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Le Bossu de Notre-Dame
Du Roman au Film

3 - Du Paradis à l'Enfer

Hugo utilise beaucoup de contrastes dans Notre-Dame de Paris. J'ai fortement remarqué que dans son roman, Paris est un personnage vivant et complexe. Et comme tout personnage vivant, elle possède de multiples facettes opposées et variées, cependant complémentaires. Si Notre-Dame est calme et silencieuse comme une forteresse ou un sanctuaire religieux, les rues de la ville, en revanche, vivent au rythme de la foule. Quant aux parties souterraines de la ville, elles évoquent le tréfonds de l'enfer. C'est pour cela que j'ai décidé de parler dans cette partie de deux facettes opposées de la ville de Paris, qui sont très présentes dans le roman et que les studios Disney ont très bien mises en valeur, qui sont la cathédrales et "la Cour des Miracles". La cathédrale symbolise Dieu et est un lieu de paix, de tranquillité et d'asile pour les habitants de Paris. "La Cour des Miracles" représente pour les parisiens de l'époque le quartier général des voleurs, des truands et surtout des gitans. En résumé, si on se promène dans Paris, on peut passer, sans s'en apercevoir, du paradis à l'enfer.

3.1-La cathedrale et ses gargouilles

3.1.1 Notre-Dame

Toute la dimension historique magistrale de Notre-Dame de Paris me permet parfois d'imaginer, comme s'il s'agissait d'un documentaire, la vie parisienne au Moyen-Age. La description des édifices les plus impressionnants de la ville est très précise ; leur aspect et leurs fonctions sont parfaitement détaillés. Mais le roman n'est en aucune façon un voyage touristique dans le passé. Hugo voulait que Notre-Dame, le centre de l'histoire, apparût comme un personnage à part entière, aussi vivant, varié, complexe et changeant que les autres. Notre-Dame se dresse au milieu de la ville de Paris. La cathédrale représente un symbole de force pour Quasimodo, pour les gitans et pour les citadins, mais c'est une menace aux yeux de Frollo. Dans cette histoire, il s'agit réellement de la présence de Dieu sur Terre.

Comme je l'ai dit dans la deuxième partie, la cathédrale avait une grande influence sur Quasimodo mais l'inverse était également vrai. Et à travers les relations exceptionnelles que Quasimodo entretient avec Notre-Dame, Hugo renforce l'humanité du lieu saint. Quasimodo donne vie aux cloches, les pierres elle-mêmes semblent partager la vie et les sensations de Quasimodo : "... La présence de cet être extraordinaire faisait circuler dans toute la cathédrale je ne sais quel souffle de vie. Il semblait qu'il s'échappât de lui, du moins au dire des superstitions grossissantes de la foule, une émanation mystérieuse qui animait les pierres de Notre-Dame et faisait palpiter les profondes entrailles de la vieille église. Il suffisait qu'on le sût là pour que l'on crût voir vivre et remuer les mille statues des galeries et des portails..." (livre IV, chapitre III).

Les artistes de Disney ont utilisé l'éclairage, le dessin, la mise en scène et la musique pour donner l'impression que la cathédrale possède autant de force et de vie que dans le roman de Hugo. J'ai cru que la cathédrale réagissait différemment en fonction des personnages du film. Par exemple, lorsque les yeux des grandes statues des saints, dans la cathédrale, semblent traquer Frollo avec un air de reproche. Lui, perçoit l'église comme le témoin et le juge de ses actes. Les couleurs employées sont sombres et le dessin rend aux statues un effet autoritaire leur conférant un regard accusateur. Ou encore, lorsque Esmeralda pénètre dans l'église, émerveillée, respectueuse et apeurée, la lumière qui pénètre par les vitraux semble l'envelopper et l'encourager, quelles que puissent être ses croyances religieuses. La lumière est chaude, apaisante et transmet une impression de compréhension et d'amour comme une mère le ferait à son enfant. Pour souligner musicalement la puissance de telles scènes, Disney n'hésita pas à créer des chansons à consonance religieuse en utilisant des sons de cloches, des choeurs latins et parfois de l'orgue.

