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Le Musée Ghibli

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Publié le 30 janvier 2017

Le 1er octobre 2001, soit la même année que la sortie et le succès international du film Le Voyage De Chihiro (Oscar du meilleur film d'animation 2001 et Ours d'Or 2001 au Festival de Berlin), un événement culturel sans précédent au Japon est en train d'éclore. A l'orée du parc d'Inokashira à Mitaka, dans la banlieue Ouest de Tokyo, un établissement aux formes architecturales audacieuses et organiques se dresse désormais afin d'accueillir une foule de visiteurs désireux de se plonger dans un univers que l'archipel connaît très bien et affectionne, celui du studio Ghibli. Il présente en plus des expositions constamment renouvelées, un café, une boutique de souvenirs, un toit végétal et une salle de cinéma qui a la particularité de diffuser des courts-métrages n'étant présentés qu'en ces lieux.

Planifié en 1998 pour débuter sa construction en 2000, il n'aura fallu que peu de temps pour réaliser cette prouesse à partir des croquis du directeur du studio lui-même, Hayao Miyazaki. Sa construction a notamment été confiée à Goro Miyazaki, fils du célèbre conteur et lui-même réalisateur des Contes de Terremer, qui en a ensuite assuré la direction jusqu'en 2005.


Plan du musée illustré par Hayao Miyazaki, remis aux visiteurs.
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Fort d'un succès sans cesse renouvelé, l'idée d'un lieu retraçant l'histoire et le processus créatif des studios d'animation Ghibli avait depuis plusieurs années mûri dans l'esprit du maître. En utilisant un scénario similaire à ceux qu'il crée pour ses films, le design, en plus de raconter une histoire, a été influencé par l'architecture européenne comme le village perché de Calcata en Italie. Le musée comporte ainsi des escaliers intérieurs et extérieurs en spirale construits à partir de fer et d'autres matériaux de substitutions mais aussi des ponts qui ont parfois l'audace de se trouver dans un espace incongru. Se remarquent également des balcons qui s'étendent dans toute la hauteur d'un bâtiment qui, à l'instar d'une caverne merveilleuse, ne dévoile ses secrets qu'à ceux qui ont l'assurance de l'explorer de fond en comble. Ces escaliers conduisent à des expositions, des impasses, et d'autres pièces toutes plus loufoques les unes que les autres et épousent là des caractéristiques censées refléter les dessins préparatifs de Miyazaki. Le but du Maître a été de faire de l'édifice lui-même un acteur à part entière de l'exposition, et pour le musée, d'être une expérience édifiante et relaxante « qui vous fait vous sentir plus enrichi quand vous quittez les lieux que quand vous y êtes entré », selon sa promesse revendiquée. Le musée est ainsi décrit comme un « portail vers le monde des contes » ! Son concept veut que les gens utilisent l'intégralité de leurs cinq sens : voir les trésors qu'il renferme, entendre la nature qui l'entoure, sentir la végétation qui s'amoncèle jusque sur les toits, goûter quelques spécialités de ses cuisines et surtout toucher de ses doigts le privilège de visiter un antre de la création. « Let's get lost together! » (« Allons-nous perdre ensemble ! ») en est d'ailleurs le judicieux slogan, parfait dérivé de la vision de Hayao Miyazaki pour les visiteurs invités à plonger dans son imagination et son travail cinématographique si particulier.

Jouissant d'une zone géographique citadine mais suffisamment reculée de la folie ambiante de Tokyo, le musée est comme suspendu dans le temps, recouvert par un dôme de quiétude. En descendant à la petite station de Kichijoji, la balade jusqu'à l'accès passe par l'élégant parc d'Inokashira, où une ambiance dominicale perpétuelle semble avoir pris d'assaut les lieux. Habitants en promenade, pique-nique sur l'herbe et flânerie sous la cime des arbres paraissent presque être une extension du musée. Sur le chemin, des panneaux d'indication décorés aux couleurs du studio indiquent la route, en prenant par la main les passants comme autant de petits kodamas. Cependant, la station de Mitaka permet aussi d'emprunter le neko-bus, l'immense chat volant aux innombrables pattes du film Mon Voisin Totoro, sorte de Sleipnir de la compagnie, qui a la bonne idée de plonger les visiteurs immédiatement dans l'ambiance.

