Alors que la construction de l'attraction Muppets Vision 3D du parc
Disney's Hollywood Studios à Walt Disney World en Floride n'est pas encore
achevée, Jim Henson et la Walt Disney Company annoncent, en août 1989, le
rachat, par cette dernière, de tous les droits et licences couvrant les Muppets.
Hélas, un blocage juridique et le décès prématuré de Jim Henson, en mai 1990,
rendent, moins d'un an plus tard, l'accord caduc. Cette situation, pour le moins
instable, explique ainsi que Disney n'ait, en fait, produit que les quatrième et
cinquième films des Muppets, à savoir :
Noël Chez les
Muppets en 1992 et
L'Ile au
Trésor des Muppets en 1996. Il faudra attendre, ensuite, prés de
quatorze ans, en avril 2004, pour voir Disney mettre enfin la main sur le
catalogue de Jim Henson et sceller à jamais la filiation entre Mickey et Kermit.

Depuis ce fameux rachat, le studio du grand Walt semble n'avoir toujours pas
trouvé comment exploiter "ses" délirantes marionnettes. Il agit, en effet, avec
elles, au coup par coup, sans véritable politique, ni éditoriale, ni
commerciale. Seul le média de diffusion (la télévision) semble, en fait,
stabilisé. Ainsi, en 2005, Le Magicien
d'Oz des Muppets, un téléfilm (du reste fort sympathique) débarque sur le
petit écran et réalise un score d'audience tout à fait honorable. Tout le monde
pense alors - les fans les premiers - que le retour en force de Kermit et ses
amis est enfin arrivé. Que nenni ! Plus rien ne se passe, en effet, pendant
plusieurs années. Oubliant le sol américain, une expérience est même tentée en
France, au gré d'une opportunité due au présentateur alors en vogue, Sébastien
Cauet.
Muppets TV débarque donc sur TF
1 à la fin de l'année 2006 pour seulement 10 petits épisodes ; le show est
depuis sous black-out, n'ayant même pas eu l'honneur d'une édition DVD...
Retour aux USA, deux ans plus tard, les 3 août et 5 octobre 2008, où deux
émissions spéciales sur Disney Channel, intitulées Studio DC : Almost Live,
voient toute la troupe des Muppets interviewer les stars maison de Disney
Channel dont Selena Gomez et Miley Cyrus. En France, les deux shows sont
découpés en épisodes de cinq minutes puis diffusés sous le titre de Disney
Channel Muppet Show.
Un peu plus tard, toujours en 2008, les studios Disney livrent un téléfilm, dit
de Noël, affichant une durée de moins d'une heure, A Muppets Christmas :
Letters to Santa. Contre toute attente, ils le font diffuser sur NBC,
filiale d'Universal et grande concurrente d'ABC devant l'Eternel...

A Muppets Christmas : Letters to Santa n'en reste pas moins un
téléfilm réussi, idéal pour la période de Noël. Le seul vrai problème qu'il pose
est sans doute sa durée, somme toute battarde. Difficile, en effet, d'installer
en moins d'une heure une histoire consistante. Le téléfilm se rapproche ainsi
plus du
(Le) Noël des Muppets dont la durée est quasi-identique que du
Noël chez les Muppets, lui, un vrai
film de cinéma. Passé ce choix de format critiquable, les Muppets remplissent
comme toujours leur contrat. Leur capital sympathie est bien sûr au rendez-vous
: constant pour les pensionnaires historiques comme Kermit, Fozzie, Gonzo ou
Peggy et instantané pour les plus récents comme Pépé ou Rizzo. Les guests stars
sont également là, en nombre et visiblement ravies de participer à ce show qui
ne dit pas son nom ; avec, entre autres : Michael Bloomberg, le maire New-York
dans son propre rôle, Whoopi Goldberg, en chauffeur de taxi, Jane Krakowski (Ally
McBeal) en maman, Nathan Lane (la voix anglaise de Timon dans Le Roi
Lion) en policier grincheux, Madison Pettis (Maxi
Papa) en voisine des Muppets et Uma Thurman (Kill Bill) en hôtesse de
l'air. Le tout se voit agrémenté de chansons qui ne brillent pas vraiment par
leurs inspirations...
Au final, A Muppets Christmas : Letters to Santa est un téléfilm des
Muppets tout à fait classique : sympathique, il reste toutefois anecdotique. Les
Muppets méritent décidément mieux que ces tâtonnements : à quand une véritable
ambition pour relancer leur carrière ?