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Rogue One : A Star Wars Story
Rencontre avec Gareth Edwards

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Publié le 05 décembre 2016

Rogue One : A Star Wars Story, qui sort dans dans les salles françaises le 14 décembre 2016, est le premier film indépendant de l'univers Star Wars à ne pas se focaliser sur l'histoire de la famille Skywalker. Son réalisateur Gareth Edwards est un cinéaste britannique autodidacte, expert des effets visuels, qui a signé en 2010 son premier film, Monsters, pour la somme dérisoire de 500 000 dollars de budget total. Petit opus de science-fiction produit avec une équipe réduite, il n'en reste pas moins une belle réussite et surtout un vrai tour de force qui rencontre un très bon accueil auprès des critiques comme du public. Son succès lui ouvre d'ailleurs grandes les portes d'Hollywood et lui permet de réaliser en 2014, le grand retour au cinéma de Godzilla, avec un film efficace qui cartonne dans les salles. La carrière de Gareth Edwards continue alors sa folle ascension avec Disney qui lui confie, en mai 2014, la réalisation de Rogue One : A Star Wars Story.

Peu avant sa sortie française, Gareth Edwards est venu à la rencontre des journalistes français à l'Hôtel Meurice, avant d'accorder son seul passage à la télévision dans l'hexagone chez Yann Barthès pour son émission Quotidien diffusée sur TMC. En compagnie d'autres rédacteurs de sites web consacrés au cinéma et à l'univers Star Wars, Chronique Disney a donc eu la chance de rencontrer Gareth Edwards le 29 novembre à Paris.

Rencontre avec Gareth Edwards

[Presse] Vous avez tourné votre premier film avec cinq personnes, celui-ci avec près de 1 000 techniciens, quelle est la différence entre ces deux expériences ?

[Gareth Edwards] C’est étrange, mais vraiment similaire et ça ne devrait pas l’être ! Mais vous êtes protégé en tant que réalisateur sur un grand film et ils créent une sorte de bulle autour de vous. Honnêtement, si vous me rassemblez les 1000 techniciens et me demandez le nom de toutes ces personnes, je ne pourrais pas vous dire. On ne travaille pas toujours en contact direct avec chacun d’entre eux. Moi, je parlais principalement aux acteurs et assistants réalisateurs et au directeur de la photographie. Pour les autres, je ne leur parlais pas vraiment, et c’est assez fou d'ailleurs. J'ai fait mon premier film, vraiment petit, très indépendant, puis j’ai réalisé mon premier blockbuster digne d’Hollywood... C’est vrai qu’il y a beaucoup de restrictions sur un petit film et les gens qui vous font des compliments à ce sujet vous disent souvent « Comment tu as réussi à faire quelque chose de si bien avec aussi peu d’argent ? ». Et bien, je pense que la question contraire doit aussi être posée : « Comment as-tu fait quelque chose d’aussi bien avec autant d’argent ? ». Car, quand on a beaucoup de budget, la pression est immense. C’est difficile de faire un bon film quand tout le monde est inquiet : donc, pour moi, c’était important d’essayer d’allier le meilleur des deux mondes. Nous avions un cahier des charges avec le directeur de la photographie qui nous permettait de rendre le tout plus libre, plus organique. Par exemple, il n’y avait pas de marques au sol pour signaler les emplacements exacts des acteurs et nous avons construit des décors à 360 degrés. Sur le premier lieu de tournage, si sur un plan, les acteurs allaient sur la gauche et qu’en tournant la caméra il y avait des techniciens dans le champ, c’était problématique ! Pour cette raison, dès le lendemain, toute l’équipe s'est mise à porter des costumes Star Wars : si je tournais la caméra, tous pouvaient être dans le film ! Voilà, il y a eu plein de trucs dans ce genre là ! Nous avons utilisé beaucoup d’astuces pour essayer de garder une intimité et la petitesse de tous les bénéfices que l’on peut avoir de petites scènes plus émotionnelles et réelles tout en gardant l’aspect grandiose de Star Wars, surtout dans les séquences de combats.

[Presse] Comment intègre-t-on une mythologie telle que Star Wars qui existe déjà avant même que vous ne fassiez votre propre film ?

