s’agit de se faire passer pour une jeune fille de 19. De ses anciennes aventures, elle ne retrouve ici que ses parents d’High School Musical 2 et High School Musical 3 : Nos Années Lycée. Elle perd ainsi curieusement son frère, Ryan (l’emblématique Lucas Grabeel) et – cela va presque de soi – tous ses camarades des précédents opus.
Disney Channel en profite bien sûr, comme toujours, pour recycler ses stars maisons. Bradley Steven Perry, le gamin hilarant de Bonne Chance Charlie, est de la partie dans un rôle très proche de celui de sa série d’origine mettant en valeur son sens, visiblement inné, de la répartie. Le Donjuan de service vient également de l’écurie des chaines Disney en la personne d’Austin Butler, vu dans de petits rôles au cours de nombreux épisodes de sitcoms comme JONAS ou Les Sorciers de Waverly Place : prometteur, il est tout à fait convaincant.

Au ton trop gamin et trop timoré, La Fabulous Aventure de Sharpay est un téléfilm qui, s’il reste globalement sympathique, ne tient pas toutes ses promesses : loin de là !

L'édition vidéo

Jaquette La Fabulous Aventure de Sharpay
Jaquette La Fabulous Aventure de Sharpay
Editions DVD Video
Zone 1 Simple 2011
Zone 2 Simple 2012
Edition Blu-ray Disc
Zone A Simple 2011