Au bout de quelques minutes, une grille imposante cloisonne le musée et dirige les visiteurs vers un guichet peu commun : un Totoro grandeur nature, star et emblème du studio, scrute en effet les environs et accueille ses invités dans le but de les faire patienter si l'attente s'avérait longue et fastidieuse, en jouant la carte du « selfie ». La visite n'a pas encore débuté que déjà, la magie opère ! Évidemment, il ne s'agit que d'un substitut qui plonge les pèlerins à l'intérieur d'un univers qu'ils brûlent de fouler. Une lucarne perchée juste en dessous du guichet cloître aussi quelques pauvres noiraudes. Enfin, sur la gauche, se trouve une mosaïque qui rappelle la date de fin des travaux de construction du musée, le 30 juin 2001. Le visiteur est alors frappé par la grâce avec laquelle le bâtiment se fond avec la nature. Les murs de béton aux formes organiques, sorte d'hommage rendu à la vallée du vent vue dans l'iconique film Nausicaä de la Vallée du Vent, sont, en effet, pour l'essentiel recouverts de végétation, ne laissant dépasser que quelques fenêtres et baies vitrées. Miyazaki en grand défenseur des valeurs de la planète, aura donc fait de son musée un écrin qui rappelle aux pèlerins modernes qu'ils sont dans un lieu de culture mais aussi de recueillement. Dans un esprit de finition, les murs vierges sont eux recouverts de couleurs pastelles, très douces, qui exploitent l'ensemble du spectre lumineux.

Ceci étant, les estivants sont malicieusement invités à se rendre à la réception échanger leur précieux sésame pour enfin vivre l'expérience dans son sens le plus littéral, car disposer de son ticket d'admission est en soi déjà un défi à relever. Le studio Ghibli est au Japon une réelle institution et tous ceux qui touchent de près ou de loin à Totoro et ses acolytes font preuve d'une ferveur inébranlable. Le musée, bien que spacieux et incroyablement configuré, ne peut malheureusement pas absorber la demande pharaonique sans avoir recours à une liste de réservation très stricte. Vouloir se rendre au musée demande ainsi une organisation implacable : la liste d'attente est longue et un retard peut être fatal. Le site Internet dispose pour chaque adhérent d'un créneau horaire fixe qui ne doit pas être dépassé, sous peine de se voir refuser l'accès. Le rendez-vous respecté, une hôtesse remet en échange du billet, un magnifique morceau de pellicule officielle issu de l'une des œuvres du studio, qu'elles soit aussi bien long métrage que court. En plus d'être une idée brillante, ce « ticket d'or » à une utilité bien spécifique : elle vous donne l'accès au cinéma Saturne, la salle privée du studio, qui diffuse quotidiennement des courts-métrages inédits issus de l'écurie Ghibli, même si la plupart ne sont signés que de la main de Hayao Miyazaki. Joindre l'utile à l'agréable semble être un objectif ordinaire ici et l'addiction n'en est que plus grande. Toute cette petite procédure se fait en outre dans un hall majestueux où est représenté un haricot géant camouflant çà et là, soit une végétation luxuriante, soit des personnages célèbres comme le chat-bus ou Porco Rosso, plongé dans un ciel bleu artificiel où trône un soleil chaleureux, placé au centre de la voûte. Le visiteur apprendra aussi à ses dépens et avec surprise que la visite se fait exclusivement en japonais sans aucun moyen de traduction. Pour les aficionados avertis donc.

Le musée est agencé de sorte que le visiteur puisse se déplacer librement dans des espaces aérés, abritant deux expositions permanentes et une temporaire, sans pour autant le contraindre d'un sens de visite, ce qui, en soit, accentue l'immersion et le désir de découvrir le moindre recoin du bâtiment. Le hall principal, poumon de lumière qui véhicule par sa verrière une ambiance naturelle, est une impressionnante pièce qui interloque le visiteur par son apparence. La passerelle suspendue, est une référence directe au bain du Voyage de Chihiro, tandis que des embouchures dans un style troglodyte, sorte de passages secrets, font naître la nostalgie d'y rencontrer un Totoro endormi au bout. Des vitraux retraçant des scènes des films finissent de conquérir le cœur des plus sceptiques : cet endroit est une invitation au merveilleux.