[Gareth Edwards] Notre film avait un problème assez unique car normalement quelqu’un a une bonne idée pour sa  mise en place et tout roule :  dès lors, le problème est souvent de savoir comment terminer son récit, car on part toujours dans tout un tas de directions ; or, ici, la question était de savoir comment il se connecte au film original de la saga Star Wars. Ainsi, nous avons eu le problème contraire, nous avions notre fin mais nous ne savions pas comment commencer. Nous avons donc dû faire le processus inverse et c’est un peu comme un vrai puzzle où vous essayez quelque chose qui ne va pas forcément marcher, puis vous essayez autre chose et ainsi de suite. La solution est de trouver tous les ingrédients familiers que l’on retrouve dans les films originaux tout en apportant un aspect différent à ces histoires. Par exemple, un jeu que nous faisions était d’enlever toute la science-fiction de notre aventure afin d’essayer de raconter le film comme s’il s’agissait d’un événement historique. Une façon facile de procéder était de prendre pour base la Seconde Guerre mondiale : nous avions donc l’Étoile de la Mort qui symboliquement représente une bombe nucléaire, l’arme ultime et la course pour être les premiers à l'avoir. Il se trouve que j’ai travaillé à la BBC il y a plusieurs années sur un documentaire sur J. Robert Oppenheimer, l’inventeur de la bombe atomique. C'était une personne vraiment intéressante car il avait beaucoup de remords et de regrets à ce sujet et il est devenu en quelques sortes le personnage du père de Jyn dans le film. Il était derrière certaines des grandes idées qui ont fini par aboutir sous la forme de l’Étoile de la Mort. L’Empire vient donc vers lui pour développer son arme ultime et notre film se concentre sur l'idée de retrouver Jyn car la fille peut amener la Rébellion vers son père. Là, on s’est dit que l’on avait tous les ingrédients pour faire un film Star Wars qui est l’histoire d’une famille avec des relations brisées entre un père et son enfant, les péchés d’un père, peut-être la rédemption, le bien et le mal sans oublier l’Étoile de la Mort ! Cela nous a pris vraiment du temps pour construire le squelette de notre film comme il a fallu beaucoup de travail pour certains détails. Mais c’était une vraie percée quand on a enfin véritablement trouvé l'élément central du récit.

[Presse] Pouvez-vous nous parler de votre collaboration avec Greig Fraser, le directeur de la photographie, connu pour son travail sur Zero Dark Thirty ? Qu’a-t-il apporté à l’univers Star Wars ?

[Gareth Edwards] J’ai rencontré de nombreuses personnes très talentueuses et quand vous faites Star Wars, peu importe si les gens sont surchargés de travail, ils vont toujours trouver du temps et arrêter ce qu’ils font pour faire partie de l'aventure. Je leur ai tenu à toutes le même discours : je répétais sans cesse que c’était important pour moi de faire un film non pas avec les standards d’Hollywood classiques mais un film réel, vivant, pas seulement limité aux acteurs. Je voulais qu’ils aient une certaine liberté et toutes ces choses sont compliquées à gérer pour les directeurs de la photographie car ils ont besoin de savoir exactement où seront les caméras. Or, je ne voulais que cela ne rende pas comme un documentaire mais plutôt avec un côté organique similaire à la vraie vie. Et quand j’ai rencontré Craig, je m’apprêtais à lui faire mon petit discours quand il m’a dit exactement la même chose, qu’il n’était pas intéressé pour faire un gros film hollywoodien, mais quelque chose de plus artistique et organique. Je me suis dit que c’était l’homme qu’il me fallait ! On s’est vraiment bien entendus, il a un œil extraordinaire, son sens de la mise en scène est fantastique et on avait donc un petit cahier des charges avec les choses qu'on ne voulait pas faire sur le film. Il a livré un travail extraordinaire. Par exemple, pour rendre une scène encore plus réaliste, nous devions tourner une séquence dans un vaisseau spatial. Ce vaisseau était sur un bras mécanique et donc une partie de l’équipe se trouvait à l’intérieur avec une caméra tandis que tout autour du vaisseau, nous avions des écrans LED pour illuminer les acteurs. Chacun d'eux avait préparé des situations de vol pour le vaisseau et donc, quand nous sommes rentrés à l’intérieur, ils ont fermé les portes pour que l’on puisse tourner à 360 degrés : nous y sommes restés pendant une heure ! Toute l’équipe devait attendre une heure au sol  pendant que nous volions et que nous tournions la scène ! C’était vraiment comme être dans un vaisseau spatial - ou dans l’hélicoptère de Zero Dark Thirty - mais avec des rebelles et cette fois-ci, un U-Wing. A la fin de la scène, les portes s’ouvrent et la chaleur était pesante au point d'oublier que nous étions à Londres tellement on s’habitue vite à l’idée d’être sur Idu, la planète du film  : c’était incroyable ! On a aussi essayé le plus possible d’utiliser toutes les ressources des caméras. Or, il faut savoir que dans l’industrie du cinéma, il existe deux compagnies rivales, Panavision et Arry, un peu comme Pepsi et Coca-Cola. Et bien, pour la première fois, Greig a réussi à les faire travailler ensemble sur le film !  Nous avions donc des objectifs Panavision 70 mm des années 60 qu’ils utilisaient sur Ben-Hur, mais aussi des caméras digitales Arry 65 mm comme un format IMAX : ils ont connecté les deux ensemble donc nous avons obtenu une résolution digne de l’IMAX mais avec un côté très organique des années 1970. Et je pense que beaucoup de la beauté du film, ce à quoi les gens semblent s’attacher en le voyant, est présent grâce à Greig.

