La Mélodie du Bonheur
L'affiche
Titre original :
The Sound of Music
Production :
20th Century Fox
Date de sortie USA :
Le 27 décembre 2003 (Télévision)
Le 2 mars 1965 (Cinéma)
Genre :
Comédie musicale
Réalisation :
Robert Wise
Musique :
Richard Rodgers
Oscar Hammerstein II
Irwin Kostal
Durée :
174 minutes

Le synopsis

Maria, une jeune femme pleine d'esprit quitte le couvent pour devenir la gouvernante des sept turbulents enfants du Capitaine Von Trapp, un militaire autrichien, veuf et autoritaire...

La critique

rédigée par
★★★★

La Mélodie du Bonheur n'est pas à proprement parler une production Disney. Cette adaptation de la célèbre comédie musicale de Broadway a, en réalité, été produite par 20th Century Fox. mais a eu l'honneur d'une diffusion à la télévision au sein de l'émission The Wonderful World of Disney, privilège généralement destiné à des productions Disney. Ce n'est cependant pas une première puisque Sabrina, l'Apprentie Sorcière (produit par Viacom) a ouvert le bal lors de la première saison, en 1997. Concernant la 20th Century Fox, il s'agit là de sa troisième et dernière production à être diffusée dans l'émission mythique, après Maman, Je Suis Seul Contre Tous et Dr. Dolittle.

La Mélodie du Bonheur est, à l’origine, inspirée de la biographie familiale de Maria Augusta Trapp, La Famille des Chanteurs Trapp, elle-même adaptée au cinéma en Allemagne, en 1956, sous le titre de Die Trapp-Familie. C’est cette version qui retient finalement l’attention des producteurs Richard Halliday et Leland Hayward : la découverte du film les décidant à revisiter l’histoire des Trapp en comédie musicale pour Broadway. Le scénario est alors confié à Howard Lindsay et Russel Crouse tandis que les chansons sont composées par Richard Rodgers sur des paroles d’Oscar Hammerstein II. Les scénaristes se basent, en fait, sur la seule première partie du livre La Famille des Chanteurs Trapp de Maria Augusta Trapp (celle qui se passe en Autriche) et y effectuent plusieurs arrangements et simplifications. La durée de l'action est notamment réduite pour ne se dérouler que sur quelques mois, au lieu de plus d'une dizaine d'années, tandis que les personnages sont simplifiés et leurs caractères respectifs, caricaturés. Les prénoms des enfants sont, en effet, changés (Liesl 16 ans, Friedrich 14 ans, Louisa 13 ans, Kurt 11 ans, Brigitta 10 ans, Marta 6 ans et Gretl 5 ans), le personnage de Rolf et sa relation amoureuse avec Liesl ajoutés (transformant l'aîné des sept enfants de garçon en fille) et le personnage de l'oncle Max Detweiler, créé…

La toute première idée des producteurs Richard Halliday et Leland Hayward est de reprendre le répertoire des tournées de la famille Von Trapp et de créer seulement une chanson d'ouverture dont la composition est confiée à Richard Rodgers et Oscar Hammerstein II. Toutefois, l’intérêt de l’intrigue leur fait proposer et obtenir de composer la musique de l’ensemble de la comédie musicale. Cette dernière contient au final pas moins de vingt morceaux ! Nombreuses de ses chansons sont devenues depuis des classiques dont Edelweiss, My Favorite Things, Climb Ev'ry Mountain, Do-Re-Mi et The Lonely Goatherd ainsi que la chanson-titre The Sound of Music. Deux titres de la comédie musicale sont cependant supprimés dans la version cinématographique : How Can Love Survive ? et No way to Stop It. Si cette décision fait perdre aux rôles de Max et de la baronne Schraeder leurs parties chantées, le thème de How Can Love Survive ? se retrouve néanmoins dans le film sous la forme d'une des valses. Inversement, deux chansons ont été écrites spécialement pour le long-métrage : I Have Confidence ou Something Good. La première est située avant que Maria arrive chez les Von Trapp et la seconde remplace le chant An Ordinary Couple de la pièce. Enfin, l'ordre de plusieurs airs est différent entre le musical et le film. Par exemple, dans la pièce, My Favorite Things est chantée au couvent alors que dans le film elle se situe chez les Von Trapp. Globalement, les chansons sont bien plus entêtantes sur scène qu’au cinéma, essentiellement parce que les plus connues y sont reprises plusieurs fois...

La carrière de la comédie musicale commence le 16 novembre 1959 à Broadway au Théâtre Lunt-Fontanne à New York, après cinq jours d'avant-premières. Elle a droit, ensuite, à de nombreuses reprises, et ce, aux USA et à travers le monde. Il faut néanmoins attendre 2009 pour qu’elle soit montée pour la première fois en France, à Paris, au Théâtre du Châtelet. Triomphe aidant, elle revient deux ans plus tard, toujours dans la même salle...

