Genre : Billet d'Humeur Hors Série de Timon Timauvais
Date
de sortie France :
Durée : 27 minutes
L'année 1992 voit l'ouverture, dans la grande banlieue de Paris, du premier
et seul parc à thème Disney en Europe. Après des mois de négociations entre
l'Etat français et la Walt Disney Company, puis des années de construction,
le quatrième resort de Mickey ouvre en effet ses portes en France et prend
le nom d'Euro Disney Resort.
Ce nouveau royaume magique a, en fait, failli être construit à Barcelone en
Espagne. Les dirigeants de Disney envisageaient, en effet, sérieusement de
préférer le soleil hispanique à la grisaille parisienne. Si les fans
inconditionnels de la compagnie de Mickey aiment à penser que le choix final
de la capitale française est un hommage direct aux origines gauloises du
grand Walt (son nom, Disney, n'étant que la contraction anglaise de
l'expression "d'Isigny", une ville normande) la réalité est toute autre.
L'état français a, il est vrai, fait un véritable pont d'or à la firme
américaine, lui offrant un prix du m2 incroyablement bas, un nombre
d'infrastructures impressionnant (bretelles d'autoroute, gare TGV,
prolongement de RER...) et des conditions financières exceptionnelles (la
T.V.A. applicable au Resort est ainsi par exemple dérogatoire au régime
général). Ajoutez à cela un positionnement géographique situé au carrefour
de l'Europe et de ses plus grandes capitales et le soleil espagnol ne pèse,
dès lors, plus lourd..
Le complexe d'Euro Disney Resort, flambant neuf, comprenant un parc à thème,
un quartier commercial, des hôtels et un golf, est donc inauguré à Paris en
grandes pompes le 12 avril 1992 par un show télévisé retransmis, en prime
time, sur la première chaîne française et repris dans de nombreux autres
pays européens. Si l'idylle "frenchie" de la Walt Disney Company semble
commencer sous les meilleurs auspices, très vite la firme de Mickey
déchante.
Les comptes du resort restent en effet désespérément dans le rouge. Dès la
deuxième année, un plan de relance, est mis en place. La presse s'en fait
l'écho et moque, avec férocité, l'échec du concept américain de loisirs.
Dans le même temps, il est vrai, le parc Asterix, petit gaulois ouvert
depuis déjà trois ans, au nord de Paris sans aide particulière de l'état, affiche lui
des résultats tout à fait encourageants et colle ainsi parfaitement à sa
réputation de résistant à l'envahisseur. De nouvelles attractions sont donc
ouvertes chez Mickey : "Indiana Jones et le Temple du péril" en 1993, "Casey
Jr" et "le Pays des contes de fées" en 1994, sans oublier le révolutionnaire
"Space Mountain" en 1995. Si elles contribuent évidemment à développer la
fréquentation du site, elles présentent néanmoins le gros inconvénient
d'alourdir un peu plus le poids de la dette. D'autres adaptations sont
également menées afin de mieux coller aux aspirations de la clientèle
européenne, et surtout française, qui semble désespérément bouder le parc.
Un effort est ainsi entrepris sur la restauration accusée depuis l'ouverture
d'être beaucoup trop américanisée : le vin fait notamment son entrée aux
menus d'établissement avec service à table. Même le nom du resort est changé
: "Euro Disney" subit la double accusation de ne pas faire rêver les
français et d'empêcher les européens de correctement situer le parc.
"Disneyland Paris" lui est ainsi préféré. Enfin, une restructuration
financière est amorcée et la Walt Disney Company accepte, dans un premier
temps, de renoncer au versement par sa filiale française des royalties
attachées à l'exploitation de sa marque.
Les comptes se redressent mais plongent à nouveau à l'occasion de
l'ouverture, le 16 mars 2002, du deuxième parc. Les Walt Disney Studios,
prévus au business plan originel déjà fort entamé, sont ainsi construits au
rabais et ne proposent que neuf attractions dans le cadre d'une
thématisation plus que légère. Le site est, en réalité, le contraire parfait
de son grand frère. Roy Disney, neveu de Walt lui-même et fidèle à sa
volonté d'exigence, a d'ailleurs, à son égard, une phrase cinglante : " Ce
parc n'est pas assez grand pour y mettre un pied de souris !" Au passage, le
complexe parisien de Disney change, une fois de plus de nom, et prend
l'appellation de "Disneyland Resort Paris", le premier parc se nommant lui
désormais "Disneyland Park". Les Walt Disney Studios sont un échec cinglant.