[Presse] On a vu dans les bandes-annonces qu’il y avait de nombreux nouveaux concepts dans le film, comme les Deathtroopers par exemple : comment avez-vous fait pour faire co-exister de nouvelles choses avec l’univers déjà installé de Star Wars ?

[Gareth Edwards] Je suis vraiment un grand fan de Star Wars. Petit, je regardais les films tous les jours. Pour mes trente ans, je suis allé en Tunisie pour voir la maison de Luke Skywalker, visiter les lieux de tournages, etc. Je pense que la première chose qui arrive quand on commence à travailler sur Star Wars en tant que réalisateur c’est que l’on veut prendre un maximum de choses possibles et les mettre dans son film. Et pendant ce temps, les producteurs vous regardent en se disant « Ok, laissons passer une journée ou deux, laissons-lui penser que tout le monde peut être dans son film et qu’il réalise tout seul que c’est beaucoup trop et que le film ferait dix heures de long ». Donc, on devient plus sélectif et on se dit que l’on a besoin de ce personnage-là et de celui-ci. Il y a une scène au début du film dans laquelle il y a des stormtroopers : la séquence est censée être assez intimidante et nous l’avons dessinée dans les premiers artworks avec des stormtroopers classiques. Or, ça ne semblait pas assez effrayant parce que tout le monde sait aujourd’hui que, quand ils tirent, ils ratent leurs cibles ! Et nous voulions créer une sorte de nouvelle brigade, comme des stormtroopers version Navy SEALs. Et quand nous avons regardé dans les dessins originaux à Lucasfilm, nous étions sur les premiers dessins faits aux prémices du développement du tout premier film : les stormtroopers y semblent vraiment cools, grands et fins. Il y avait aussi cette image particulière que Ralph McQuarrie avait dessinée qui était superbe. Alors, je me suis demandé pourquoi on ne pouvait pas utiliser ce dessin et on m’a répondu que, dès que l’on met une armure sur quelqu’un, il devient grand et gros comme un joueur de football américain. On a donc décidé de caster des gens de plus de deux mètres de haut et très minces et de leur faire des armures vraiment légères de manière à ce que la silhouette soit athlétique. On a fait ça et nous avons ajouté des sortes de masques à gaz aux personnages. Vraiment la partie la plus fun du film devait être celle du design quand on peut imaginer des robots, des vaisseaux spatiaux... C’était comme être un enfant encore une fois, une incroyable expérience ! Mais ça nous a pris neuf mois à dessiner le vaisseau et nous avons eu des milliers de design ; au passage, les Deathtroopers ont d'ailleurs été une étape plus facile... K2S0, le robot de notre film a sans doute pris presque une année à être conçu parce que vous arrivez à un résultat satisfaisant au bout d’un mois et vous passez onze autres mois à changer dix pour cent du projet, mais vous devez passer par ce chemin pour être sûr de vous, car vous savez, Star Wars vit pour toujours. Déjà maintenant, vous entrez dans une boutique et il y a des Deathtroopers et des U-Wings : quand je verrai ces images pendant le reste de ma vie, je ne veux pas les regarder et avoir des regrets, mais plutôt me dire que l’on a vraiment tout tenté pour créer un résultat aussi parfait que possible. Et je pense que le vrai test de succès pour un film Star Wars ne sera pas le 16 décembre (ndlr : date de sortie américaine), mais plutôt dans quinze ans si vous marchez dans la rue et que vous croisez un enfant, un homme ou une femme portant un T-shirt avec un Deathtrooper. Là, je pourrai me dire : « on a gagné ! ».

