Dragon Ball Z
Battle of Gods

Dragon Ball Z : Battle of Gods
L'affiche du film
Titre original :
Dragon Ball Z: Doragon bôru Z - Kami to Kami
Production :
Toei Animation
Date de sortie USA :
Le 05 août 2014
Distribution :
20th Century Fox
Genre :
Animation 2D
Date de sortie cinéma Japon :
Le 30 mars 2013
Réalisation :
Masahiro Hosoda
Musique :
Norihito Sumitomo
Durée :
85 minutes
Disponibilité(s) en France :

Le synopsis

Alors que la paix règne sur Terre, le Dieu de la Destruction Beerus fait son apparition à la recherche d'un être particulier, le Super Saïyen Divin. Goku et ses amis doivent alors lutter pour protéger leur planète.

La critique

rédigée par
Publiée le 26 janvier 2019

Dragon Ball Z : Battle of Gods est un film japonais produit par Toei Animation. En 2014, il est distribué aux États-Unis par 20th Century Fox, racheté par The Walt Disney Company en 2018. Il présente plusieurs caractéristiques inédites : tout d’abord, il marque le grand retour de la franchise Dragon Ball aux films d’animation ! Le dernier en date Dragon Ball : L’Armée du Ruban Rouge, remontant à 1996. Il est également le premier film à être considéré comme canon, faisant suite au manga originel et se voyant scénarisé par son créateur Akira Toriyama. Enfin, il marque le début d’une nouvelle histoire qui sera déclinée par la suite en série animée et en manga sous le titre de Dragon Ball Super.

Dragon Ball est donc un manga créé par Akira Toriyama de 1984 à 1995 et comportant 42 volumes. Il est également décliné en série animée et plusieurs films dérivés. En France, Glénat se charge de la publication tandis que l’animé est diffusé dans la célèbre émission jeunesse de TF1 dans les années 90, Le Club Dorothée. Dragon Ball gagne vite une popularité irrésistible et permet aux mangas de se démocratiser en France. Aujourd’hui, le titre est une référence avec plus de 230 millions d’exemplaires vendus dans le monde. Un seul manga l’a détrôné : One Piece et ses 440 millions d’exemplaires ! Dragon Ball est ainsi rentré dans l’inconscient populaire, et près de 35 ans après sa création, continue toujours de faire les beaux jours du genre…

Dragon Ball suit l’histoire d’un petit garçon nommé Son Goku, ou Goku, qui vit seul dans une montagne. Doté d’une étrange queue de singe, Goku est également particulièrement doué pour la pratique des arts-martiaux. Il rencontre alors Bulma, une jeune fille exploratrice à la recherche d’étranges boules de cristal, les Dragon Balls. Au nombre de sept, celui ou celle les réunissant a la possibilité de se voir exaucer un vœu unique par le dragon Shenron. Goku est ainsi entraîné dans la quête de Bulma et arpente le monde avec elle à la recherche des Dragon Balls. Sur son chemin, il rencontre des adversaires de plus en plus redoutables, l’obligeant à perfectionner sa maîtrise du combat.
Dragon Ball est une aventure au ton résolument drôle, avec beaucoup de second degré, d’humour et de bons sentiments. Néanmoins, au fur et à mesure de sa progression, l’histoire gagne en profondeur et les personnages en intérêts. Goku y rencontre des amis, des ennemis qui deviennent des alliés, des professeurs et maîtres d’arts-martiaux qui le font progresser. Les phases d’entraînements et les différents tournois sont ainsi particulièrement jouissifs à suivre tout au long du récit ! Mais le vrai changement a lieu lorsque Son Goku passe à l’âge adulte.

