Secretariat

Secretariat
L'affiche du film
Titre original :
Secretariat
Production :
Disney
Date de sortie USA :
Le 08 octobre 2010
Genre :
Sport
Réalisation :
Randall Wallace
Musique :
Nick Glennie-Smith
Durée :
123 minutes

Le synopsis

Quand le destin place Penny Chenery, une ménagère et mère de famille tout à fait simple, à la direction opérationnelle du haras Meadow en Virginie, peu de monde parie alors sur sa réussite dans cet univers professionnel aussi machiste...

Et pourtant, contre toute attente, la jeune femme aidée de Lucien Laurin, un entraîneur excentrique, y fait des merveilles, parvenant même à décrocher le premier prix Triple Couronne des États-Unis depuis 25 ans...

La critique

rédigée par
★★★

Dans la lignée du (Le) Plus Beau des Combats, de Rêve de Champion ou de Miracle, Secretariat est un film épique magnifique qui ne se limite pas à raconter l'histoire vraie d'un cheval extraordinaire mais aborde également le destin d'une femme hors du commun. Il montre ainsi tout le savoir-faire de Disney pour les récits mettant en scène, dans le sport, des protagonistes exceptionnels. Le spectateur suit alors ébahi l'histoire d'une simple femme au foyer qui, au beau milieu des années 70 et à la faveur d’un coup du sort, s'émancipe enfin...

Secretariat est donc un cheval de course pur-sang anglais, né de Bold Ruler et Somethingroyal. Élevé au célèbre haras de Clairbone dans le Kentucky, il est aujourd’hui l'un des plus grands champions de l'histoire des courses. Son aura est d’autant plus grande que son destin s'est d’abord joué, en 1968, à pile ou face ! Ogden Phipps des Ecuries Meadow et le couple d'éleveurs Christopher et Penny Chenery de Wheatley Stable concluent, en effet alors, un arrangement pour se partager les poulains fruits de leurs poulinières et de l'étalon Bold Ruler considéré comme l'un des plus importants de son temps : le vainqueur pourra ainsi choisir le poulain qu'il désire, tandis que le perdant gardera les deux autres. Le hasard semble desservir les Chenery qui récupèrent un foal et un poulain à naître au printemps suivant : Secretariat. Entraîné par le québécois Lucien Laurin, monté par Ron Turcotte sous les couleurs de Penny Chenery, le jeune cheval brille très vite. Il finit par exemple quatrième pour sa première sortie et enchaîne ensuite cinq victoires d'affilée ce qui l'amène au sommet de sa génération. En 1973, Secretariat remporte la Triple Couronne, devenant, par la même, une star nationale. Lors de la dernière course de ce derby, il rentre dans l'histoire avec une avance ahurissante de 31 longueurs sur son dauphin. A l'ère des courses modernes, ce record n’a jamais été battu !

Née le 27 janvier 1922 à New Rochelle dans l'état de New York, Penny Chenery grandit en Virginie. Elle fait partie d’une famille aisée qui possède la Meadow Farm, un haras de chevaux de course fondé et dirigé par son père, Christopher Chenery. Plus jeune des trois enfants, elle est diplômée de The Madeira School en 1939 et obtient ensuite un Bachelor of Arts au Smith College, avant de partir étudier au Columbia Business School. Il y rencontre son futur mari, John Tweedy Sr, qu’elle épouse en mai 1949 pour se consacrer, comme l’époque le veut, à la gestion de son foyer ; le couple ayant par la suite quatre enfants. Quand, en 1968, l’état de santé de son père l’empêche de superviser le haras familial, elle s’oppose à sa vente et, malgré son statut de mère au foyer depuis 18 ans, décide d’en reprendre les rennes. Elle se paye même le luxe, en 1969, de changer d'entraineur en embauchant un québécois, excentrique inconnu, Lucien Laurin. En janvier 1973, à la suite du décès de son père, elle prend une nouvelle fois un risque énorme pour payer ses droits de succession : elle vend ainsi par anticipation les futurs descendants de son étalon, Secretariat, dont elle promet qu'il sera le premier à remporter la Triple Couronne en 25 ans. Contre toute attente, le cheval enflamme l'Amérique et devient un champion incontesté, sauvant financièrement sa propriétaire...