Les rues enchevêtrées du Paris médiéval que nous présentent les studios Disney, m'évoquent un labyrinthe, une image qui s'oppose de façon frappante à l'idée que je me fait de Notre-Dame. Avec l'éclairage, les angles des prises de vue et les formes, j'ai l'impression qu'il s'agissait d'un endroit où les gens avaient du mal à vivre, parce qu'ils étaient entassés et qu'ils manquaient d'espace et d'argent. Notre-Dame représentait un asile pour échapper à l'agitation de la ville. Je crois que pour souligner cela les studios Disney ont développé les lignes droites pour Notre-Dame et pour les bâtiments de Paris, de manière à les rendre plus grands aux yeux des habitants et à renforcer ainsi l'effet de claustrophobie. Grâce à l'atmosphère de certaines scènes, à l'éclairage des décors et à l'ambiance musicale, Disney a bien restitué la lutte entre l'ombre et la lumière très présente dans le roman de Hugo.

Mais Disney ne pousse pas la personnification de la cathédrale aussi loin que l'écrivain français. En effet, toutes les descriptions précises, et profondément gothiques, de Notre-Dame, semblent prouver que Hugo voulait donner aux événements extraordinaires qu'il décrivait des arrière-plans épiques. Mais ces descriptions étaient aussi censées soulever des polémiques et servir une croisade esthétique. Il faut savoir que les hommes du temps de Hugo préféraient l'architecture romane ou classique à l'architecture gothique, laquelle était souvent associée à un excès de simplicité, à la vulgarité. Hugo, dans le chapitre I du livre III, nous décrit Notre-Dame comme on devait la voir en 1482 et il nous montre à quel point elle a été détériorée au fil des siècles. J'ai remarqué un petit détail, dans ce passage.

Hugo nous dit qu'à l'époque, le seuil de Notre-Dame était plus haut de onze marches par rapport au sol de Paris et qu'il n'y était plus à son époque. En observant les dessins de Notre-Dame fait par Disney, on remarque ces marches ce qui peut prouver qu'ils sont vraiment bien restés fidèles à Hugo ou du moins à Notre-Dame. La question est : est-ce que ces marches ont été reconstruites après la publication de Notre-Dame de Paris grâce à la mobilisation de Hugo et donc auraient juste été reproduites par Disney, ou n'existent-elles pas aujourd'hui prouvant la fidélité des studios pour l'oeuvre française ?

Hugo imite et glorifie le style gothique, qui représente pour lui l'homme ordinaire, le caprice, l'espoir, la liberté et la rébellion. Hugo a permis grâce à son roman de sauver la cathédrale du changement et a pu faire comprendre aux gens l'importance de conserver notre architecture. Il nous expose les raisons du manque d'intérêt, pour les français de l'époque, pour l'architecture dans le livre IV au chapitre II. Il y dit que l'architecture, qui au Moyen-Age était le moyen d'expression de l'humanité, qui permettait de conserver la mémoire humaine au travers des temps, a été tuée par l'imprimerie. En effet, les livres sont devenus le moyen de faire circuler et de conserver les différentes idées. A partir de la Renaissance, l'architecture se meurt et ce grand art se divise en de nombreux "petits", tel la peinture, la sculpture... L'architecture était un tout, elle est devenue un art unique. Elle est maintenant plus un moyen d'expression d'un artiste plutôt que l'art collectif d'une population. Le livre garde actuellement la mémoire humaine. Mais n'est-il pas en train de se faire détrôner à son tour ? La télévision et les vidéos, dans un premier temps, et maintenant l'informatique et le réseau Internet sont en train de remplacer le livre. Tout comme l'architecture, il y a plusieurs siècles, le livre n'est plus le moyen de transmettre toutes les pensées humaines. Par exemple le livre sur François Mittérand a été interdit, mais on le retrouve sur Internet. Peut-être que dans quelques siècles, il ne restera de Notre-Dame que quelques photos dans un site du web, ou le seul exemplaire de Notre-Dame de Paris se trouvera sur Internet car les livres auront disparu ? Je trouverai cela dommage car rien ne vaut se trouver dans le lieu saint pour admirer la beauté de la cathédrale, pour ressentir le respect qui nous porte à la piété devant cet édifice merveilleux dédié à la plus pure de toute les femmes.

