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River Country
La Fin Honteuse du Plus Vieux Parc à Thèmes Aquatique au Monde

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Publié le 19 mai 2019

18 octobre 2018. The Walt Disney Company annonce la construction prochaine d’un nouveau Resort sur les rives Sud de Bay Lake, une annonce tout à fait banale si les langues les plus déliées avaient fait fi de sa localisation : le nouvel Hôtel Disney, inspiré de la Nature et nommé Reflections - A Disney Lakeside Lodge, sera en effet bâti en lieu et place du feu Parc à thème aquatique River Country, fermé depuis septembre 2001. Depuis les tranquilles eaux de Bay Lake, au loin, les plus curieux aperçoivent de drôles de structures sinueuses et autres formations rocheuses semblant sombrer dans les méandres d’une nature reprenant peu à peu ses droits.
Mais que s’est-il passé ici ?
Pourquoi Disney décida de fermer son tout premier Parc à thème aquatique aussi brutalement ?
Comment la plus grande entreprise de divertissement au monde peut-elle laisser à la vue de tout à chacun cette vision apocalyptique d’un Parc Disney à l’abandon ?
Voici le récit de la gloire et de la descente aux enfers du tout premier Parc à thème aquatique au monde, un voyage dans les eaux troubles d’une affaire qui n’a pas fait que couler de l’encre…

Premier Parc aquatique à thèmes au monde

Au cœur de la Floride, près de la - encore toute petite - ville d’Orlando, un projet pharamineux se développe à la fin des années 60. Près de 11 000 hectares de zones marécageuses et un lac surnommé Bay Lake, représentant ainsi plus de deux fois la taille de l’île de Manhattan à New York sont achetés par Walt Disney Productions (devenue plus tard The Walt Disney Company). Mais Walt Disney a à peine le temps de dévoiler l’étendue de son projet qu’il meurt en décembre 1966, laissant son entreprise et son frère en tête de file avec cette idée de Disney World, renommé en l’honneur du grand maître : Walt Disney World. La première phase du complexe ouvre ainsi ses portes le 1er octobre 1971, officialisé par un Roy Oliver Disney des plus émus qui dédie cet endroit à son frère et à son génie sans limites. Le succès est immédiat : le Disneyland de l’Est attire environ dix millions de visiteurs les premières années. Pourtant, avec ses deux Hôtels Disney (Disney’s Contemporary Resort et Disney’s Polynesian Resort) et leurs 2 000 chambres, sa zone de camping (Disney’s Fort Wilderness Resort & Campground) ses parcours de golf et son seul Parc - le Magic Kingdom - les visiteurs n’envisagent pas encore l'endroit comme une destination où il est possible de passer un séjour prolongé pour bénéficier de toutes les activités. Pire encore, en 1973, le choc pétrolier impliquant une flambée du prix de l’essence et une pénurie sans précédent dans le pays entraîne une baisse sensible de la fréquentation des hôtels. L’orage pétrolier passé, il s’agit alors pour Walt Disney World d’élargir son offre pour permettre aux familles et visiteurs du site de prolonger leur séjour.

Deux projets sont lancés dans cette optique et s’implanteront autour et au cœur de Bay Lake, le plus grand lac naturel de Walt Disney World. Le premier, Treasure Island, ouvre en avril 1974 sur une île consolidée de l’immense réservoir d’eau et prend pour thème le premier film live Disney, L’Île au Trésor sorti en 1950. Renommée Discovery Island en 1977, elle devient un parc zoologique où alligators, tortues autres espèces d’oiseaux se partagent cet îlot de terre, accessible uniquement par bateau. Le deuxième projet, et pas des moindres, sera River Country, le premier Parc à thème aquatique de Walt Disney World mais aussi du monde entier. Comme Walt Disney qui avait inventé le concept du Parc à thèmes plus de vingt ans auparavant, sa firme crée son pendant aquatique en prenant pour thème un « ol’ swimming hole » ou lieu de baignade creusé par une masse d’eau naturelle avec un soupçon de Huckleberry Finn, personnage de Mark Twain tant adulé par Walt Disney (Tom Sawyer Island à Disneyland Park en est pour témoin). Projet ayant pour nom de code « Pop’s Willow Grove », le Parc d’environ 2,5 hectares s’installe donc sur les rives sud de Bay Lake, en connexion directe avec Fort Wilderness Campground. Le 20 juin 1976, la jeune fille du Président des États-Unis Gerald Ford vient elle-même inaugurer ce nouveau concept de Parc aquatique en étant la première à dévaler l’un des toboggans du lieu sous les yeux et les objectifs de plus de 700 journalistes. Le Parc devient très vite un succès auprès des visiteurs qui ne cessent d’y revenir chaque jour, faisant monter la fréquentation à plus de 4 700 personnes quotidiennement, inspirant l’ouverture d’autres du genre comme l’année suivante avec Wet ’n Wild à Orlando proposant une multitude d’attractions aquatiques sans pour autant créer un thème les liant toutes. 