[Presse] Quel a été votre meilleur moment et celui le plus difficile sur le tournage ?

[Gareth Edwards] Il y en a tellement ! Le problème en faisant un film Star Wars, c’est que tout doit être gardé secret, on ne peut pas en parler à sa famille, à ses amis, ni parler de ce qu’on a fait pendant sa journée sur Facebook. Et ce n’est pas un secret de dire qu’à un moment du film, il y a Dark Vador, et bien quand on tourne cette scène, après, on a juste envie de rentrer chez soi et de crier dans les rues « J’ai tourné avec Dark Vador aujourd’hui ! ». Mais ce n’est pas possible, et quand je rencontre des amis et qu’ils me racontent leurs problèmes de leurs journées au travail, ce n’est rien en comparaison avec la mienne et Dark Vador ! Par exemple, on tournait une scène et je discutais avec Felicity ; tandis qu’elle me parlait, j’ai regardé sur le côté et j’ai vu ce gars sur le plateau... C’était Mark Hamill, l’interprète de Luke Skywalker ! A partir de là, tout ce qu’elle me disait était « blablabla » et je lui ai dit « Felicity, je suis vraiment désolé mais nous devons aller voir Luke Skywalker ». Je ne l’avais jamais rencontré de ma vie ! C’est comme un héros depuis que je suis tout petit. Je m’approche de lui fébrile et je remarque qu’il porte un T-shirt Godzilla, le film que j’avais fait juste avant, et c’était vraiment bizarre. J’étais nerveux, je me disais « Oh mon Dieu, c’est Mark Hamill » et, lui,  il a été super, généreux, poli, drôle. Il vous met à l’aise tout de suite. Mais honnêtement, tous les jours, je pense qu’il se passait quelque chose qui pouvait en faire le jour le plus irréel de toute ma vie si jamais je n’avais pas fait un film Star Wars. C’était vraiment fou, mais ça devient normal, et on s’y habitue ! J’étais aux États-Unis récemment ; dans un centre commercial, j'entre dans un magasin pour acheter un câble et il y avait deux Deathtroopers à l’entrée de la boutique coupés dans du carton. Je les regarde en me disant « Ok, passons » avant de me dire « Attends une minute, je ne suis pas au boulot, c’est la vraie vie » et j’ai réalisé que la communication autour du film avait commencé par Disney et que les magasins commençaient à avoir des modèles taille réelle des personnages dans leurs rayons jouets. Et c’est vraiment bizarre de voir des boxers par exemple à l’effigie de Scarif, un endroit dans notre film et l'on se rend compte alors que cette chose très personnelle qu’un petit groupe de personnes a créé pendant une année devient accessible au monde entier. C’est vraiment bizarre. C’est étrange de voir des figurines de personnages d’un film que personne n’a encore vu mais pourtant, elles sont vendues partout. Je n’aurai jamais d'autres films comme celui-ci, c’est ce qui en fait un film vraiment unique avec toute cette anticipation qui est juste incroyable.

[Presse] Quel est le secret pour former une sorte d’alchimie entre les quêtes un peu personnelles des personnages et la grande quête dont ils font tous partie ?