3.1.2 La Muraille, La Rocaille et La Volière

Les éléments qui, tout au long du film, permettent de raconter l'histoire avec l'humour et la légèreté, sont les gargouilles. Ce sont des personnages qui n'existent pas dans le roman et qui correspondent parfaitement à la tradition Disney. De nombreux petits personnages apparaissent régulièrement dans leurs films et sont toujours à l'origine des moments comiques : Meeko, le raton laveur, dans Pocahontas ; Abu, le singe, et le tapis volant dans Aladdin ; Lumière, le chandelier, et Big Ben, l'horloge, dans La Belle et la Bête... Dans Le Bossu de Notre-Dame, les gargouilles sont plutôt proches de Jiminy Cricket, dans Pinocchio, car elles expriment certains aspects de la conscience de Quasimodo : d'abord, le côté sauvage qui veut sortir et faire des folies, puis le côté sage et loyal, et enfin le côté un peu snob. Néanmoins, les cinéastes ont choisi de ne pas utiliser la magie ; et les gargouilles sont le fruit de l'imagination de Quasimodo.

Dans le roman, l'idée que les gargouilles parlent est en partie suggérée par Hugo : " ... Les autres statues, celles des monstres et des démons, n'avaient pas de haine pour lui Quasimodo. Il leur ressemblait trop pour cela. Elles raillaient bien plutôt les autres hommes. Les saints étaient ses amis, et le bénissaient ; les monstres étaient ses amis, et le gardaient... " (livre IV, chapitre III).


De gauche à droite : La Muraille, Quasimodo, La Rocaille et La Volière

Les trois gargouilles ont des caractères différents : La Rocaille est la plus grande et la plus volubile, La Muraille est totalement le contraire : c'est le comique de la bande, La Volière est la doyenne malicieuse virevoltant autour de ce duo bavard : elle est la confidente et la conseillère de Quasimodo. Nous pouvons voir cette dernière page suivante

La folie s'exprime lorsque les gargouilles chantent Un gars comme toi pour encourager Quasimodo, accablé par l'amour sans retour qu'il voue à Esmeralda. En essayant de lui remonter le moral, elles jouent le rôle d'un conteur, d'un pianiste éblouissant, d'un chanteur de salon et d'un homme à femmes, et elles poussent Quasimodo à retrouver ces facettes en lui-même. Ce passage est amusant car les gargouilles nous dépeignent Quasimodo bien autrement de comment le perçoit l'homme de la rue.

Les gargouilles permettent à Disney d'exprimer les conflits intérieurs de Quasimodo et d'en faire partager le spectateur. Elle amène également une certaine légèreté et bonne humeur qui s'oppose au reste du film, et surtout à la populace, aux voleurs, aux gitans, à la "Cour des Miracles" du Paris médiéval.

3.2-Clopin, les bohémiens, la "Cour des Miracles" et les personnages oubliés

3.2.1 Clopin

Victor Hugo compare Clopin, le roi miteux des gitans opportunistes, extravagant et charlatan, à "... une chenille sur une orange..." (livre I, chapitre IV). Dans le roman, Clopin fait sa première apparition importante lorsqu'il se présente, avec Quasimodo, à l'élection du Pape des Fous. Hugo écrit à propos de Clopin : "... Dieu sait qu'elle intensité de laideur son visage pouvait atteindre... " (livre I, chapitre V). Clopin est un exclu, persécuté, qui a appris à survivre en marge de la société ; c'est un menteur hors pair, un tricheur, un farceur, qui est passé maître dans l'art du déguisement. Hugo en fait l'un des mendiants du palais de justice, et le maître absolu de la "Cour des Miracles ", ce repaire sinistre où les gitans, les proscrits et les canailles se retrouvent.

Clopin, qui est lui aussi un exclu et un fugitif, se déplace et s'exprime avec une liberté et une aisance libres de toute notion de classe, qui s'opposent radicalement au comportement de Frollo ; bien qu'il appartienne au groupe le plus méprisé de la société, il s'efforce de rester un peu au-dessus de la canaille et cherche à capter l'attention et le respect, soit en animant la fête des fous, soit en distrayant les enfants de la rue. Le fait de se trouver ainsi un peu à l'écart lui permet de croire qu'il peut changer son destin. L'histoire se déroule à une époque où les gens se distinguaient par leur apparence, par leurs vêtements, par leur appartenance à un groupe. Clopin et les gitans, qui font partie d'un peuple méprisé, constituent un repère social qui nous permet de voir qu'elle est la place exacte de Quasimodo dans la société. Si les gitans et Quasimodo deviennent alliés à la fin du film, c'est parce qu'il appartient à la même couche sociale qu'eux, celle des proscrits.