Le film, lui, est d’abord proposé au réalisateur Robert Wise qui, trop occupé, décline l’offre. William Wyler lui succède donc en second choix. Il s’occupe ainsi de toute la pré-production et trouve la perle rare pour le personnage de Maria, en la personne de Julie Andrews. Emballé par sa performance dans le musical My Fair Lady, le réalisateur lui offre, en effet, un contrat alors même qu’elle est en train de tourner Mary Poppins chez Disney. Elle vient, sans le savoir, de signer pour le second plus grand rôle de sa vie ! Cela fait, William Wyler se désintéresse petit à petit - et curieusement - du projet au point de jeter l’éponge et quitter le navire. En panne de réalisateur, la production rappelle Robert Wise, qui, enfin disponible, accepte de prendre la relève...

Comme son nom l’indique, La Mélodie du Bonheur est un hymne à la bonne humeur empli de bons sentiments et saupoudré d’une certaine naïveté. Pour autant, le film, comme le musical, n’est pas aussi mièvre qu’il n’y parait en première lecture. Sa trame de fond, en fil rouge politique, ne parle, en effet, rien de moins que des affres de l’Anschluss. Les opinions du Capitaine von Trapp sont ainsi en totale opposition avec les idées de ses contemporains : l’homme comme le militaire considère, en effet, l’arrivée des Nazis pour ce qu’elle est vraiment : une pure et simple invasion ! Si ce thème éminent politique et historique est bien présent dans les deux œuvres, le film le passe néanmoins plus en retrait. Le musical est ainsi bien plus impressionnant avec des soldats SS en nombre qui donnent froid dans le dos et envahissent la salle, dans la version parisienne de la représentation. D’ailleurs, ce sont les opinions politiques qui font se séparer le Captaine von Trapp et la baronne Elsa Schraeder sur scène, alors qu’au cinéma, cette dernière s’avoue vaincue quand elle comprend que le Capitaine est tombé amoureux de la nurse ! La symbolique est ainsi radicalement différente : l’adaptation sur grand écran jouant la carte du romantisme là où le musical se veut plus subtil et plus politique dans la gestion de la relation des deux millionnaires. A l’inverse, la pièce conserve toujours une naïveté que le film se permet de corriger : sur scène, par exemple, Rolf ne trahit pas la famille Von Trapp alors qu’il ne se gène pas de le faire au cinéma. De même, la baronne manipule Maria pour qu’elle retourne au couvent alors que, dans la pièce, elle en prend seule la décision...

La Mélodie du Bonheur bénéficie d’un casting impressionnant !
Julie Andrews, d’abord, est tout simplement parfaite pour le rôle de Maria. Elle apporte tout son charme, sa beauté et sa magnifique voix à un personnage fragile mais vivace. Elle est ainsi naïve et douce sans jamais être mièvre et fade. Cherchant un sens à sa vie, elle fait toujours preuve d’une finesse exemplaire, sa première rencontre avec la famille von Trapp étant un modèle de son savoir-faire. L’actrice, quant à elle, semble après ce film - et décidément ! - abonnée aux personnages de nounou même si son rôle dans Mary Poppins est autrement plus marquant. Il n’empêche, Julie Andrews fait montre ici de l’étendue de son talent en livrant un personnage, rempli de mystère, pragmatique et sûre d’elle avec, en plus, un zeste de cynisme tout à fait bienvenue.
Le Capitaine von Trapp, ensuite, est joué par le romantique à tout crin Christopher Plummer. L’acteur sait, il est vrai, à la fois faire passer l’autorité du père et faire fondre le cœur de Maria quand il accepte de renouer avec la musique, bannie de son domicile depuis la mort de son épouse. Le coup de foudre des deux tourtereaux est ainsi naturel et parfaitement bien amené.
Les enfants, enfin, sont également parfaits, chacun dans leur caractère ,et en particulier l’ainée, Liesl, dont le rôle est tenu à merveille par une Charmian Carr, toute en fraicheur et jeunesse : le contraire idéal d’Eleanor Parker qui, tenant le rôle ambigüe de la baronne Elsa Schraeder, sert, elle, une prestation tout en raideur et expérience...

La Mélodie du Bonheur sort aux États-Unis le 2 mars 1965 et rapporte plus de 158 millions de dollars, un chiffre énorme à l’époque dépassant le record détenu auparavant par Autant en Emporte le Vent. A dollars constant, le film flirte aujourd’hui avec le milliard de dollars de recettes ! Si le public le plébiscite, la Critique, elle, boude son plaisir. Comme Mary Poppins, elle lui reproche sa trop grande mièvrerie et naïveté. Le film est néanmoins nominé pour dix oscars et en décroche cinq : meilleur film, meilleur réalisateur (Robert Wise), meilleur son (James Corcoran et Fred Hynes), meilleur montage (William Reynolds) et de la meilleure adaptation musicale (Irwin Kostal).

La Mélodie du Bonheur est un classique du cinéma, plein de charme et de bonne humeur dans la plus pure tradition des comédies musicales hollywoodiennes des années 60 avec son intermission et ses chansons entêtantes. Julie Andrews y est fabuleuse !

L'équipe du film

1935 • ....
Actrice

L'édition vidéo

Jaquette La Mélodie du Bonheur
Jaquette La Mélodie du Bonheur
Editions DVD Video
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