Le manga Dragon Ball continue ainsi de s’étendre en suivant la vie de Goku une fois qu’il a quitté l'enfance. Cette seconde partie est rebaptisée Dragon Ball Z pour la série animée. Le manga ne faisant lui pas de distinction bien qu’il soit désormais commun de faire allusion à cette partie en parlant de Dragon Ball Z. Goku est ainsi adulte, marié et a un enfant, Son Gohan. Naturellement, il va vite rencontrer des ennemis redoutables et repousser, une fois de plus, ses limites. Cette seconde partie du manga, la plus populaire, est également plus ambitieuse que la première. Si Goku garde sa candeur et son innocence, ses adversaires sont eux bien plus dangereux. Les enjeux sont tout autre et le sort de la Terre, ou de l’univers, est régulièrement au centre des conflits. Dragon Ball gagne donc ses lettres de noblesses à ce moment-là. L’origine de Goku y est également dévoilée : il est un Saïyan. Une race de guerriers extraterrestres décimés, spécialisés dans les combats. Il sera néanmoins toujours reproché à l'oeuvre de n’être qu’une succession de combats impossibles à gagner, que Goku appréhende grâce à un nouvel entraînement. Mais les quatre arcs narratifs de Dragon Ball Z disposent de moments poignants, d’un dessin de toute beauté et d'affrontements prenants. Les personnages emblématiques de la saga y font, en outre, leur apparition tel Vegeta (Prince des Saïyans et éternel rival de Goku) tout comme les transformations cultes. Dragon Ball Z introduit, en effet, la notion du Super Saïyen, un stade d’évolution que Goku parvient à maîtriser à la suite de son entraînement intensif et qui lui confère une puissance incroyable, caractérisée par un changement de couleur de ses cheveux (qui passent du noir au jaune) et de ses yeux (qui deviennent bleus).

Le succès de Dragon Ball Z pousse Toei Animation à produire une suite, Dragon Ball GT, une nouvelle série d’animation qui se situe quelques années après la fin de Dragon Ball Z. À la suite d'un vœu mal formulé, Son Goku y retrouve une apparence d’enfant. Accompagné de Trunks (le fils de Vegeta) et de Pan (la petite fille de Goku), il parcourt l’espace afin de retrouver les Dragon Balls. Si Dragon Ball GT pousse les transformations encore plus loin (en introduisant la forme du Super Saïyan 4), elle n’est pas considérée comme canon, puisqu’elle ne se base pas sur le manga d’Akira Toriyama même s'il participe tout de même à certains aspects créatifs de la série. Il créé en effet quelques designs de personnages et valide l’histoire dans ses grandes lignes. La série est diffusée de 1996 à 1997, pour un total de 64 épisodes. Le succès est mitigé et Dragon Ball GT n’arrivera jamais à fédérer autant que Dragon Ball Z

L’univers de Dragon Ball continue de s'étendre. Tout d’abord via une nouvelle série, Dragon Ball Z Kai qui entend moderniser Dragon Ball Z en supprimant les nombreuses longueurs de l'originale tout en proposant l'ensemble en haute définition. Vient alors la première tentative en prises de vues réelles qui se fait en 2009 avec le catastrophique Dragonball Evolution. Enfin, la conquête se poursuit à travers de nombreux films d’animation. Le premier, Dragon Ball : La Légende de Shenron sort en 1986. Plusieurs opus viennent ensuite introduire de nouveaux personnages, comme le Super Saïyen Légendaire Broly, qui a droit à trois films dans les années 90 et devient extrêmement populaire : Dragon Ball Z : Broly le Super Guerrier en 1993, Dragon Ball Z : Rivaux Dangereux en 1994 et Dragon Ball Z : Attaque Super Warrior ! en 1994. Dragon Ball : L’Armée du Ruban Rouge en 1996 est, pour sa part, le dernier long-métrage de la série avant la renaissance de la franchise en 2013 au Japon avec Dragon Ball Z : Battle of Gods. Une renaissance qui introduit une toute nouvelle série, Dragon Ball Super

En avril 2015, la série Dragon Ball Super est donc annoncée par Toei Animation. L’idée est alors d’offrir une suite directe à Dragon Ball Z, supervisée par son créateur et de ce fait canon. Dans le même temps, un nouveau manga est proposé, Dragon Ball Super, scénarisé et dessiné par Toyotaro. Akira Toriyama supervise l’ensemble. Il développe l’intrigue générale pour la série animée, et contrôle les dessins de Toyotaro. Ce dernier est néanmoins libre concernant l’intrigue du manga et, bien qu’il suive les grandes lignes de la série, apporte quelques différences notables. Le premier épisode est ainsi diffusé le 5 juillet 2015 au Japon et le premier tome du manga, publié le 20 juin 2015. Dragon Ball Super se situe quelques mois après la fin de Dragon Ball Z et ne prend pas en compte l’histoire de Dragon Bal GT. Dans ce contexte, Dragon Ball Z : Battle of Gods est un préambule à Dragon Ball Super; le film venant introduire les principaux protagonistes de cette suite.