La façon dont Clopin est dessiné souligne l'agilité et la souplesse que doivent posséder les gitans pour vivre : alors que Frollo et les siens sont conçus verticalement, Clopin et les gitans sont sinueux ; leurs mouvements sont rythmés et leurs formes sont plus étranges.

Personnellement, Clopin est mon personnage préféré dans le film. Il a un rôle ambigu qui lui donne une certaine sympathie. C'est un personnage secondaire, mais on le voit dans de nombreuses scènes ; inutile à l'action du film, il est pourtant le moteur du déroulement de l'histoire en nous l'introduisant et en la concluant ; ni bon ni mauvais, il n'hésiterait pas à pendre Frollo ou Quasimodo. En fait, Clopin représente tout à fait le coté adulte du Bossu de Notre-Dame car on y voit une personne ordinaire ni bonne , ni méchante qui essaye uniquement de survivre dans un monde cruel.

3.2.2 Les gitans

Tout simplement le fait de prononcer le mot de "gitan" évoque d'innombrables images : diseuses de bonne aventure, mendiants, enlèvements d'enfants, escroqueries et mensonges ; nomades mal compris, les gitans évoquent aussi, par tradition, la magie et l'occulte (avec leurs vêtements colorés, leurs boucles d'oreille tintinnabulantes, leurs tambourins bruyants et la musique ardente de leurs violons). Dans Notre-Dame de Paris, les gitans, incarnés par Esmeralda, Clopin et les leurs, sont des proscrits, des vagabonds. Dénués de tout droit, ils font l'objet de fascination, de malentendus et de persécution.

Notre-Dame de Paris relève un grand nombre d'idées reçues et de superstitions concernant les gitans. Dans le livre VI, chapitre III, trois femmes sont en route pour offrir un gâteau à une recluse lorsque l'une d'elle saisit le bras de son fils et s'exclame : "... Dieu m'en garde ! elle me volerait mon enfant ! ..." . Plus loin, la même femme dit que les gitans ne sont qu'une bande d'excommuniés d'Egypte dont les femmes sont encore plus laides que les hommes et dont les enfants auraient fait peur à des singes. Puis elle revient une nouvelle fois à la charge : "... Il courait cependant sur eux de méchants bruits d'enfants volés, de bourses coupées et de chair humaine mangée...".

Disney, dans son film, a mis en valeur également ce racisme envers les gitans mais ce ne sont pas les parisiens qui les rejettent, c'est seulement l'autorité. Frollo est raciste et veut se débarrasser des gitans, race de voleurs par excellence. Disney montre tout de même les préjugés des parisiens au tout début du film : une mère gronde son enfant pour être en train de regarder Esmeralda danser et lui dit que les gitans sont des bons à rien. Dès le début, on voit que les gitans sont persécutés. Comme dans le roman, ils représentent les bohémiens comme la classe sociale la plus basse et la "Cour des Miracles" comme l'enfer de la capitale. Il est agréable de voir que Disney n'a pas mis sous silence cet aspect du roman en ayant peur de montrer le racisme et les préjugés des gens en général. Car je pense que, pour Disney, les gitans sont les noirs, et les parisiens sont les américains. Ils voulaient dénoncer le racisme latent qui règne aux Etats-Unis.

Mais nous, Français, pouvons également nous sentir concernés. Nous ne savons pas d'où viennent les gitans sauf qu'ils sont apparus en France durant le Moyen Age. Depuis, que de préjugés, de mépris, de mensonges ont été dits sur ce peuple. Car perçus comme un défi à l'ordre établi, les gitans étaient souvent chassés des terres inhabitées par des vagues successives d'envahisseurs. Lorsqu'ils arrivaient dans un pays, on les acceptait parfois comme réfugiés, mais ensuite, ils étaient ordinairement traités comme des voleurs, des sorciers et des antichrétiens. Depuis lors, ils n'ont jamais cessé d'errer.