A droite de l'escalier, se trouve une arcade qui mène vers la première exposition permanente. En guise d'ouverture, une maison à échelle réduite est entreposée à l'entrée. Bien qu'aux dimensions de celle d'une poupée, à l'instar du spécimen vu dans Arrietty - Le Petit Monde des Chapardeurs, elle n'en demeure pas moins élégante et impressionnante. Chacune des fenêtres est occultée par un volet que le visiteur doit lui-même manipuler pour savoir ce que ces dernières peuvent bien cacher. Ils décèlent alors plusieurs personnages figés, issus des classiques du studio. Le but de cette exposition est d'expliquer la conception d'un métrage d'animation au-delà de son rendu final. Ici, ce qui prédomine est le cheminement créatif et les recherches graphiques qui peuvent ensuite, selon l'intérêt et le potentiel, bifurquer vers une mise en chantier. Le visiteur est alors mis en relation direct avec une série de vitrines toutes plus belles les unes que les autres. Expliquant les techniques d'animation depuis son origine, des phénatikiskopes sont exposés mais également un zootrope qui reprend une scène du film Mon Voisin Totoro. Il s'agit d'une illusion d'optique mêlant figurines et éclairage. Sur une plate-forme circulaire, des statuettes ayant chacune une expression distincte sont lancées à vive allure sous un effet lumineux saccadé, éclairé par un stroboscope. En résulte une scène épileptique qui prend vie grâce à la persistance rétinienne. Effet garanti !

Enfin, une série de tableaux explique le procédé de profondeur de champs, ou technique de la parallaxe, à travers différentes scènes artisanales. Il s'agit là d'un héritage direct du cinéma de Georges Méliès qui utilisait déjà fort judicieusement cet artifice dans ses productions à la fin du XIXe siècle. Par une astucieuse superposition de plans, plusieurs éléments sont combinés avec un effet de volume qui prend alors de l'ampleur par une rotation de caméra qui se focalise ensuite sur un mouvement qui peut prendre plusieurs formes, aussi bien en travelling qu'en profondeur. En animation traditionnelle, c'est Walt Disney lui-même qui fait figure de précurseur en incorporant ce système dans un court-métrage de sa série des Silly Symphonies, Le Vieux Moulin et surtout dans son chef-d’œuvre Blanche Neige et les Sept Nains, tous deux réalisés en 1937, où la caméra multi-plan offre aux différents paliers toute leur dimension.

Juste à côté de cette aile du musée, une autre pièce, tout aussi essentielle, partage le rez-de-chaussée : il s’agit là du cinéma Saturne. Cette salle unique au monde a le privilège de diffuser une série de courts-métrages inédits, choisis parmi une liste de neuf œuvres, dont une dixième en cours de production, dans le cadre d'une projection par visite et pour un mois de programmation. Le choix du film n'appartient d’ailleurs pas aux visiteurs mais bien au musée qui le sélectionne au hasard. Après avoir tamponné son morceau de pellicule, l'invité pénètre donc dans une pittoresque salle de projection qui est, par sa décoration, un élargissement de l'entrée, pouvant laisser penser à un paysage méditerranéen. La présence de l'avion de Porco Rosso vient d'ailleurs appuyer cette impression. Sur un total de 80 places, l'espace est plutôt bien comblé. Quelques fenêtres laissent passer la lumière et se recouvrent d'un voile occultant lorsque le projectionniste vient à démarrer la bobine. Détails amusant, la cabine de projection est une reconstitution d'une cabine de tramway, moyen de locomotion cher à Miyazaki. Les films ici projetés sont farouchement protégés et il est quasiment impossible de les voir en dehors du musée. La liste des courts-métrages proposés est composée ainsi de :

  • La Chasse à la Baleine, de Hayao Miyazaki, réalisé en 2001.
  • La Grande Excursion de Koro, de Hayao Miyazaki, réalisé en 2001.
  • Mei et le Chaton-Bus, de Hayao Miyazaki, réalisé en 2002.
  • À La Recherche d'une Maison, de Hayao Miyazaki, réalisé en 2006.
  • Monomon, l'Araignée d'Eau, de Hayao Miyazaki, réalisé en 2006.
  • Le Jour où j'ai Cultivé une Étoile, de Hayao Miyazaki, réalisé en 2006.
  • Les Souris Sumo, de Akihiro Yamashita, réalisé en 2010.
  • Monsieur Pâte et la Princesse Œuf, de Hayao Miyazaki, réalisé en 2010.
  • La Chasse au Trésor, de Hayao Miyazaki, réalisé en 2011.
  • Boro la Chenille, de Hayao Miyazaki, en court de réalisation. Sortie prévue en 2018.