Dragon Ball Z : Battle of Gods prend ainsi place juste après la fin de l’histoire classique de Dragon Ball Z. L'opus a d'ailleurs la bonne idée de résumer rapidement les principaux événements de Dragon Ball. Si un néophyte passera assurément à coté de plusieurs éléments, cela lui permettra ne pas être totalement perdu devant l'ensemble. La paix est donc revenue sur la Terre après la défaite de Majin Boo. Son Goku y mène une existence plus tranquille, malgré son désir de continuer à s’entraîner pour devenir plus fort ! Pendant ce temps, sur une planète au milieu de l’univers, le Dieu de la Destruction Beerus se réveille après un repos de 39 ans. Son rôle est simple : détruire des planètes, de façon totalement aléatoire afin de permettre aux Dieux de la Création de pouvoir créer par la suite. La destruction précède la création, pour que l’équilibre soit respecté. Mais le Dieu Beerus a un caractère bien trempé. Colérique et susceptible, la survie d’une planète dépend parfois de son état d’esprit ! En se réveillant, Beerus repense à son rêve. Il a pressenti l’existence d’un être capable de rivaliser avec lui : le Super Saïyen Divin. Accompagné de son serviteur Whis, il se lance donc à la recherche des quelques Saïyens encore en vie dans l’univers, la planète originale des Saïyens ayant été détruite des années auparavant. La rencontre avec Goku ne tarde pas à se produire… 

Dragon Ball Z : Battle of Gods introduit dès lors deux nouveaux personnages, Beerus et Whis. Une nouveauté qui fait du bien à la saga, les films Dragon Ball ayant souvent pris l’habitude de recycler d’anciens ennemis de Goku ou de proposer toujours les mêmes antagonistes. Avec Beerus, c’est donc une nouvelle mythologie qui s’ouvre : celle des Dieux de la Destruction et des différents univers. Évidemment, l’objectif est de proposer encore une fois un ennemi plus fort et plus puissant. Mais Beerus est efficace. Son design, qui s’inspire des mythologies égyptiennes, est réussie. L’échelle de puissance est largement revue à la hausse puisque dès le début, Goku en pleine capacité se fait battre en deux coups… De quoi redonner un peu de piquant à la franchise et offrir la possibilité à Goku de dépasser une fois de plus ses limites. Whis, qui accompagne Maître Beerus est également une belle surprise. Sage et énigmatique, il est là en tant que simple observateur, sans aucune animosité ni volonté destructive. Le duo qu’il forme avec le Dieu de la Destruction fonctionne bien. Trait de caractère important, les deux compères sont friands de gastronomie et veulent constamment découvrir de nouveaux mets sur les planètes qu’ils visitent. Finalement, de par son statut divin, Beerus n’a pas le même aura que les ennemis classiques de la franchise. Il ne cherche pas à tout détruire sans aucune considération et ne voue pas une haine particulière à Goku. L’évolution du personnage durant le film et ses réactions sont dès lors intéressantes et plaisantes à suivre. 

Dragon Ball Z : Battle of Gods propose également la galerie classique des personnages de Dragon Ball. Des héros les plus emblématiques aux seconds rôles plus anecdotiques. Le lecteur de la première heure retrouve ainsi avec plaisir certains personnages même s’ils ne font que de la figuration. Le récit tourne naturellement autour de Goku, toujours aussi innocent et pur, et de Végéta, fier et solitaire. Les deux Saïyens cherchent constamment à se dépasser. Leur rivalité permanente les pousse à se surpasser et ils sont bien les seuls à pouvoir tenir tête, quelques secondes, à Beerus. Un autre personnage est également assez présent, Bulma ! Cette dernière fête en effet son anniversaire alors que le Dieu de la Destruction débarque sur Terre. Lors de son passage, quelques scènes mettant en scène Vegeta (qui vit avec Bulma) sont particulièrement marquantes et offrent de beaux moments de bravoure au Prince des Saïyens !

