Martha est né d'un besoin vital pour Disney de faire rentrer de l'argent après que
le distributeur, acquéreur des cartoons des
Laugh-O-Grams, n'honorent pas ses
paiements. Après avoir réalisé Tommy Tucker's Tooth, le grand
Walt essaye donc de produire une autre série pour des clients de Kansas
City. Il s'agit d'une collection de courts-métrages en prise de vues réelles
reprenant l'idée d'une participation du public (idée assez nouvelle à
l'époque !) lui permettant de chanter à l'aide des paroles s'affichant à
l'écran (du karaoké qui ne dit pas son nom en somme !) que le film illustre.
La série s'appelle Song-O-Reels. Elle est produite par la compagnie
de Walt Disney, la Laugh-O-Gram Films qui s'associe, alors, avec un éditeur
de partition de musique de Kansas City, la Jenkins Music Company, et un
cinéma, l'Isis Theater. Le projet s'avère rapidement un échec. Seul un
court-métrage de la série des Song-O-Reels est ainsi tourné. Il s'agit de
Martha dont le thème est une illustration d'une récente
publication de la Jenkins Music Company, la ballade Martha : Just
a Plain Old Fashioned Name, composée par Joe L. Sanders.

Malheureusement, Martha est introuvable depuis. Les seules
certitudes le concernant restent que Walt Disney en a assuré la réalisation
et Ub Iwerks le rôle du héros amoureux. Le court-métrage est en outre
principalement en prises de vues réelles. Seule l'image de son titre,
dessinée par Ub Iwerks, a été conservée par les studios Disney. L'autre
avantage de Martha est, à sa marge, la rencontre organisée
pour lui entre Walt Disney et Carl Stalling, l'organiste de l'Isis Theatre.
Ce dernier jouera, en effet, plus tard, un rôle très important dans la série
des Silly Symphonies.