Dossier » Films "Live" » Évènements Presse
Films "Live" » Évènements Presse

Rencontre avec l'Équipe de Félins (1/2)
Le Junket

L'article

Publié le 10 janvier 2012

A l'occasion de la sortie de Félins dans les salles françaises, Chronique Disney a eu la chance de rencontrer, lors d'un junket, des membres de l'équipe du film :
- Jean-François Camilleri, le président et fondateur de Disneynature ;
- Keith Scholey et Alastair Fothergill, les réalisateurs ;
- Sophie Darlington, le cadreur ;
- Pascal Elbé, le narrateur .

Retrouvez, ci-dessous nos interviewes écrites et vidéos.

Jean-François Camilleri
Président et Fondateur de Disneynature
Keith Scholey et Alastair Fothergill
Réalisateurs de Félins

[Chronique Disney] Comment-on réalise un film à deux ?

[Alastair Fothergill] [Rires] Nous sommes de vieux amis qui travaillons ensemble depuis 20 à 30 ans ! Nous nous connaissons donc très bien. Nous avons aussi longuement parlé et, comme nous avons des compétences différentes, tout s’est fait naturellement. Keith est ainsi le boss sur ce film. Il a une expérience incroyable sur l'Afrique dont il connait parfaitement tous les animaux. Il a, de la sorte, fait le choix crucial des personnages retenus pour Félins. Keith a écrit le script et je suis venu y poser des questions dessus. Je me suis également plus impliqué dans la postproduction. Je suis, en fait, le coréalisateur de Félins qui est bien un film principalement réalisé par Keith.
[Keith Scholey] Les choses se passent souvent comme vous l'avez espérées. En particulier, quand vous avez globalement les même sensibilités, et surtout lorsque règne la confiance entre vous. Et à la fin, vous obtenez un film bien meilleur. Parce que vous vous testez mutuellement. Nous sommes tous les deux des réalisateurs mais parfois nous faisons des choses et l'autre dit : "Non, non, non ! Tu vas trop loin ! Tu dois revenir en arrière ou faire autrement...". Travailler ensemble sur un processus créatif, c'est donc souvent pour le meilleur et jamais le pire !
[Alastair Fothergill] Le montage du film a ainsi pris 20 semaines ce qui est une période très longue. Keith était dans la salle de montage chaque jour tandis que j’y venais toutes les deux ou trois semaines. Il était parfois la tête dans le guidon et parfois, frais comme s'il découvrait le projet. Dans la réalisation de films sur la Nature, nous avons l'habitude de travailler en équipe. On travaille très rarement seul. Ce n'est donc jamais une relation traditionnelle réalisateur / acteur que nous pouvons avoir. Ce serait très déstabilisant pour des acteurs s'il y avait deux réalisateurs qui leur donnaient des indications différentes ! Mais ici, pour ce genre de films, cela marche plutôt bien. Je travaille d’ailleurs actuellement sur un autre Disneynature avec un autre coréalisateur. Là aussi, c'est une relation très créative car nous travaillons ensemble depuis longtemps.

[Chronique Disney] Keith, pour la première fois, vous travaillez sur un film de cinéma. Alastair, Félins est votre troisième film mais les deux premiers (La Planète Bleue chez Miramax et Un Jour sur Terre chez Disneynature) ont été réalisés à partir d'extraits de séries de la BBC (Au Cœur des Océans et Planète Terre). Pour tous les deux, quelle est la différence entre travailler pour la télévision et le cinéma ?

