Ma Ville est un film de télévision diffusé, en 1986, sur ABC, dans
l'émission hebdomadaire nouvellement intitulée The Disney
Sunday Movie et héritière du show créé, sur la même chaîne, en 1954, par
Walt Disney lui même, sous le titre de
Disneyland.

Pilote d'une série qui ne verra jamais le jour, Ma Ville affiche
visiblement beaucoup d'ambitions. Le téléfilm évoque, en effet, un panel de
thèmes, somme toute intéressants, comme le passage tourmentée de l'adolescence,
l'abandon d'une mère, l'éducation sexuelle dans l'Amérique puritaine,
l'intégration dans une nouvelle ville, ou encore la recherche d'espions. Mais
voilà, il ne dispose pas des atouts suffisants pour correctement les traiter.
Trop de personnages portent ainsi les problématiques abordés au point que le
téléspectateur assiste à un méli-mélo qui part dans tous les sens sans jamais
parvenir à trouver une trame cohérente, bâclant même certains sujets. La fiction
aurait sans doute gagné à se concentrer sur un seul, le plus fort à l'évidence :
l'arrivée de la jeune professeur new-yorkaise dans cette ville de province. Le
fossé culturel entre les deux mondes est, en effet, immense au point de poser
une série d'interrogations, à fort potentiel dramatique, toutes plus
passionnantes les unes que les autres. La lutte de ces deux visions sociétales
valait visiblement le coup d'être mieux traitée, sans se retrouver noyée dans
des aventures rocambolesques...

Côté casting, Glen Ford (déjà vu, chez Disney, dans le rôle titre du film
"Live" de 1969, Smith !) assume le
personnage de Lucas Wheeler, le banquier de la ville et responsable de tous les
changements qui s'opèrent dans la petite bourgade. A côté de lui, Meredith
Salenger (venue de
Natty Gann, une production Disney de
l'année précédente) interprète la petite fille de Lucas, Amber ; l'actrice
rejouant pour le label de nombreuses années plus tard, en 2009, dans
La Montagne Ensorcelée...
Ma Ville est un téléfilm ambitieux qui perd de son intérêt à trop
vouloir partir dans tous les sens : il paye, en réalité, très cher le fait
d'être le pilote d'une série qui n'a pas vu le jour...