Food Will Win the War
L'écran titre
Titre original :
Food Will Win the War
Production :
Walt Disney Animation Studios
Date de sortie USA :
Le 21 juillet 1942
Genre :
Animation 2D
Réalisation :
Hamilton Luske
Commanditaire :
American Agriculture Departement
Musique :
Paul J. Smith
Durée :
5 minutes
Disponibilité(s) aux États-Unis :

Le synopsis

Une ode à la puissance de l'agriculture américaine, véritable trésor de guerre...

La critique

rédigée par
Publiée le 08 mai 2023

Food Will Win the War est une commande du Département américain de l'Agriculture afin de promouvoir l'incroyable labeur fourni par les héros oubliés qui travaillent dans les champs du pays afin de nourrir les Alliés.

Peu de temps après la sortie du cartoon The New Spirit, alors que les controverses parlementaires sur le sujet ne sont pas encore calmées, Walt Disney reçoit la commande du gouvernement pour un nouveau film. Claude Wichard, l'équivalent du ministre de l'Agriculture de l'époque, cherche en effet à réhabiliter le rôle invisible des fermiers américains afin de prouver que leurs contributions sont tout aussi importantes pour gagner la guerre que celles des soldats. Les États-Unis fournissent, il est vrai, la nourriture indispensable à leurs soldats ainsi qu'à leurs alliés. Mais le ministère de l'Agriculture veut également rassurer les Américains sur le fait que les États-Unis produisent suffisamment pour leur usage domestique, tout en mettant en lumière le travail acharné et les sacrifices des agriculteurs pour réaliser cet exploit.

Durant la Seconde Guerre mondiale, l'agriculture américaine a nourri des millions de gens à travers le monde, en particulier au Royaume-Uni, en Chine et en Union soviétique. Cette aide se fit à travers le programme Lend-LeasePrêt-Bail » en français), un programme principalement d'armement mis en place par les États-Unis afin de fournir aux pays amis du matériel de guerre sans intervenir directement dans le conflit (avant l'entrée en guerre des États-Unis). Mais cette aide allait au-delà du matériel militaire, et les États-Unis furent également le grenier des Alliés durant la Guerre. Pourtant, l'apport monstrueux de l'agriculture américaine n'était pas apprécié à sa juste valeur, aussi bien à l'intérieur du pays qu'à l'extérieur. C'est pour cette raison que le ministère de l'Agriculture, aidé du OCI (Office of the Coordinator of Information) dirigé par William J. Donovan, a souhaité mettre en lumière ces héros invisibles.

Au début du mois d'avril 1942, Walt Disney accepte donc de produire le film pour 20 000 dollars payés par un budget spécifique du OCI, et ne nécessitant donc pas l'aval des parlementaires, protégeant donc Disney des reproches qu'il avait reçus sur le précédent cartoon. Le titre devait être à l'origine plus long, Food Will Win the War and Write the Peace, extrait d'un discours radiophonique donné par Claude Wichard en 1941. Il est finalement raccourci en Food Will Win the War afin d'enlever toute mauvaise interprétation politique. Un premier storyboard est réalisé puis envoyé à Washington pour validation mais le récit préliminaire est trouvé trop court, ne mettant pas assez en avant le sens du sacrifice et le dur labeur des paysans américains. Des scènes supplémentaires sont donc rajoutées puis le cartoon part en développement sous la réalisation d'Hamilton Luske tandis que la narration se voit confiée à Fred Shields.

Le court-métrage commence sur une musique patriotique tandis qu'un V de la Victoire se dessine avant qu'apparaisse le titre du programme. Un globe terrestre animé est alors présenté, centré sur l'Europe, sous une mare de flamme due aux ravages de la guerre menée par les ennemis de la liberté. La scène suivante montre, grâce à la caméra multiplane, une ferme en feu où pleurent un homme et sa femme devant la destruction de leur maison et leur lieu de travail suite à l’agression des forces de l'Axe. Mais un espoir se lève en même temps que la musique perd en dramaturgie. L'image s'estompe pour faire apparaître derrière la fumée le continent nord-américain. Le narrateur met alors en avant l'abondance de l'agriculture américaine dont la superficie du pays permet de contenir celles d'autres nations comme la Scandinavie, l'Espagne, le Portugal, la France, la Suisse, la Grande-Bretagne, la Pologne, la Tchécoslovaquie, les Pays-Bas, la Belgique, la Yougoslavie et la Grèce. Sachant qu'au fur et à mesure que les pays sont cités, ils s'affichent au-dessus de la carte des États-Unis, accentuant encore plus l'idée de gigantisme.