Radiographie de River Country

À River Country, l’immersion est totale, l’atmosphère des années 1800 attire et le thème bon enfant parle à chacun. Les attractions, pas des plus nombreuses, sont pour autant variées, riches en émotions et pour tous les âges. Sans aucun doute, le cœur de ce lieu de baignade naturel est Bay Cove ! Semblant être une crique de Bay Lake, elle en est pourtant séparée physiquement par une gaine en caoutchouc gonflable, mais permettant cependant de laisser l’eau de Bay Cove déborder dans Bay Lake. Le plus grand bassin de River Country se retrouve nourri par les deux rivières découlant des toboggans du Whoop’n Holler Hollow. Pour s’y rendre, il suffit d’emprunter les rustiques planches en bois de Bay Bridge (marquant la frontière physique entre les deux masses d’eau) ou celles de Barrel Bridge montées sur d’authentiques tonneaux ! Bay Cove et son sable blanc regorgent également d’autres activités ludiques comme le Boom Swing, où les plus téméraires s’accrochent à un cordage attaché à un mât de bateau avant de se jeter dans l’eau profonde, le Cable Ride permettant de glisser le long d’un câble au-dessus de Bay Cove ou encore le Tire Swing pour se balancer sur un pneu usé et se donner de l’élan nécessaire pour le grand plongeon. Au-delà de Barrel Bridge, se trouve également Kiddie Cove, un espace destiné aux enfants où quatre mini-toboggans offrent une descente courte mais intense dans les eaux claires de la baie. Une armée de transats sont évidemment à disposition des visiteurs et parents, désireux de prendre le soleil tout en gardant un oeil - ou deux ! - sur leur progéniture. En s’emparant d’une bouée géante et gravissant la roche sculptée à la force de l’eau, les visiteurs se réjouissent enfin d’une promenade dans le torrent des White Water Rapids, un cours d’eau de plus de cent mètres de long se jetant dans Bay Cove. Il n’est d’ailleurs pas rare de voir Pluto ou Tic & Tac, alors arrivés en bateau ou à cheval, descendre eux-mêmes les torrents énergiques de River Country !

La seule piscine chlorée et chauffée du complexe est Upstream Plunge, en forme de rein, et ses 1 135 mètres cube. Une partie est destinée à la baignade, tandis que l’élément le plus excitant se trouve quelques mètres plus haut, dans les rochers couleur ocre : les Slippery Slide Falls, deux toboggans courts, projettent en effet les plus chevronnés des nageurs dans la piscine avec une chute finale de plus de deux mètres dans le vide ! Une prise de risque encore jamais osée dans aucun autre Parc Disney dans le monde… Pour les amoureux de la nature, Cypress Point Nature Trail, un sentier aménagé au-dessus de Bay Lake sur pilotis permet de s’éloigner de l’excitation de la foule, entre les arbres typiques de la région, profitant d’une vue sur Discovery IslandIndian Springs et ses jets d’eau offrent enfin une zone de rafraîchissement pour les plus jeunes sous la forme d’une pataugeoire ludique. Quand l’heure est aux ventres affamés, Pop’s Willow (rappelant le nom secret du projet) permet à ceux ayant ramené leur nourriture de la déguster dans cette aire de pique-nique entourée de cyprès pendant que Pop’s Place propose non loin de là des hot-dogs et autres sandwiches à savourer avec une boisson fraîche venue de Waterin’ Hole. Une ambiance voulue bon enfant caractérise d'ailleurs la zone tandis que de la musique typique des années 1850 résonne entre les plongeons et les rires des enfants. Avant de repartir, chacun n’oubliera pas de passer par River Relics pour ramener un souvenir de son séjour atypique, toujours dans l’esprit de Huck Finn !

