Pablo and the Dancing Chihuahua
L'écran titre
Titre original :
Pablo and the Dancing Chihuahua
Production :
Walt Disney Television
Date de sortie USA :
Le 28 janvier 1968 (1ère partie)
Le 4 février 1968 (2ème partie)
Genre :
Comédie dramatique
Date de sortie cinéma Japon :
1969
Réalisation :
Walter Perkins
Musique :
Durée :
90 minutes

Le synopsis

Pablo, un jeune mexicain tout juste orphelin entend retrouver son oncle qui vit à Tucson, en Arizona. Pendant son périple, il est rejoint par la chihuahua d’une touriste qui va le suivre dans son aventure dans le désert américain.

La critique

rédigée par
★★★
Publiée le 15 mai 2016

Pablo and the Dancing Chihuahua est un téléfilm diffusé dans le cadre de l'émission de la chaîne américaine NBC, Walt Disney's Wonderful World of Color.

En 1961, Walt Disney claque la porte de la chaîne ABC après sept années de bons et loyaux services au cours desquelles il présente le show Disneyland. Refusant de se faire enfermer dans un genre, il décide, en effet, de rejoindre NBC qui lui offre de nouvelles et grandes opportunités pour développer son savoir-faire naissant en matière d'œuvres de télévision. Le papa de Mickey dispose désormais non seulement d'un budget plus conséquent mais aussi d'une très large autonomie dans le choix de ses programmes là où, justement, ABC lui imposait la production de westerns à la Davy Crockett. Le transfert d'une chaîne à l'autre offre également aux productions télé de Disney l'avantage de la couleur. Ni une, ni deux, l'émission Disneyland se mue en logiquement nommée Walt Disney's Wonderful World of Color, dès septembre 1961. L'une des toutes premières conséquences visibles de l'arrivée sur NBC est la disparition progressive des séries à nombreux épisodes (Texas John Slaughter...) au profit de téléfilms de qualité, limités à deux ou trois parties (Le Prince et le Pauvre, Escapade in Florence...).

Pablo and the Dancing Chihuahua est un téléfilm typique de Disney de l’époque. Les amitiés entre un garçon et un animal sont en effet abondamment traitées par le label de Walt que cela soit au cinéma avec Sam, l'Intrépide (1963) ou Un Raton Nommé Rascal (1969) ou à la télévision avec Boomerang, Dog of Many Talents (1968) ou Ride a Northbound Horse (1969). Cette fois-ci, c’est donc au tour de Pablo de se lier d’amitié avec une chihuahua qui va le suivre dans ses pérégrinations à travers le désert américain. Leur entente est telle que le jeune garçon réussit même à faire danser la chienne quand il se met à jouer de l’ocarina… Il faut dire que dans leur aventure, ils affrontent tous deux la dureté de la nature que cela soit la soif et la faim à travers le désert, buvant ici l’eau des cactus, dérobant là du lait aux vaches des éleveurs. Ils font également face à des animaux sauvages et dangereux comme un couguar, un serpent à sonnette et même des cochons sauvages qui ne s’en laissent pas conter. Ils doivent aussi éviter la police des frontières qui tient à renvoyer l’enfant clandestin dans son pays. Il est d’ailleurs étonnant de voir, au passage, comment le téléfilm a une portée politique dans une démarche inhabituelle chez Disney. Il raconte en effet l’histoire d’un jeune immigré clandestin qui risque sa vie pour retrouver un membre hypothétique de sa famille émigré aux USA. Si le tout est enrobé dans une amitié avec un animal dégoulinante de facilités narratives, il n’en reste pas moins un propos sous-jacent éminemment politique. Le téléfilm montre ainsi de manière bienveillante un jeune mexicain, empli d’espoir, avec un but et des principes, foncièrement honnête et droit, qui va à la limites de ses ressources pour réaliser son rêve : trouver une famille ! Il finira au bout du chemin à s’en constituer une mais pas celle qu’il attendait même si le bonheur est au rendez-vous... Vu à l’époque contemporaine, où les tensions migratoires sont exacerbées, Pablo and the Dancing Chihuahua prend indéniablement une signification nouvelle dans son traitement bienveillant de l’immigration clandestine. Pourtant, le téléfilm de Disney ne s’embarrasse pas de questions philosophiques ou politiques : il se contente, en réalité, de juste raconter l’histoire d’un gamin qui pourrait être aussi bien un américain pure souche...

Côté casting, Pablo est interprété par Armando Islas, un jeune comédien tout à fait convaincant. Pour l’anecdote, la durée du tournage s’étant étalée sur deux ans, le réalisateur a dû trouver pour lui des trésors d’ingéniosité pour gommer les effets de sa croissance. Francesca Jarvis joue, quant à elle, la touriste américaine et propriétaire de la chihuahua et remplit tout aussi bien son contrat…
La réalisation est confiée à Walter Perkins. Il s’agit ici de sa toute dernière réalisation pour Disney après Les Coursiers du Ciel (1958), Chico, the Misunderstood Coyote (1961) et Little Dog Lost (1963). Il a aussi participé à la photographie du film Les Aventures de Perri (1957) et de l'émission Adventure in Wildwood Heart (1957).
Enfin, le téléfilm utilise la technique de la narration en voix-off comme le label de Walt aimait le faire à l’époque. Assumée par Jack Speirs, elle donne au récit un ton qui le rapproche d’un docu-fiction à l’image du film Charlie, le Couguar (1967). Elle participe également à le doter d’un charme, certes daté mais terriblement nostalgique.

Pablo and the Dancing Chihuahua est un téléfilm étonnant. Désuet sur le plan formel et à l’apparente simplicité de son histoire, il possède pourtant un propos sous-jacent furieusement d’actualité.

A noter :
Le téléfilm a été diffusé au cinéma, au Japon, en 1969.

L'édition vidéo

Le téléfilm n'est édité, à l'heure actuelle, sur aucun support.