[Keith Scholey] La première chose à dire pour moi, c’est que j’ai vécu là une grande opportunité. Nous voulions, dès le début, faire un film pour le cinéma et non pour la télévision. Et la principale différence entre les deux formats est que nous voulions que ce film soit porté par des personnages. Parce que tout le monde va au cinéma pour cela : pour voir des personnages forts et suivre une histoire haletante. Donc, nous avons pris pas mal de temps pour observer le lieu de tournage, chercher comment y intégrer les règles de cinéma, et surtout comment raconter l'histoire d'animaux sauvages en liberté. La première chose que nous avons faite, c'est donc le casting, trouver les animaux, les personnages adéquats. Et ce n'était pas seulement trouver une héroïne comme Sita, la guépard ou plus tard, les lionnes. Il fallait aussi dénicher qui serait le méchant. Car le méchant est souvent aussi important que le héros ! Avec Kali, nous l'avons finalement trouvé. Nous étions ainsi profondément convaincus du choix du casting. Une fois les animaux trouvés, nous les avons suivis et observés pour voir ce qui allait se passer. Et ainsi, ce que arrive à l’écran est plus un documentaire sur ce qui s'est réellement passé plutôt qu'une histoire fabriquée de toutes pièces. Ce qui je pense est la meilleure chose qui pouvait arriver...
[Alastair Fothergill] Nous avons aussi décidé de tourner le film de façon très cinématographique. Nous avons ainsi utilisé différentes techniques conçues spécialement pour le cinéma et non pour la télévision. Comme, par exemple, l’emploi de plans rapprochés pour que le spectateur soit encore plus conquis par les personnages. Nous avons aussi mis au point un système de traceur afin de retrouver les animaux quand ils bougeaient. Nous avons enfin utilisé des hélicoptères spéciaux pour certaines scènes comme celle où nous voyons Kali pour la toute première fois, en zoomant au plus près de lui. Tous ces outils sont vraiment faits pour un tournage cinéma plutôt que pour la télévision.


Alastair Fothergill et Keith Scholey

[Chronique Disney] Pourquoi avoir choisi de romancer l'histoire des animaux, de leur donner des noms ? Cela s’est décidé avant ou après les premières prises ?

[Alastair Fothergill] Non, cela s’est fait vraiment au tout début du tournage. Comme Keith l'a précisé, le plus important, ce fut de choisir les personnages. Tout de suite, nous leur avons donnés des noms car c'est comme cela que l'on s'attache émotionnellement à eux. Puis Keith a écrit un scénario détaillé comme il le ferait pour n'importe quel film avec acteurs. Mais les acteurs ont changé le scénario en cours de route et nous avons dû suivre leur histoire, la vraie histoire. Ce qui est incroyable, c'est donc que l'histoire de la Nature s'est avérée plus incroyable que ce Keith avait écrit : elle nous a fournis un récit qui est allé au delà de nos rêves les plus fous.

[Chronique Disney] Pour vous, quelle espèce est la plus intéressante à filmer : les lions ou les guépards ?

[Keith Scholey] Ils sont très différents. Les guépards, en particulier les femelles, sont des espèces diurnes. Vous pouvez donc passer plus de temps avec elles et bien voir ce qu’il se passe. Mais il y a rarement des interactions sociales chez les guépards. Avec les lions, l'essentiel se déroule principalement la nuit et vous ne le voyez pas. Ils passent la majorité de leur journée à dormir donc il n'y a pas beaucoup d'actions pendant ce temps. Mais quand cela arrive et quand on a une vraie interaction sociale, alors là, c'est incroyable ! Dans un sens, c'est pour cela que nous voulions les deux histoires car elles se complètent à merveille. D'un côté, nous avons la vie d'une famille monoparentale et de l'autre, la vie en société. Ce qui permet à chacun de s'identifier dans un groupe ou dans un autre, voire dans les deux.

[Chronique Disney] Avez-vous vu le film de Walt Disney de la série des True-Life Adventures, Lions d'Afrique de 1955 ? Si oui, pouvez-vous comparer les deux films ? La manière de filmer a-t-elle changée ?

[Alastair Fothergill] Tu l'as vu ?
[Keith Scholey] Non, je ne l'ai pas vu...
[Alastair Fothergill] Moi non plus... J'ai vu certains des films de la série des années 50. Ils étaient assez incroyables à l'époque. Walt Disney avait une vraie démarche de visionnaire. Nous sommes extrêmement fiers de continuer son héritage. Ce qui est vraiment excitant aujourd'hui par rapport à l'époque, c'est que le cinéma utilise beaucoup d'artifices de nos jours, la plupart du temps non réels, créés de toutes pièces alors que nous, nous tournons la vue réelle, la réalité pure. Ce qui est impressionnant avec Félins, c'est que c'est tellement extraordinaire qu'on pourrait le croire sorti de l'ordinateur alors que c'est la vraie vie ! Et c'est ce qui est vraiment excitant dans ce que nous faisons aujourd'hui !