Secretariat a cela de particulier qu’il suit le destin inter-mêlé de deux êtres d’exception (un cheval et sa propriétaire) dans la réalisation d’un exploit sportif mythique, véritable œuvre de toute une vie. Son récit, prenant à souhait, a d’ailleurs la bonne idée de s’attarder avec justesse sur le cas de cette femme qui, simple épouse sous un verni de vulnérabilité, s'accroche à son rêve, ses convictions et son héritage familial. Au delà des dollars à amasser, elle défend, en effet, un savoir-faire et un état d'esprit qui couvrent, tour à tour, le sens de la compétition, du sport et de l’adversité. Pour Penny Chenery, il est salvateur d’aller jusqu'au bout de sa passion en prenant des risques plutôt que de baisser les bras à mi-parcours pour des facilités financières ou un confort de vie. Elle préfère ainsi tout perdre - quitte à se mettre ses proches à dos - plutôt que de ne pas tenter sa chance ! Cette femme émeut alors son auditoire tant elle apparait à la fois fragile dans sa manière d'affronter le monde machiste des courses, journalistes compris, mais aussi terriblement forte quand elle se doit de prendre des décisions importantes pour diriger « son » entreprise. Diane Lane, qui lui prête ses traits, fait ici des merveilles. Elle joue comme rarement la dualité d’une femme complexe, malmenée par une fragilité certaine qu’elle dispute à une assurance triomphante. Dès lors, le spectateur ne peut être qu’admiratif, et du personnage, et de l’actrice...

Le reste du casting n'est, sur ce registre, pas en reste. Lucien Laurin est ainsi magnifiquement interprété par un John Malkovich, tout simplement parfait pour restituer toute l'excentricité de l'entraineur. Dylan Walsh, en mari acceptant mal les nouvelles responsabilités de sa femme, incarne bien, pour sa part, les inquiétudes de son personnage, soucieux tout autant de (re)trouver sa place auprès de son épouse que de risquer de perdre son statut social, et notamment son argent. Brillante également, Margo Martindale assume, quant à elle, le rôle de la secrétaire et confidente de Penny Chenery : elle sert ainsi une prestation convaincante dans sa belle volonté de montrer l’étendue du dévouement de son personnage pour sa patronne, qui va jusqu’à combler les manques de sa propre famille. Enfin, une ribambelle d'intervenants secondaires gravite autour de la maitresse des lieux et mérite d'être mentionnée tant les compositions sonnent juste : le conseiller Bull Hancock et son fils, Seth Hancock ; Ronnie, le jockey de Secretariat ; l'investisseur Ogden Phipps ou le chef d'écurie Eddie Sweat ; tous joués respectivement par Fred Dalton Thompson, Drew Roy, Otto Thorwarth, James Cromwell, Nelsan Ellis.

Lors de sa sortie, Secretariat a été salué positivement par la critique américaine. Seuls certains papiers lui reprochaient, il est vrai, de trop s’attarder sur l’histoire de la femme et pas assez au contexte historique ou sportif. Si le mouvement pacifique et la révolution des mœurs sont, en effet, effleurés, ils ne sont pas, à l’évidence, le centre de gravité du long-métrage ; et c’est sans doute heureux car ces éléments ne sont que le piment de l’aventure humaine relatée. Il ne s’agit pas pour Secretariat de livrer un propos politique mais bien de raconter un fabuleux destin...

Le public a, quant à lui, boudé le film qui, avec un peu moins de 60 millions de dollars de recettes, soit presque le double de son budget, n’est pas l’exploit attendu par Disney. Il faut dire que le studio s’est fourvoyé une fois de plus dans sa campagne de promotion, en l’axant à outrance sur les courses hippiques, là où il aurait fallu, à n'en pas douter, insister sur le combat de son héroïne, décidément hors norme.

Film épique, Secretariat impressionne par le destin qu’il suit et sa palette d'acteurs remarquables ; le spectateur lui pardonnant, dès lors et bien volontiers, les quelques longueurs de sa deuxième moitié...

L'édition vidéo

Jaquette Secretariat
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