Sur cette programmation, il doit être noté que le troisième film est une histoire parallèle à Mon Voisin Totoro, quinze années après sa sortie japonaise. Il conte les aventures et l'apprivoisement du Chat-Bus par l’espiègle Mei. En ce qui concerne le quatrième film, il est pertinent de faire le rapprochement avec Le Château Ambulant sorti la même année, tant l'histoire et l'atmosphère qui s'en dégagent sont similaires. De surcroît, le héros ressemble comme deux gouttes d'eau à la version jeune de Hauru le sorcier, qui apparaît lors du flash-back de Sophie. Concernant les autres, il s'agit d’œuvres originales n'ayant aucun lien avec les grands classiques du studio, même si la Princesse Œuf pourrait beaucoup faire penser à une version alternative de Ponyo durant son processus de transformation en petite fille.

La visite continue ensuite à l'étage où la seconde exposition permanente, répartie en trois salles, attend d'être découverte. Il s'agit vraisemblablement d'une mise en situation – fantasmée ? – du quotidien d'un animateur officiant au studio Ghibli. Fantasmée car tout y est bucolique et féerique à souhait, sans doute bien loin de l'organisation et de la discipline implacable qui régissent l'antre de Miyazaki. Des salles de tailles variées s'enchaînent pour laisser découvrir des celluloïds originaux, des crayonnés préparatifs à foison, ou bien même un registre qui retrace l'ensemble des storyboards des productions passées. Bien que la compréhension soit fastidieuse, excepté si le visiteur maîtrise la lecture des kenjis, les hôtes étrangers ne peuvent que s'incliner devant la richesse et la générosité dont le studio Ghibli fait ici preuve face à ses adeptes.

La première salle met ainsi en exergue la phase de pré-production. Des illustrations diverses et variées parsèment les murs, punaisées en une mosaïque délicieusement anarchique. Que ce soit des personnages, des décors ou bien des véhicules en tout genre, ces croquis sont des pépites aux yeux des afficionados. En amont, des objets sont conservés comme éléments décoratifs, même si la raison de leur présence est bien évidemment sujette à l'inspiration.

La deuxième salle est consacrée à la production pure. Après le brainstorming, les animateurs commencent à dessiner leurs visions en une succession d'illustrations qui se déplacent et évoluent entre chaque page. Un véritable travail d'orfèvre qui se voit ensuite reproduit proprement avec de la couleur sur des feuilles plastifiées, appelées dans le milieu des « cellulos ».

Enfin, la troisième et dernière salle explique comment rendre sur pellicule les décors et les cellulos. Ludique, le musée offre la possibilité aux visiteurs de s'essayer par eux-mêmes à la manipulation de caméra, à la projection et au montage.

La visite continue avec une salle d'exposition temporaire qui convoite généralement les lieux pour une année entière. Sans doute moins fournies que les précédentes pièces, elle ajoute néanmoins un sentiment d'exclusivité par sa présence limitée dans le temps. Elle offre, en outre, la particularité de mettre parfois en lumière des œuvres externes aux studios mais qui complètent à merveille à chaque fois leur message et leur travail. Ainsi les studios Aardman ou Pixar on eut déjà le privilège d'en investir les murs !

La liste des expositions qui se sont tenues au musée Ghibli depuis ses origines se décompose ainsi :

  • 2001 • 2002 : Le Voyage de Chihiro
  • 2002 • 2003 : Laputa, Le Château dans Le Ciel et les machines de science-fiction imaginaires
  • 2003 • 2004 : Travaux de l'animateur russe Yuri Nornstein
  • 2004 • 2005 : Lumière sur les studios Pixar
  • 2005 • 2006 : Heidi : travail des créateurs
  • 2006 • 2007 : Lumière sur les studios Aardman avec Wallace et Gromit
  • 2007 • 2008 : Boucle d'Or et les Trois Ours (d'après le livre d'images de Léon Tolstoï) et Panda, Petit Panda
  • 2008 • 2009 : Petit Louvre
  • 2009 • 2010 : Ponyo sur la Falaise
  • 2010 • 2011 : Les Films de la Forêt Ghibli ou Bienvenue au Cinéma Saturne (sur la fabrication des courts exclusifs au musée)
  • 2011 • 2012 : Panorama depuis le Chat-Bus
  • 2012 • 2013 : Le Don des Illustrations ou une Source de la Culture Populaire
  • 2013 • 2014 : La Forêt Ghibli à la Loupe
  • 2014 • 2015 : Casse-Noisette
  • 2015 • 2016 : Bienvenue dans la Tour Fantôme

