Lemonade Mouth
La jaquette
Titre original :
Lemonade Mouth
Production :
Disney Channel
Date de sortie USA :
Le 15 avril 2011
Genre :
Comédie musicale
Réalisation :
Patricia Riggen
Durée :
107 minutes

Le synopsis

Alors que la direction de leur lycée a décidé de supprimer le seul distributeur de limonade de l’établissement, cinq adolescents organisent la protestation lycéenne en montant le groupe «Lemonade Mouth »...

La critique

rédigée par
★★★

Lemonade Mouth est un téléfilm de la collection des Disney Channel Original Movies produit tout spécialement pour le réseau de télévision, Disney Channel. Il est une adaptation du roman pour adolescents éponyme écrit par Mark Peter Hughes.

Au premier abord, Lemonade Mouth passe pour une énième adaptation d’une trame plébiscitée par les auteurs de Disney Channel : un groupe de jeunes se lance dans la musique... Toute la jurisprudence High School Musical - Premiers Pas sur Scène semble donc visiblement devoir de nouveau frapper. Et comme elle commence sérieusement à lasser son auditoire, elle explique sans doute, en bonne partie, le timide score d’audience réalisé par l’opus lors de sa diffusion sur le sol américain. C’est d’autant plus vrai que la vision lissée que renvoie Disney Channel à son public adolescent a sérieusement du plomb dans l’aile, au regard de l’émergence de programmes concurrents, bien plus subversifs que les D.C.O.M. et autres sitcoms de la chaine. Glee est ainsi dans tous les esprits et ne se prive pas de bousculer le genre, entre grossesse non-désirée, homosexualité assumée et poussée hormonale mal-contrôlée ... Quelle injustice pour Lemonade Mouth ! Le téléfilm amorce, en effet, une réelle mutation des fictions maison de la branche télévision de Mickey. Certes timide mais bien réelle. Le discours est ainsi moins politiquement correct et surtout, moins sage.

Etonnant : un D.C.O.M. incite à la rébellion ! Non seulement, les jeunes protagonistes combattent l’ordre établi mais payent en plus pour leurs agissement en se retrouvant derrière les barreaux, sans que cela ne soit finalement présenté comme une juste punition mais au contraire une légitimation de leurs actions. Jamais une production Disney Channel ne s’était aventurée jusque là, se contentant, d’habitude, d’un zeste de contestation histoire de faire bouger les lignes, toujours vite remises dans le droit chemin. Lemonade Mouth invite donc les plus jeunes à avoir des convictions, à les défendre et à s’extirper de la pensée unique !

Révolutionnaire Disney Channel ? Pas vraiment ! L’invitation à l’action se fait toujours dans le respect des valeurs traditionnelles de la chaine, à commencer par la famille, l'amitié et le travail même si quelques fissures apparaissent ça et là. Chaque membre du groupe est, il est vrai, en proie à différents problèmes dans sa vie personnelle, et notamment au sein de son cercle familial. Le parcours musical de chacun d’eux ne constitue, en réalité, qu’un prétexte : il s’agit ici de narrer l’histoire personnelle de cinq jeunes gens que le destin pousse à se rencontrer. Le téléfilm insiste sur les difficultés et aléas de la vie. Le succès ne vient ainsi pas tout seul : il a besoin de travail pour se révéler tout comme d’opportunités et de rencontres. Chose bien vue : les auteurs délaissent la voie, mille fois empruntée, des émissions de télé crochet comme gages de réussite mais s’évertuent plutôt à décortiquer la dureté d’un parcours vers le succès, entre les festivals amateurs et autres prestations au rabais dans des bars. Le métier rentre par le terrain et le travail... Tout un programme qui mérite, en durée, plus d’un quart d’heure de plus : Lemonade Mouth affichant 110 minutes là où ses prédécesseurs se contentent de l’habituel format de 90. Ce rajout de temps n’est d’ailleurs pas en soi un gage de qualité dans la mesure où le téléfilm ne se prive pas de quelques raccourcis faciles qui contredisent, à l’évidence, l’ambition première affichée dans son propos...

Disney Channel Original Movies oblige, Lemonade Mouth construit son casting à partir des égéries de la division télévision de la compagnie de Mickey : pas de jaloux, les cheptels de Disney Channel et Disney XD sont mis à contribution !
Née le 18 décembre 1992 à Washington, D.C. aux Etats-Unis, Bridgit Mendler est une actrice et chanteuse américaine. Elle est essentiellement connue pour son rôle de Teddy Duncan dans la sitcom Disney : Bonne Chance Charlie (dont elle chante par ailleurs le générique) même si c’est sa prestation en tant que Juliette Van Heusen dans la série Les Sorciers de Waverly Place qui l’a faite connaitre des téléspectateurs. Les plus attentifs se rappellent aussi de sa participation au tout premier épisode de la série avortée, JONAS. Ici, elle interprète avec justesse le rôle d’Olivia White, la chanteuse du groupe. Elle étonne par sa capacité à rendre son personnage totalement attachant en particulier dans le contexte familial plutôt difficile où il évolue. En cela, elle prend clairement ses distances par rapport aux rôles qu’elle a pu jouer dans les autres productions de la chaine...
Venu de la série Zeke et Luther, où il interprète Luther, Adam Hicks est à l’origine un acteur, rappeur et danseur américain, né le 28 novembre 1992, à Las Vegas, au Nevada. Il joue cette fois-ci Wendell "Wen" Gifford, le pianiste du groupe, et rappeur à ses heures. Moins charismatique que Bridgit Mendler, il arrive toutefois à attirer l’attention, essentiellement via la relation avec sa belle-mère dont il a bien du mal à accepter la présence...
Hayley Kiyoko est, pour sa part, inconnue du grand public même si elle apparait au générique de quelques épisodes des (Les) Sorciers de Waverly Place. Elle tient le rôle de Stella Yamada, la guitariste du groupe et forte tête de service. Sa grande personnalité en fait assurément l’un des personnages les plus intéressants du groupe ; c’est notamment elle qui en est l’élément déclencheur puis le moteur...
Naomi Scott endosse le personnage de Mohini "Mo" Banjare, la bassiste du groupe. Elle est une jeune fille sage qui entend ne pas décevoir son père, immigré d'Inde aux Etats-Unis pour offrir une vie meilleure à sa famille. Le choc des cultures constitue un vrai dilemme pour cette adolescente dont le cœur balance entre le respect des valeurs de son pays d’origine et celles de son pays d’accueil...
Enfin, Blake Michael tient le rôle de Charles "Charlie" Delgado, le percussionniste du groupe. Jouant un personnage effacé et timide, l’acteur ne parvient pas vraiment à exister et reste en réalité aux abonnés absents, sans consistance aucune...

Film musical à la base, Lemonade Mouth a l’inconvénient de s’appuyer sur une bande-son peu aboutie. Ses parties chantées ne font, à l'évidence, pas le poids face aux séquences parlées, dignes, elles et seulement elles, d’intérêt (un résultat qui est, en somme, le parfait contraire de Camp Rock). Les passages musicaux sont donc globalement pâlots, les chorégraphies ridiculement limitées et les chansons passe-partout... Seul le titre Determinate affiche ainsi un joli résultat punchy et entêtant : un bien maigre bilan !

Au discours moins conservateur qu’à l’accoutumée et brillant par une galerie de personnages attachants et complexes, Lemonade Mouth est un Disney Channel Original Movies de très bonne facture. A découvrir d’urgence.

L'édition vidéo

Jaquette Lemonade Mouth
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