Almost Angels prend des airs de rencontre entre Le Cercle des Poètes Disparus
et Les Choristes. Narrant la vie d'écoliers dans une prestigieuse école
de choristes, son récit est, en effet, une belle leçon d'amitié entre deux
jeunes garçons. Le premier, Tony, interprété par Vincent Winter, déjà vu dans le
film
Bobby des Greyfriars ou le téléfilm
L'Affaire du Cheval Sans Tête,
réalise son rêve malgré les nombreux obstacles placés par la vie sur son chemin
tandis que le second, Peter, joué par Sean Scully, remarqué dans le film Le Justicier aux Deux
Visages et le téléfilm Le Prince et le Pauvre, connait des
bouleversements radicaux dans son existence, pressé de trouver une nouvelle voie
; tout deux étant conseillés avec bienveillance par leur professeur de chant.
Almost Angels affiche ainsi une belle intention éditoriale.
La trame est dense et aborde des thèmes variés allant de l'ambition à tout crin
à la poursuite de ses rêves, en passant par l'accomplissement de soi et la force
de l'amitié. Il introduit également le spectateur dans le monde fermé et
ultra-sélectif des écoles de choristes. De nombreux morceaux d’opéras classiques,
plus ou moins connus, sont ainsi joués et supportés par des décors absolument
superbes, Vienne servant en effet de lieu idéal au récit. La production n'a
visiblement pas rechigné sur les moyens offrant au film une grande authenticité
dans ses prises de vues, en intérieur et extérieur.

Salué par la Critique, Almost Angels rate pourtant sa
présentation au public. Mal soutenu par son studio, couplé fort curieusement à
une ressortie de La Belle
et le Clochard en 1962, il est littéralement boudé dans les salles. Il paye là
au prix fort un mauvais bouche-à-oreilles, provenant non de son absence de
qualité mais de son mauvais positionnement commercial. La campagne publicitaire
orchestrée autour du film, accroches et affiches en tête, plaidait, il est vrai,
pour une histoire d'apprentis chanteurs, certes, mais chahuteurs et bagarreurs ;
une atmosphère à mille lieux du récit. Dès lors, la catégorie de spectateurs
attirés a été piégée, tombant sur une œuvre dont elle ne soupçonnait pas la
sensibilité. Parallèlement, le public, plus adulte, susceptible de l'apprécier
passe son chemin, repoussé par l'image outrancière donnée par les publicités.
Film émouvant, au ton juste et sensible, Almost Angels est
une pépite oubliée. A redécouvrir d'urgence.