[Chronique Disney] Pouvez-vous nous parler de l'amusant et original générique de fin  ?

[Keith Scholey] Il s'est construit au fur et à mesure... Nous voulions que le générique de fin ait une chanson. Disney nous a alors proposé un superbe titre de Jordin Sparks, The World I Knew. Puis, Jean-François Camilleri, le patron de Disneynature, est venu nous demander de rendre le générique un peu plus intéressant. Comme c'est un docu-fiction, on ne dit pas qui sont les autres animaux rencontrés au fil du récit, car ce n'est pas le propos, le principal étant les personnages. Il nous a donc proposés d'utiliser le générique pour donner aux spectateurs le nom de animaux rencontrés tout au long du film. J’ai alors eu l’idée de rendre l'exercice comique en rajoutant des légendes incongrues pour chaque animal. Et je pense que c'est une bonne décision car elle permet aux spectateurs de quitter un film chargé émotionnellement en se détendant avec des petits moments de rire.

Sophie Darlington
Cadreur de Félins

[Chronique Disney] Les guépards sont-ils plus difficiles à filmer que les lions ?

[Sophie Darlington] Les guépards courent plus vite mais il serait injuste de dire que l'un est plus difficile que l'autre. Les guépards sont plus actifs durant la journée ce qui les rend plus intéressants à filmer sur la durée. Les lions, eux, peuvent dormir jusqu’à 20 heures sur 24 donc quand ils font quelque chose, c'est fantastique aussi, c'est spectaculaire. Les deux sont difficiles, à leur façon.

[Chronique Disney] Avez-vous des anecdotes de tournage ?

[Sophie Darlington] Des tas ! Vous savez : nous avons été sur place durant deux années ! Il y avait d’ailleurs deux équipes sur des campements différents. L'équipe chargée de filmer les lions était d'un côté de la rivière la plupart du temps tandis que l'équipe des guépards, dont je faisais partie, était de l'autre côté. Nous avons eu chacun des moments fabuleux. Un de mes préférées s’est passé un matin avant le lever du soleil. Comme je le faisais tous les jours, je suis partie avec mon assistante en voiture à la recherche des guépards quand, sur la route, elle me dit : "Sophie, regarde, j'ai l'impression que je vois des kangourous ?!". Or, nous savions toutes les deux qu'il n'y a pas de kangourous en Afrique ! Nous nous sommes donc arrêtées un instant pour regarder et nous avons mis la caméra en marche. Et là, sous nos yeux, nous avons vu deux oryctéropes qui s’amusaient à se boxer. Ca n'avait jamais été filmé jusqu'ici ! Nous avons pris deux heures pour nous approcher de plus en plus et nous n’avons fait qu’une seule prise. Ce fut un matin extraordinaire !


Deux oryctéropes

[Chronique Disney] Un tournage pareil nécessite-t-il des matériels spéciaux, des caméras différentes de celles utilisées habituellement ?

[Sophie Darlington] Tout à fait. Nous avons utilisé la Sony F23 qui est l’outil le plus proche des caméras 35mm que vous pouvez avoir. Elle vous permet, grâce à son zoom exceptionnel, d'aller au cœur de l'action et donc, de placer les spectateurs totalement dans le film. Toutes les caméras que nous avons utilisées étaient parfaites pour cela...

[Chronique Disney] Comment s'est déroulé le tournage des scènes de nuit avec les hyènes ?

[Sophie Darlington] Ce qui est bien avec les caméras dont je vous parlais, c'est que, même quand la nuit tombe, elles permettent de continuer à filmer. Pas quand il fait totalement noir mais quand le soir tombe ou vient de tomber ! C'est exactement ce qui s'est passé pour la scène entre les guépards et les hyènes... Quand nous avons tourné cette séquence, c'était un peu effrayant car nous ne voyions pas d'où venaient les choses... Le vautour dans la nuit, ce fut aussi une jolie prise. Il a été d’ailleurs difficile de ne pas rester concentré dessus mais de se forcer à partir, puis à revenir, afin d’avoir la prise parfaite, notamment devant cette magnifique pleine lune.