Ils ne parviennent pas à augmenter la fréquentation du resort qui plafonnent
à 13 millions de visiteurs annuels, là où il lui en faudrait 17 pour être
rentable. Pire, le deuxième parc, mécontentant la clientèle, la détourne du
complexe tout entier : le nombre de "guests" est ainsi inférieur à celui
constaté avant l'ouverture du nouveau site.
Acculée, en proie à de graves difficultés financières, la holding gérant le
complexe parisien de Disney est au bord de la faillite.. Le titre continue
sa
descente aux enfers à la bourse de Paris : EuroDisney rappelle alors, bien
malgré lui, le fiasco d'Eurotunnel. Pourtant, pas question pour l'état
français comme pour la Walt Disney Company de laisser mourir le site. Un
plan d'économies drastiques, sans précédent, est lancé en 2004. Toute la
structure financière de la société est modifiée. La dette est renégociée
dans sa globalité. Un vaste plan d'ouvertures d'attractions à forts
potentiels est mis en place. Chaque exercice, jusqu'en 2009, prévoit ainsi
un nouveau manège destiné à attirer les visiteurs, aussi bien les anciens
que ceux n'ayant jamais fait de séjours à Disney. Le site des Walt Disney
Studios est particulièrement choyé avec pas moins de 4 nouvelles attractions
dont la célèbre E-Ticket, "la Tour de la Terreur", dont l'ouverture en 2008
semble à elle seule relancer tout le parc. Pour son quinzième anniversaire,
Disneyland Resort Paris est assurément à un tournant de son histoire.
Ce DVD confidentiel, produit en interne, à destination des partenaires
financiers, couvre la période d'investissement 2009 - 2012 annoncée comme
mise à profit pour amener le resort dans ses meilleures dispositions à
l'occasion des festivités prévues pour son 20e anniversaire. Pas moins de 6
attractions dont 4 E-tickets sont annoncées auxquelles s'ajoutent un effort
de thématisation sans précédent des Walt Disney Studios ainsi qu'un
programme de réhabilitations des décors existants de Disneyland Park,
destiné - dixit le commentaire ! - à "redonner au parc mère la qualité de
l'apparence de 1992". Le Disney Village n'est pas oublié tout comme l'offre
en hôtel qui se trouve renforcée.
Qu'annonce donc, en 20 petites minutes, EuroDisney SCA par la bouche de
Mickey ? Rien de moins qu'un plan d'investissement de 800 millions d'Euros,
ventilé comme suit.
Disneyland Park connaitra entre 2009 et 2011 le plus ambitieux programme de
réhabilitation jamais entrepris depuis son ouverture. De 2009 à 2011, des
pans entiers du parc seront le théâtre de travaux exceptionnels. Parmi les
plus ambitieux, l'arbre des Robinsons sera fermé et réhabilité entièrement.
Ses 300 000 feuilles seront ainsi, comme à l'époque de sa conception,
minutieusement décollées, lavées puis replacées et complétées pour les
manquantes. Autopia se verra remanié et tournera la page des moteurs à
essence au profit de véhicules électriques à pédale, totalement écologique.
Toutes les façades des lands n'ayant pas fait l'objet de réhabilitation
depuis 5 ans seront rénovées. Enfin, le Château de la Belle au Bois Dormant
sera, au cours de l'année 2011, dissimulé derrière une bâche thématisée
annonçant qu'il se refait une beauté : les travaux seront, pour lui,
l'occasion du rajout d'une tour qui accueillera un appartement luxueux
destiné aux hôtes de prestige. Enfin, Disneyland Park accueillera deux
nouvelles attractions E-Ticket (la dernière remontant à 1995 avec Space
Mountain !). Splash Mountain dans une version inédite sera, en effet,
construite en entrée de savane d'Adventure Land. Elle abandonne pour la
France le thème de Mélodie du Sud pour se muer en "Rendez-vous des
Aventuriers Disney". Pas moins de quatre Grands Classiques serviront de base
à sa thématisation : Bernard et Bianca, Tarzan, Robin des Bois et la Petite
Sirène pour le splash final.