3.2.3 La "Cour des Miracles"

Autre chose, Hugo voyait les gitans comme des êtres sauvages, pittoresques, néfastes, libres et capables d'attendre dans les souterrains de Paris, déguisés, pour mieux surprendre leurs victimes. De ce fait , une teinte sombre enveloppe la séquence qui décrit la "Cour de Miracles". Voici la description qu'en fait Hugo : " ... Il y avait un cabaret dans la salle basse, et le reste dans les étages supérieurs. Cette tour était le point le plus vivant et par conséquent le plus hideux de la truanderie. C'était une sorte de ruche monstrueuse qui y bourdonnait nuit et jour..." (livre IX, chapitre III).

Dans le film de Disney, l'emplacement et l'ambiance de la "Cour des Miracles" s'éloignent radicalement de la description de Hugo. Je dirai même que par certains côtés, elle est plus sombre, plus noire que chez Hugo. Le repère des gitans est caché dans les catacombes et dans les souterrains de Paris. Les bohémiens peuvent alors s'y cacher et échapper à la persécution de Frollo. Cependant, bien que les gitans soient obligés d'aller sous terre, un endroit peu agréable, ils sont tout de même chez eux. La séquence des catacombes reflète l'aspect chaotique mais humain de l'endroit où vivent ces exclus : les gitans ont amené leur vie colorée dans ce sous-sol ; et malgré l'absence d'arbres et de plantes, ceux-ci parviennent à donner un aspect organique à leur espace vital en accrochant des tapisseries un peu partout par exemple.

Dans ce passage du film, Clopin nous fait trembler avec une chansonnette plutôt macabre : La Cour des Miracles dont voici des extraits des paroles :

"...Peut-être connaissez-vous ce repaire, 
Que les gueux de Paris ont choisi pour tanière ? 
Ce lieu est un tabernacle, 
Qu'on baptise : la Cour des Miracles ! 
Joyeux spectacle !
Où les boiteux dansent, où l'aveugle voit. 
Les morts font silence.
Le silence de mort, les morts ont toujours tort.
Nous protégeons les espions en intrusion, 
Ce nid de fripons comme font les frelons. 
Ce serait à la Cour des Miracles, 
Un miracle étonnant, si vous en sortiez vivants !..."

Dans cette séquence, humour et gravité sont étroitement liés : lorsque les gitans se préparent à pendre Phoebus et Quasimodo qu'ils ont attrapé après leur avoir tendu un piège lorsque ceux-ci venaient les prévenir d'un danger imminent, ils sont plutôt impitoyables car ils pensent avoir à faire à des espions mais fidèles à leur nature, ils abordent cette exécution avec un sens de la fête. Ils ne sont pas méchants, ce sont juste des survivants qui se cachent sans cesse, car ils se savent pourchassés et ils sont donc obligés de tendre leurs propres pièges pour se défendre de tous les agresseurs.

3.2.4 Les personnages oublies du roman

Dans le roman, il existe une multitude de personnage que Disney n'a pas fait apparaître dans son film par faute de temps ou pour ne pas alourdir le scénario. J'ai choisi de les présenter brièvement dans cette partie, car ce sont tous des proscrits, des exclus plus ou moins liés à la "Cour des Miracles" et à l'enfer de Paris. Tout d'abord, Gringoire, poète et écrivain à ses heures, il est lié à la Cour des Miracles par son mariage avec Esmeralda. C'est le premier personnage auquel on s'attache dans le roman : c'est l'acteur principal des deux premiers livres. Il est étonnant qu'il ne soit pas apparu dans le film car c'est tout de même un personnage important. Ensuite, je peux citer Jehan Frollo, le frère de l'archidiacre, vaurien et presque voleur, il est vite rentré au sein du repère des gitans. Enfin, il y a la recluse, qui n'est autre que la mère d'Esmeralda, qui vit dans le trou aux rats, véritable trou de l'enfer.

Ces personnages sont tous de même relativement important, mais si Disney a choisi de ne pas les mettre, à mon avis c'est pour que ses personnages principaux n'aient pas de famille ( mis à part Quasimodo dont on voit la mère au début). Cela met plus en avant la notion d'exclusion de savoir que ces personnages n'ont personne vers qui se tourner et qu'ils seront obligés de se débrouiller eux-même, avec plus ou moins de réussite, pour pouvoir sortir de leurs enfers.