[Chronique Disney] Comment avez-vous pu vous approcher aussi près des animaux ?

[Sophie Darlington] Les lentilles des caméras sont de tellement bonne qualité que nous avons pas eu besoin d'être si proches que cela ! De plus, le gros avantage du Masai Mara, c'est que les animaux sont habitués à voir passer des voitures de touristes depuis au moins 30 ans. Vous pouvez donc rouler tranquillement tout en vous approchant d’animaux indifférents à votre cas : un vrai bonheur pour notre travail ! Nous n’étions ainsi jamais à moins de 20 mètres des animaux sauf s’ils se rapprochaient d'eux-mêmes de nous, ce qui arrivait souvent. Mais en règle générale, nous gardions une distance raisonnable afin de pas interagir dans leur comportement.


Sophie Darlington

[Chronique Disney] De façon pratique, combien d'animaux jouent les personnages dans le film ? Par exemple, Sita, la mère guépard...

[Sophie Darlington] Sita est Sita ! Après, il y a peut-être deux ou trois prises d'un autre guépard qui ont été utilisées mais sinon, je le répète, Sita est vraiment Sita ! On ne peut pas utiliser de doublures ! [rires] L'histoire aurait pu se dérouler autrement : Sita aurait pu très bien perdre plus que deux bébés, au bout de seulement deux mois... Ce qui arrive souvent puisque seulement 5% des petits atteignent leur première année. Cela aurait pu très mal se passer. Nous avons eu beaucoup de chance. Elle était une guépard incroyable. La suivre pendant 18 mois fut vraiment formidable. Nous avons eu de la veine de la rencontrer !

[Chronique Disney] Avez-vous été en danger durant le tournage ?

[Sophie Darlington] Honnêtement, je n'ai jamais été en danger... [Rires] Peut-être par la météo, car nous avons essuyé un gros orage qui nous a coincé de l'autre côté de la rivière. Et nous avons dû rouler le long avec une voiture sans porte ! Cela aurait pu réellement être dangereux. Mais généralement, nous étions très prudents. Notre expérience fait que nous savions comme réagir dans l'environnement, et avec les animaux. Ce qu'il faut faire et ne pas faire : ne jamais se mettre, par exemple, entre une mère et ses petits, ne jamais être proche d'un éléphant, des choses comme cela, simples à savoir...

[Chronique Disney] Avons-nous la même approche des animaux qu'il y a 60 ans, celle observable dans le film de Walt Disney de la série des True Life Adventures, Lions d'Afrique de 1955  ?

[Sophie Darlington] Excellente question ! Je pense que notre approche a complètement changé car, de nos jours, nous connaissons mieux les lions, les guépards ou la Nature en général. Nous sommes plus sensibles et faisons plus attention à l'avenir de la planète... Ils faisaient attention à l'époque mais dorénavant nous avons compris l'impact de l'Homme sur la Nature. Dans le Masai Mara, ce qui est fantastique, c'est que les touristes viennent voir les animaux dans leurs habitats naturels tout en étant protégés. Nous avons réellement changés !

[Chronique Disney] Avez-vous été surpris par d'autres animaux que les lions ou les guépards ?

[Sophie Darlington] Les hyènes, bien qu'elles soient très mauvaises avec les guépards, sont des animaux fantastiques. Pour les guépards, ce sont certes des ennemies mortelles, puisqu'elles déciment une grosse partie des petits félins. Mais si vous les regardez spécifiquement, vous trouvez une espèce fascinante avec de nombreuses interactivités sociales. Mais elles ne sont pas les seules, nous avons rencontré tellement d'autres animaux passionnants !...

[Chronique Disney] C'est votre deuxième participation à un film Disneynature. Pouvez-vous comparer votre expérience sur Félins avec celles des (Les) Ailes Pourpres, Le Mystère des Flamants ?