Le Safari de Timon & Pumbaa s'invitera
également non loin d'Indiana Jones et le Temple du Péril. Entrant dans la
catégorie des "water coaster", il sera non seulement la seule attraction
d'un parc Disney dont la thématisation est basée sur un bonus DVD (salué il
est vrai, à sa sortie, pour sa grande qualité) mais constituera en outre une
première en Europe, s'agissant d'une montagne russe aquatique à inversions !
Splash Mountain et
Le Safari de Timon & Pumbaa poursuivent enfin le but de
mettre un terme aux reproches récurrents faits à Disneyland Paris de ne pas
proposer d'attractions vivifiantes, contrairement à son voisin Astérix qui
en a fait, au contraire, un fond de commerce.
Walt Disney Studios vivra une nouvelle révolution entre 2009 et 2012.
EuroDisney SCA est définitivement convaincue de l'utilité de transformer ce
parc, longtemps qualifié de simple annexe, en site totalement autonome,
vivant de lui-même. Sa superficie sera ainsi doublée sur la période. Les façades des attractions jugées provisoires
seront rethématisées, à commencer par Armageddon et Rock n' Roller Coaster,
cette dernière devant reprendre la même apparence que sa cousine floridienne
qui lui prêtera également le même film de pré show tout comme le parcours
remanié. Les visiteurs du resort parisien vont donc désormais traverser
l'Ile-de-France à toute vitesse pour se retrouver au Zénith, sur
l'invitation personnelle d'Aérosmith. Les allées du parcs seront entièrement
thématisées, des simili Champs Elysées faisant, notamment, leurs
apparitions. Studio Tram Tour verra son parcours modifié et visitera
désormais la forêt dans laquelle les spectateurs retrouveront des scènes
entières de Narnia à grand renfort d'audio-animatronics aidés ici et là par
de véritables comédiens, à la manière de The Great Movie Ride en Floride.
Deux attractions E Tickets font leur apparition dans le parc dédié au cinéma
: Soaring over France et Expédition Mont-Blanc. La première se situera entre
Cinémagique et Stitch Live et invitera les spectateurs dans un tournage
aérien au dessus des plus beaux sites français. La seconde s'implantera,
elle, après la forêt de Tram Tour (qui servira ainsi également de promenades
et de décors) et emmènera les guests dans un tournage de l'extrême, situé
dans le plus haut sommet d'Europe, le Mont-Blanc. Le parc Walt Disney Studio
s'apprête donc à accueillir, après la Tour de la Terreur, une nouvelle
attraction gigantesque, visible de l'extérieur, et prenant les apparence
d'une montagne au sommet enneigé. Toon Studios s'agrandit également avec
l'arrivée de deux "dark-rides", l'un inédit consacré à Ratatouille et
l'autre (stricte redite d'Anaheim) consacré à Montres et Compagnie. Walt
Disney Studios verra enfin son offre de boutiques élargie puisque chacune de
ses attractions disposera de son magasin attitré. Parallèlement, la
restauration est renforcée par l'ouverture de deux restaurants à table
classique et d'un autre pratiquant la vente au comptoir.
Le Disney Village connaîtra une véritable transformation. Les études ayant
démontré que les visiteurs européens ne comprennent pas la thématisation
actuelle, décision est, en effet, prise de la remanier complètement en lui
donnant une apparence moyenâgeuse toonnesque, une sorte de "Fantasyland pour
adulte", dixit le commentaire audio !
Le parc d'hôtels du resort sort
également renforcé du programme d'investissement avec un établissement
supplémentaire de 1500 chambres situé autour du Buena Vista Lake et
construit sur le thème du Hollywood des années folles.
A noter :
Pour télécharger l'intégralité du DVD,
cliquez
ICI.
Ce DVD annonce, chez le Mickey parisien, une révolution qui ne dit pas son nom ! Reste à savoir si les financiers (la Caisse des Dépôts et Consignations en tête) se laisseront convaincre. La maison mère, la Walt Disney Company, pour avoir laissé sa filiale organiser la fuite, l'est, elle, déjà visiblement... Les fans, quant à eux, ne tarderont pas à faire connaitre leurs commentaires...