Dragon Ball Z : Battle of Gods, malgré le plaisir de retrouver cet univers, a de nombreux défauts. Sa construction est ainsi étrange. Il semble en effet n’avoir que deux actes. L’histoire s’enchaîne bien vite et une grande partie du récit est comblée par une sous-intrigue inintéressante au possible concernant des personnages secondaires : Pilaf (un ancien ennemi de Goku du temps de Dragon Ball) et sa bande, qui tentent de voler les Dragon Balls chez Bulma. Les trois criminels, qui sont tous redevenus des enfants suite à une mésaventure, sont assez pathétiques. Cette péripétie, bien trop longue, vient considérablement alourdir le long-métrage ; l’intérêt du film se limitant bien évidemment à voir Beerus placé au cœur de l’histoire. Dragon Ball Z : Battle of Gods donne donc l’impression de n’être qu’une mise en bouche pour la suite. Une introduction à Dragon Ball Super, qui règle son intrigue rapidement afin de passer à la suite. Il est d’ailleurs important de préciser au spectateur désireux de se lancer dans le manga Dragon Ball Super, qu’il est préférable de voir avant Dragon Ball Z : Battle of Gods. Même si son intrigue est expédiée, elle reste un préambule nécessaire à toute l’aventure développée dans Dragon Ball Super. Le début du manga est d’ailleurs un résumé succinct du film, qui introduit encore plus rapidement Beerus !

Comme souvent, l’animation d’un film Dragon Ball est en dent de scie. Elle donne par moment la désagréable sensation d’être saccadée, voire d’être de mauvaise qualité. Les arrières-plans sont basiques et les quelques incrustations 3D piquent les yeux. En revanche, là où Dragon Ball Z : Battle of Gods fait plaisir à voir, c’est lors des scènes de combat. L’animation y est plus fluide et plus dynamique. Les explosions de puissance des personnages, qui entraînent souvent la destruction des infrastructures alentours, sont toujours aussi efficaces ; l'aspect martial de Dragon Ball ayant toujours été l'une des forces du manga d'origine. Le film ne l'oublie pas et propose ainsi des affrontements à la hauteur de la série !

Il faut dire que la force démesurée de Beerus oblige les personnages à s’améliorer et acquérir plus de puissance. La franchise, depuis ses débuts, a toujours eu recours à des stratagèmes bien particuliers pour faire monter en grade un ou plusieurs de ses héros : entraînements extrêmes, nouvelle transformation, fusion entre deux personnages. Dragon Ball Z : Battle of Gods ne déroge donc pas à la règle, sans surprise, et présente un tout nouveau concept pour que Goku puisse tenir tête au Dieu de la Destruction. Si le principe est inhérent à Dragon Ball, force est de constater que cette fois ci, l’ensemble est assez faible, grossier et extravagant. Sans dévoiler la nature de l’opération, elle manque de finesse et permet surtout au film de vite se conclure. Un peu plus intéressant, Goku lui-même s’en plaint. Mais une fois ce constat dit, il sera toujours agréable de voir comment les futurs arcs scénaristiques de Dragon Ball Super se servent de ces nouveaux éléments. Il n'empêche, la fin offre quelques surprises bienvenues qui tranchent avec les conclusions classiques des autres histoires de la saga...

Lors de sa sortie au Japon (en IMAX !), Dragon Ball Z : Battle of Gods est un succès critique et commercial. Au niveau mondial, son score s’élève à plus de 52 millions de dollars. Un résultat plus qu’honnête au vu des ambitions de la franchise. De quoi convaincre le studio de mettre en chantier d’autres films Dragon Ball, alors que le manga Dragon Ball Super et la série trouvent leur public. Ainsi, Dragon Ball Z : La Résurrection de 'F' est proposé en 2015 tandis que Dragon Ball Super : Broly (le premier film à prendre l'appellation Super !) sorti en salles au Japon en 2018, débarque lui sur les grands écrans français et américains en 2019.

Dragon Ball Z : Battle of Gods est un film empreint de nostalgie. Il permet de retrouver de vieilles connaissances des années après les avoir quittées. Des retrouvailles entachées par la qualité de l’ensemble en deçà par moment mais qui constituent un nouveau départ ou une sorte de nouvelle introduction.
Dragon Ball est de retour et c'est la seule chose qui importe !

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