Willie and the Yank est
un téléfilm diffusé dans le cadre de l'émission de la chaîne américaine NBC,
Walt Disney's Wonderful
World of Color.

En 1961, Walt Disney claque la porte de la chaîne ABC après sept années de
bons et loyaux services au cours desquelles il présente le show
Disneyland. Refusant de se faire
enfermer dans un genre, il décide, en effet, de rejoindre NBC qui lui offre de
nouvelles et grandes opportunités pour développer son savoir-faire naissant en
matière d'œuvres de télévision. Le papa de Mickey dispose désormais non
seulement d'un budget plus conséquent mais aussi d'une très large autonomie dans
le choix de ses programmes là où, justement, ABC lui imposait la production de
westerns à la
Davy Crockett. Le transfert d'une chaîne à
l'autre offre également aux productions télé de Disney l'avantage de la couleur.
Ni une, ni deux, l'émission Disneyland
se mue en logiquement nommée Walt Disney's Wonderful World of Color, dès
septembre 1961. L'une des toutes premières conséquences visibles de l'arrivée
sur NBC est la disparition progressive des séries à nombreux épisodes (Texas
John Slaughter...) au profit de téléfilms de qualité, limités à deux ou
trois parties (Le
Prince et du le Pauvre, Escapade in Florence...).

Le scénario de Willie and the Yank repose sur un épisode historique de
la Guerre de Sécession, connu sous le nom des « Mosby's Rangers » . Au début de
1863, le lieutenant John Mosby, un officier confédéré, obtient, en effet,
l'autorisation de former une unité destinée à opérer derrière les lignes
ennemies en Virginie et au Maryland. Les « rangers de Mosby » constituent ainsi
une véritable guérilla recevant ses ordres de l'armée régulière du sud.
Rapidement devenue l'ennemie de l'ombre responsable de sensibles pertes dans le
camp nordiste, des chasses à l'homme et actions de représailles sont organisées
contre elle par les Yankee qui punissent au passage les civils protégeant ses
membres. Les exactions se multiplient alors dans les deux camps...
La minisérie de Disney ne s'attarde pourtant pas trop sur ces dernières ; elle
insiste plutôt sur l'ambigüité de ses adversaires, anciens voisins ou amis,
avec, un parti-pris assez marqué pour le camp sudiste, envisagé avec une
relative bienveillance. Au-delà, le message se veut clair : en temps de guerre,
l'important est de rester fidèle aux siens. Dès lors, Willie and the Yank
s'évertue à restituer le terrible dilemme qui habite les protagonistes, dont
l'histoire personnelle se heurte aux enjeux de l'Histoire qui se
déroule sous leurs yeux... Comment aimer (ou continuer à aimer) son voisin, ami
ou amant quand le destin l'a placé dans le camp adverse ?

Côté casting, Willie and the Yank fait appel à deux acteurs
estampillés Disney à l'époque : l'un est sur le départ et l'autre se prépare à
devenir la future égérie du studio.
Campant Henry Jenkins, un caporal nordiste empêtré dans ses sentiments amoureux
et son devoir d'officier, James MacArthur tient donc ici son tout dernier rôle
pour Disney. L'acteur a, en effet, débuté chez Mickey en 1958 dans
Lueurs dans la Forêt. Incarnant de
façon magistrale le jeune John Butler, il impressionne alors littéralement Walt
Disney qui fait de nouveau appel à lui pour
Le Troisième Homme sur la Montagne
en 1959, L'Enlèvement de David Balfour
en 1960 et Les Robinsons des Mers du Sud
en 1960.
Kurt Russel, chouchou des studios de Mickey dans les seventies, assume pour sa
part son premier rôle chez Disney dans un téléfilm. Il y incarne Willie Prentiss,
un jeune sudiste de 15 ans embarqué dans des situations aux enjeux qui le
dépassent mais qu'il surmonte, malgré son jeune âge, avec courage, ténacité et
humanité. L'acteur participe ensuite à un second téléfilm en 1969 dans The
Secret of Boyne Castle. Il reste pourtant surtout connu pour ses rôles au cinéma
: Demain... des
Hommes (1966), The One and Only, Genuine, Original, Familly Band (1968),
L'ordinateur en Folie (1969),
Un Singulier Directeur (1971),
Pas Vu, Pas Pris (1972),
Charley et l'Ange (1973),
Superdad (1974) et
L'Homme le Plus Fort du Monde (1975).
Valant essentiellement pour le jeu de ses deux acteurs principaux, Willie
and the Yank est une minisérie au discours plus ambitieux qu'il n'y parait
aux premiers abords. Sa valeur historique est en revanche toute relative...
A noter :
Willie and the Yank a une droit à une sortie cinéma à l'international, en
particulier en Angleterre où il débarque en salles en mai 1967. Le film, d'une
durée ramenée à 80 minutes par rapport à la série, prend le titre de Mosby's
Marauders.