Les 10 Rumeurs Fréquentes sur Walt Disney

L'article

Publié le 01 février 2009

Les rumeurs vont bon train sur Walt Disney ! Comme tous les hommes au destin exceptionnel, sa vie toute entière a été en effet décortiquée pour trouver (inventer même) ici ou là des évènements ou défauts croustillants destinés à vendre du papier, sur la seule évocation de son nom.

Voici les dix rumeurs les plus vivaces sur le papa de Mickey.

Rumeur n° 1 : Walt Disney s’est fait congeler pour pouvoir être réanimé quand la science le permettrait.

Non. Dans les derniers mois de sa vie, maladie aidant, Walt Disney s’accrochait au moindre espoir, même de charlatan, pour tenter d’échapper à la mort. Il s’est ainsi beaucoup intéressé à la pseudo science, auto-dénommée par ses créateurs, la cryogénie. Le simple fait de s’intéresser à cette solution, associé au décalage voulu par la famille entre l’heure du décès du Maître et son annonce officielle (grosso-modo : une journée), a donné lieu à une rumeur folle...

Rumeur n° 2 : Walt Disney avait lui-même prévu l’emplacement de Disneyland Paris.

Non. Walt Disney n’a jamais évoqué la possibilité d’un Disneyland hors du sol américain. Cette rumeur vient du fait que le lieu où Disneyland Paris a été construit se situe à seulement quelques encablures de l’endroit où Walt Disney lui-même a séjourné  alors qu’il était ambulancier dans l’armée US lors de la guerre 14-18. Il s’agit là d’un pur hasard !

Rumeur n° 3 : Walt Disney a interdit à Mickey de pleurer.

Pas si simple. Walt Disney a attribué peu à peu à Mickey l’unique rôle d’ambassadeur de sa compagnie : le personnage obéit ainsi à une charte stricte établissant ce qu’il peut - ou ne peut pas - faire. Pleurer lui est ainsi interdit quand il représente Disney.  En revanche, quand Mickey joue un rôle (par exemple Bob Cratchit) il peut pleurer ! L’une des rares fois où Mickey a été autorisé à pleurer en qualité de représentant de la Walt Disney Company fut au lendemain du décès de son papa, en une de Paris Match, par exemple...

Rumeur n°4 : Walt Disney était raciste.

Pas si simple. En fait, malheureusement, il ne l’était pas plus que tous les américains blancs de l’époque, mais bien évidemment, c’était déjà trop. Son œuvre en revanche ne contient pas une once de racisme, même si l’image des noirs est dans certaines productions, par trop réductrice.

Rumeur n°5 : Walt Disney était antisémite.

Pas si simple. Il ne l'était sans doute pas plus que les Américains alors, même si la caricature du Grand Méchant Loup en vendeur juif (avec le gros nez crochu...) fait encore débat sur sa responsabilité pour la validation (elle a bien évidemment été changée depuis). L’engagement de Walt Disney dans l’effort de guerre américain en 39-45 est en revanche incontestable : il est même allé jusqu’à prêter sa star historique Donald pour faire de la propagande antinazie.

Rumeur n°6 : Walt Disney était sexiste.

Oui. Et même l’excuse de l’époque ne tient pas. Il a toujours refusé par exemple de nommer des femmes à des fonctions exécutives même s'il leur a permis d'accéder à de beaux postes : Retta Scott devient ainsi animatrice en chef, notamment sur Bambi sans oublier les Mary Blair, Alice Davis, Sylvia Holland. Elma Milotte a également tourné des images pour la série des True-Life Adventures, aux côtés de son mari Al... Mais sans jamais obtenir la qualité de réalisatrice. Walt Disney a, en outre, souvent manifesté son dépit à l’idée de ne pas avoir de fils. De là à penser qu’il considérait la femme comme inférieure à l’homme, il n’y a qu’un pas...

Rumeur n°7 : Walt Disney était homophobe.

Oui. Et clairement même ! Il s’est séparé de certains de ses collaborateurs masculins qui avaient eu le courage de révéler en privé leur homosexualité et n’a pas hésité, pour le même motif, à résilier le contrat liant son studio à certains acteurs, pourtant plébiscités à l’époque par le public. Le paradoxe veut que sa compagnie a été l'une des premières aux USA à accorder à ses collaborateurs gays, les mêmes droits sociaux que les hétéros et qu'elle fait aujourd'hui figure d'exemple par sa politique volontariste non discriminatoire.

Rumeur n°8 : Walt Disney était réactionnaire.

Pas si simple. En fait, il l’était mais comme ses contemporains. Son enfance spartiate, son éducation rigoriste, sa génération tout comme son identité américaine ont fait de lui un self made man, très pratiquant, adepte du libéralisme et foncièrement anti-communiste. Il est tout bonnement à l’image de ses contemporains : la toute jeune Amérique s’est bâtie sur la pratique religieuse et l’ultralibéralisme, difficile d’y échapper dans les deux premiers tiers du XXe siècle.

Rumeur n°9 : Walt Disney était antisyndical et antisocial.

Pas si simple. En fait, côté social, patron paternaliste, il n’a jamais compris que ses équipes puissent réclamer des droits supplémentaires, pensant qu’il leur apportait tout ce dont elles avaient besoin, à commencer par la chance de travailler pour lui ! S’estimant à l’écoute de ses employés comme il l’était du public, il pensait (et se trompait !) que ce qu’il jugeait bon pour son personnel l’était forcément et qu’il couvrait, dès lors, toutes ses attentes.  En « père-patron », il était persuadé d’être le seul apte à satisfaire les besoins de ses « enfants-employés ». Coté syndical, Il détestait les syndicats par idéologie et pensait qu’ils ne servaient à rien, avant et surtout après la grande grève de 1941. Les artistes syndiqués ont ensuite tous été virés sans réel autre motif (Tytla, Babbitt, et tant d'autres).

Rumeur n°10 : Walt Disney était un patron invivable.

Oui. Et l’âge n’a pas amélioré son fichu caractère. Il piquait presque toujours des colères noires, avait le compliment rare et n’hésitait pas à bloquer une décision, même bonne, parce qu’il n’avait tout simplement pas été consulté avant.