Jusqu'à l'entrée en guerre des Etats-Unis consécutive à
l'attaque de Pearl Harbor par l'aviation japonaise, les Studios de Mickey
n'étaient touchés par le conflit que sur l'aspect financier. L'Europe en guerre
était devenue, en effet, un marché éteint où les productions de la compagnie ne
s'écoulaient plus. D'un point de vue strictement artistique, la guerre, dont les
enjeux restaient très éloignés des préoccupations de l'Amérique profonde,
n'avait ainsi que peu d'influences sur les productions Disney (mises à part de
très rares exceptions telle, par exemple, une commande du gouvernement canadien
pour quatre films de propagande).
Les évènements du 7 décembre 1941 changent la donne,
l'Amérique attaquée se retrouvant désormais partie prenante, pleine et entière,
au conflit. Le gouvernement U.S. réquisitionne immédiatement les Studios du
Disney : la machine de guerre américaine est en marche. Le grand Walt reçoit
ainsi la lourde tache de vulgariser les enjeux du conflit, ses tenants et
aboutissants. Toutes les Stars de la Compagnie sont, pour cela, mises à
contribution et participent à l'effort de guerre. La fibre patriotique est
exacerbée et tous les thèmes sont bons à mobiliser : de l'intérêt pour tout un
chacun de payer ses impôts en temps et en heure (The
New Spirit) à la déviation de la jeunesse allemande par la dictature
hitlérienne (Education for Death)...

Les toons vedettes des studios Disney (Donald, Dingo,
Pluto, Minnie.) à l'exception notable de Mickey participent, plus ou moins
directement, à l'effort de propagande militaire. Pluto va ainsi avoir droit à l'honneur de
servir sa patrie dans deux cartoons ayant pour arrière fond la guerre. Il
ambitionne dans le premier de devenir la mascotte d'un camp militaire en prenant
la place de Gunther, un bouc au sale caractère...
La Mascotte de l'Armée n'échappe pas à la règle
qui veut qu' à quelques exceptions près, les cartoons ayant pour sujet la
guerre ne sont pas, les plus réussis. Déjà, le thème de fond plombe l'ambiance,
ensuite, les personnages n'y sont guère attachants : Gunther est ici exaspérant
tandis que Pluto assure le minimum syndical.
La Mascotte de l'Armée vaut essentiellement pour
son contexte historique. Détaché de celui-ci, il est quantité négligeable...