Le Parc est sans aucun doute une révolution dans le genre et son succès populaire ne dément pas cette affirmation. Il apparaît pour la première fois à la télévision dans l’épisode promotionnel The Mouseketeers at Walt Disney World de l’émission The Wonderful World of Disney. Les Mouseketeers y interprètent même une rengaine qui deviendra son hymne non-officiel :

River Country.
Big River Country.
It's a hoot.
It's a holler!
It's a water jamboree!
River Country.
Big River Country.
If you're hot around the collar it's the cool place to be
.

Côté technique, il est également à la pointe de ce qui se fait de mieux à l’époque dans le domaine aquatique. La séparation de Bay Cove avec Bay Lake grâce à la gaine en caoutchouc située à quinze centimètres environ au-dessus du niveau des eaux de Bay Lake empêche ainsi l’eau non filtrée du lac de s’introduire dans le Parc tout en laissant l’eau de Bay Cove s’y déverser. Elle est équipée de capteurs qui détectent le niveau de l’eau et ajustent constamment son gonflement. L’eau du lac est ainsi pompée à travers un conduit puis filtrée pour être ensuite déversée depuis une gigantesque montagne dans l’une des deux descentes du Whoop’n Holler Hollow à raison d’un demi-mètre cube par seconde : un système ingénieux qui permet de nager dans l’eau du lac sans se soucier d’un quelconque impact sanitaire (ou presque !). Pour les rochers du complexe, c’est l’artiste Fred Joerger, ayant travaillé quelques temps auparavant sur les pitons rocheux de Big Thunder Mountain Railroad, qui sculpte chacune des parties, en y incorporant de véritables cailloux de Géorgie. Pat Burke, concepteur des quatre Big Thunder Mountain, conçoit quant à lui la structure des différentes petites montagnes parsemant le parc aquatique en prenant soin d’y inclure les divers toboggans et leurs tracés complexes.

Malgré tout, les années passent et River Country attire toujours autant de monde. Certains jours, des personnes se font même refouler à l’entrée car la - trop petite - capacité maximale est atteinte. D’autres visiteurs, trouvant les toboggans bien trop rustiques et secouants vont alors se tourner vers les nouveaux complexes aquatiques ouverts par The Walt Disney Company en 1989 (Disney’s Typhoon Lagoon) et en 1995 (Disney's Blizzard Beach) offrant de plus grands espaces et de nouvelles expériences et ce, toute l’année alors que River Country dépendant de ses bassins non chauffés, ferme tous les mois de septembre pour une trêve hivernale jusqu’à sa réouverture en avril. Des animations sont néanmoins proposées à River Country pour en garder l’attrait, à l’instar d’All-American Water Party, du 6 avril au 6 septembre 1997, qui fête le 4-Juillet tous les jours avec Pluto, Minnie et leurs amis. Arrive le 2 novembre 2001 où le Parc rentre dans son repos hivernal : personne ne sait encore à ce moment qu’il s’agira d’un repos éternel.

Fermeture en catimini

En 2002, les rumeurs vont déjà bon train lorsque les grilles du Parc restent closes. En avril, il se dit qu’il ne pourrait bien jamais rouvrir mais chez Disney, point de communiqué officiel, juste l’affirmation que si la demande était là, les bassins rouvriraient. Que nenni. Les années passent et l’espoir de revoir les plages de sable blanc de Bay Cove s’éloigne. Ce n'est qu’en 2005, quatre années donc après une fermeture dite saisonnière, que le groupe décide enfin à parler et que le couperet tombe : le premier Parc à thèmes aquatique ne rouvrira jamais ses portes ! Bizarrement, la firme aux grandes oreilles ne stipule aucune raison à cette décision et laisse libre cours aux plus folles théories. En voici quelques pistes...

Un problème sanitaire ?

