La Dynastie Donald Duck - Tome 17
1969 - 2008 : 24 Heures pour Survivre !

La Dynastie Donald Duck - Tome 17 (1969 - 2008)
La couverture
Éditeur :
Glénat
Date de publication France :
Le 09 juin 2015
Genre :
Comics
Auteur(s) :
Carl Barks
Nombre de pages :
384

Le sommaire

Le monde de Donald :
• Carl Barks : un sacré dialoguiste
• Grand Moghols
• Que d'histoire pour un lac !

Les histoires :
• 24 Heures pour Survivre ! (1969 / 1997) [Daan Jippes]
• La Forêt Noire en Danger (1970 / 2008) [Daan Jippes]
• S.O.S. Os en Danger (1971 / 2005) [Daan Jippes]
• Baleine en Danger (1970 / 2006) [Daan Jippes]
• Jour Noir Pour la Troupe (1971 / 1992) [Daan Jippes]
• Sauvons le Lac ! (1971 / 2008) [Daan Jippes]
• Les Sauveteurs (1970 / 2008) [Daan Jippes]
• Un Jour dans la Vie d'un Canard (1971 / 1999) [Daan Jippes]
• Embouteillés (1971 / 1995) [Daan Jippes]
• Aigles en Danger (1971 / 2001) [Daan Jippes]
• La Course à l'Érable (1971 / 1994) [Daan Jippes]
• Le Chien du Mont des Lamentations (1972 / 2002) [Daan Jippes]
• Le Revers des Médailles (1971 / 1992) [Daan Jippes]
• Ouragan sur l'École (1972 / 1992) [Daan Jippes]
• Le Jour où la Montagne s'Ébranla (1972 / 1992) [Daan Jippes]
• Le Trésor des Castors (1972 / 1993) [Daan Jippes]
• Sauvegarde du Patrimoine (1972 / 1992) [Daan Jippes]
• Sauveteurs de Baleines (1972 / 1999) [Daan Jippes]
• Pas de Fumée Sans... (1972 / 2007) [Daan Jippes]
• Le Dragon du Lac de la Honte (1972 / 1992 / 2003) [Daan Jippes / Giovan Battista Carpi]

Portfolio :
• Les story-boards du Maestro
• Insolites hommages au Maître
• Des cases sous cadre
• Edgar Allan Barks et le Vieux Nick !

Les personnages :
• Algorab
• Cornélius Écoutum

La critique

rédigée par
★★
Publiée le 23 octobre 2015

Le 17ème tome de La Dynastie Donald Duck est décevant à plus d'un titre. Déjà, s'il s'agit d'un volume qui ne propose pas des histoires dessinées par le Maître des Canards mais uniquement scénarisées par lui. Ensuite, il contient uniquement des récits des Castors Juniors rendant la lecture très répétitive. Enfin, l'auteur ne présente pas ses meilleures aventures, se contredisant lui-même en montrant un Picsou méchant cherchant le profit à tout prix.

Carl Barks est à la retraite en cette année 1969. Il ne dessine plus. Toutefois, à la demande de son ancien éditeur la Western Publishing, il propose des scénarios qui seront dessinés par d'autres. Il l’avait déjà fait pour deux aventures dans le volume précédent. Il continue ici avec une histoire de Donald, 24 Heures pour Survivre !, dont il écrit un story-board complet qui sera ensuite mis en dessin par Tony Strobl. La routine s'installant, il imagine ensuite des histoires de façon quasi-continue de 1970 à 1974, presque exclusivement pour le magazine Huey Dewey and Louie Junior Woodchucks, le périodique consacré aux Castors Juniors. A cette époque, la majorité des histoires est dessinée par Tony Strobl, John Carey et Kay Whright. Et il faut bien concéder que ces dernières aventures écrites par Carl Barks sont loin d'être les meilleures. Si les trois Castors Junios, Riri, Fifi et Loulou sont toujours aussi attachants, en particulier quand l’auteur essaye de les faire réagir différemment, une erreur narrative, vraie hérésie, se produit sur son choix du méchant qui n’est autre que leur Oncle Picsou. Le milliardaire apparait, en effet, sans scrupule, n'hésitant pas à sacrifier des trésors archéologiques ou écologiques pour assouvir sa soif de profit. Tout cela est en contradiction totale avec le portrait de Picsou patiemment construit au cours des années précédentes. Le richissime canard cherchait certes toujours de l'argent mais avec une éthique implacable et une déontologie à toute épreuve.

