"La coccinelle fait son come-back" proclamaient les affiches
publicitaires sur les murs des villes de France... et quel come-back ! Quand
Disney s'attaque à un mythe qu'il a lui-même créé, le studio ne fait pas les
choses à moitié. Tantôt nostalgique, tantôt ancré dans son temps ; tantôt
romantique, tantôt aventurier ; tantôt burlesque, tantôt larmoyant, le film
entraîne en effet le spectateur dans un tourbillon d'émotions.

Et tout repose sur Choupette ! Quel plaisir de retrouver notre Star comme nous
l'avions laissé : espiègle et toujours prête à rendre service malgré
l'adversité. Disney a d'ailleurs l'excellente idée de nous rappeler, dans le
générique d'ouverture, les innombrables exploits de la voiture dans les quatre
premiers opus qui lui ont déjà été consacrés (Un Amour de
Coccinelle en 1969,
Le Nouvel
Amour de Coccinelle en 1974,
La Coccinelle
à Monte-Carlo en 1977
et
La Coccinelle
à Mexico en 1980). Le studio
de Mickey n'a d'ailleurs - et c'est heureux - pas chercher à modifier l'image et
le caractère de la célèbre Volkswagen, en insistant même sur la filiation de ce
film avec les précédents. Même le nom francisé a été conservé pour le plus grand
plaisir des nostalgiques du bolide. Au passage, on notera avec malice que la
coccinelle change de sexe en fonction des versions. Si dans l'original, Herbie
est un mâle, c'est une demoiselle - Choupette - que les français retrouvent.
Cette transformation est d'ailleurs subie également par les prétendants de la
plus célèbre coccinelle : l'honneur est sauf ! Au delà de ces considérations
"génétiques", force est de constater que l'apport des images de synthèse rend la
voiture, dans certaines scènes, plus vivante que jamais. Quand Choupette
grimace ou singe ses interlocuteurs, elle bénéficie ainsi à plein d'une
touchante crédibilité. Et attendez-vous à être glacés d'effroi quand, au milieu
de l'arène, la coccinelle semble vivre ses derniers instants...

Mais, fidèle à la trame des films précédents, Choupette ne serait rien si elle
n'avait pas à prendre soin d'une âme en peine. Et c'est à Lindsay Lohan (Freaky Friday :
Dans la Peau de ma Mère,
A Nous Quatre), la star montante
des studios Disney, de s'y coller avec la réjouissante fraîcheur qui la
caractérise. Parfaitement ancrée dans son époque, l'actrice - d'ailleurs un peu
trop sexy pour Disney qui s'est autorisé, sans état d'âme, à "retoucher" à la
palette graphique, la poitrine de la jeune fille, jugée trop généreuse - forme
un couple attachant avec le jeune acteur Justin Long. Matt Dillon, en méchant de
service, revient, quant à lui, dans une production de la Compagnie de Mickey
prés de vingt après sa participation remarquée à
Tex
en 1982. Ajoutez à ce petit monde, Michael Keaton (Batman) dans
le rôle émouvant d'un père aussi maladroit dans la gestion de ses affaires de
famille que de son business, et vous obtenez un casting impeccable.
Si les personnages sont en place, encore faut-il savoir les mettre en valeur. Et
c'est là sans doute que se retrouve toute la qualité du film. La bande-son, par
exemple, regorge de trouvailles qui tantôt nous font basculer dans la nostalgie
(l'air de la Coccinelle n'est ainsi pas en reste ), tantôt dans le rythme
contemporain (à grands coups de tubes pop et rock ). Quant au scénario, il
s'inscrit sans surprise sur le registre de la comédie familiale et nous sert du
pur divertissement.
La Coccinelle revient rempli parfaitement son contrat : nous
rappeler Choupette à notre bon souvenir. Et, c'est une chance, la plus célèbre
des coccinelles nous revient en grande forme. A déguster en famille sans
modération !