Depuis son ouverture, River Country utilisait l’eau du lac filtrée pour alimenter son plus grand bassin, Bay Cove et donner l’impression d’une extension de ce dernier. Mais cela ne fut pas sans conséquences. En 1980, un jeune garçon new-yorkais passant ses vacances dans le Parc pittoresque entre, en effet, en contact avec une amibe contenue dans les eaux du lac, qui s’infiltra par son nez et attaqua son système nerveux : l’infection, bien que rare, lui sera fatale ! Malgré tout, les autorités ne désignent pas la compagnie comme comptable car ce type de micro-organismes, ici l’espèce dans le viseur étant Amoeba meningoencephalitis, se développe naturellement dans les lacs et étendues d’eau lors de périodes chaudes. De plus, aucune épidémie n’avait été détectée malgré l’apparition de quatre cas en Floride. À l’époque, Disney réagit en expliquant que rien de plus n’aurait pu être mis en place si ce n’est des tests supplémentaires des eaux de baignade. Jusqu’à sa fermeture, durant ainsi plus de vingt années, aucun autre cas de ce type ne sera d'ailleurs recensé...

Pourtant, certains médias citeront la qualité de la source d’eau comme une des raisons de l’arrêt du Parc soulignant que la source d’eau d’un parc aquatique doit provenir d’une municipalité et se doit d’être chlorée. Dans les années 80 - 90, les lois de Floride vont alors se durcir concernant les aires de baignade destinées au public majoritairement pour des raisons d’hygiène et de sécurité. Pour autant, aucune législation n'interdira directement l’utilisation de masses d’eau naturelle à des fins récréatives, posant pour seule condition que celles-ci soient potables. L’eau de Bay Lake ne fut donc en aucun cas jugée non conforme rendant de fait cette raison de fermeture totalement caduque.

Des difficultés techniques ?

Et si tout simplement le Parc n’était plus à la hauteur des exigences des visiteurs du nouveau millénaire ? Précurseur dans les années 70, River Country n’a, il est vrai, pas vraiment joui d’une diversification de ses activités et pour cause, son emplacement, encastré entre les berges de Bay Lake au Nord et les campements de Disney’s Fort Wilderness Resort & Campground au Sud ont considérablement restreint ses possibilités d’extension. Pire encore, les accès n’y sont pas facilités : le tout petit parking à l’entrée du camping est très vite rempli (dès lors, un transport en commun est de mise) et il faut encore se munir de patience et emprunter soit le Fort Wilderness Railroad (jusqu’au début des années 80) ou un bus pour se diriger vers les eaux bouillonnantes de River Country. Il n’est pas non plus rare de s’y voir refuser l’entrée car la capacité maximale - d’environ 4700 visiteurs par jour - est atteinte. Le Parc et ses 2,5 hectares fait alors bien pâle figure face aux mastodontes qui inonderont le marché par la suite. Disney’s Typhoon Lagoon ouvre, en effet, en 1989 et fait sept fois sa taille pour atteindre 25 hectares en 2004 ! Puis en 1995, Disney’s Blizzard Beach propose lui plus de 26 hectares de « pistes de ski » à dévaler dans des toboggans enneigés. L’offre se diversifie et s’étoffe grandement pendant que River Country reste, lui, dans la naphtaline.

Des raisons de sécurité ?

Des témoignages de touristes ayant passé leurs étés à River Country, il est possible de tirer une raison sécuritaire à sa fermeture. Bien que le côté bucolique de l’endroit ait charmé toute une génération, il n’était pas rare d’entendre certains se plaindre de la rusticité des équipements (inchangés pendant plus de trente ans) voire de la dangerosité de certains toboggans. Et pour cause, malgré les panonceaux indiquant les règles de sécurité du Parc, l’inévitable arriva en 1982 : Howard Pueppke, en dévalant les White Water Rapids par le Whoop’n Holler Hollow, un parcours pour nageurs confirmés, se noit dans Bay Cove à l’âge de 14 ans. Ses parents engagent alors des poursuites judiciaires : au cours de la procédure, un maître nageur certifiera alors que certains jours, plus de 75 enfants avaient besoin d’aide en plongeant dans Bay Cove. Ils obtinrent 375 000 dollars de dédommagement. Sept années plus tard, un autre enfant âgé de 13 ans trouve également la mort par noyade dans les eaux de River Country. En comparaison, bien que des personnes aient déjà trouvé la mort dans les deux autres Parcs aquatiques Disney, aucune n’est la conséquence directe d’une noyade..

Autres raisons...