A côtés de toutes ces salles d'expositions, le visiteur a également accès à plusieurs autres. Boutiques, restaurant, salle de jeux, tout est mis en œuvre pour satisfaire la moindre exigence. La plus surprenante d’entre elles reste toutefois la salle du chat-bus. Il s'agit d'une aire de jeux similaire à celle déjà présente lors de l'exposition Ghibli de Tokyo. Une réplique géante est judicieusement mise à disposition pour les enfants qui pourraient peut-être trouver la visite laborieuse, et seulement à leur attention. Toutes personnes ayant plus de 12 ans s'en voient, en effet, refuser l'accès. L'ambiance est propice au divertissement ce qui en fait sans aucun doute la zone la plus farfelue du musée. En outre, des petites noiraudes sont éparpillées au sol, ce qui rajoute à l'immersion.

Non loin de là, une librairie exceptionnelle offre la possibilité de feuilleter l'ensemble du catalogue édité chez Ghibli. Nommée « Tri Hawks », elle est un petit miracle en soi : artworks, recueils, storyboards ou encore mangas sont consultables sur place et peuvent être achetés. Pour les plus fortunés, des cellulos originaux sont aussi placardés au mur dans la seule intention d'être acquis !

Au dernier étage, la boutique officielle « Mamma Aiuto » achève le visiteur dans sa quête de restriction budgétaire. S'il tente de résister à dilapider sa relative fortune dans du merchandising calculé, il devra se montrer particulièrement coriace pour ne pas répondre aux sirènes des achats compulsifs. Intelligemment décoré en antre de pirates, ce magasin répertorie une quantité hallucinante de produits dérivés, et ce, dans toutes les gammes de prix. Du sticker, aux cristaux de baccara à l'effigie du saphir de Laputa (un must-have !), des broches aux vêtements en indigo véritable, des porte-clés aux boites à musique et bien d'autres encore, le fan en pèlerinage est magistralement contenté ! Reste néanmoins le sentiment d'être pris au piège d'une fièvre acheteuse accentuée par la présence constante de clients qui ne désemplit jamais.

Après cette parenthèse somme toute étouffante, un escalier menant vers une terrasse fait son apparition. De là, un panorama du parc et du patio en contrebas rappelle aux visiteurs le désir pérenne du studio à promouvoir la contemplation. Pour l’accueillir, une réplique en taille réelle d'un robot de la cité volante l'escorte jusqu'à la plus haute plate-forme et se laisse même photographier en souvenir !

La visite s'achève ensuite par la cour qui simule à merveille une cour européenne : pavés, pompes à eaux, fagots forment alors tout un assortiment d'accessoires exotiques pour le visiteur nippon ! Le lieu peut être considéré comme une extension du film Kiki, La Petite Sorcière ou du Château Ambulant. La cour juxtapose en outre le Café du Chapeau de Paille, le restaurant du musée, où pourront se sustenter les invités en fin de visite. A noter enfin que la personnalisation des produits est telle que même la bière se voit habillée d’une étiquette dessinée par Miyazaki !

C'est donc après quelques heures d'exploration que le visiteur quittera le musée, satisfait de son investissement et des divers trésors qu'il aura pu observer pour regagner le quotidien bien loin de la campagne, d'une mégalopole tentaculaire. Le musée Ghibli est définitivement une étape nécessaire pour les fans du studio, du Japon mais aussi de l'animation et de l'Art en général. Le musée est formidablement bien conçu. L’interdiction de toute photographie en renforce d’ailleurs l’attrait : les objets exposés sont si bien présentés qu'il devient, en effet, secondaire de les capturer avec un appareil photo. Il est aussi important de préciser le respect avec lequel les visiteurs nippons observent les artefacts. Il n’y a, en effet, quasiment aucunes vitrines pour prévenir le vandalisme car personne n'ose poser ne serait-ce qu'un doigt sur quoique ce soit !

Le musée Ghibli n’est pas moins qu’une fantastique manière d'approfondir sa culture générale et de côtoyer au plus près l'Histoire culturelle du Japon moderne.

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