Kilroy est
un téléfilm diffusé dans le cadre de l'émission de la chaîne américaine NBC,
Walt Disney's Wonderful
World of Color.

En 1961, Walt Disney claque la porte de la chaîne ABC après sept années de
bons et loyaux services au cours desquelles il présente le show
Disneyland. Refusant de se faire
enfermer dans un genre, il décide, en effet, de rejoindre NBC qui lui offre de
nouvelles et grandes opportunités pour développer son savoir-faire naissant en
matière d'œuvres de télévision. Le papa de Mickey dispose désormais non
seulement d'un budget plus conséquent mais aussi d'une très large autonomie dans
le choix de ses programmes là où, justement, ABC lui imposait la production de
westerns à la Davy Crockett. Le transfert d'une chaîne à
l'autre offre également aux productions télé de Disney l'avantage de la couleur.
Ni une, ni deux, l'émission Disneyland
se mue en logiquement nommée Walt Disney's Wonderful World of Color, dès
septembre 1961. L'une des toutes premières conséquences visibles de l'arrivée
sur NBC est la disparition progressive des séries à nombreux épisodes (Texas
John Slaughter...) au profit de téléfilms de qualité, limités à deux ou
trois parties (Le
Prince et du le Pauvre, Escapade in Florence...).

Kilroy est une fiction télévisée qui a la capacité de détonner dans le catalogue
traditionnel disneyen dans la mesure où il effleure l'actualité politique du
moment. Le personnage d'Oscar Kilroy est, en effet, un vétéran de la guerre du
Vietnam qui cherche à reprendre sa place dans la vie civile. Si le propos en
reste toutefois au simple stade d'introduction, il se permet tout de même
d'aborder le courage et la dévotion des soldats américains et l'accueil qui leur
est réservé à leur retour. En 1965, la participation américaine au conflit
sud-asiatique commence, il est vrai, tout juste et n'a pas encore mauvaise
presse. Ca tombe bien : Kilroy est avant tout une comédie.
La minisérie se divise en deux partie bien distinctes. La première,
comprenant les deux premiers épisodes réalisés par Robert Butler, met ainsi peu
l'accent sur le personnage d'Oscar Kilroy qui donne l'impression d'être lui-même
spectateur de l'action. Intégrant la famille Fuller, il s'installe, en effet,
gentiment parmi elle, délivrant des conseils aux conséquences souvent
inattendues. Le récit oscille alors vers la satire familiale.

La seconde partie, réalisée par Norman Tokar, s'inscrit, elle, toute entière,
dans le style des comédies chères à Walt Disney lui-même. Et pour cause, elle
est signée du réalisateur et heureux papa de Quatre Bassets Pour un Danois, 3
Etoiles, 36 Chandelles ou
Demain... des Hommes. L'humour est ainsi
léger et s'appuie essentiellement sur le comique de situation. Le troisième
épisode fait d'ailleurs réellement penser à Quatre Bassets Pour un Danois
dont il reprend la dynamique. Le changement de réalisateur replace, en outre, le
personnage d'Oscar Kilroy au centre du propos : il devient donc un héros au
grand cœur, non par ses exploits militaires mais bien par son implication dans
la vie sociale.
Côté casting, une fois n'est pas coutume, la fiction fait dans la nouveauté.
Seul le jeune Bryan Russell (Bill Fuller) est, il est vrai, un acteur clairement
disneyen depuis ses participations à des films comme
Babes in Toyland,
Emile et les Détectives,
Demain... des Hommes et
L'Honorable Griffin
et la minisérie Gallegher.
Le rôle titre, Warren Berlinger, est, en revanche, un parfait inconnu au studio
du royaume enchanté. Livrant une prestation d'excellent facture, rendant son
personnage terriblement attachant, il sera pourtant peu réemployé par Disney.
Malgré une longue carrière au cinéma et à la télévision, il attendra , en effet,
1976 pour un petit rôle dans Un Candidat au Poil
puis les années 80 pour des participations dans de courtes séries estampillées
Disney, Un Amour de Coccinelle - La Série (1982) et Small & Frye
(1983).

Kilroy est une minisérie sympathique qui fleure bon les années 60. Les
deux derniers épisodes sont à l'évidence les plus réussis avec une mention
particulière pour la gentille moquerie distillée contre les calculs
politiciens...