The Walt Disney Company n’a ainsi jamais communiqué sur les motifs réels d’une fermeture aussi soudaine qu’inattendue de son premier Parc aquatique thématique. En éliminant les causes liées à sa sécurité et à ses conditions sanitaires qui, s’ils avaient été les seules raisons, auraient entraînées une fermeture bien plus anticipée (une vingtaine d’années auparavant), tout mène à croire que ce choix n’est ni plus ni moins qu’une décision économique mal assumée, River Country ne faisant plus le poids devant les gargantuesques Disney’s Blizzard Beach et Disney’s Typhoon Lagoon. Pourtant, son histoire ne se termine pas là. Laissé à l’abandon par la compagnie, il devient, dans l’imaginaire du fan averti, son pire cauchemar : une vision apocalyptique d’un Parc Disney en décrépitude.

Plusieurs curieux se jettent alors en quête de faire découvrir au monde ce que la plus grande entreprise de divertissement laisse faire derrière ses barricades. Alors que la peine encourue pour ses aventuriers de la vérité est le bannissement à vie de tout Resort Disney, ceux-ci ne rebroussent point chemin et se faufilent dans les décombres d’un Parc fantôme dont la vue est toute aussi insoutenable depuis un bâtiment nautique loué dans la plus simple légalité sur Bay Lake. Ici, la Nature a repris ses droits. Les masses d’eau sont à un stade d’eutrophisation avancé à un point tel que le fond y est à peine visible. Les toboggans, toujours debout, sont recouverts de branches et d’arbustes, peu à peu engloutis par l’appétit vorace de Dame Nature. Les panneaux et autres accessoires thématiques autrefois à la patine rustique, le sont véritablement aujourd’hui. Les rochers finement travaillés de Fred Joerger ont perdu de leur superbe, couverts d’une substance noire et décolorés par le temps. La vase a recouvert Bay Cove qui n’est plus qu’une extension marécageuse de Bay Lake tandis que Kiddie Cove a complètement été recouvert par une végétation buissonnante. La rouille a couvert les toboggans, la mousse les constructions du complexe tandis que les feuilles mortes et les plantes grimpantes ne font plus qu’un avec les barrières et filets de protection. Il est dès lors clair qu’aucune action n’a été prise par la direction quant à une quelconque intervention de gestion du site post-utilisation. Bien que la nature reprend toujours ses droits, les conséquences écologiques de cet abandon sans filet sont évidemment à envisager. Il est d’ailleurs inconcevable de penser que cette même entreprise mène admirablement l’exemple sur le plan de la conservation biologique avec la création d’une réserve naturelle au cœur des Everglades, The Disney Wilderness Preserve, couvrant plus de 4600 hectares de zones humides, habitats de mille-et-une espèces faunistiques et floristiques.

Une once d’espoir vient pourtant apporter de la lumière au sombre tableau. La compagnie aux grandes oreilles a enfin comblé Upstream Plunge, l’un des bassins du site, l’une des premières actions prises par la direction depuis la fermeture de l’endroit depuis une quinzaine d’années. Et pour définitivement faire taire les langues bien pendues des détracteurs du site, un nouveau Resort Disney sera construit sur les restes de River Country, comme pour enterrer une bonne fois pour toute cette gestion calamiteuse du site : Reflections - A Disney Lakeside Lodge sera ainsi axé sur la Nature avec un grand N et sonnera comme un hommage vibrant aux valeurs de préservation par Walt Disney, comme pour demander pardon après tant d’années d’abandon. Avec ses 900 chambres, ce nouvel Hôtel Disney, qui ouvre en 2022, est donc le début d’un nouveau chapitre, à la hauteur de la beauté naturelle du site. Par ailleurs, les pelleteuses sont déjà sur place et commencent à démolir ce qui fut, pendant des décennies, un lieu de divertissement au charme désuet pour des générations d'enfants et de parents...


Le bassin Upstream Plunge Pool, dans son état d'abandon avant d'être vidé, en 2016.
Photo via abandonedsoutheast.com

Premier Parc à thèmes aquatique Disney de l’histoire du divertissement, River Country restera pour ceux qui ont eu la chance de tremper dans ses eaux fraîches, une véritable plongée dans l’univers bucolique de Mark Twain et de son Huckleberry Finn. Pour d’autres, il ne deviendra qu’un mauvais souvenir, celui d’une des pires gestions d’un site de divertissement post-fermeture par The Walt Disney Company, une insulte aux convictions profondes du Maître, une ombre au tableau marquante de l’un des plus joyeux endroits de la planète.

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