La Dynastie Donald Duck - Tome 8
1957 – 1958 : La Ville aux Toits d'Or

La Dynastie Donald Duck - Tome 8 (1957 – 1958)
La couverture
Éditeur :
Glénat
Date de publication France :
Le 15 août 2012
Genre :
Comics
Auteur(s) :
Carl Barks
Nombre de pages :
384

Le sommaire

Le monde de Donald :
• Découvrons les plaisirs de la consommation !
• Un trésor porté par le courant

Les histoires :
• La Ville aux Toits d'Or (1957)
• La Maison Idéale (1957)
• Roscoe le Robot (1957)
• Les Sentiers de la Gloire (1957)
• Champion de Rugby (1957)
• Un Renne pour Noël (1958)
• Facteur de l'Impossible (1958)
• Aspirant Boulanger (1958)
• Le Pouvoir des Pierres Noires (1958)
• L'Étoffe des Zéros (1958)
• Miss Daisy et son Chasseur (1958)
• Livreur de Lait ! (1957 / 1974)
• Un Enragé du Jardinage (1958)
• Oncle Picsou a de la Chance ! (1958)
• Un Chien Chasse l'Autre (1958)
• Un Puits de Dollars (1958)
• Un Petit Encouragement (1957)
• Le Roi de la Rivière d'Or (1958)
• De Quoi s'Étouffer ! (1958)
• Halte aux Corbeaux ! (1958)
• Robot Chanteur ! (1958)
• Trop de Méfiance Nuit ! (1958)
• Picsou et l'Autosuggestion (1958)
• L’Invasion des Fourmis Géantes (1958)
• Course en Ski Nautique (1958)
• La Guerre de l'Écho (1958)
• Gare à la Tasse ! (1958)
• Catapulte, Crapaud Frilleux (1958)
• Le Dada Code ! (1958)
• Le Naufrago-Code (1958)
• Le Tragédien d'Halloween (1958)
• Le Coffre le Plus Fort du Monde (1958)
• 50 Dollars pour un Dauphin (1958)
• Le Coyote Sauvage (1958)
• Mystérieux Naufrages... (1958)

 Portfolio :
• Au temps des saloons
• Croquis préparatoires

Les personnages :
• Goldie
• Flairsou

La critique

rédigée par
★★★★

Ce nouveau volume de l'intégrale Carl Barks fait moins de place à l'aventure que les précédents tome de la collection : l’auteur en profite néanmoins pour s’interroger sur les différents travers du modèle de société occidentale.

La Ville aux Toits d'Or est par exemple une démonstration par l'absurde des travers de la consommation et de la publicité à outrance. Donald et Picsou y font, en effet, le pari de vendre n'importe quoi, n'importe quand, n’importe où et à n'importe qui. Leur concours les amène ainsi dans une Indochine idéalisée, fort éloignée du monde occidental, où Picsou est donc mis au défi de refourguer une chaudière malgré le climat tropical tandis que Donald, lui, a pour objectif de refiler des écouteurs. Si les deux compères arrivent à leur fin, le prix à payer en dégâts sur la population est énorme. L'intrusion des deux canards se soldent, il est vrai, par l’apparition de la jalousie entre voisins ; l’heureux acquéreur du produit s’en vantant à son entourage et suscitant alors de nouvelles envies. Il y a dans cette métaphore toute la logique du design qui fait de produits technologiquement passables des objets de désirs. Un concept foncièrement d'actualité notamment avec l’offre numérique...

Le Roi de la Rivière d'Or s'inspire vaguement de The King of The Golden River or The Black Brother : a Legend of Stiria, un conte écrit en 1841 par l'auteur britannique John Ruskin. Il raconte ainsi l'histoire d'Hans et Shwartz, deux frère égoïstes, dont l'avidité leur coute leur vallée d’Eden mais aussi leur vie, tandis que le troisième de la fratrie, Gluck, voit sa générosité et son autosacrifice restaurer la fertilité et le bonheur. Ici, Picsou déprime car il pense trop à l'argent et n’a de plaisir que d’en chercher pour en amasser toujours plus. Il part donc en convalescence dans une vallée où ses neveux vont lui apprendre que tout trésor ne vaut que d'être partagé...

Le Coffre le Plus Fort du Monde est un peu spécial. L'histoire est, en effet, parue dans un comic hors série, Disneyland Birthday Party, célébrant les trois ans de l'ouverture du parc Disneyland, en Californie. Son contenu se devait ainsi de représenter chacun des lands du parc. Carl Barks y illustre donc la partie Tomorrowland et offre à La Dynastie de Donald, Duck, une belle bouffée d’air frais, en lui ouvrant les portes de l'espace. Géo Trouvetou brille ainsi par des inventions certes loufoques à souhait mais salvatrices pour Picsou...

Le Coyote Sauvage est notable à deux titres. D'abord, il fait apparaitre Grand-Mère Donald, un personnage assez peu utilisé par Carl Barks. Ensuite, sa morale est très cynique pour le genre. Donald et ses neveux veulent, en effet, prendre en charge un petit coyote afin de le domestiquer et le rendre doux. Sauf que cette entreprise va tourner au désastre, l’animal revenant finalement à la vie sauvage avec la volonté de se venger des hommes (enfin des canards). Une jolie adaptation de la maxime qui proclame que « l’Enfer est pavée de bonnes intentions »...

Au final, ce huitième volume offre comme les précédents un voyage extraordinaire auprès des habitants de Donaldville avec un Picsou et ses sempiternels « soucis » d'argent ou un Donald et ses multiples problèmes d’emplois. Même si l'écrin de Glénat est toujours autant de qualité, se remarquent ici ou là quelques lacunes de relecture (fautes de frappes ou absences de lettres) difficilement pardonnables au prix de vente de la collection...