Dinotopia n'est pas à proprement parlé une production Disney. Il
s'agit, en réalité, d'une production télévisée anglaise d'Hallmark
Entertainement, diffusée aux USA par ABC, l'une des chaînes majeures de la firme
de Mickey. La mini-série a été ainsi présentée au public américain dans le cadre
de l'émission Le monde merveilleux de Disney.
La saga Dinotopia se scinde, en effet, en une mini-série de trois
épisodes d'une heure et demi et une saison de treize épisodes de quarante cinq
minutes. Seule la première a eu l'honneur d'une diffusion dans l'émission
estampillée Disney, bien qu'à aucun moment, la signature de la firme de Mickey
ne revête le programme. S'il est utile d'envisager l'intégralité des épisodes, il
convient toutefois de séparer la mini-série du reste de la production.
Cette "première partie" est, en effet, à bien des égards, époustouflante. Les
décors sont, il est vrai, superbes, l'histoire dépaysante, les effets spéciaux
réussis et les acteurs, particulièrement convaincants. Les spectateurs se
laissent ainsi prendre avec plaisir au jeu et suivent passionnément les
aventures de Karl et David. Il faut dire que le scénario envisage, dès le
départ, un développement sur trois épisodes et ménage donc le suspens de bout en
bout. L'idée de base est, à ce titre, vraiment originale. Elle provient, en
fait, d'un livre pour enfant de l'auteur et illustrateur américain, James Gurney,
bien que l'adaptation télévisuelle ne se soit inspirée que de la trame, sans
reprendre, ni l'histoire, ni les personnages de l'œuvre originale. Logiquement, la mini-série crée l'évènement et emporte l'adhésion du public dans tous les pays
où elle est diffusée, et notamment, bien sûr, aux Etats-Unis.
Succès aidant, Hallmark Entertainement commande donc une suite, sous la forme
d'une série de treize épisodes de quarante cinq minutes. Prête six mois plus
tard, le résultat s'avère vite catastrophique. Faute d'un budget à la hauteur de
l'ambition, la saison est, en effet, bâclée : cohérence et qualité en sont
lamentablement absentes. Les producteurs, incapables de maintenir le casting
original, commettent des bourdes incompréhensibles à ce niveau de
responsabilité. Non seulement, les acteurs sont différents mais ils arborent, en
plus, des apparences à l'opposé les uns des autres. Le personnage de David joué
jusqu'alors par un blond, aux cheveux ras prend ainsi les traits d'un brun à
forte tignasse tandis que Karl subit le sort inverse et abandonne sa chevelure
brune ondulée pour un blond platine lissé. Et le reste est à l'avenant ! Les
décors sont ridiculement chiches, l'histoire ennuyeuse à mourir et les effets
spéciaux bricolés pour ne pas dire ratés. Hallmark Entertainement n'a d'ailleurs
peur de rien puisqu'elle termine la saison sur une fin ouverte, persuadée que le
public en redemanderait... Peine perdue. Devant autant d'inepties, la sanction
est immédiate : les téléspectateurs se lassent et boudent la série. L'audience
ne cesse de fondre et réalise de telles contre-performances qu'ABC en stoppe
nette la diffusion en milieu de saison. Les américains doivent ainsi attendre
une sortie DVD pour voir la série dans son intégralité. Ils ne manifesteront
d'ailleurs pas plus d'enthousiasme sur le marché de la vidéo qu'ils ne l'avaient
fait lors de la diffusion sur le petit écran. Sur l'autel du suicide, la France
n'est pas en reste puisqu'une chaine de télé, Téva, réussit, elle, le tour de
force de rajouter à la débâcle artistique, un découpage de l'œuvre aussi
hasardeux qu'imbécile. Elle fond, en effet, la nouvelle saison et "construit"
des épisodes d'une heure trente chacun, bousculant l'ordre (!) et omettant le
dernier (!!)...
Dès lors, Dinotopia doit être envisagé séparément. La mini-série
est à plébisciter tant elle contient tous les ingrédients d'une bonne œuvre de
télévision tandis que la série est à fuir, toute pathétique qu'elle est.
A noter :
Le décor de Waterfall City se trouve dans le parcours de Studio Tram aux Walt
Disney Studios de
Disneyland Resort Paris.