Le 17ème tome de La Dynastie Donald Duck fait également la part belle à Daan Jippes. Ce dernier est né le 14 octobre 1945 à Amsterdam. Il débute son parcours professionnel aux Pays-Bas en tant qu'auteur de bandes-dessinées. À partir de 1972, il commence à travailler pour Disney au sein du service des produits dérivés. Il réalise ainsi quantité de couvertures puis de récits complets mettant en scène Mickey Mouse, Donald Duck ou l'Oncle Picsou pour le magazine Donald Duck néerlandais. Au début des années 80, il émigre aux États-Unis pour tenter sa chance dans l'animation. Il participe aux films des Walt Disney Animation Studios : Taram et le Chaudron Magique (1985), Bernard et Bianca au Pays des Kangourous (1990), Le Prince et le Pauvre (1990), La Belle et la Bête (1991) et Aladdin (1992) mais aussi des DisneyToon Studios : Pocahontas 2 : Un Monde Nouveau, Le Roi Lion 2 : L'Honneur de la Tribu, Mickey, Il Était Une Fois Noël, Mickey, Donald, Dingo - Les Trois Mousquetaires et Mulan 2 : La Mission de l'Empereur ainsi que la série Disney Television Animation, Disney's Tous en Boite. En parallèle, il continue sa carrière dans la bande dessinée Disney. Il reprend ainsi sporadiquement les planches dominicales de Mickey Mouse, réalise divers travaux publicitaires jusqu'en 1987 et signe l'adaptation en BD du long-métrage Qui Veut la Peau de Roger Rabbit. Enfin, au début des années 90, il est choisi par l'éditeur danois Egmont pour redessiner dès 1992 plusieurs histoires mettant en scène les Castors Juniors écrites par Carl Barks dans les années 70 et illustrées à l'époque par Kay Wright ou Tony Strobl. Il lui faudra vingt ans pour réaliser ce projet, sa dernière histoire datant de 2012. Ce sont ainsi ses versions qui sont proposées dans ce volume de La Dynastie Donald Duck.

Les Castors Juniors (The Junior Woodchucks en anglais) quant à eux sont une troupe scoute, créée et imaginée par Carl Barks. Ils sont apparus pour la première fois en février 1951 dans Castors Juniors à la Rescousse !, publiée dans Walt Disney's Comics and Stories #125. Le nom de Castors est utilisé quand Cornélius Écoutum, le fondateur de Donaldville, crée une milice pour défendre Fort Donaldville. Son fils Clinton Écoutum (le père de Grand-Mère Donald) fonde ainsi les Castors Juniors pour enseigner aux jeunes donaldvillois les bonnes actions, la protection de la nature et la préservation du savoir. Leur outil le plus essentiel est assurément le Manuel des Castors Juniors (Junior Woodchucks Guidebook dans la version originale),un livre imaginaire au format de poche. Véritable encyclopédie, il contient une immense somme de connaissances diverses. Il apparaît pour la première fois dans une histoire de Carl Barks publiée en mars 1954 dans Les Mystères de l'Atlantide sous la forme d'un livre anonyme ressemblant au Manuel. Trois mois plus tard, il devient officiellement le Manuel des Castors Juniors dans Des Capsules pour Tralla La. Les Castors Juniors auront droit ensuite à leur propre publication, Huey Dewey and Louie Junior Woodchucks, d'août 1966 à 1984 et ce, dans près de 81 numéros.

Parmi les personnages qui reviennent régulièrement dans les histoires des Castors Juniors, le plus fameux reste le Grand Moghol, commandants de troupe de Castors multidécorés et souvent pompeux. Même si des chefs bardés de médaille, à tête de chien, apparaissent rapidement après la naissance de la troupe, il faut attendre la création du magazine Huey Dewey and Louie Junior Woodchucks pour voir la notion de Grand Moghol établie. En effet, le terme de Grand Moghol, utilisé pour désigner le chef de la troupe (ayant encore une tête de chien), se remarque pour la première fois dans Mission Dangereuse d'après un scénario de Vic Lockman et des dessins de Tony Strobl. En se mettant à écrire des histoires pour le magazine, Carl Barks se permet quelques changements. D'abord, il désigne les chefs comme des canards et non plus des humains à truffe de chien. Il s’amuse ensuite à faire varier le chef, à chaque récit, par un sigle constitué de séries d'initiales lisibles comme un mot. Un exemple est N.A.T.U.R.I.S.T.E. pour Noble et Admirable Théoricien de l'Utilité Radicale et de l'Importance du Sport, du Terrain et de l'Exercice. Dans les histoires de ce volume, le Grand Moghol est tellement pompeux qu'il en devient presqu'aussi irritant que Picsou peut l’être avec sa cupidité exacerbée.

Ce 17ème tome de La Dynastie Donald Duck est lassant car les histoires y sont redondantes. Les dessins n'étant, en outre, pas de Carl Barks, l'intérêt du volume est moindre d’autant plus le Maître y signe quelques-unes de ses plus mauvaises histoires…