Pas de film ici mais une simple compilation de
courts-métrages réalisés par les studios Disney de 1947 à 1950 et dont le
personnage central est le plus célèbre des canards.
Parmi les réalisateurs qui ont le plus marqué de leurs
empreintes la carrière du Donald, Jack Hannah est surement celui qui a eu le
plus d'influence sur la seconde moitié de sa carrière. Embauché aux studios
Disney en 1933 en tant qu'intervalliste d'animation sur les séries
Mickey Mouse, Silly
Symphonies et
Donald Duck,
il réalise sa première animation pour Gulliver Mickey en 1934. En
1939, il est promu scénariste et travaille en étroite collaboration avec Carl
Barks. C'est en 1943 qu'il devient le réalisateur attitré de Donald Duck. Il va
ainsi introduire de nombreux acolytes auprès du canard, rendant ses cartoons
tout simplement mémorables. Dans les années cinquante, il se charge de quatorze
émissions pour la télévision mettant ainsi en vedette Donald pour le show
Disneyland.
Il quitte le studio en 1959. Jack Hannah est assurément le réalisateur qui offre
au célèbre canard de Disney son plus grand nombre de cartoons incontournables.
Pas moins de 65 court-métrages s'affichent, au total, à son compteur. Huit sont
nominés aux Oscars et notamment, Donald et les Fourmis (1948),
Donald et son Arbre de Noël (1949), et No Hunting (1955).
Donald ne serait pas Donald s'il n'affrontait pas des
adversaires aptes à le faire sortir de ses gongs. A ce jeu là, les plus petits
sont souvent, pour ne pas dire toujours, les meilleurs. Le coléoptère Bootle
Beetle est à l'évidence un cas d'école. Bénéficiant de la voix de Dink Trout, ce
petit insecte doit, en effet, son nom au réalisateur Jack Hannah dont l'épouse
possédait un cheval dénommé "Beetle Bootle". Le mari inverse les deux mots et
baptise ainsi son nouveau personnage. Bootle Beetle apparait donc en 1947 dans
Bootle
Beetle puis dans trois autres cartoons : Sea Salts
(1949), The Greener Yard (1949) et Morris, the Midget Moose
(1950). Sa carrière ne décolle pas vraiment, sans doute par un trop grand manque
de personnalité. Il reste à jamais un second rôle, faire-valoir idéal de Donald.
Un autre adversaire devient la bête noire du canard. Une
abeille, au patronyme fluctuant (Spike ou Buzz-Buzz) malmène, en effet, Donald avec
délice. Jack Hannah justifie alors le choix de cet insecte par ses
capacités toonesques. Tantôt attachante, tantôt menaçante, émettant un son
reconnaissable entre mille, dénuée de parole, l'abeille apparait, il est vrai,
vite comme un personnage de pantomime idéal. Elle est à l'affiche de sept
cartoons dont six avec Donald, sa première intervention remontant à 1948 dans Inferior
Decorator. Comme Bootle Beetle, elle rate la postérité...
Tic & Tac apparaissent eux en 1943 dans le court-métrage
animé Private Pluto où ils empêchent le chien de Mickey
d'accomplir son devoir de soldat. Ils ne disposent alors, ni de leur nom
définitif, ni de leur faire-valoir attitré, Donald. Ce n'est, en effet, que
trois ans plus tard, dans le cartoon de 1947, Chip an' Dale (Donald
chez les écureuils en français), que Tic & Tac fixent leur identité et
rencontrent leur "adversaire de toujours" avec lequel ils signent leurs plus
beaux exploits. A la différence des neveux de Donald, qui ont tous le même
caractère, Tic & Tac ont deux personnalités bien différentes. Si Tic (Chip) est
le chef du duo, sérieux et réfléchi tout en ayant beaucoup d'humour, Tac (Dale),
lui, est le clown de service, pas très futé. Cette différence de portrait est
bien sûr prétexte à de nombreux gags, tous plus succulents les uns que les
autres... Succès aidant, ces deux petits et espiègles personnages ont finalement
accès à leur propre minisérie composée de seulement trois cartoons :
Drôles de poussins en 1951, Tic & Tac séducteurs en 1952
et Tic & Tac au Far-Ouest en 1954.
Impossible de se lasser des aventures de Donald ! Toutes
plus succulentes les unes que les autres, elles atteignent des sommets dans
leur période de 1947 à 1950. Véritables pépites, elles sont l'occasion pour
le célèbre canard disneyen de rencontrer, pour la première fois, deux
espiègles petits écureuils, au point de se faire, parfois, voler la
vedette...
Ce troisième volume rend, au même titre que les
précédents, le spectateur définitivement accro au point de, déjà, souffrir
d'une phénomène de manque dans l'attente du quatrième et dernier volume à
paraitre.