[Gareth Edwards] Ça nous a pris deux ans pour répondre à cette question. Nous avons un récit vraiment centré sur les personnages. Ce qui était important pour tous ceux qui travaillaient sur le film était que chaque personnage - et il y en a beaucoup ! -  ait une histoire, un but différent et même des conflits au sein même du groupe. Et l’une des choses dont je suis le plus fier est que si vous regardez l’affiche du film, chacun des personnages a sa quête et sa propre aventure et pourtant ce ne sont pas les mêmes ! On n’arrive pas avec les quêtes de chacun des personnages pour ensuite trouver une histoire, mais plutôt, on essaye de trouver cette histoire en parallèle de celle du héros et elle nous guidera vers le reste de l’aventure. Par exemple, dans un premier temps, nous avons douté sur Jyn, le personnage de Felicity. Mais ensuite, il nous est apparu nécessaire d’avoir des personnages comme elle dans le film qui représentaient la croyance en la Force comme il n’y a pas de Jedi par ailleurs dans la mesure où c'est une ère dans laquelle ils sont tous éteints en théorie. Et donc, pour observer ce qui avait inspiré George Lucas, nous nous sommes replongés dans le film d’Akira Kurosawa, La Forteresse Cachée, dans lequel il y a deux personnages asiatiques qui ont inspirés ceux de C-3PO et R2-D2. Nous avons remonté le temps mais sans en faire des droïdes, en les gardant comme deux personnages asiatiques se battant sans cesse, qui étaient comme le Ying et la Yang du film, la croyance et la méfiance envers la Force, la guerre et la paix. Ils deviennent dans notre film Baze et Chirrut, joués par Jiang Wen et Donnie Yen. Bodhi devait aussi jouer un personnage qui ne veut pas être là, qui se retrouve propulsé dans cette histoire un peu comme Denis Hopper dans Apocalypse Now, qui a simplement envie de rentrer chez lui. Le but était donc de n’avoir aucun personnage favori. Évidemment, si jamais certains d’entre eux n’étaient pas assez forts, on décidait de réécrire, de retravailler certaines choses sur eux. Au final, je suis très content de l’équilibre entre les personnages dans le film.

[Presse] Vous êtes connu pour avoir travaillé pour la BBC, un film indépendant et Godzilla, votre carrière s’accélère avec aujourd’hui un film Star Wars, comment pensez-vous avoir été choisi ?

[Gareth Edwards] Je pense que c’était une erreur (rires) ! Ils voulaient sûrement envoyer le courriel à quelqu’un d’autre... Je venais de faire mon premier vrai grand film et j’étais épuisé. Je voulais me reposer, prendre des vacances et penser au prochain projet. Et je reçois ce courriel de Lucasfilm qui me demandait si j’étais partant pour que l’on se rencontre. J’ai répondu positivement mais d’une part, je ne pensais pas qu’ils allaient m’offrir quoi que ce soit avec un nouveau film à la clé et de l’autre, je voulais vraiment faire une pause. C’était donc une très bonne rencontre, nous avons parlé de Star Wars et de ce que nous aimions de la franchise et je suis rentré chez moi. Puis, j’ai reçu un nouveau courrier électronique avec pour pièces jointes deux idées de films : la première qui était une bonne idée mais sur laquelle je ne me voyais pas travailler, et puis, j’ai lu la deuxième, et arrivant à la fin, j’ai réalisé que ça allait être connecté à mon film préféré. Et pendant un bon moment, je me disais qu’ils devaient parler à une dizaine d’autres personnes à part moi. Et puis, à chaque rendez-vous auxquels j’assistais, j’ai commencé à me rendre compte qu’ils ne parlaient à personne d’autre mais juste à moi. Et j’étais tellement paranoïaque à propos de ce projet que je n’en ai discuté avec personne, ni à ma famille ou mes parents. A Noël, comme j’aime Star Wars, mes proches m’achètent toujours des cadeaux en lien avec cet univers et quand je les ouvrais je pensais simplement « Ah j’ai vraiment envie te dire que je vais peut-être réaliser le prochain Star Wars » mais je n’ai rien dit, j’avais peur qu’en parlant, rien ne se fasse ! Un jour, j’ai reçu un appel, six mois plus tard pour me dire que c’était fait, que le contrat était signé et que l’info se répandrait sur le net dans moins de dix minutes. Donc, si je voulais le dire à quelqu’un en particulier, il fallait le faire maintenant. J’ai donc appelé ma mère en FaceTime et j’ai réalisé que si j’appuyais sur les boutons, je pouvais faire une capture d’écran de sa réaction et j’ai donc une photo de ma mère où elle sursaute en apprenant la nouvelle (rires) !

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