Pas de film ici mais une simple compilation de courts-métrages réalisés par
les studios Disney de 1950 à nos jours et dont le personnage central est le plus
célèbre des canards.
En 1951, Donald est au meilleur de sa forme. Il est un personnage
incontournable de la galaxie Disney et fait même de l'ombre à Mickey en
personne. Malheureusement pour lui, la production de cartoons, longtemps très
juteuse, commence sérieusement à donner des signes de faiblesses. Les
principales séries de Disney sont ainsi progressivement stoppées, les unes après
les autres. Pluto
tire donc sa révérence en 1951,
Mickey et
Dingo suivent le mouvement en
1953. Walt Disney tient malgré tout à conserver et entretenir le savoir-faire de
ses équipes en maintenant un cartoon en première partie de chacun de ses films,
permettant ainsi à ses animateurs de ne pas rester oisifs entre deux chantiers
de longs-métrages. Il continue donc deux séries de cartoons : les Special
qui servent, comme pour les Silly Symphonies
à l'époque, de bans d'essai et les
Donald dont la popularité
ne se dément pas. Le canard irascible est ainsi la seule star historique du
studio à bénéficier des avancées technologiques des années 50, avec notamment la
3-D (Working for Peanuts) et le Cinémascope (Grand Canyonscope).
Donald ne tire pas seulement sa popularité de sa seule personne, son
entourage participe en effet grandement à son succès. Parmi ses acolytes les
plus marquants, se trouve Humphrey. Cet ours pataud, est, en effet, un de ces
personnages qui, s'il n'est apparu que dans un faible nombre de cartoons
(seulement six au total !), a réussi, malgré tout, à se faire un nom dans la
galaxie Disney. Sa popularité est d'ailleurs telle qu'il est parvenu à obtenir
une minisérie - certes limitée à seulement deux épisodes. Comme ses confrères
écureuils, Tic & Tac, il sert d'adversaire idéal au canard irascible, Donald,
qui, pour l'occasion, se voit associé au personnage du Ranger J.Audubon Woodlore,
symbole de l'autorité tranquille. Les exploits de ce trio improbable font les
beaux jours de Grin and Bear it en 1954 et Beezy Bear en 1955.
Rugged Bear en 1953 et Bearly Asleep en 1955, ne voient eux que
l'affrontement d'Humphrey avec Donald tandis que Hooked Bear et In the
Bag en 1956 (les cartoons constitutifs de sa minisérie) offrent eux la
vedette au Ranger J.Audubon Woodlore.
Au milieu des années 50, la carrière cinématographique de Donald touche
irrémédiablement à sa fin. Il va toutefois, en ultime tour d'honneur, reprendre
du service dans un rôle qu'il avait si bien tenu lors de la deuxième guerre
mondiale. Donald redevient en effet "passeur de message". Walt Disney conserve
il est vrai toujours en ligne de mire la volonté de produire du divertissement à
valeur ajoutée. Il entend poursuivre ainsi une mission culturelle et éducative
sans pour autant la revendiquer. Le meilleur exemple de cette politique
artistique ambitieuse est assurément le cartoon, Donald au pays des
Mathémagiques, sorti en 1959. Entraîné par sa curiosité légendaire, le
canard irascible s'aventure, en effet, dans un mystérieux monde imaginaire où
les arbres ont des racines carrées et les rivières débordent de chiffres. Ce
classique de Donald, nominé pour l'Oscar du meilleur court-métrage documentaire,
est d'abord diffusé en première partie de
Darby O'Gill et les Farfadets. Deux ans plus tard, il a le privilège
d'être introduit par Ludwig Von Drake (Donald Dingue) dans l'épisode
d'inauguration (An Adventure in Color / Mathmagic Land) de l'ancien show
Disneyland, rebaptisé Walt Disney's
Wonderful World of Color et désormais diffusé en couleur sur la chaîne NBC.
Donald au pays des Mathémagiques est mis rapidement à la disposition des
écoles et devient vite le plus populaire des films éducatifs jamais produits par
Disney. Le papa de Mickey aime à en résumer l'incroyable impact en expliquant :
"Le dessin animé est un bon moyen de stimuler l'intérêt (...) Nous avons
ainsi pu expliquer les mathématiques tout en intéressant le public".
Après son tout dernier cartoon The Litterbug en 1961 et deux
court-métrages éducatifs Steel And America en 1965 et Donald's Fire
Survival Plan en 1966, Donald revient au cinéma quatre fois. Il fait partie
du casting des moyens-métrages Le
Noël de Mickey (1983) et Le Prince et le Pauvre (1990) et signe
également une courte apparition dans le long-métrage
Qui veut la peau de Roger Rabbit. Toutefois, son véritable come-back est à
chercher dans
Fantasia 2000 où il est la
vedette de la séquence
Pomp and
Circumstances, en interprètant avec bonheur l'apprenti de Noé.
A la fin des années 90, Donald avec toutes les stars de la galaxie Disney vont
revenir dans une série de cartoons réalisés pour la télévision et compilés dans
la série Mickey Mania puis la série Disney's Tous en Boite. Si la
qualité d'animation ne vaut pas, et de loin, celle des productions des années 40
et 50, la vivacité des scénarios sert à merveille le capital-sympathie du plus célèbre des canards.
Donald est un personnage incontournable de l'empire Disney. Si Mickey est
plébiscité par les enfants, il est, lui, un personnage foncièrement adulte. Son
caractère tempétueux, sa mauvaise humeur, son envie d'embêter plus petits que
soit, sa capacité à se mettre dans les pires ennuis font s'identifier en lui des
millions de spectateurs à travers la planète. Son succès, jamais démenti, est
tout bonnement exceptionnel...
Avec près de 128 cartoons,
tout le monde s'attendait à voir les derniers opus de la carrière de Donald
manquer d'imagination. C'est en fait tout le contraire ! Les ultimes prestations
de Donald, produites dans les années 50, sont assurément les meilleures de toute
sa carrière, ses rencontres avec Tic & Tac et Humphrey y sont d'ailleurs pour
beaucoup.
Donald : De A à Z - Volume 4 est une pépite inestimable à
transmettre de génération en génération. Un concentré de bonheur à faire
partager d'urgence. Tout simplement indispensable.
A noter :
Ce volume des Walt Disney Treasures signe la mise sur le marché de la
quasi totalité des cartoons Disney. Un dernier effort reste à faire, à
l'occasion d'une neuvième vague, pour offrir la trentaine de cartoons qui
manquent encore à l'appel...