Frère
des ours 2 est une suite sortie directement en vidéo qui, si elle n'est
pas exempte de défauts, constitue dans l'ensemble un divertissement de bonne
facture.
Le second opus de Frères des ours regorge ainsi de bonnes et
mauvaises surprises. Au menu de ces dernières, le film ignore, ainsi, fort
curieusement, des éléments essentiels des premières aventures de Kinaï et Koda,
à commencer par des personnages piliers tels la shaman Nanaka ou le frère Denahi.
Pire, quand il s'agit de renouer avec le duo secondaire mais impayable de
drôlerie que sont les deux élans, Truc et Muche, les scénaristes manquent
totalement d'inspiration. Le spectateur est d'autant plus frustré que le thème
choisi pour occuper les deux "zèbres" - la conquête de la gente féminine - est
réellement de nature à faire espérer des gags aussi nombreux que savoureux.
Ajoutez à cela un sentiment de déjà-vu qui plombe, ici et là, le film aussi bien
dans des scènes (l'attaque des raton laveurs rappelle la scène des singes dans
Tarzan)
que dans les traits des personnages (Nita prend trop souvent des airs de
Pocahontas),
et l'ensemble invite parfois à la lassitude.

Il serait toutefois parfaitement injuste de confiner Frère des ours 2
à un statut d'œuvre "copier-coller" peu inspirée et mal dégrossie. Il
bénéficie en effet d'un scénario étoffé où la complexité des relations
"humaines" est décortiquée avec justesse. Les relations entre Nita, Kinaï et
Koda sont ainsi très bien travaillées et leurs interactions amènent des moments
d'émotions intenses qui ne laisseront personne indifférent. Le récit est
d'ailleurs magnifié par une réalisation exemplaire. L'animation 2D, à des années
lumières du médiocre Retour de Jafar, jouit, il est vrai, d'une qualité
remarquable pour une suite, qui plus est, destinée directement au marché de la
vidéo. La bande-son n'est, pour sa part, pas en reste. En l'absence remarquée de
Phil Collins qui avait pourtant signé la musique du premier opus et n'avait pas
rechigné à s'occuper de celle d'une autre suite (Tarzan
2), infiniment moins réussie, c'est Melissa Etheridge qui
prend la responsabilité de la mise en note. Sans égaler l'excellence de son
prédécesseur, elle ne démérite assurément pas et livre trois chansons de très
bonnes tenues.
Réelle surprise, Frère des ours 2 est à l'évidence un bon cru dans
l'univers incertain des suites de Grand Classique Disney directement sorties en
vidéo.