Le cartoon met ensuite l'accent sur les fermiers américains, leurs femmes et leurs enfants dont la population est tellement importante qu'elle représente le double du nombre de soldats de l'armée ennemi. Utilisant des termes militaires comme métaphores, une succession d'images montre alors des machines agricoles en les décrivant comme des bataillons de moissonneuses-batteuses, des régiments de camions, des divisions de cueilleurs de maïs, des arracheuses de pommes de terre, des semeuses ou des colonnes de machines à traire. Ces adjectifs descriptifs sont faits pour relier l'agriculture et l'effort de guerre, soulignant de manière évidente l'importance dans le conflit mondial des paysans américains. L'exposé continue ensuite via une série de comparaisons sur la quantité de nourriture que l'Amérique peut produire, illustrées par des analogies insistant encore une fois sur le gigantisme.

La narration utilise d'ailleurs l'humour pour rendre son propos clair comme quand, par exemple, elle révèle que la farine produite est en quantité suffisante pour recouvrir l'Allemagne tout entière, lui faisant alors revivre une campagne ratée à l'image de celle de Russie lors de l'hiver 1941. Et toute cette farine permettrait de cuisiner assez de pains pour former des pyramides tout le long du Canal de Suez. Le même parallèle est fait avec le maïs qui pourrait permettre la construction d'un pont entre Londres et la Mer Noire, une brioche qui pourrait recouvrir la Place Rouge à Moscou, des patates qui feraient le double de la hauteur de Gibraltar, une boite de sauce tomate qui serait plus haute que le Mont Cervin, des conserves de légumes qui seraient assez nombreuses pour couvrir la Grande Muraille de Chine. Enfin, une grande boule de bowling représentant le pouvoir nutritif des vitamines que produisent les États-Unis serait alors à même de rouler jusqu'à la Porte de Brandebourg et de renverser trois quilles ayant la tête d'Adolf Hitler, Hideki Tōjō et Benito Mussolini.

Les comparaisons continuent entre une tarte plus grande que la planète Terre, le lait remplissant les Chutes du Niagara, les digues des Pays-Bas faites avec le beurre américain, le fromage épousant la taille d'un quartier de lune ou encore quatre Vésuve pour griller toute la viande venue des États-Unis. Une autre comparaison, la plus extravagante du cartoon et qui ne serait plus possible d'être proposée désormais, est celle avec la femme obèse représentant le gras que fabrique l'Amérique. Elle est alors mise sur un plateau d'une balance pour montrer qu'elle est plus lourde que de nombreux bateaux cuirassés posés sur le second plateau. Cette même dame pourrait aussi écraser totalement Berlin. Ensuite, les comparaisons continuent et pour illustrer le fait que le pays a de nombreux œufs, une scène extraite du cartoon de Donald Duck La Poule aux Œufs d'Or est diffusé. Le spectateur y voit plein de poules en train de pondre avant de proposer un œuf au plat géant qui recouvre l'Amérique du Nord, le tout entouré de bacon.

Le cartoon met ensuite en avant les porcs avec les personnages des Trois Petits Cochons qui font ici un joli caméo. Ils sont vus devant un défilé d'un milliers de leurs congénères dans une parodie de la peinture The Spirit of '76 d'Archibald Willard, représentant une scène se déroulant pendant la guerre d'indépendance des États-Unis. Nouf-Nouf porte ainsi un bandeau à l'œil tout en jouant de la flûte, Naf-Naf tient fermement le drapeau américain tandis que Nif-Nif joue lui du tambour, le tout sous l'air instrumental de la chanson Qui a Peur du Grand Méchant Loup ?. Les fermiers américains n'ont, pour leur part, pas peur de l'ennemi et travaillent d'arrache-pied pour fournir toute la nourriture nécessaire aux Alliés. Le propos est alors illustré par une superbe scène où une immense silhouette remplit un bateau en vidant un sac de blé. La fin du cartoon propose alors des images plus militaires, de destructions de navires ou d'avions ennemis. Quatre étoiles apparaissent enfin, représentant les différentes libertés. Ils font en réalité partie du logo Lend-Lease posé sur les cartons de nourriture livrés par les Américains.

Food Will Win the War est un court-métrage de propagande sans grand intérêt de divertissement mis à part une ou deux scènes. Néanmoins, il faut avouer qu'il est particulièrement efficace pour rendre son propos clair grâce à la parfaite utilisation de l'animation dans les différents éléments de comparaison.

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1901 • 1966

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