[Sophie Darlington] Les deux furent vraiment passionnantes. Félins est très intéressant car j'ai fait beaucoup de caméras et les animaux à quatre pattes sont fascinants à suivre. Mais les flamants le sont tout autant ! Les deux films sont, en revanche, sur des registres totalement différents. Les Ailes Pourpres, Le Mystère des Flamants est très beau, très lyrique. Félins, lui, est un drame réel, une véritable histoire. Il donne l'impression aux spectateurs de voir un film et non un documentaire...

Pascal Elbé
Narrateur de Félins

[Chronique Disney] Comment, Pascal Elbé, pas forcément attendu dans ce genre de projet, se retrouve narrateur de Félins ?

[Pascal Elbé] Là, il faut le demander aux gens de Disney qui ont pensé à moi ! Mais, après, si je me retrouve "ambassadeur" de ce projet, c'est aussi parce qu'après avoir découvert le film dans sa version narrative américaine (c'est Samuel L.Jackson qui faisait la voix), j'ai été complètement emballé, complètement impressionné et complètement saisi par le travail des réalisateurs. Pendant deux ans, ils ont crapahuté dans la savane pour raconter cette histoire qui dépasse le cadre du documentaire animalier ! On a une vraie histoire, on est vraiment au cinéma avec des héros grandeur-nature, en vrai. J'ai été complètement bluffé par Félins.

[Chronique Disney] Comment avez-vous abordé ce travail de narration ? Vous êtes-vous basé sur celui de Samuel L.Jackson ou avez-vous suivi votre propre chemin ?

[Pascal Elbé] Nous ne voulions surtout pas nous baser sur la narration américaine que nous avons trouvée un peu trop présente. Elle commente d'avantages les images. Nous, nous voulions être plus discrets, laisser parfois l'image parler d'elle-même, être un petit personnage en plus, sans avoir d'explications supplémentaires à donner, pour s'éloigner du documentaire pur et essayer d'accompagner les images sans jamais parasiter le spectateur. Après, la difficulté, c'est de ne pas oublier que vous vous adressez aux enfants comme aux adultes. Il y a des choses qui peuvent paraitre évidentes en tant qu'adulte mais qu'un enfant ne va pas nécessairement saisir. Il faut donc essayer de trouver le chemin pour ne pas gêner les adultes tout en accompagnant bien les enfants. C'est un travail très intéressant. Nous avons façonné la narration, nous l’avons polie au fur et à mesure : enlever un mot ici, en rajouter un autre, là...

[Chronique Disney] Avez-vous une anecdote sur le doublage ? Une modification de texte, un fou-rire...

[Pascal Elbé] Oui, nous avons souvent eu des fous rires parce que vous ne pouvez pas raconter les hyènes comme vous racontez la femelle guépard. Quand vous parlez de Sita, vous avez besoin d'être sur quelque chose de doux. Il faut la raconter avec une espèce de sourire et évidement cela donne beaucoup de fous rires à l’arrivée. Vous avez même l'impression d'être un peu bêtifiant, un peu niaiseux mais, en fait, cela rend très bien. Le secret, c’est de se mettre au service de l’histoire et y aller sans idées reçues, sans idées préconçues ; c'est de se laisser aller, se laisser transporter par l'émotion que véhiculent les images sans essayer de jouer au plus malin. C'est un exercice d'humilité finalement. Cela m'a beaucoup appris personnellement.

[Chronique Disney] Justement, dans le film, vous avez été plus touché par les guépards ou par les lions ?

[Pascal Elbé] Sans hésiter : les deux ! Sita, la femme guépard qui se bat contre les siens, mais aussi contre les lions et les hyènes, qui perd deux de ses petits mais qui essaye d'accompagner jusqu'au bout les trois autres. J'étais bouleversé par son histoire, mais vraiment aussi par celle de la femelle lion, qui, en fin de vie, blessée, doit confier sa progéniture à sa sœur et lui dit adieu en lui lançant un dernier regard avant de partir. Ils l'ont retrouvée deux jours plus tard, morte au pied d'un arbre. Elle était partie pour mourir. C'est bouleversant ! Il est impossible d’avoir une préférence. J'ai trouvé ces animaux touchants et saisissants.