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Rencontre avec l'Équipe du Livre de la Jungle

L'article

Publié le 13 avril 2016

Le lundi 11 mars 2016, l’Hôtel Bristol, à Paris, était le lieu d’une rencontre avec l'équipe du film Le Livre de la Jungle, la réadaptation 2016 du classique Disney de 1967. Chronique Disney a ainsi pu rencontrer Jon Favreau, le réalisateur du film ainsi que Leïla Bekhti, la voix française de Kaa, et Lambert Wilson, la voix française de Baloo.

Pour Jon Favreau, le plus grand défi pour sa version du Livre de la Jungle a été de trouver le ton juste. Le film d'animation de 1967 par Walt Disney est, en effet, une comédie musicale pour enfants là où le livre est bien plus sombre. Le réalisateur souhaitait ainsi que son opus s'adresse à tout le monde et pas uniquement au jeune public. Pour cela, il s'est inspiré d'autres films d'animation des années 30 comme Blanche Neige et les Sept Nains et des années 90 comme Le Roi Lion qui ont, en eux, un côté effrayant dont la version de 1967 est, elle, totalement dépourvue. Il voulait en outre garder l'humour du dessin animé tout en explorant également la phase plus sombre de l'histoire. Pourtant, et assez étrangement, avant d'enrôler Jon Favreau sur le projet, les studios Disney avaient dans l’idée de produire une version live du Livre de la Jungle encore plus éloignée du film d'animation de 1967. Ils voulaient revenir à l'essence même de l'histoire de Rudyard Kipling en insistant sur son côté noir et violent. C'est donc l’intervention du réalisateur qui a fait que le film de 2016 affiche beaucoup de connexions avec le classique de 1967. Il faut dire que des générations de spectateurs ont grandi avec ce long-métrage dont de nombreux éléments iconiques, chansons comprises, sont devenus cultes. Jon Favreau voulait donc que son film soit à la fois un hommage au classique mais aussi un film actuel à la capacité d’élargir son public en ne se limitant pas au seul statut de production destinée aux enfants. Il visait de la sorte un long-métrage aussi sombre qu'émouvant ou drôle. Le Roi Lion a d'ailleurs été un garde-fou pour la version 2016 du Livre de la Jungle dans sa dimension de dessin animé classique mais pourtant sorti à l'époque contemporaine alliant des chansons et de l'humour à des moments plus intenses comme la mort ou les combats dantesques d'animaux.

Dans sa volonté de rendre le film plus actuel, Jon Favreau a décidé d’accorder plus de place à la gente féminine quasi absente de la version de 1967. Le personnage de Kaa devient ainsi, sous son impulsion, féminin tandis que celui de Raksha, la mère louve voit ses scènes devenir prépondérantes. Il ne s’agit pas ici de coquetterie mais bien d’une démarche sociologique voire politique. Le réalisateur souhaite par-là démontrer l’importance de la place des femmes dans la société. Leïla Bekhti, la voix française de Kaa, confirme ce sentiment d’accomplissement. Elle confesse avoir adoré incarner ce personnage même si elle a été très étonnée d'obtenir le rôle, elle qui a un timbre si différent de Roger Carel. Elle apprécie l'évolution du personnage du serpent devenue sensuelle, envoûtante et maternelle. La scène avec ce Kaa, serpent femelle, est pour l’actrice presque plus forte que celle du film d'animation de 1967.

Sur l’incarnation française des personnages, Lambert Wilson, quant à lui, ne se voyait pas en Baloo mais plutôt en Bagheera : c'est en effet Disney France qui l'a convaincu qu'il serait parfait pour jouer l'ours épicurien. Le fait que le personnage original soit joué par Bill Murray et qu'en plus, il puisse interpréter la chanson légendaire, Il en Faut Peu pour Être Heureux, ont fini de le convaincre. D'ailleurs, reprendre la chanson après l'acteur américain a été une gageure car Bill Murray en a fait une version tellement personnelle que son doubleur français a dû réécouter plusieurs fois l'originale de 1967 chantée par Phil Harris pour bien se remettre en tête la mélodie et retranscrire en français la version de 2016. Lambert Wilson trouve dans ce nouveau Livre de la Jungle une relecture contemporaine qui est à l'image du monde d'aujourd'hui, plus sombre et plus tendu. En comparant les deux films, il y a, pour lui, presqu'une étude sociologique entre deux périodes totalement différentes. Il suffit de voir comment les attentes du public ont évolué en plus de quarante ans. En 1967 : la jungle était dangereuse alors que désormais elle doit être protégée ! Le film propose de la sorte une allégorie à l'écologie et à la place de l'homme par rapport à la nature.

Techniquement, Le Livre de la Jungle est un grand défi. L'opus s'est d’ailleurs bâti en plusieurs étapes, de façon minutieuse, débutant sa production comme un vrai film d'animation à la Pixar où tout est construit en storyboard. Ensuite, est venu le temps de la motion-capture comme Avatar avant d’en venir au tournage en prises de vue réelles utilisant des effets spéciaux identiques dans leur élaboration à ceux de Gravity. La ligne entre l'animation et le live est donc désormais de plus en plus flou au cinéma ! L'avantage d'un film comme Le Livre de la Jungle est ainsi de pouvoir allier les deux mondes : le film d'animation et la prise de vues réelles. D'un côté, en peaufinant l'histoire pour qu'elle soit la meilleure possible, comme le font de nombreux films d'animation qui n'enclenchent pas leur production tant qu'ils n'ont pas un scénario en béton ; et de l'autre, en travaillant le côté spectaculaire et épique du photo réalisme des films à prises de vues réelles. Le Livre de la Jungle a de la sorte nécessité une longue période de postproduction avec un stress inédit car basé sur l’incapacité de pouvoir montrer le film avant qu'il ne soit terminé et donc l'impossibilité de savoir si sa vision, c’est-à-dire ce que le réalisateur a voulu pour son film, sera comprise et appréciée par le public. Les récentes projections en avant-première et les différentes critiques presse autour du monde ont fort heureusement rassuré Jon Favreau tant il sent que le public et les professionnels sont réceptifs à son œuvre.

La rencontre avec Jon Favreau, Leïla Bekhti et Lambert Wilson pour Le Livre de la Jungle a été réellement passionnante : tous trois ont été accessibles et ont su transmettre à l’auditoire la passion qui les anime pour porter un si beau projet. Simplement enthousiasmants.